Philippe Roussin

  • Roman de la misère du monde, prosaïsme de la vie ordinaire, dénonciation de la violence fait aux êtres et aux choses, autofiction - la littérature contemporaine se veut manifestes, ou presque. D'aucuns y voient un âge nouveau.
    Pour comprendre quand tout a commencé, Philippe Roussin a préféré la perspective à la saisie du détail, la pesée globale à l'anatomie d'une oeuvre singulière. Il lui a paru que Céline offrait un parapet, du fait de son statut exorbitant, d'où embrasser le paysage littéraire contemporain. On ne trouvera pas ici une analyse des romans et écrits de Louis-Ferdinand Destouches, mais, à partir de Céline, l'étude du basculement qui fit que la littérature décida d'avoir pour objet celui même du politique en régime démocratique : la vie ordinaire et ses énigmes, le monde commun et le conflit de ses valeurs en partage. Entre médecine et littérature, entre prose et poésie, entre poétique et rhétorique, la chose se fit par la négation de la figure de l'écrivain campé hors du monde, par le refus du Grand Homme de Lettres confiné à une langue écrite, par l'irruption, en littérature, de la langue parlée, par le pamphlet en lieu et place du récit.
    La question demeure de mesurer ce qui, de Céline à aujourd'hui, s'est joué dans la littérature française.

  • L'irruption du postmodernisme a favorisé la critique des avant-gardes artistiques du xxe siècle, des idéologies qui les avaient portées et même des oeuvres qu'elles avaient produites.
    Ces mises en cause ont occulté autant que révélé un ensemble de questions théoriques et historiographiques. Que signifie la fin des avant-gardes ? De quelle histoire celles-ci relèvent-elles ? Comment évaluer la force durable des oeuvres, indépendamment des discours qui ont accompagné leur création ? Que nous disent-elles de notre modernité ?

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  • Los trabajos aquí reunidos abordan las intervenciones de la literatura en los procesos históricos de transición del siglo XX al siglo xxi, en el momento en que la democracia está por construir o consolidar. En el contexto actual, en el que tanto la discursividad como la representación democrática atraviesan una profunda crisis, escribir la democracia pasa a ser una tarea política, cultural y estética central. El presente libro propone un estudio comparativo inédito de la literatura en régimen democrático, desde el final de la Guerra Fría hasta las Primaveras Árabes. A través de estudios de casos que abordan la justicia literaria y la democracia en España, América latina, la India o el Maghreb, y mediante un diálogo final con cuatro novelistas españoles, esta aproximación transnacional cuestiona la pérdida de centralidad del modelo español de «transición consensual» y sus líneas de fractura recientes que revelan la emergencia de nuevas relaciones entre literatura y democracia.


    Cet ouvrage questionne la place et le rôle de la littérature dans les processus de transition de la troisième vague démocratique des années 1974-2005, depuis les transitions latino-américaines des années 1980 jusqu'aux expériences les plus récentes des révolutions démocratiques des printemps arabes. Les études de spécialistes venus de disciplines et d'horizons culturels divers (France, Espagne, Portugal, États-Unis, Royaume-Uni) permettent de saisir à l'échelle globale les mutations contemporaines des enjeux de la démocratisation dans le champ littéraire, et explorent la construction politique d'un monde commun dans l'expérience de la littérature.

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  • La « Bibliothèque de la Pléiade » tient une place tout à fait singulière dans le panorama français de l'édition.
    « Musée imaginaire », au sens où l'entendait André Malraux, elle est un lieu de métamorphose des grandes oeuvres du présent et du passé et elle contribue à transformer l'oeuvre moderne en « classique ». Elle a acquis le statut d'une véritable institution littéraire et remplit souvent une fonction patrimoniale pour ses lecteurs. Aucune recherche spécifique ne lui avait pourtant jusqu'ici été consacrée.
    Comment cette collection ? inventée en 1931 par Jacques Schiffrin et éditée par Gallimard depuis 1933 ? s'est-elle construite au fil du temps et des éditions ? Comment chaque nouveau volume entreprend-il de relever ce défi : s'inscrire dans une tradition éditoriale et dans un contexte mouvant tout en satisfaisant aux exigences de la singularité d'une oeuvre ? Ce volume, par la confrontation des expériences de plusieurs « éditeurs » de la Pléiade avec les analyses de spécialistes de l'édition et de la génétique des textes, entend apporter des éléments de réponse à ces questions, ainsi qu'à celle de la tension entre ce que Nathalie Sarraute appelle la littérature « vivante » et le « monument » qu'érige la collection.

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