Nicolas Chevassus-Au-Louis

  • On n'arrête pas le progrès, dit le proverbe. L'histoire de la technologie, elle, tient un autre discours : le progrès connaît des coups de frein et parfois de spectaculaires échecs dont les ruines hantent encore nos paysages. Qui n'a vu le rail de béton du défunt aérotrain, entre Paris et Orléans, ou la carcasse de la raffinerie de Lavéra, censée fabriquer des « steaks de pétrole » à l'époque où ce dernier était bon marché ? Qui n'a jamais entendu parler du glorieux projet de remorquer des icebergs jusqu'en Arabie Saoudite, des promesses de la voiture à propulsion nucléaire, des richesses des nodules de manganèse des grands fonds ou des mirages de l'énergie thermique des océans ? Autant de sujets passionnants pour ce livre truffé d'anecdotes : de quoi nous interpeller sur le développement technologique.

  • Alerte ! La malscience se répand aussi vite que la malbouffe ! D'apparence de plus en plus sophistiquée mais produite en masse, de plus en plus vite et de moins en moins fiable.
    Interrogés de manière anonyme, 2 % des scientifiques reconnaissent avoir inventé ou falsifié des données. Soit pas moins de 140 000 chercheurs fraudeurs de par le monde. Biologie et médecine sont, de loin, les plus touchées. Et ces fraudes manifestes ne sont rien à côté des petits arrangements avec la rigueur devenus fréquents dans les laboratoires. Est-ce grave ? Très grave. Car la biologie et la médecine traitent de la santé, de la vie, de la mort. Est-il acceptable que de nouveaux médicaments soient testés, et peut-être autorisés, sur la base d'expériences plus ou moins truquées ?
    Comme le secteur financier miné par ses créances irrécupérables, la littérature scientifique en biologie et en médecine, mais aussi en physique et en chimie, s'avère gangrenée par des articles toxiques. Ce livre revient sur une série de scandales internationaux - de la thèse des frères Bogdanoff à des cas moins médiatisés mais non moins fâcheux - et se propose de réfléchir aux causes d'une telle dérive et aux moyens d'y remédier.
    À la fois enquête de terrain et essai critique, il met en lumière un aspect fondamental et trop ignoré de l'évolution actuelle des pratiques scientifiques.

  • Depuis toujours, les hommes pensent que des forces obscures sont à l'oeuvre, qu'elles agissent dans le plus grand secret pour contrôler tous les leviers du pouvoir et décider ainsi du destin de l'humanité à leur seul avantage. La théorie du complot a toujours existé et ses traces les plus anciennes remontent au XVIIème siècle. Mais ce sont deux événements majeurs qui ont cependant donné aux complots supposés et à leurs adorateurs, les complotistes, leur visibilité actuelle : les attentats du 11 septembre 2001 à New York, et internet. L'ampleur du drame du World Trade Center, les questions qui l'ont entouré, ont nourri toutes les spéculations, même les plus louofoques, et internet leur a permis de faire le tour de la terre en quelques heures seulement et d'être disponibles pour tous. Nicolas Chevassus-au-Louis décrypte pour nous cette "paranoïa" très répandue, et au travers d'exemples concrets (attentat de Boston, accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge entre autres), il nous explique les forces qui sont à la manoeuvre, leurs croyances, et leur manière de s'emparer de l'actualité pour nourrir leur théorie et leurs fantasmes. En conclusion, il s'interroge avec nous : et si l'affaire des écoutes géantes de la NSA donnait finalement raison à la théorie du complot ?

  • Les « fauchages volontaires » de champs d'OGM par José Bové et ses amis expriment une forme
    radicale de résistance à un développement technique considéré comme injuste et néfaste. Mais
    cette violence a une longue histoire, trop peu connue, qui débute avec les bris de machines
    textiles dans l'Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, sous la conduite d'un légendaire « capitaine
    Ludd ». Le luddisme est né, et connaîtra divers avatars pendant tout le XIXe siècle, en France
    comme en Angleterre, pour resurgir aujourd'hui.
    Longtemps considérées, tant par les théoriciens du capitalisme que par le mouvement ouvrier,
    comme des mouvements réactionnaires de refus du « progrès », ces révoltes sont, depuis peu,
    réexaminées. La recherche historique désormais porte un regard bien moins dédaigneux sur les
    briseurs de machine ; la recherche économique réinterprète le luddisme comme l'expression
    d'une alternative à la production de masse choisie par la première révolution industrielle ; le
    mouvement des idées a vu l'essor dans les années 1970 d'un courant néo-luddiste né de la
    critique de la société industrielle ; et des mouvements actuels, comme les fauchages d'OGM, sans
    se référer explicitement au luddisme, en reprennent les grands thèmes et les modes d'action.
    C'est à retrouver cette histoire et à évaluer sa signification sociale qu'est consacré ce livre.
    Alternant récits et analyses, il a pour fil directeur l'idée que le choix d'introduire une machine ou
    une nouvelle technologie est un choix politique. Loin d'être neutre, ou inexorable comme on le
    croit trop souvent, la mécanisation et l'automatisation procèdent toujours de l'exercice d'un
    pouvoir, au profit d'un groupe humain et au détriment d'un autre.

