Paul Pasteur

  • « Chemises noires » et « peste brune » contre démocratie. Ce schéma dominant fait oublier à quel point l'Europe de l'entre-deux- guerres, du Portugal à l'Estonie en passant par l'Autriche, la Hongrie ou les royaumes des Balkans, fut aussi une Europe de régimes autoritaires (dont beaucoup finirent d'ailleurs dans la compromission absolue avec l'hydre totalitaire).
    Leurs caractéristiques, pour être moins spectaculaires, témoignent de l'enracinement de logiques réactionnaires dont l'Europe d'après la chute du Mur n'a peut-être pas totalement triomphé.
    Soit donc un archipel de régimes gris. Le faible charisme de leurs dirigeants, l'absence d'un parti de masse, la référence à la religion catholique ou orthodoxe, au corporatisme chrétien ainsi que le désir affiché de revenir à un passé mythique tracent la frontière avec le fascisme ou le national-socialisme. De nombreuses variantes sont offertes. Certains États conservent un parlement, voire une opposition, d'autres imposent la dictature. L'antisémitisme, plus ou moins encouragé, prépare le terrain à la Shoah.
    Ce livre offre la première synthèse de ce niveau et de cette facilité d'accès sur un pan de l'histoire européenne qu'il serait bien malvenu d'oublier.

  • Pendant des siècles, des États allemands ont coexisté au sein du Saint-Empire germanique, créant des frontières plus ou moins perméables et concourrant aux particularismes.
    Depuis le 19e siècle, l'unité allemande et la montée des nationalismes, allemand mais aussi voisins, ont fait de la question des frontières en Allemagne et des pays de langue allemande un enjeu géostratégique, puis un enjeu quasiment biologique. Au cours du 19e siècle, le contexte international et les logiques des politiques des États de la région ont conduit à un renforcement des frontières ; au coeur de l'Allemagne, une barrière matérielle infranchissable a même été dressée pendant près de trente ans. Les frontières d'État ne sont pas seulement des lignes plus ou moins bien matérialisées sur le sol suivant les volontés politiques, mais elles marquent les mentalités, rythment la vie quotidienne, jouent un rôle fondamental dans la construction des identités personnelles et collectives. Elles produisent et entretiennent de la différence, compliquant ainsi les rapports avec les voisins, ces « Autres ».

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  • L'Europe d'aujourd'hui se ressent encore du poids de l'Autriche du passé, s'agissant notamment des soubresauts et tensions dans l'espace danubien et balkanique où les peuples étaient assujettis au grand jeu de l'empire austro-hongrois face aux mondes russe et ottoman; plus encore, l'Europe s'est lourdement resentie de la transformation en 1918 de cet Empire en puissance secondaire incapable de contrecarrer les nationalismes allemand et italien, et donc le nazisme et le fascisme. Outre la nécessité de revenir sur ce grand "raté" de l'histoire contemporaine de notre continent, l'Autriche interpelle également au présent : fort courant national-populiste issu d'une dénazification ratée, malaise culturel diffus dont ont témoigné des faits divers hors normes, etc. 

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  • La social-démocratie réserve à chacun quel que soit son sexe, son âge, son activité, son identité nationale ou confessionnelle une place au sein de sa communauté.
    Ou du moins, elle en donne l'illusion. Désirant organiser les hommes et les femmes du " berceau à l'urne ", elle offre une réponse programmatique et organisationnelle à tout problème posé par l'activité humaine. Pour cela, les sociaux-démocrates ont construit, en prenant modèle sur l'Eglise catholique, une large mouvance au sein de laquelle évoluent à côté du parti, noyau central qui donne le ton et détermine la ligne politique, les syndicats, les coopératives et une multitude d'associations.
    Au départ rien, si ce n'est la conception globalisante de la société dont se réclame la social-démocratie, n'inscrit la volonté de construire cette large mouvance dont l'extrême vitalité est le résultat de l'activité des milliers de militants et de militantes qui encadrent les 700 000 membres du parti. L'ouvrage s'interroge sur le fonctionnement de ce puissant mouvement qui, bien que mixte, forge et transmet une représentation exclusivement masculine du monde.
    Quelles sont les traces des héritages intellectuels et culturels, que cela soit l'eugénisme social ou la Bildung, sur les discours et pratiques des sociaux-démocrates, en particulier sur l'expérience de la municipalité de Vienne la Rouge de l'entre-deux-guerres ? L'ouvrage analyse aussi l'acte militant et étudie les pratiques des militants et des militantes de la socialdémocratie autrichienne: leurs motivations, leur mode de vie, leur type de sociabilité et le rapport complexe entre direction et base.

  • Cette anthologie uniquement monolingue (allemand) réunit deux cent quarante-deux études de civilisation autrichienne, témoignant des réalités de l'Autriche moderne post-habsbourgeoise entre 1918 et 1938, gérant longtemps le lourd héritage du traité de Saint-Germain-en-Laye (1919). Le volume illustre les nombreux visages de la Première République (1918-1934) - véritable champ d'expérimentation de l'apprentissage démocratique - liée, entre autres, aux noms illustres de K. Renner et d'I. Seipel ; il brosse le portrait plus sévère de l'État corporatiste (Ständestaat, 1934-1938), expression d'une dérive spécifique, alliant idéologie autoritaire et christianisme, et culminant dans l'austrofascisme, initié par E. Dollfuss et K. Schuschnigg. Cependant faiblesses et/ou errances des deux systèmes sont constamment à inscrire dans le débat de politique intérieure et extérieure autour de l'Anschluss, interdit au sortir de la Grande Guerre par les vainqueurs. En Autriche, multiplicité des langages et expression des mentalités de l'entre-deux-guerres, également à travers les premières manifestations de la Résistance et de l'exil, apportent des éclairages fascinants et révélateurs sur cette époque, soulignant la complexité de l'échiquier, en surface et en profondeur. En définitive, ces deux périodes politiques et l'éradication de l'Autriche souveraine (1938-1945), annexée par le IIIe Reich, furent riches en enseignements pour la Seconde République qui veilla avec vigilance à la solidité de ses assises démocratiques.

  • Ce volume n'est pas un traité de traductologie, mais une réflexion, à partir de cas, sur la pratique de la traduction en histoire. Il s'agit aussi d'une mise garde, qui appelle à la prise de conscience de l'importance de la traduction et de la responsabilité du traducteur.

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  • La popularité de Garibaldi (1807-1882) a été et reste extraordinaire, non seulement en Italie, mais dans le monde entier, comme en témoigne l'épithète de " héros des deux mondes" par laquelle on continue encore de le désigner. En Europe et aux Etats-Unis, à l'instar de ce qui s'était produit pour Napoléon Bonaparte, il se développe dès son vivant une légende dorée et une légende noire de Garibaldi. Cet ouvrage désire cerner les contours de ces légendes qui transforment le condottiere italien en modèle pour les uns et en contre-modèle pour les autres. Les contributions de nombreux historiens étrangers permettent de dessiner une carte précise de la géographie du garibaldisme et de l'antigaribaldisme dans l'aire latine, anglo-saxonne, germanique et slave. Enfin, Annita Garibaldi-Jallet, professeur émérite de l'université de Bordeaux et arrière-petite-fille du héros romantique, dresse le premier bilan des enjeux des commémorations du bicentenaire de la naissance de celui dont Victor Hugo écrivait: "Garibaldi ! Qu'est-ce que Garibaldi ? C'est un homme, rien de plus, mais un homme dans toute l'acception du terme, un homme de liberté, un homme de l'humanité".

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