Arts et spectacles

  • Rilke - Monographie

    Philippe Jaccottet

    • Points
    • 27 April 2006

    L'oeuvre de Rilke a longtemps disparu sous l'accumulation d'anecdotes et de souvenirs relatifs à la
    vie du poète (notamment sa vie sentimentale), de commentaires élogieux ou sévères, dont une
    gloire tissée de malentendus (certains ont vu en Rilke un saint, un prophète, voire un esthète de
    légende). Dans cette monographie, Philippe Jaccottet s'emploie à retrouver un regard plus clair et
    plus libre sur le poète et son oeuvre, pour en découvrir et en explorer l'espace merveilleux. Un
    texte signé par un des poètes français les plus importants, grand traducteur de l'oeuvre de Rilke.
    Philippe Jaccottet est né en 1925. Il publie son premier recueil en 1945, Trois poèmes aux
    démons. Lors de son séjour à Rome en 1946, il se lie d'amitié avec le poète Ungaretti. Sa première
    traduction paraît la même année : La Mort à Venise, de Thomas Mann. À l'automne 1946, il
    s'installe à Paris comme collaborateur des éditions Mermod. Il y fréquente les cercles littéraires,
    notamment celui de la N.R.F (Jean Paulhan, Francis Ponge, Jean Tardieu), se lie avec des poètes de
    sa génération (Yves Bonnefoy, Jacques Dupin, André du Bouchet), ainsi qu'avec Pierre Leyris et
    Henri Thomas. Outre l'écriture poétique (une trentaine d'ouvrages à son actif) et diverses
    collaborations critiques, Philippe Jaccottet a traduit aussi bien des auteurs allemands (Musil, Mann,
    Hölderlin) qu'italiens (Ungaretti, Leopardi, Cassola), espagnols (Gongora), grecs (Homère) ou
    russes (Mandelstam).

  • « Il suffit d'être possédé par le songe dans ses profondeurs et de savoir trouver l'accord de ces quatre mots. » (Philippe Jaccottet) Je souhaite que chaque photographie soit une expérience poétique, où l'immédiat, le lieu, et mon désir d'image entrent en dialogue. Aller à l'essentiel à travers l'expérience du paysage, marcher en s'oubliant, percevoir l'immanence du réel, contempler toujours, oser la poésie, être.
    Le ton, les doutes, la quête, l'émotion, l'exigence, la beauté de l'oeuvre de Philippe Jaccottet m'ont toujours accompagnés. Reconnaître ce qui est le plus proche de soi est le plus difficile à voir, se reconnaitre dans l'autre est une chance et une résonnance. Voir et écrire, sont comme deux personnes en regard. Trouver l'accord de la note entre ces deux verbes est une quête, la donner à entendre dans un espace où le souffle d'un instant est retenu par la beauté est un bonheur.
    J'ai porté en moi les écrits de Philippe Jaccottet, comme cette phrase citée plus haut, en me disant : voici ce que je voudrais faire en photographie. Il existe un espace non défini entre le visible et l'invisible, à voir à travers l'épaisseur du visible. Et certainement, avant tout, le gout très particulier, indescriptible, d'aimer marcher dans la montagne, le long des rivières, que je signifie dans le silence de mes images en tentant d'ouvrir un espace imaginé que j'entends dans les écrits de Philippe Jaccottet.
    (Nathalie Savey)

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  • " Pures, épurées, sans doute ; cherchant une plénitude, un apaisement, mais néanmoins tendues, et toujours denses ; sinon, elles s'effilocheraient en nuages, et ce serait, de nouveau, sortir de l'art. Certaines sculptures évoquent aussi, indéniablement des ailes, d'autres des hélices. Mais l'avion qui s'en équiperait n'irait pas loin ! Ce son des ailes, des hélices pour nos envols intérieurs. Polies, miroitantes, comme des pierres que la patience, la maîtrise et le profond besoin d'harmonie du sculpteur auraient lentement lavées ; comme si elles sortaient de l'eau, mais autrement que Vénus ne l'a fait, et d'une autre espèce d'eau ; d'une eau pareille à un rêve, au rêve persévérant de toute une vie. " Philippe Jaccottet. Cet ouvrage publié à l'occasion de l'exposition Sculptures d'Antoine Poncet présentée à la Fondation de Coubertin rassemble des textes poétiques de Jean Arp, Claude Aveline, et Philippe Jaccottet, ainsi que des essais inédits de Lydia Harambourg, Valérie Montalbetti, et Paul-Louis Rinuy.

  • Inédite autour d'un thème que le poète a peu développé : le rapport entre poésie et peinture. La première partie est constituée de l'entretien (richement annoté par Sébastien Labrusse), où Philippe Jaccottet évoque tout d'abord sa découverte de la peinture sur un mode autobiographique : découverte décisive de Piero della Francesca (" le grand choc de ma vie "), rencontre avec sa femme Anne-Marie, en 1953, elle-même peintre, fréquentation de Giacometti, Braque, Chagall...
    Puis il développe les liens qu'entretiennent ses proses de paysage (cf. Paysages avec figures absentes) avec l'expression picturale. Jaccottet évoque en particulier le mystère de cette " lumière originaire " qui habite secrètement les apparences. Comment dire cette lumière sans en dénaturer le secret ? En se confrontant aux images, Philippe Jaccottet livre un passionnant témoignage de son art poétique.
    L'essai de Sébastien Labrusse revient sur quelques thèmes évoqués dans l'entretien et donne ainsi à ce livre son unité : la part d'invisible ou d'originaire dans le réel, la défiance à l'égard des images et des métaphores. Puis il consacre un superbe essai à " l'épreuve de la joie " qui médite la question de la finitude dans l'?uvre de Jaccottet. Un cahier quadri reproduit 8 oeuvres des artistes évoqués dans l'entretien : Anne-Marie Jaccottet, Gérard de Palézieux, Nasser Assar, Claude Garache, Alexandre Hollan, Jean-Claude Hesselbarth.
    Le recueil À la lumière d'hiver (Gallimard, 1974) est au programme des classes littéraires du baccalauréat pour deux ans (sessions 2012 et 2013).

  • Goy ne bouge pour ainsi dire pas de chez lui et, en magicien plus véritablement magicien qu'aucun autre, transfigure à longueur de temps le pauvre bout de jardin qu'il voit de sa fenêtre. Il n'a besoin d'aucun adjuvant extérieur, ni d'aucune sorte de drogue. C'est l'encens du quotidien qui brûle très lentement. La poussière devenue magie. Quand je regarde les meilleures de ces oeuvres (et certes, il ne faudrait pas que toute la peinture se réduisît à cette alchimie-là), je pense à ce que Rilke a écrit des anges tels qu'il les imaginait: «pollen de la divinité en fleur»; c'est vraiment quelque chose comme cela. (Texte de Philippe Jaccottet)

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