Sciences humaines & sociales

  • Le 20 août 1944, au lendemain de l´appel à l´insurrection lancé par le Comité parisien de libération, Frédéric Joliot-Curie est nommé par Henri Wallon à la tête du CNRS. Après les années de l´Occupation et du gouvernement de Vichy, une nouvelle politique de l´enseignement supérieur et de la recherche s´imposait. C´est cette nouvelle politique issue de la Libération, impulsée par le CNR (Conseil National de la Résistance) et menée de façon ouverte et pragmatique par Frédéric Joliot qui est présentée et documentée dans ce livre. Une nouvelle politique imaginée sous les auspices conjoints, la liberté étant retrouvée, de la démocratie et de la République. Un moment instructif qui, par la création d´une assemblée délibérante et d´un directoire exécutif, a permis le développement d´une recherche à la fois républicaine démocratique et efficace. Une leçon de l´histoire à méditer aujourd´hui. Michel Blay, philosophe et historien des sciences, est président du Comité pour l´histoire du CNRS.

  • Quel lien peut-il y avoir entre les préoccupations écologiques, le changement climatique et la souffrance au travail, ou entre l'épuisement des ressources énergétiques et le management moderne ? L'auteur se penche sur la construction moderne, en occident, de l'idée de nature mathématisable, maîtrisable et, en philosophe des sciences.Il montre comment des mathématiciens philosophes grecs aux découvreurs du 16ème et 17ème siècle, tels Galilée Copernic et Giordano Bruno, s'est construite la voie de l'illusion de l'absolu de la science.

  • La modernité, mot d'ordre de notre présent, s'associe-t-elle, comme on l'entend partout, à une liberté inédite dans l'histoire humaine ? Une liberté qui ne connaîtrait plus d'obstacles depuis la chute du mur de Berlin ?
    C'est cette évidence que questionne cet essai.
    Revisitant au long du XXe siècle les étapes-clés de la construction d'un homme et d'un monde « nouveaux », en rupture avec tout passé, il renvoie dos à dos toutes les pensées totalitaires, qu'elles soient fasciste, stalinienne. ou libérale.
    Car, qu'est-ce, en effet, que cette liberté qui nous est promise désormais par une « société libérale » tentée par l'illusion de la fin de l'Histoire ?
    Aujourd'hui, devant nous, avec nous, se consolide au nom de la liberté et de la modernité un carcan idéologique où chacun, mis dès l'enfance en concurrence avec chacun, est inévitablement voué à une existence esseulée et clôturée.
    Depuis l'épouvante fondatrice - la Grande Guerre -, se joue, sous couvert d'apothéose de la liberté, une assez sinistre émancipation à rebours qui est aussi éclipse de la raison, et du souci de vérité. Cet essai est donc une critique aiguë et originale de la pensée libérale la plus contemporaine.

  • La recherche est en crise.
    Les budgets des grands organismes sont réduits et l'emploi scientifique honteusement précarisé ; l'horizon des fameux 3 % du PIB à affecter à la recherche s'éloigne et n'est plus que la couverture rhétorique d'une politique qui emprisonne le monde de la recherche dans une course à la survie le temps d'un exercice budgétaire et dans une logique de débrouille ou de séduction des autorités. Ce tableau désolant a été dénoncé à cor et à cri par bien des voix autorisées.
    Mais le plus grave, qui touche au fondamental et à la conscience que les intéressés directs comme les politiques ont de leur mission et de son inscription dans Le temps long, est que cette misère s'est érigée sur la confusion des mots, l'ignorance historique, les intérêts particuliers et le refus de s'interroger vraiment sur ce qu'est la recherche, sur ce que demeure la science. Or, ce n'est qu'en répondant à ces questions, loin du fatras communicationnel, qu'une véritable politique de la recherche peut être mise en place.
    L'auteur de ce livre, qui bénéficie à la fois de la profondeur de champ de l'épistémologue et d'une connaissance intime de l'organisation de la recherche en France, a donc choisi d'intervenir, non pas en porte-parole d'intérêts catégoriels, mais au nom de la Logique du développement historique de la science et de son rapport avec La technique et les nouvelles techno-sciences. Une fois opérée la nécessaire remise en place des champs conceptuels (exercice certes quelque peu exotique si l'on devait juger les choses d'après les rapports officiels !), il avance des propositions concrètes pour que la recherche et la science, restaurées dans leur dignité, puissent jouer à plein leur rôle dans l'affirmation de soi d'une Europe digne de l'histoire de sa pensée et soucieuse de construire le savoir au bénéfice global de l'humanité.

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  • Le 10 juillet 1940 à Vichy un vote des parlementaires met fi n à une large majorité à la Troisième République.  Le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), imaginé par Jean Perrin et Jean Zay, finalement créé en octobre 1939, se trouve immédiatement confronté à la nouvelle politique de l´État français. Ses deux premiers directeurs Henri Laugier (section des sciences pures) et Henri Longchambon (section des sciences appliquées) sont démis de leurs fonctions. Ils sont remplacés par Charles Jacob. Ce dernier restera seul à la tête du CNRS jusqu´à la nomination de Frédéric Joliot-Curie, le 20 août 1944, à la Libération.  Charles Jacob prend en main le CNRS et impulse une nouvelle organisation profondément antidémocratique. Une organisation marquée à la fois par l´empreinte idéologique propre aux années 1930 de l´image du Chef et par celle en gestation du technocrate.
    C´est cette politique organisatrice du CNRS sous-tendue par la figure en mutation du Chef en technocrate qui est présentée et documentée dans ce livre.  Avec Charles Jacob, le CNRS a survécu à la tourmente, mais en 1944/1945, la démocratie de la recherche était à reconstruire. Comme elle l´est toujours, aujourd´hui encore, car il ne peut y avoir de recherche sans liberté ni démocratie. Une leçon à méditer pour tous les apprentis technocrates.  Michel Blay, philosophe et historien des sciences, est président du Comité pour l´histoire du CNRS.

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