Michelle Gazier

  • Que seraient le roman, la poésie, le conte sans la toute-puissance de la figure maternelle ? Sainte ou marâtre, tendre, envahissante, adorée, détestée, inconnue, recherchée, morte et pleurée, rivale ou figure unique de la féminité, courageuse ou soumise, la mère inspire et traverse la littérature dans tous ses états. Et que dire de la mère symbolique, mère Patrie ? Et de la mère Nature ou de la déesse Terre-mère des religions précolombiennes que les Amérindiens du sud nomment Pachamama ? Qui cherche à illustrer le goût de la mère doit tracer son chemin à travers la forêt dense des figures maternelles qui, de Pétrarque à Morris et Goscinny en passant par Racine, Colette, Albert Cohen, Jules Renard, Albert Camus, Elias Canetti, Claude Simon, Roland Barthes, Annie Ernaux, Marguerite Duras, Jean Rouaud, JM Coetzee, JMG Le Clézio, Jean Noël Pancrazi et bien d'autres, hantent leur imaginaire d'écrivains.

  • Je connais tout de ces situations maintes fois rencontrées en trente ans de métier. Mais je n'ai jamais pu me faire à cette peur qui vous étreint lorsque vous sonnez à la porte d'un patient, que vous entendez dans le fond de son appartement des cris ou des râles ou, pire encore, le silence, et que vous n'avez aucun moyen de voler au secours de celle ou de celui qui a tant besoin de vous. Appeler les enfants, souvent occupés, loin, injoignables, tenter d'alerter un voisin qui a peut-être un double de la clef. En dernier recours : appeler les pompiers...

    Montpellier. Madeleine, Évelyne, Lilas, Léonor et Joseph sont infirmiers dans un cabinet médical. Parmi leurs patients, beaucoup de personnes âgées à qui ils prodiguent des soins, bien sûr, mais apportent surtout un peu de chaleur humaine. Ils se relaient auprès d'eux, créant un périmètre de protection. Parfois, il en faudrait peu pour qu'ils se laissent submerger. S'oublier et se perdre eux-mêmes, et ce serait alors tout un édifice fragile d'aide et d'assistance qui risquerait de vaciller...
    Dans ce roman bouleversant, Michèle Gazier rend un hommage délicat à ces femmes qui sont des passantes des temps modernes, aux avant-postes de la solidarité et de l'altruisme.

  • Le nom du père

    Michèle Gazier

    Je n'avais aucune envie que vous soyez son père. Qu'elle puisse vous connaître et vous aimer malgré tout. Ou vous admirer. Je me suis fabriqué une carapace de mère sans concession. Une femme libre et libérée qui avait accouché d'une enfant du hasard. Et le hasard n'est pas un père, juste un moment d'oubli oubliable. Dans le fond n'est-ce pas cela que vous me demandiez en exigeant la fameuse et terrible formule «sans père»??

    «Tu n'as pas de père?!» C'est la seule réponse aux nombreuses questions sur ses origines que Judith ait jamais reçue de sa mère. Devenue adulte, elle s'est fait une raison, a cessé de se demander pourquoi sa mère s'est toujours entêtée à nier l'existence de ce père qui existe forcément. Pourtant, lors d'un déjeuner dominical, au détour d'une phrase, le fragile équilibre que Judith avait su instaurer bascule.
    En adoptant tour à tour le point de vue de Judith, de sa mère puis de son père, Le nom du père pose une question fondamentale?: comment se construire, grandir et devenir adulte lorsqu'on ne connaît rien de la figure paternelle?? Et une fois acceptée cette béance, comment affronter la vérité??
    D'une puissance extrêmement sensible et redoutablement efficace, l'écriture de Michèle Gazier explore les fêlures et les non-dits auxquels font écho les esquisses fantomatiques, les visages comme effleurés, au charme singulier, de Juliette Lemontey.

