Olivia Rosenthal

  • «Vous aimez les animaux. Ce livre raconte leur histoire et la vôtre. L'histoire d'une enfant qui croit que le traîneau du père Noël apporte les cadeaux et qui sera forcée un jour de ne plus y croire. Il faut grandir, il faut s'affranchir. C'est très difficile. C'est même impossible. Au fond, vous êtes exactement comme les animaux, tous ces animaux que nous emprisonnons, que nous élevons, que nous protégeons, que nous mangeons. Vous aussi, vous êtes emprisonnée, élevée, éduquée, protégée. Et ni les animaux ni vous ne savez comment faire pour vous émanciper. Pourtant il faudra bien trouver un moyen.» Olivia Rosenthal.

  • « J'ai couru sur la montagne pour échapper à la mort. Ou plutôt à sa vision. À son emprise. J'ai couru et couru encore, mais au bout du compte elle était encore là ».

    Récit d'apprentissage, thriller métaphysique ou manuel d'exorcisme, ce livre raconte comment esquiver les coups et si possible comment les rendre.

  • Dès le prologue, l'héroïne et narratrice, Lily, est l'objet d'un phénomène surnaturel. Un matin, devant l'étal d'un poissonnier, la voilà soudain en osmose avec le commerçant, à tel point qu'il lui semble tout connaître de son existence. Désormais, elle devra faire avec ce don télépathique, la possibilité d'entrer par effraction dans l'esprit de n'importe qui. Expérience vertigineuse qui va bientôt l'obliger à juguler les effets pervers de son étrange pouvoir en limitant les interactions avec ses semblables.
    Suite à cette première révélation, l'auteure saute une quinzaine d'années pour soumettre son héroïne à d'autres aléas déstabilisants, ceux d'une dystopie urbanistique. Lily habite à présent une zone érigée de tours et traversée de voies rapides. Pour échapper à ce cadre de vie déshumanisant, elle est entrée en contact avec un petit groupe d'activistes clandestins qui essayent de contrer par des coups d'éclat symboliques les diktats imposant couvre-feu et régulation des déplacements. En tout, huit hommes et femmes : Sturm, Macha, Clarisse, Fox, Gell, Filasse, Full et Oscar.
    Jusqu'au jour où une imprudence de Macha ayant failli très mal tourner, les conspirateurs se réunissent pour mieux se coordonner. Mais leur débat prend un détour inattendu : Fox lâche un début de confidence puis, assailli de questions, se voit contraint de narrer par le menu les rencontres avortées avec son père. Une autre nuit, l'ex-junkie Macha va dévider le fil d'un destin où les manques familiaux épousent d'autres sevrages. Et ainsi de suite. Ce rituel, loin de détourner le groupe de sa visée militante, noue entre ses membres des liens d'intimité mutuelle.
    Éloge des bâtards est une vaste chambre d'échos, d'histoires croisées, de biographies plurielles.
    Au diapason de neuf voix se stimulant les unes les autres, ce roman, s'il témoigne des legs écrasants de la bâtardise et de l'atomisation de nos solitudes urbaines, raconte avant tout comment des enfants abandonnés, marginalisés, ont su bricoler des solutions provisoires avec leurs manques.

