Nicolas Gabayet

  • L'étude du traitement de l'aléa affectant les contrats publics dans deux droits aussi radicalement éloignés que les droits anglais et français conduit à considérer le droit des contrats publics et même, au-delà, le droit des contrats en général sous un angle singulier. La perspective comparatiste révèle d'abord que le traitement de l'aléa constitue le noyau dur du régime général des contrats administratifs. Elle conduit ensuite à un réexamen des fondements des règles générales relatives aux contrats administratifs français. Celui-ci donne lieu à la démonstration du renouvellement du principe de la force obligatoire des contrats en droit administratif français, mais aussi, dans une certaine mesure, en droit anglais des contrats. En outre, l'utilisation abondante des modèles contractuels standardisés en Angleterre et en France, ainsi que les similitudes de leur contenu, confine à la création d'un régime du traitement de l'aléa commun aux deux systèmes juridiques. Entièrement contractuel, ce régime possède ainsi une certaine autonomie par rapport aux règles générales. Enfin, les restrictions communautaires quant à la modification des contrats publics en cours d'exécution, tout en rapprochant les deux régimes étudiés, renforcent la fonction de la force obligatoire du contrat. Cette dernière s'affirme en effet comme l'agent le plus efficace contre l'aléa.

  • La possibilité offerte aux administrés de saisir l'autorité administrative afin qu'elle prenne formellement position sur leur situation est profondément ancrée dans la culture juridique occidentale. On pense naturellement au rescriptum du droit romain ou au rescrit du droit canonique. L'adoption par l'Administration d'une position juridique sur une situation de fait, à la demande d'un administré, s'est néanmoins développée tardivement en droit positif français.
    Le législateur y a d'abord, à la fin des années 1980, introduit le rescrit fiscal, avant de multiplier les possibilités de recours à la prise de position provoquée, depuis le milieu des années 2010. La prise de position provoquée devient ainsi une notion incontournable du droit des procédures administratives et, plus généralement, du droit administratif. Le présent ouvrage a pour objet d'en dessiner les contours et d'en étudier le régime, ainsi que les possibilités de nouveaux déploiements.

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