Langue française

  • - Paradoxe de la crise actuelle : alors qu'elle remet radicalement en cause la toute-puissance des marchés et qu'elle relégitime l'intervention de l'État, les citoyens n'ont jamais eu aussi peu confiance en lui. Échec de l'État ? Nécessaire retour à la loi du marché ? En fait, le problème n'est pas tant de vouloir substituer " plus d'État " à " moins d'État ", que de penser l'État autrement. Dans le contexte d'une économie mondialisée, ceci suppose de renforcer le rôle de la puissance publique, c'est-à-dire de théoriser un État social-démocrate, un État qui ne nie pas les forces du marché mais au contraire les stimule, les infléchit, les met au service d'une amélioration continue du bien-être de la société. État régulateur, État investisseur, État garant du contrat social : telles sont les lignes de force du nouveau pacte que ce livre propose.L'invention d'un " plus d'État autrement " est une condition nécessaire pour atteindre une croissance forte, durable et juste, qui ne serait pas uniquement pensée en termes de PIB, mais dans son rapport avec tous les indicateurs de développement et de bien-être.

    - Philippe Aghion est professeur d'économie à Harvard et à l'École d'économie de Paris. Spécialiste de la croissance, il a récemment publié un rapport sur la réforme de l'université, L'Excellence universitaire : leçons des expériences étrangères (2010).

  • La France dispose-t-elle d'atouts dans la mondialisation et si oui, comment les valoriser ? C'est à cette question que répondent les différentes contributions individuelles rassemblées dans ce rapport. Plusieurs lignes de force apparaissent, qui conjuguent diagnostics et recommandations.
    À cet égard, Patrick Artus analyse les forces et les faiblesses de la spécialisation internationale de la France, par comparaison avec nos principaux partenaires et concurrents. Des efforts particuliers doivent être faits dans certains domaines pour améliorer la compétitivité de notre pays : éducation supérieure, R&D, innovation. Philippe Aghion et Élie Cohen proposent de combiner des politiques transversales et des politiques colbertistes traditionnelles. Les premières, de type top-down, sont orientées vers une meilleure utilisation de nos ressources ; les secondes, de type bottom-up, se justifient dans les activités où les coûts fixes sont importants et dans les secteurs stratégiques où notre pays doit se rapprocher de la frontière technologique, sans que cela porte atteinte à la concurrence. Élie Cohen et Thierry Madiès soulignent la pertinence de la politique des pôles de compétitivité et suggèrent des pistes d'amélioration. L'apport de Daniel Cohen et Thierry Verdier concerne plus particulièrement les secteurs culturels, la pharmacie et l'informatique, secteurs soumis à une mondialisation immatérielle notamment dominée par les États-Unis.

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