  • Ce nouvel opus d'Olivia Rosenthal remonte le cours de souvenirs cinématographiques en se focalisant sur trois sources : la saga des Alien, le classique hitchcockien Les Oiseaux et le dessin animé Bambi.« Toutes les femmes sont des aliens », inaugure le triptyque. Il en donne aussi le mode d'emploi global : comment raconter un film à partir des traces partielles, désordonnées et parfois trompeuses qui nous restent à l'esprit. Ne se fiant qu'à ses impressions premières de spectatrice, Olivia Rosenthal ne s'attarde pas sur le cliché terrorisant de l'extra-terrestre, mais sonde l'inquiétante familiarité que lui inspire Sigourney Weaver : son devenir-monstre, son impureté constitutive et les mutations qu'elle fait subir à l'image d'Épinal de la féminité. Le deuxième volet, « Les oiseaux reviennent », soumet le chef-d'oeuvre d'Hitchcock à la même relecture intuitive et digressive. À ceci près qu'à peine exposé les prémisses de cette love story apocalyptique, le récit bute sur une méprise. La narratrice a beau avoir déjà vu Les Oiseaux à trois reprises, sa mémoire l'a induite en erreur. Elle s'attendait à un autre casting : « Cary Grant et Ingrid Bergman ou à la rigueur James Stewart et Kim Novak », et non leurs pâles copies incarnées par Rod Taylor et Tippi Hedren. Or, c'est bien à travers le prisme de ce faux souvenir frustrant qu'elle va décrire les ressorts dramatiques du film. Dans sa troisième partie, « Bambi & Co », Olivia Rosenthal change de genre, de public et de méthode. Partant, d'une comparaison entre deux oeuvres d'animation, elle ébauche un parallèle entre le jeune faon Bambi et le petit d'homme Mowgli : l'un privé d'une mère abattue par des chasseurs en forêt, l'autre abandonné au milieu de la jungle. Là encore, elle préfère réactiver ses propres affects pour observer comment ces deux personnages réagissent à cette parenté perdue qui les condamne à survivre en milieu hostile. Avec ce livre dédié au cinéma, Olivia Rosenthal a su conjuguer légèreté de ton, humour iconoclaste et conviction passionnelle pour conjurer certaines hantises déjà à l'oeuvre dans ses dernières fictions.

  • « Le 6 juillet 2004, Monsieur T. a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T. pourquoi il avait agi de la sorte, il a été incapable de répondre.
    Comment vous appelez-vous ?
    Pas moi.
    Quel est votre prénom ?
    Il ne m'appartient pas. » On n'est pas là pour disparaître part du portrait d'un homme atteint de la maladie d'Alzheimer pour saisir sur le vif ce qu'est la perte de la mémoire, de la parole et de la raison. Avec ce septième livre optimiste et désespéré, Olivia Rosenthal confirme son talent et son inventivité langagière.

  • Dans Que font les rennes après Noël ?, on découvrait combien certains films avaient eu d'importance pour l'héroïne du livre. Partant de ce même rapport émotionnel et non savant au cinéma, Olivia Rosenthal a restitué dans Ils ne sont pour rien dans mes larmes des portraits d'hommes et de femmes à travers l'impact déterminant de quatorze films. Elle leur a posé cette question simple et vertigineuse : « Quel film a changé votre vie ? », en se soumettant par deux fois au même exercice d'introspection.
    Ainsi, dans un monologue inaugural saisissant, « Le Vertige », l'auteur relate un événement biographique douloureux dans un récit diffracté qui prend sa source dans Vertigo d'Alfred Hitchcock. Croisant la fable du film relaté essentiellement sous l'angle de la peur du vide et du suicide de sa soeur, Olivia Rosenthal remonte à la source d'une terreur adolescente. Dans « Les larmes », qui clôt ce livre, elle se demande ce qui la fait pleurer systématiquement devant Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy. Pourquoi la scène finale la remet-elle toujours dans le même état ? Qu'est-ce qui la touche de si près dans ce scénario d'amour raté ? Le texte engage avec humour d'autres pistes de réflexion qui, comme toujours chez Olivia Rosenthal, se prête à un jeu d'interlocution ne laissant jamais de côté le lecteur.
    Ces prologue et épilogue viennent embrasser d'autres expériences de spectateurs. En effet, enquêtant sur les « films de votre vie », Olivia Rosenthal a demandé à huit femmes et quatre hommes d'évoquer leur film fétiche. Elle s'est ensuite librement réapproprié leurs réponses. Pour chacun de ces douze personnages (Sophie, Jean, Angélique, Béatrice, Denis.), un film a agi comme une rencontre décisive : Douze hommes en colère de Sydney Lumet, Le retour d'Andreï Zviaguintsev, Rouge de Kieslowski, L'arrangement d'Elia Kazan, Nuit et brouillard d'Alain Resnais. Qu'il soit léger ou grave, connu ou inconnu, important ou mineur, ce n'est pas le jugement esthétique qui préside à ce choc cinématographique. Vivre des histoires d'amour catastrophiques dans la lignée du Dernier Tango à Paris, rêver de devenir script pour faire comme Nathalie Baye dans La nuit américaine, ou se passionner d'anglais et de pop music grâce au déclic d'une séance en VO, voilà quelques témoignages d'adolescents devenus adultes. Ils pensent ce choc comme une éducation sentimentale, un éveil politique, un modèle existentiel même où le film a servi de déclic, apportant un réconfort ou un trouble durable, au-delà du grand écran. Revu quelques années plus tard parfois, le film culte s'avère très différent du souvenir, voire décevant. Mais la pellicule a définitivement irradié la réalité de leur destin.

