Documentation Francaise

  • Les États-Unis ont une croissance plus dynamique que l'Europe, et l'avance américaine en termes de niveau de vie ne se résorbe pas.
    Ce constat est maintenant largement partagé, mais ses causes font l'objet d'interprétations très diverses et parfois contradictoires : préférence collective pour le loisir de la part des Européens, insuffisance de la demande en zone euro, combinaison d'une intégration inachevée et de l'insuffisance des réformes au niveau national, enfin incapacité de l'Allemagne, la France et l'Italie à mener des réformes, par opposition aux petits pays.
    Les auteurs du rapport ne rejettent pas en bloc ces thèses, mais soulignent qu'aucune d'elles n'est satisfaisante, car toutes négligent les déficiences du système de politique économique dont s'est dotée l'Union. Sur la base d'une analyse des insuffisances de l'Europe en matière économique et institutionnelle, les auteurs avancent un certain nombre de propositions. Celles-ci s'inscrivent dans le cadre des traités existants et visent à être réalistes, elles n'en constituent pas moins une véritable relance de l'Europe par l'économique, à un moment où celle-ci, après le non à la constitution, est en manque de projet mobilisateur.
    Ces propositions s'articulent autour de quelques grands axes : recentrer l'intégration dans les domaines porteurs de croissance ; conserver la décentralisation des réformes, notamment celles touchant au fonctionnement du marché du travail, sauf en matière de politique de recherche, pour tenir compte des externalités ; améliorer le cadre de la politique macroéconomique, dans le double but de permettre une véritable gestion du cycle économique et d'accompagner les réformes structurelles pour en diminuer les coûts immédiats.
    Résumés en français et en anglais en fin d'ouvrage.

  • La France dispose-t-elle d'atouts dans la mondialisation et si oui, comment les valoriser ? C'est à cette question que répondent les différentes contributions individuelles rassemblées dans ce rapport. Plusieurs lignes de force apparaissent, qui conjuguent diagnostics et recommandations.
    À cet égard, Patrick Artus analyse les forces et les faiblesses de la spécialisation internationale de la France, par comparaison avec nos principaux partenaires et concurrents. Des efforts particuliers doivent être faits dans certains domaines pour améliorer la compétitivité de notre pays : éducation supérieure, R&D, innovation. Philippe Aghion et Élie Cohen proposent de combiner des politiques transversales et des politiques colbertistes traditionnelles. Les premières, de type top-down, sont orientées vers une meilleure utilisation de nos ressources ; les secondes, de type bottom-up, se justifient dans les activités où les coûts fixes sont importants et dans les secteurs stratégiques où notre pays doit se rapprocher de la frontière technologique, sans que cela porte atteinte à la concurrence. Élie Cohen et Thierry Madiès soulignent la pertinence de la politique des pôles de compétitivité et suggèrent des pistes d'amélioration. L'apport de Daniel Cohen et Thierry Verdier concerne plus particulièrement les secteurs culturels, la pharmacie et l'informatique, secteurs soumis à une mondialisation immatérielle notamment dominée par les États-Unis.

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