  • Le merle bleu

    Michèle Gazier

    • Points
    • 6 October 2000

    Le merle bleu est un drôle d'oiseau. Solitaire, migrateur discret du pourtour méditerranéen, vivant à l'écart dans des paysages de pierres et de ruines, il possède néanmoins un chant capable d'émouvoir et de ravir les coeurs les plus secs. Ceux de Monsieur René et de Madame Clo, par exemple, un couple d'ornithologues âgés, repliés dans leur paisible et monotone retraite d'Uzès, et qui ont fait de l'étude de cet oiseau la dernière passion de leur existence.
    Survient le merle bleu, en l'occurrence un jeune homme venu d'ailleurs, un migrateur lui aussi. Il dit s'appeler Alain, être écrivain. Il s'installe dans leur nid et dans leur vie. Il les change, il change à leur contact. Et c'est ainsi que le professeur désabusé, l'impérieuse bourgeoise de province et le séduisant inconnu découvrent à tour de rôle le bonheur d'être ce qu'ils n'avaient jamais été. Ici, les frontières sont intérieures et les filiations sont celles du coeur. Et on verra comment l'emprise du passé cède devant la venue des rêves et comment la vérité paraît bien aléatoire face aux pouvoirs magiques d'un réel en fuite.

  • Pascal Viénot se promène dans la vie et à travers le monde, un appareil photo à la main.
    Il photographie depuis plus de dix ans les nombreux écrivains que son épouse Laurence et lui accueillent pour des rencontres avec les nombreux « liseurs » de leur cercle littéraire. Il a ainsi illustré de portraits en noir et blanc les auteurs reçus, dans un inédit publié par les Editions Pierre-Guillaume de Roux.
    Tout naturellement, Pascal Vienot est parti à la découverte de ces lecteurs anonymes qui défient la loi selon laquelle on ne lirait plus et le livre courrait à sa perte.

  • Leïla Menchari a présidé, entre 1978 et 2013, à la décoration de la prestigieuse maison Hermès. Ses vitrines retracent une histoire exceptionnelle commencée dans les années 1930 du côté de Tunis. Michèle Gazier fait ici le récit de vie et de cette oeuvre ancrés dans des lieux et des rencontres d'exception.

  • Le fil de soie

    Michèle Gazier

    Odile est une célèbre styliste, Odon un jeune décorateur. Trente années les séparent mais ensemble, ils conquièrent le monde. Lors des soirées mondaines, ils portent la même tenue, la même coiffure et leurs voix se confondent. Les rumeurs agitent le tout-Paris. Leur passion se tisse au fil de la métamorphose d'Odon. Ahmed, un ami du couple, livre son témoignage sur cette union fantastique.

  • Silencieuse

    Michèle Gazier

    • Seuil
    • 30 March 2017

    Saint-Julien-des-Sources, six cents habitants, son bistrot, sa supérette, ses potins. Deux étrangers installés à ses marges. L'un, Hans Glawe, peintre et sculpteur allemand célèbre dont l'oeuvre hurle la violence de l'Histoire ; l'autre, Louis, dit le Blondin, aux allures de vieil hippie brûlé par la vie, et que la jeune caissière de la supérette rejoint en douce la nuit. De la fenêtre de son bureau où il écrit une étude sur Glawe, Claude Ribaute, sociologue à la retraite et dernier fils d'une famille du cru, observe sans s'y mêler le quotidien du village. Et, rayon de soleil pâle dans la monotonie des jours, Valentina, une petite fille qui ne parle pas, arrive avec sa mère et bouscule à sa manière l'ordre établi. L'étrange silence de l'enfant fait écho aux violents silences du passé. Ici, le silence crie.

  • Dans le Grand-Hôtel de Saint-Libron, la richissime Daisy se rétablit d'un grave accident de la route, sous le regard de Maxime, son élégant et mystérieux mari. Un homme si séduisant qu'il ne laisse personne indifférent - du moins, pas Lise et Oriane, les deux pensionnaires de la maison de repos d'en face. Mais alors que la toute jeune Oriane tombe irrésistiblement sous son charme, Lise a de sérieux doutes sur cet homme bien trop lisse pour être totalement honnête.

    Écrivain, Michèle Gazier a longtemps tenu la chronique littéraire de Télérama. Elle a également aidé à la découverte de la littérature espagnole contemporaine en proposant et traduisant des auteurs, parmi lesquels Manuel Vázquez Montalbán et Juan Marsé.

  • Sorcière : " le mot désigne une personne à qui est attribué un pouvoir surnaturel dû à un pacte avec le diable, aujourd'hui une personne qui pratique une magie de caractère primitif " le robert historique.
    Aux frontières du réel, aux marges de la vie ordinaire, ces sept histoires de sorcières tissent le roman de nos peurs, de nos angoisses, de nos désirs.