  • Entouré de ses deux frères, le Mince et le Puissant, un jeune enfant vit dans une maison avec son doudou Félix qui l'aide et le rassure. Dans une ambiance lourde que l'enfant ressent sans bien la comprendre, Félix se disloque petit à petit et l'enfant en cache les morceaux partout dans l'habitation. Les adieux précipités du Puissant, l'abandon contraint de la maison avec le Mince qui disparaît bientôt lui aussi, plongent l'enfant dans la peur. Transporté dans un campement au delà du fleuve et entouré de gens qu'il ne connaît pas, c'est à un pacte qu'il devra son salut : le partage et la consommation avec une panthère des morceaux épars de Félix.
    À partir d'un ensemble de trois momies de chat de l'Égypte gréco-romaine, Olivia Rosenthal compose un récit énigmatique où se réactualisent les mythes égyptiens ; le lecteur y retrouvera quelques-uns des thèmes qui nourrissent l'oeuvre de l'auteure : l'abandon, la peur et les mécanismes mis en jeu dans l'enfance pour survivre en milieu hostile.

  • DEPUIS SA PREMIERE EDITION EN 2007, LE FESTIVAL CONCORDAN(S)E FAIT CHAQUE ANNÉE LE PARI DE PROVOQUER UNE RENCONTRE INEDITE ENTRE DES ECRIVAINS ET DES CHOREGRAPHES. SELON LE PRINCIPE ETABLI, UN CHOREGRAPHE SE POSITIONNE FACE A SON OEUVRE, ESSAIE DE DEFINIR CE QUI GENERE CHEZ LUI CE BESOIN DE CONCEVOIR UNE CREATION. POUR L'AIDER A S'INTERROGER SUR SA DEMARCHE DE CREATEUR, IL EST ACCOMPAGNE PAR UN ECRIVAIN, AIFN DE MENER UNE REFLEXION CONJOINTE SUR CES QUESTIONNEMENTS. DE CETTE PLONGEE DANS L'INTIMITE CREATIVE DE CHOREGRAPHE, L'ECRIVAIN DEVOILE CE QU'IL A SURPRIS, COMPRIS DE CE CHEMINEMENT COMME UN PROLONGEMENT ORIGINAL A SA PROPRE CREATION. DE LA RENCONTRE DE CES BINOMES, NAISSENT DES FOREMS DIVERSES, AUSSI HYBRIDES LES UNES QUE LES AUTRES, QUE LE PUBLIC EST CONVIE A DECOUVRIR EN DIRECT.
    DANS CE PREMIER OUVRAGE, VOUS POURREZ DECOUVRIR LE RECIT DES AUTEURS QUI ONT PARTICIPE AUX TROIS PREMIERES EDITIONS DU FESTIVAL CONCORDAN(S)E : CECILE LOYER, NICOLAS FRETEL, ROSALIND CRISP, ISABELLE GINOT, CHRISTIAN BOURIGAULT, GILLES SAMPIERI, VALERIA APICELLA, CHRISTOPHE MARTIN, FRANCOIS LAROCHE-VALIERE, EVELYNE SALANDRE, YVANN ALEXANDRE, EMMANUEL ADELY, ZAZA DISDIER, YAN ALLEGRET, XAVIER LOT, RONAN CHENEAU, GUILLAUME BERTRAND, ANNE LUTHAUD, MARION LEVY, FABRICE MELQUIOT, CHRISTIAN UBL, FRANCOIS TESSIER, CARLOTTA SAGNA, OLIVIA ROSENTHAL, PIERRE JOHANN SUC, PIERRE CHARRAS, NATHALIE PERNETTE, GWENAELLE STUBBE, PHILIPPE COMBES, ARNAUD CATHRINE, OSMAN KHELILI, PASCAL MORIN, GENEVIEVE SORIN, LULLA CHOURLIN, SUSANNE JOUBERT.


