Nicolas Offenstadt

  • Que reste-t-il d'un pays disparu depuis plus de vingt-cinq ans et dont l'effacement est toujours un enjeu social et politique ? Sur les tables des vide-greniers, par terre dans les hangars ou dans les entreprises délaissées, la République démocratique allemande (RDA, 1949-1990) est aujourd'hui un pays à la brocante, un pays à l'horizontale.
    Nicols Offenstadt invite à un voyage sur les traces de ce pays disparu.
    Dans les usines ou les écoles à l'abandon, il récupère des dossiers individuels, des empreintes des vies de l'époque. Les traces, ce sont aussi les millions d'objets du temps du socialisme qui ont connu de nouveaux destins depuis la chute du Mur. L'enquête suivra ceux qui célèbrent, aujourd'hui, le souvenir de la RDA, et ceux qui veulent la faire revivre un peu, dans une démarche inédite d'archéologie mémorielle.
    À travers la pratique de l'exploration urbaine (Urbex), l'historien raconte les expériences sensorielles et personnelles de rencontres avec un monde disparu, toujours porté par ceux qui l'ont vécu, proposant ainsi une ample réflexion sur les traces et la mémoire.

  • L'ancienne RDA fascine, tant par son histoire méconnue que par son esthétique. Le nombre et l'ampleur des bâtiments à l'abandon en ex-Allemagne de l'Est frappent le promeneur. Combinats, cités d'habitation, Maisons de la culture... Trente ans après la chute du mur de Berlin, ce paysage fantôme est à lui seul digne d'intérêt tant il raconte d'histoires passées. Mais lorsqu'on pénètre à l'intérieur de ces lieux, c'est tout un monde disparu qui apparaît.
    L'historien Nicolas Offenstadt a pratiqué une véritable « exploration urbaine » - « URBEX » - en pénétrant plus de 250 lieux fermés, interdits ou délaissés. Il n'y a là aucun défi mais la volonté d'écrire une histoire de l'abandon : un parcours visuel et intellectuel dans l'histoire de la RDA telle qu'elle se donne à voir aujourd'hui.

    Chaque lieu présenté est éclairé par une analyse, appuyée sur des recherches de première main, des témoignages des anciens de l'Est et les travaux les plus à jour.

  • L'objet de l'historiographie est d'explorer les conceptions de l'histoire, les pratiques et les manières de faire des historiens : comment ils interrogent le passé, avec quels outils et pour en comprendre quoi. Dresser aujourd'hui un panorama des recherches en histoire, c'est ainsi montrer comment cette discipline s'est constituée au fil du temps, mais aussi présenter l'histoire telle qu'elle se pratique aujourd'hui, en France et dans le monde. La nouvelle histoire mondiale (global history) ou encore l'histoire du genre (gender) illustrent le renouvellement récent des approches.
    En découvrant la fabrique de l'histoire, cet ouvrage questionne la place de l'historien dans nos sociétés si consommatrices d'histoire(s) et de « mémoire ». Une « Histoire de l'histoire » comme discipline en somme, qui éclaire notre rapport parfois douloureux au passé, et bien souvent aussi notre présent.

  • « C'est l'enfer [...]. Il faut y être passé pour comprendre », écrit le soldat Clerfeuille après le début de la terrible offensive d'avril 1917. Le conflit dure alors depuis plus de deux ans et le plan grandiose du général Nivelle ne vise rien moins qu'à terminer la guerre en perçant le front sur le plateau du Chemin des Dames. Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui se solde par un échec sanglant : en quinze jours, plus de cent mille d'entre eux sont hors de combat.
    Pour saisir toute la portée de cet événement, une équipe d'historiens, entre archives et témoignages, a mené une enquête de grande ampleur abordant toutes les facettes du Chemin des Dames : histoires, combats, traces, mémoires... Ils proposent, sous la direction de Nicolas Offenstadt, la somme attendue sur l'un des affrontements clés de la Première Guerre mondiale.

    Nicolas Offenstadt est maître de conférences à l'université Paris-1-Panthéon-Sorbonne. Il a, entre autres, publié 14-18 aujourd'hui. La Grande Guerre dans la France contemporaine.
    Les autres auteurs sont historiens, spécialistes de la Grande Guerre et de l'histoire du XXe siècle. Didier Daeninckx a également collaboré à ce livre.

  • L'écriture de l'histoire est aujourd'hui l'enjeu d'une véritable guerre culturelle, la droite et l'extrême droite se saisissant du passé pour fortifier les offensives nationalistes et xénophobes. Ces usages et mésusages de l'histoire amènent Nicolas Offenstadt à s'interroger sur la place du passé et son enseignement dans nos sociétés contemporaines. Que faire du patrimoine ? Comment commémorer, et pourquoi ? Comment relier le travail des chercheurs et les interrogations citoyennes et politiques ? Pour Nicolas Offenstadt, l'historien n'a pas vocation à servir une cause.
    Son rôle est de démystifier les stéréotypes et les torsions politiques du passé pour rétablir les vérités historiques. C'est pourquoi il défend non l'apprentissage lénifiant de la chronologie et des grandes figures du roman national, mais une histoire savante et maîtrisée à même de former l'esprit critique des futurs citoyens. Il propose ainsi une histoire " de plein air " en investissant les lieux publics chargés d'histoire afin de réfléchir avec auditeurs et visiteurs aux liens entre passé et présent.

