Ralph Dutli

  • Mandelstam, mon temps, mon fauve ; une biographie

    Ralph Dutli

    • Le bruit du temps
    • 23 February 2012

    Paru en allemand en 2003, ce livre n'est pas l'oeuvre d'un érudit, mais d'un véritable écrivain, au style concis, alerte, souvent humoristique.
    C'est peu de dire qu'on ne s'ennuie pas un instant : on est captivé, fasciné, emporté, ému par le récit de cette existence errante et de plus en plus persécutée, ponctuée de très beaux portraits des femmes qui ont compté pour Mandelstam. Et, dans le même temps, le lecteur a le sentiment d'accéder peu à peu et presque sans effort à une oeuvre réputée difficile, qui se révèle, à travers les nombreuses citations qui ponctuent le récit, dans toute sa richesse.
    Les 23 chapitres de ce récit linéaire empruntent tous leurs titres (comme l'ouvrage entier : "Mon temps, mon fauve") à l'oeuvre du poète. Chaque chapitre commence, en en-tête, par un résumé précis de son contenu, comme dans les romans des époques classiques. Cela va donc de l'enfance et des origines familiales jusqu'à la fin lamentable au goulag, en passant par une multitude d'étapes et de séjours à Petrograd, à Moscou, à Kiev, en Crimée, toujours dans la pauvreté, souvent dans la misère et la famine, puis la maladie.
    Factions politiques, cénacles littéraires (symbolistes, futuristes, akméistes, etc.), personnages grands et moins grands de cette comédie humaine en forme de tragédie - russe et internationale - entrent en scène, ressortent, réapparaissent sans que jamais ce ballet un peu vertigineux ne devienne confus ni lassant. La vie de Mandelstam, de cet homme opiniâtrement amoureux de la vie qu'il n'a cessé de célébrer jusqu'à son dernier souffle, est un hymne à la dignité fragile de l'homme dans une époque menaçante, et à la liberté.

  • Le dernier voyage de Soutine

    Ralph Dutli

    • Le bruit du temps
    • 19 August 2016

    «Personne ne connaît la route. Personne ne l'apprendra jamais. Et à quoi servirait-il d'énumérer les villages et hameaux, les petites routes, les virages et les détours ? Le peintre non plus ne voit pas le paysage. Il est allongé dans la pénombre de la Citroën, protégé par des rideaux gris qui ondulent. Seule sa vie lance encore une fois son cri du  n fond de ses souvenirs  ottants, dans la douleur endiguée, dans les bribes des anciens désirs, dans la peur des rêves qui continuent à se tisser. C'était son dernier incendie. Personne ne connaît la route. Personne ne l'apprendra jamais. Personne ne peut savoir qui est l'homme allongé dans le fourgon mortuaire qui passe. Il n'y a que les tableaux, les rares tableaux qu'il n'a pas déchirés et brûlés. Personne ne le connaît.» Caché dans le corbillard qui le conduit de Chinon à Paris pour y tenter l'opération qui seule peut le sauver de l'ulcère à l'estomac dont il sou re depuis des années, le peintre Chaïm Soutine, durant les 24 heures que va durer le trajet, se remémore, en un  ux d'images parfois délirantes provoquées par la morphine, toute son existence. À demi  ctif, à demi historique, le roman relate ainsi les divers épisodes de la vie de Soutine, depuis qu'il a choisi d'enfreindre l'interdit qui frappait les images dans le shtetl de son enfance : le rêve de devenir un grand peintre, poursuivi de Vilnius à Paris, alors capitale mondiale de l'art; les années de bohème à Montparnasse et l'amitié improbable avec Modigliani; le succès soudain, avec la rencontre du Dr Barnes, son mécène américain. Mais ces années dorées qu'accompagnent les deux  gures féminines, Gerda Groth et Marie- Berthe Aurenche, prennent brutalement  n avec la guerre et ses persécutions, qui l'ont contraint à fuir Paris malgré sa maladie et,  nalement, au stratagème de ce dernier voyage et à tous ces détours pour échapper aux gri es de l'occupant. Dans son délire, Soutine, qui croit que seul le lait peut le guérir de son ulcère, s'imagine avoir été conduit dans un paradis blanc, à la fois hôpital et prison, où il rencontre un mystérieux Dr Bog, qui lui promet la gué - rison s'il renonce à la couleur...
    Le roman de cette existence tourmentée, écrit dans un style qui parvient à donner un équivalent de la  èvre qui anime les coups de pinceau du peintre, nous parle avec force de l'enfance et de

  • Novalis au vignoble et autres poèmes

    Ralph Dutli

    • Le bruit du temps
    • 16 October 2009

    Edition bilingue.
    Traduction de l'allemand par l'auteur et Catherine Dutli-Polvêche. " Je suis l'inventeur du raisin de Novalis les vignobles sont des cimetières joyeux pleins d'apôtres noueux ivrognes des syllabes la neige tourbillonne comme si les sarments distraits ne pulvérisaient rien que des pensées ". Ralph Dulti, " Dans le palais de la bouche ", Novalis au vignoble, 2005.

empty