  • les félins m'aiment bien, comédie et farce macabre, met en scène six personnages et quelques figures.
    exposés à un péril sourd, effrayant et diffus qu'ils ne peuvent nommer, ils se déguisent, échangent leurs rôles, jouent à un jeu cruel dont les règles et le but demeurent énigmatiques. alors surgissent toutes sortes de questions, dont les réponses peuvent être surprenantes ou extrêmes : comment vivre ensemble ? que faire de la part animale qui sommeille en chacun de nous ? oú commence, oú s'arrête notre humanité ? dans cet inquiétant huis clos, fantasmes et appétits inavoués se libèrent et sont exposés en pleine lumière.


  • La recherche de ses origines est, comme chacun sait, une entreprise ardue, et certains sont trop paresseux ou méprisants pour s'y adonner.
    C'est le cas de la narratrice de ce récit, qui observe, du haut de sa supériorité maladive, le monde en général et sa parentèle en particulier. ne se fiant qu'à demi à ce qu'elle voit ou à ce qu'on lui raconte, elle esquisse, à partir de bribes recueillies de-ci, de-là de son avant et après naissance, le tableau fictif de ce que devrait être une famille, et invente le portrait de ses grands-parents, parents, oncle et soeur.
    Portraits convenus, portraits élogieux, portraits factices dont la ressemblance avec l'original est absolument sans importance puisqu'il n'y a pas d'original ou qu'il s'est retiré en un lieu où l'on aurait bien du mal à le dénicher, fût-on chasseur, détective ou juge suprême.

  • « Les lois de l'hospitalité est le fruit d'une résidence que j'ai faite aux Nouvelles Subsistances à Lyon. À partir d'entretiens que j'ai réalisés avec une vingtaine de personnes qui vivent à Lyon et dont la langue maternelle n'est pas le français, j'ai écrit un texte qui reprend leurs histoires, les croise, les reconstruit et les invente. Ce texte a été mis en scène par Marie Vialle...» O. Rosenthal.
    A travers ces dix entretiens avec des étrangers séjournant en France, l'auteur nous précipite au coeur d'une réalité perdue de vue depuis longtemps. Ces entretiens nous racontent autant d'histoires personnelles, autant d'itinéraires singuliers à rebours des lieux communs courants sur le compte de l'étranger. Olivia Rosenthal donne à entendre quelque chose d'irréductible et de poignant d'où jaillit une forme de respect profond, nous rappelant ainsi aux fondements mêmes des lois de l'hospitalité.

  • Tout a commencé par une lésion presque anodine de la glande pinéale.
    Peu à peu, la narratrice se rend compte que cette affection va chercher plus loin qu'elle ne l'imaginait. elle se met à vider l'abcès des contrariétés diverses qui ont pu dérégler ses secrétions glandulaires. elle se souvient de la jeune fille, au comportement intrigant, dont elle avait un jour emboîté le pas. une filature qui se poursuivra quelques temps pour s'achever par son corollaire naturel : une aventure amoureuse.
    Elle élabore alors un plan de contre-attaque et de défense active destiné à se guérir par les moyens du bord, ou du moins à se consoler. on retrouve, dans ce troisième livre d'olivia rosenthal, l'humour et la puissance verbale de ses deux précédents. une langue qui va puiser dans les plus vieilles ressources rhétoriques et dans les raretés précieuses pour dire toute la violence contenue d'une âme torturée d'aujourd'hui.
    Torturée, mais détachée de l'obscène complaisance qui va trop souvent avec. d'où le plaisir vif que le lecteur retirera de cette prose inventive, déraisonnable et auto-sarcastique.

  • Les sept voies de la désobéissance a tout d'un traité de sagesse extrême-orientale.
    Il met en scène un vieux maître, wong, et ses trois disciples : tchidan, le timide maladif ; nidan, l'impulsif obstiné et sandan, une perfection de force tranquille. chacun joue son rôle à la lettre. sept jours durant, le maître va soumettre ses trois disciples à des épreuves allégoriques et tester ainsi leur esprit de résistance ou de soumission. tout pourrait donc se passer pour le mieux dans le plus zen des mondes possibles.
    Si olivia rosenthal n'avait pas écrit un conte cruel, pour en finir peut-être avec l'idée même de sagesse.