  • Les crieurs publics semblent aujourd'hui faire partie du folklore. Ils évoquent le bon temps des communautés de proximité, au point que, non sans nostalgie, la fonction renaît ici et là. Au Moyen Âge, les crieurs avaient en revanche un rôle crucial. Chargés de porter la parole des autorités, le roi, le seigneur ou la ville, ces hommes du « petit peuple » parcouraient les routes, les rues et les places pour annoncer et lire à haute voix les ordres et les règlements, lancer les convocations et donner l'alerte.
    Au lieu de faire des crieurs de simples agents administratifs, ce livre défend une thèse : les crieurs publics sont une figure clé de la politique médiévale. Il fait ainsi de la proclamation en place publique un moment central du gouvernement médiéval. C'est à travers la figure d'un de ces crieurs, Jean de Gascogne, valet de la ville de Laon dans le second xve siècle, que chemine la démonstration. Le défi porte ainsi sur la capacité de l'historien a restituer, au plus près, les pratiques et les expériences de ces crieurs, des gens de peu pour comprendre la possibilité de déploiement d'un véritable espace public, qui laisse place à la critique. Chemin faisant, En place publique restitue les expériences possibles de vie des humbles au Moyen Âge, de ceux qui laissent si peu de traces. Jusqu'où peut-on aller pour retrouver les voix du peuple ?

  • Pourquoi certains soldats de la Grande Guerre ont-ils été jugés et exécutés par les autorités militaires ? Grâce à des sources inédites, ce livre fait la lumière sur l'un des épisodes les plus sombres du premier conflit mondial.
    Mais, par-delà les faits eux-mêmes, quels ont été le travail de réhabilitation et la lutte contre la justice militaire dans l'entre-deux guerres ? Comment, à partir des années 1960, la représentation de ces fusillés s'est-elle transformée pour aboutir à la campagne britannique pour le pardon et au rappel de leur mémoire en France ?

  • «  Rien ne poussera plus sur cette terre  » écrit le simple soldat Clerfeuille en évoquant le Chemin des Dames et les ravages de l'artillerie, pourtant deux semaines avant le déclenchement de la fameuse offensive du 16 avril 1917. Après deux ans et demi de guerre, et malgré la défiance de plusieurs généraux, le gouvernement soutient le plan du commandant en chef Nivelle : prendre le plateau du Chemin des Dames, percer le front et l'emporter.
    Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui eut des conséquences fondamentales sur le déroulement de la guerre et même au-delà en façonnant le mythe Pétain (celui qui redresse les erreurs de Nivelle). Car, dès les premières heures, la bataille se transforme en un épouvantable calvaire pour les soldats, confrontés à des positions allemandes en contre-haut, bien organisées dans un dédale de galeries et cavernes, insuffisamment détruites par l'artillerie : 135 000 hommes sont hors de combat en dix jours. Les assauts dans la boue et la neige, face à des pentes imprenables, transforment l'espoir en boucherie. L'échec de l'offensive ouvre rapidement la voie à de nombreux débats et discussions et rend la mémoire de l'événement particulièrement trouble. D'emblée très gênante, la bataille ne parvient pas à être nommée. Selon les objectifs elle est bataille de l'Aisne, du Chemin des Dames, offensive Nivelle. On nie d'abord l'échec évident du projet ; on écarte ou minimise l'événement dans l'écriture de la guerre, de nos jours encore, d'autant plus qu'il fut à l'origine des mutineries - ici revisitées - qui secouèrent l'armée française peu après.
    Pour saisir toute la portée de l'événement, jusqu'à aujourd'hui, il fallait un travail d'équipe : 17 historiens, entre l'archive et le terrain, ont mené une enquête qui est un essai d'histoire totale : tous les aspects de l'expérience combattante sont passés au crible de l'analyse la plus à jour : bombardements, corps à corps, combats aérien ; les bouleversements sur le site même sont étudiés à travers la reconstruction et la constitution du site en lieu de mémoire
    Sans doute fallait-il aussi la fiction et l'image pour dire ce que fut le «  Chemin des Dames  » : Didier Daeninckx et Arlette Farge ont prêté leur plume pour y contribuer.

  • 14-18, un sujet de savant. Bien au contraire ! Depuis une dizaine d'années, nombre de romans ont été publiés avec pour toile de fond la Grande Guerre, Un long dimanche de fiançailles a attiré plus de quatre millions de spectateurs, et même la chanson et la musique s'y mettent. D'innombrables associations animent aussi la zone de l'ancien front. Bref, 14-18 donne lieu à des pratiques sociales et culturelles d'envergure. Quant aux hommes politiques, ils ne sont pas en reste et s'emparent des hauts lieux de la guerre pour parler du présent. D'où vient cet intérêt ? Que nous révèle-t-il quant à la mémoire de cette guerre, à notre rapport au passé et au rôle que joue l'histoire dans notre société ?