  • Que signifie disparaître ? Un homme, Maurice Gil, disparaît sur une île des Antilles. Qui était-il ? Pour Lucie, sa petite fille, qui ne connaît de lui que ce qu'on a bien voulu lui en dire, c'est tout à la fois un héros et un déserteur. Une icône floue et ambiguë. Quand, presque à son insu, elle en retrouve soudain la trace sur l'île de Marie-Galante, toute son existence en est rétrospectivement bouleversée. Pour Isabelle, la fille de Maurice, c'est une autre affaire. Elle l'a laissé s'enfuir dans son exil tropical, et a trop longtemps fermé ses beaux yeux indigo - de ce bleu si particulier que lui a donné son père et qu'elle a légué à Lucie. Elle n'a pas voulu voir l'immensité des sentiments de cet homme, de son amour, de son dépit, de sa colère. Pour elle, c'est l'histoire d'un deuil impossible. Quand au troisième narrateur de ce roman, ami du disparu, il raconte avec une rare émotion la fin flamboyante d'un homme révolté, déchu, et enfin libre. Michèle Gazier, critique littéraire et romancière, a publié presque tous ses romans au Seuil. On citera parmi eux, Le Merle bleu, Le Fil de soie, Les Garçons d'en face, Mont-Perdu.

  • Sur commande
  • Nativités

    Michèle Gazier

    • Points
    • 9 February 1996

    Variations autour du thème de la naissance, dialogues à demi mots entre une mère et ses deux filles, NATIVITES dit les angoisses, les bonheurs et les peurs qui accompagnent les commencements.
    Entre la chaîne et la trame de ces histoires croisées, on devine qu'au-delà de la maternité de chair il en est une, de mots, par laquelle on peut aussi tendre vers l'éternel.

  • Leïla Menchari a présidé, entre 1978 et 2013, à la décoration de la prestigieuse maison Hermès. Ses vitrines retracent une histoire exceptionnelle commencée dans les années 1930 du côté de Tunis. Michèle Gazier fait ici le récit de vie et de cette oeuvre ancrés dans des lieux et des rencontres d'exception.

    Sur commande
  • L'auteur évoque ses «visites à la vieille dame» avec tendresse, humour et nostalgie aussi : ou comment un premier rendez-vous professionnel où une journaliste vient recueillir la parole sacrée du grand écrivain s'est transformé en conversations complices et régulières autour d'un verre de whisky...

  • Virginia Woolf

    Michèle Gazier

    • Naive
    • 2 November 2011

    Virginia Woolf, la plus grande romancière britannique du xxe siècle a créé un style sans égal, son écriture de la voix intérieure est à la base du roman moderne. Son enfance entre chaleur, érudition, deuils et drame a fait d'elle cette personnalité à la fois fragile dans le quotidien mais tellement forte dans l'expression de sa singularité.

  • Un cercle de famille

    Michèle Gazier

  • " Qui est Zita ? Une vieille dame indigne qui vole à l'étalage ? Au plein été de sa grâce fut-elle coquette, empressée à séduire ? Ne fut-elle pas plutôt cette patriote énergique cachant des enfants juifs pour les soustraire aux bourreaux ? Les voix entrecroisées de Maria, sa fille adoptive, du chauffeur de bus entre Andorre et l'Espagne, de Mme Kahn et de la narratrice, disent que la mère de Zita était autoritaire et forte, que Zita aimait son mari Xavier, un homme effacé, et que sa vie, la vraie vie, celle de l'enfance et des rêves, s'arrête à la mort du père.
    Tout le reste n'est que lutte plus ou moins réussie pour s'inventer une seconde existence. " Jean Vautrin.

  • Forte de treize années d'expérience dans l'enseignement, Michèle Gazier s'est attachée à décrire, au fil d'une quinzaine de nouvelles, l'univers professoral et ses détresses.
    Depuis les rêves d'adolescents et les illusions universitaires jusqu'à la dure réalité des classes surchargées et des nominations aléatoires dans de lointaines banlieues, elle dessine peu à peu le portrait d'une profession où les parcours se ressemblent et se répondent, où les angoisses et l'usure du temps brisent peu à peu les vocations laïques de ces " élèves éternels " qui n'ont jamais vraiment quitté les bancs du lycée.
    Un regard tendre mais lucide sur ces " profs " si proches et à la fois si distants de leurs élèves, et qui, d'une manière ou d'une autre, cherchent à " sortir de l'école ".