  • Les Fantaisies spéculatives de J.H. le sémite s'inscrivent dans la droite ligne des Sept Voies de la désobéissance. Après avoir, pour mieux les déconstruire, intériorisé les stéréotypes d'un traité de sagesse extrême -orientale, Olivia Rosenthal part cette fois d'un autre corpus culturel, le Pentateuque soit les cinq premiers livres de l'Ancien Testament, dont elle extrait, pour mieux les mettre en porte -à-faux, certains préceptes. En tout, dix commandements tirés de l'héritage du judaïsme, successivement cités en tête de chapitre, qui vont donner lieu à d'insolentes applications transgressives, des détournements de sens jouissifs, des contre -pieds sarcastiques ou incongrus.
    J. H., le personnage central de ce roman, n'est pourtant pas voué à la désobéissance. Il est, au contraire, hésitant de nature, écartelé entre son inscription dans les traditions juives et de subites envies de s'émanciper de ces rituels ancestraux. Ne sachant trop que faire de son éducation, mais ne sachant pas non plus faire sans, il est perpétuellement traversé de discours contradictoires, mis en péril par une série de dilemmes non pas tant métaphysiques que concrets.
    Butant contre tel ou tel interdit de la loi juive, J. H., ce biologiste à la rationalité désarmante de naïveté, ce mari tout bêtement amoureux, ce fils pas du tout indigne, ce juif ni pratiquant ni assimilé cherche des solutions existentielles si simples qu'elles vont, peu à peu, l'entraîner dans d'extrêmes complications familiales, professionnelles, sexuelles. Dès lors, J. H en devient, presque malgré lui, un Candide moderne livré aux aléas rocambolesques de son rapport fluctuant à l'identité juive. En chemin, il s'imaginera éleveur de porcs chez sa mère, hésitera à changer de sexe, à commettre quelque inceste, à adopter un protégé palestinien, à ruiner sa carrière universitaire, autant d'aventures qui l'aideront à distinguer la judaïté normative dont il a hérité et celle, si difficile à définir, qui lui appartient en propre.
    À moins que cet irréductible noyau identitaire qui taraude l'anti-héros de ce roman cette judaïté qui ne craint ni le doute, ni l'ironie, ni le scandale, réside justement dans le principe même de ces « fantaisies spéculatives », dans cette liberté prise avec le carcan des lois fondatrices, dans cette façon d'ignorer les tabous millénaires pour s'inventer d'autres destins possibles, ici et maintenant. Mais, en prenant de telles libertés, J. H. prend aussi le risque d'être qualifié, comme ses initiales le laisse présager, de Juif Honteux ; lui qui se sait pourtant traversé par tant d'autres prête-noms « Justicier Hébraïque », « Jeune Homme », « Judas Héroïque », « Jobard Hétérodoxe ». C'est là, sans doute, l'audace ultime d'Olivia Rosenthal que d'avoir su par les voies détournées d'un art littéraire de la désobéissance mettre les pieds dans le plat d'une question à la fois chargée d'affects personnels et d'actualité brûlante : le repli communautaire.

    Sur commande
  • Barnabé, collectionneur invétéré de plantes, se promène dans l'existence avec une insouciance certaine, dans un bonheur vague et constant, jusqu'au jour oú il comprend - à l'occasion d'événements qu'il serait ici inutile de rapporter - que le bonheur dont il jouit est le fruit d'une terrible illusion.
    Il n'a alors d'autre solution que de partir pour tenter de recommencer ailleurs ce qu'il n'a pas bien su faire ici.

    Sur commande
  • Dans le temps

    Olivia Rosenthal

    Dans le temps raconte à la première personne, mais ce qu'il raconte et qui le raconte restent incertains.
    Ce livre constitue en somme la relation d'un voyage, c'est-à-dire une traversée ou une expérience qui devraient permettre à celui qui parle de définir sa propre identité, de se nommer et par la même occasion de nommer ce qu'il a fait en parlant. il sera utile au lecteur bien intentionné de prendre au pied de la lettre les indications placées en exergue et de pratiquer la lecture à haute voix. ce conseil ne s'adresse toutefois qu'au bienveillant lecteur, c'est-à-dire à celui qui acceptera de partager avec ce narrateur problématique une aventure qui ressemble salement à une série d'épreuves.

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