  • Les scientifiques ne sont pas restés à l'écart de la quasi-guerre civile qui a déchiré la France entre 1940 et 1944.
    La France libre voulait leur prestige, Vichy leur savoir, les nazis leur soutien. Comment les chercheurs français ont-ils répondu à ces sollicitations multiples ? Articulé autour de 12 récits, ce livre entraîne le lecteur dans l'univers de la recherche française entre 1940 et 1944. Douze récits centrés chacun sur un chercheur, du prix Nobel au thésard aujourd'hui oublié, qui abordent de façon vivante les traits saillants de la vie scientifique sous l'Occupation : la restructuration du système de recherche pas Vichy ; la mobilisation des laboratoires pour répondre aux difficultés de ravitaillement et aux pénuries ; l'incontournable antisémitisme d'Etat qui ne parvient cependant pas à éliminer les juifs de la vie scientifique ; les engagements dans le camp de la Résistance comme de la Collaboration ; et enfin la très superficielle épuration, qui voit la communauté scientifique passer l'éponge sur les errements de ses membres les plus compromis.
    Nourri d'archives souvent inédites, ce livre met en lumière des aspects méconnus et refoulés de l'histoire de la science française. Qui ne s'étonnera d'apprendre que le physicien Frédéric Joliot-Curie, figure emblématique de la Résistance, a travaillé durant toute la guerre avec des chercheurs allemands ; que l'INSERM, comme bien d'autres institutions scientifiques actuelles, a été fondé par Vichy ; ou encore que le mathématicien Gaston Julia, élu président de l'Académie des Sciences en 1950, avait été suspendu cinq ans auparavant en raison de ses sympathies nazies ! Un tableau contrasté de la vie scientifique sous l'Occupation en émerge, avec du noir, du blanc, et toute une gamme de gris.
    Avec ses moments de doute, de bravoure et de lâcheté. Sans manichéisme, quitte à écorner certains mythes. Les chercheurs étaient jusqu'à présent restés à l'écart du mouvement de retour critique sus les années noires de Vichy. Il était temps de combler cette lacune.

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  • De la faculté des sciences à l'Université Montpellier 2, les sciences et techniques en mouvement par Noémie Aumasson-Miralles, Flore César et Nicolas Chevassus-au-Louis Sous la direction de Luc Gomel Les auteurs de cet ouvrage ont voulu retracer l'histoire passionnante de cette institution née au début du XIXe siècle.
    Quand en 1809 Napoléon Ier réforme le système éducatif national, les facultés des sciences voient le jour dans plusieurs grandes villes de France. C'est tout naturellement qu'une telle institution est implantée à Montpellier, ville scientifique et universitaire depuis le Moyen-âge. Calquée sur le modèle universitaire napoléonien, la faculté des sciences de Montpellier présente néanmoins quelques singularités. Dès les premiers cours en 1810, les disciplines de mathématiques, physique, chimie, astronomie, botanique et zoologie y sont enseignées mais Montpellier est la seule ville de province à se voir doter en plus d'une chaire de minéralogie.
    Depuis sa création, de nombreux professeurs ne cessent de s'illustrer dans ces différents domaines scientifiques à l'instar du botaniste Charles Flahault, de l'astronome Edouard Roche, du physicien Jacques Curie ou encore du chimiste Marcel Godechot.
    De ce passé prestigieux subsistent des documents d'archives et des collections de recherche et d'enseignement, témoins précieux pour reconstituer le passé de la faculté des sciences de Montpellier. Ainsi, registres d'inscription, de délibérations du conseil de la faculté et catalogues de collections servent de guide au travers des méandres de cette histoire tandis que spécimens et instruments témoignent de l'importance des cours illustrés et des travaux pratiques.
    Accessible à tous, cet ouvrage richement illustré s'adresse au simple curieux comme au passionné d'histoire en mettant en lumière les recherches historiques et la collecte de la mémoire vivante effectuées par les auteurs.

  • " Chou fleur cuit, creusé, baignant dans un casque de moto " selon les auteurs, " siège de l'âme " selon René Descartes, le cerveau a de tout temps suscité les plus vives interrogations scientifiques, voire métaphysiques...
    Mais qu'en est-il lorsqu'un dysfonctionnement survient au sein du plus " noble " de nos organes ? Le cerveau est-il un organe comme les autres? Qu'est-ce qu'un cerveau malade ? Quelles sont les causes des malades neurodégénératives ? Quels sont les traitements contre ces maladies ? Que fait la recherche ? Le système de santé est-il adapté et la société parvient-elle à faire face à ces maladies ? Cet ouvrage apporte des réponses claires et concises à l'un des enjeux majeurs de la recherche en biologie et en médecine.
    Par moment, le texte prend l'allure de comptes-rendus d'enquête policière. (...) Quand meurent les neurones est en effet un récit nerveux, passionnant, dépourvu de toute complaisance.

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