  • Le pire n'est jamais sûr, répète Lisa.
    Pourtant, le séjour linguistique en Espagne imposé par son père tombe mal. Quand on est en Terminale et qu'on a des copains qui partent à la mer, on a mieux à faire que de réviser ses conjugaisons. Même lorsqu'on est fille et petite-fille d'immigrés espagnols.
    Difficile d'imaginer ce qui va se jouer dans cette vallée brûlée, berceau de la famille de Lisa, où tant de vieux secrets vont se mettre à transpirer. La jeune fille comprendra enfin pourquoi sa grand-mère n'a jamais voulu parler de sa vie passée, de son mari, mort pendant la construction d'un barrage dont il était le maître d'oeuvre. Le pire n'est jamais sûr, c'est vrai. Mais pourquoi la vérité est-elle si difficile à dire ?
    Un été en Espagne, dans une atmosphère incandescente, une adolescente enquête sur un secret de famille.

  • Sous forme d'un abécédaire gourmand très personnel, de Anorexie à Zan, de Wagon-restaurant à Ustensiles, Michèle Gazier nous livre vingt-six petites mises en appétit d'une femme d'aujourd'hui qui compose ses menus familiaux en courant de sa cuisine à son bureau, d'une interview à un dîner et écrit ses livres en concoctant ses repas. N'hésitant pas à rire gentiment d'elle-même, elle se plaît à croquer un quotidien gourmand où nous nous reconnaissons tous et brosse avec ironie le tableau de quelques travers de notre époque.

  • Dans la torpeur estivale d'une petite station thermale des Pyrénées où elle accompagne ses parents, une jeune fille, mal dans sa peau peut-être, s'invente un mystère : celui des garçons d'en face. Deux gamins que l'on tient enfermés dans une grande maison-citadelle et qu'on ne sort qu'à la nuit, en secret, pour une destination inconnue. Des monstres, affirme la rumeur. La jeune fille veut connaître l'autre côté du mur - ou du miroir -, affronter du regard la réalité interdite, la violence du difforme.
    Bien des années plus tard, elle raconte ces trois semaines d'été. Le temps a effacé quelques lignes d'ombres et de troubles, mais il en a aussi créé d'autres, plus subtiles, plus profondes. Le souvenir et l'écriture du souvenir inventent également des mystères, des fictions et des monstres. Celle qui raconte est la même, mais pourtant une étrangère, comme le papillon se souviendrait de la chenille. C'est peut-être aussi que les frontières sont invisibles.
    Elise raconte les souvenirs d'une période qui l'a profondément marquée : trente ans plus tôt dans une petite station thermale des Pyrénées, elle a été fascinée par une famille mystérieuse dont les deux petits garçons seraient des monstres vivant cachés dans la maison, sortant seulement la nuit dans le plus grand secret.
    Interrogations et peurs l'habitent. Prix du livre Europe 1 2003.

  • Pour célébrer ses vingt ans, la revue culturelle Art Sud s'offre un bel album souvenir. Un collector rassemblant quelques uns des meilleurs textes publiés : interviews, portraits, critiques, récits, reportages et chroniques. Arts plastiques, littérature, architecture, mode, design, photo, cinéma, musique, voyages, autour des grands noms.
    Réunis autour de l'écrivain Salvatore Lombardo, directeur et fondateur de la revue, tous les compagnons de route d'Art Sud.

  • La pasionaria

    ,

    • Naive
    • 17 September 2015

    Une nouvelle femme fait son entrée dans la collection de bandes dessinées « Grands Destins de Femmes » : La Pasionaria !
    Les deux auteurs, Michèle Gazier et Bernard Ciccolini, retracent la vie de Dolorès Ibárruri, mieux connue sous le nom de La Pasionaria, figure légendaire de la Guerre d'Espagne. Personnage complexe et obstiné, La Pasionaria, dont le surnom est une référence à la Passion du Christ, a mis son existence au service de ses idées et en a toujours payé le prix.
    Éclairant des pans parfois méconnus de son histoire, notamment les années qui précèdent et qui suivent la guerre elle-même, ce récit dessiné entend représenter la vie héroïque d'une femme que rien, a priori, ne destinait à devenir un tel mythe.
    De sa naissance en 1895, dans un milieu très modeste de Biscaye, province du Pays Basque espagnol, à sa mort à Madrid en 1989, en passant par un exil forcé de plus de trente ans en URSS suite à la victoire des forces franquistes, c'est un siècle de l'histoire espagnole, européenne et mondiale qui est donné à voir.

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