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  • Pourquoi certains soldats de la Grande Guerre ont-ils été jugés et exécutés par les autorités militaires ? Grâce à des sources inédites, ce livre fait la lumière sur l'un des épisodes les plus sombres du premier conflit mondial. Mais, par-delà les faits eux-mêmes, quels ont été le travail de réhabilitation et la lutte contre la justice militaire entre les deux guerres ? Comment la littérature, puis, plus récemment, le cinéma ont-ils repris cet épisode ? Comment, à partir des années 1960 et 1970, la représentation de ces fusillés s'est-elle transformée pour aboutir à la récente campagne britannique pour le pardon et au rappel de leur mémoire en France ? Agrégé d'histoire, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, Nicolas Offenstadt est pensionnaire de la Fondation Thiers. Il travaille sur les discours, les rituels et les engagements pour la paix aux époques médiévale et contemporaine.

  • Cent ans après, ce carnet illustré d'images rares ou inédites propose l'essentiel de la Grande Guerre dans une lecture renouvelée.
    D'abord en lui restituant toute son ampleur d'histoire mondiale depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'à la Baltique en passant par l'Afrique noire ; ensuite en proposant des cheminements originaux qui racontent la guerre à travers ceux qui l'ont faite et traversée, non pas seulement les dirigeants mais aussi des personnages ordinaires ou peu connus, en parcourant les lieux qui en portent les traces, les objets qu'elle a façonnés ou encore les mots qui l'ont accompagnée. Neuf brefs chapitres faisant alterner les styles et les manières de comprendre, les connaissances nécessaires et la découverte d'histoires et d'enjeux méconnus et décalés.

  • Longtemps, la nation a été le lieu par excellence d'un usage transitif de l'histoire.
    Elle apparaît aujourd'hui comme une échelle parmi d'autres, souvent moins investie que le local ou le régional et fragilisée par l'émergence de niveaux supranationaux. Cette nouvelle configuration bouleverse l'économie des usages de l'histoire. Il en résulte notamment une concurrence des passés tandis qu'un nouveau type d'historicité se développe dans lequel " rendre présent " voire " sortir du temps " l'emportent sur l'esquisse d'un devenir commun et où le patrimonial prend le pas sur l'historique.
    La situation des historiens professionnels s'en trouve modifiée. Elle est affectée tant par la démultiplication des producteurs d'histoire que par la concurrence des associations à vocation mémorielle ou patrimoniale. Fondé sur une série d'études topiques, l'ouvrage analyse comment s'opère la confrontation des mémoires et des histoires qui singularise la scène contemporaine et les enjeux historiographiques et civiques qui en découlent.

  • L'histoire du Moyen ge n'est pas seulement celle de la domination : on change, on dbat, on critique, on proteste. Mais s'agit-il pour autant d'un espace public au sens que le philosophe allemand Jrgen Habermas a donn ce terme ? Telle est la question que posent les diffrentes contributions rassembles dans ce livre, proposant d'abord une rflexion sur les intentions et les implications de la thorie habermassienne, explorant notamment les usages qu'en firent historiens et spcialistes des sciences sociales. Mais c'est l'enqute empirique qu'il appartient de dfinir les lieux et les moments, les formes et les acteurs de cet change politique au Moyen ge, de la place publique la cour du roi en passant par l'universit et les conseils de ville. travers diffrentes tudes de cas, on tente ainsi de saisir la manire dont se dploie une sphre o les hommes du Moyen ge ont pu prouver un usage politique de la raison.
    Ouvrage publi sous la direction de Patrick Boucheron et Nicolas Offenstadt, qui sont historiens et enseignent l'Universit Paris I Panthon-Sorbonne. Ils s'intressent tous les deux, chacun leur manire, aux usages contemporains du pass mdival.

  • " Ce n'est pas une guerre qui se passe actuellement, c'est une extermination d'hommes ", écrit, au front, le soldat Marcel Papillon dès janvier 1915. C'est dire si les contemporains ont vite perçu le caractère à la fois effroyable et inédit de ce qui n'était pas encore la Grande Guerre. Comment expliquer le déclenchement du conflit ? Pourquoi les soldats ont-ils tenu ? Comment expliquer le " mythe " Verdun ? Comment l'image des femmes en guerre s'est-elle construite ? Comment parler de la Grande Guerre aujourd'hui ?... En trente questions, ce volume, étayé par les acquis les plus significatifs de l'historiographie, présente les traits saillants du conflit. S'il entend redonner toute leur place aux pratiques des acteurs de l'époque, il rend compte également des débats parfois âpres et décrypte les enjeux qui, au fil du XXe siècle, ont entouré la mémoire d'une guerre encore étonnamment présente dans nos sociétés contemporaines.

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