Sciences humaines & sociales

  • La libération sexuelle passe pour un des biens les plus précieux de notre "modernité" et apparaît indissociable du progrès de l'humanité. Pour bien saisir la nature, les présupposés et les implications de l'utopie de la libération sexuelle, il convient d'en retracer l'histoire. Souvent liée à Mai 68, cette utopie possède des origines beaucoup plus anciennes, rappelées ici, puis les discours des apôtres contemporains de l'amour libre sont examinés sous toutes leurs facettes.

  • Dans Les Sacrifices de l'amour (1771), le romancier Claude-Joseph Dorat définit le XVIIIe siècle comme une époque où les hommes cherchent à séduire les femmes « pour obtenir le droit de les mépriser ». Pareil propos à de quoi surprendre : aujourd'hui, on a plutôt l'habitude d'entendre parler élogieusement du libertinage des Lumières, qui aurait fait éclater le corset moral et religieux qui réprimait les désirs sexuels. Mais faut-il vraiment associer « libertinage » et « liberté » ? Le présent ouvrage voudrait rendre la parole, sur ce point, aux écrivains du XVIIIe siècle. Leurs écrits suggèrent que, pour comprendre les enjeux du libertinage, il faut replacer celui-ci dans le temps long d'un affrontement entre les deux sexes qui dure depuis l'aube de l'humanité. L'Éros des Lumières correspond à une stratégie mise en oeuvre par les hommes pour exercer sur les femmes une domination sans partage. Sous le prétexte d'inviter celles-ci à prendre leur part dans les plaisirs amoureux, les séducteurs tendent un piège au sexe féminin : la sophistique libertine s'emploie à faire de chaque femme une esclave heureuse, asservie à la toute-puissance masculine, rendue disponible à merci et forcée de reconnaître pour seul et unique maître, le phallus.

  • Du classicisme au realisme - une histoire de la litterature francaise (xviie-xxie siecles) Nouv.

  • " Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.
    " Cette "pensée" de Pascal, bien connue, sert à étayer la thèse selon laquelle les faits historiques dériveraient de causes fortuites et aléatoires : si Cléopâtre n'avait pas été aussi belle, Antoine aurait gardé sa clairvoyance, aurait vaincu à Actium (31 avant J.-C.), et " la face de la terre aurait changé ". Semblable conception de l'histoire, pourtant, n'est pas unanimement partagée : certains pensent, en effet, que l'issue de la bataille d'Actium, ou de n'importe quel affrontement majeur, n'a pas dépendu du comportement privé d'un homme, mais bien de lois supérieures qui règlent le déroulement des choses et où les humains n'entrent pour rien.
    Ces deux conceptions de l'histoire s'affrontent depuis la Renaissance, dans un débat retracé ici, qui tourne autour des mêmes questions essentielles : l'histoire est-elle le domaine du contingent et de l'irrationnel, ou le lieu du sens ? Les événements du passé devaient-ils arriver ou sont-ils advenus par hasard ? Faut-il en chercher les causes dans des principes indépendants de l'action des hommes et de leur libre-arbitre ? Le futur, voire la fin de l'histoire, sont-ils écrits ? L'humanité a-t-elle un Destin ? Historien lui-même (Port-Royal), Sainte-Beuve est maintes fois revenu sur ces questions : on ne pouvait donc trouver, dans ce parcours, meilleur guide que lui.
    Enfin, Michel Brix nous invite également à un surprenant voyage dans la littérature - non seulement française, mais aussi européenne.

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