Histoire

  • Le 20 août 1944, au lendemain de l´appel à l´insurrection lancé par le Comité parisien de libération, Frédéric Joliot-Curie est nommé par Henri Wallon à la tête du CNRS. Après les années de l´Occupation et du gouvernement de Vichy, une nouvelle politique de l´enseignement supérieur et de la recherche s´imposait. C´est cette nouvelle politique issue de la Libération, impulsée par le CNR (Conseil National de la Résistance) et menée de façon ouverte et pragmatique par Frédéric Joliot qui est présentée et documentée dans ce livre. Une nouvelle politique imaginée sous les auspices conjoints, la liberté étant retrouvée, de la démocratie et de la République. Un moment instructif qui, par la création d´une assemblée délibérante et d´un directoire exécutif, a permis le développement d´une recherche à la fois républicaine démocratique et efficace. Une leçon de l´histoire à méditer aujourd´hui. Michel Blay, philosophe et historien des sciences, est président du Comité pour l´histoire du CNRS.

  • Le 10 juillet 1940 à Vichy un vote des parlementaires met fi n à une large majorité à la Troisième République.  Le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), imaginé par Jean Perrin et Jean Zay, finalement créé en octobre 1939, se trouve immédiatement confronté à la nouvelle politique de l´État français. Ses deux premiers directeurs Henri Laugier (section des sciences pures) et Henri Longchambon (section des sciences appliquées) sont démis de leurs fonctions. Ils sont remplacés par Charles Jacob. Ce dernier restera seul à la tête du CNRS jusqu´à la nomination de Frédéric Joliot-Curie, le 20 août 1944, à la Libération.  Charles Jacob prend en main le CNRS et impulse une nouvelle organisation profondément antidémocratique. Une organisation marquée à la fois par l´empreinte idéologique propre aux années 1930 de l´image du Chef et par celle en gestation du technocrate.
    C´est cette politique organisatrice du CNRS sous-tendue par la figure en mutation du Chef en technocrate qui est présentée et documentée dans ce livre.  Avec Charles Jacob, le CNRS a survécu à la tourmente, mais en 1944/1945, la démocratie de la recherche était à reconstruire. Comme elle l´est toujours, aujourd´hui encore, car il ne peut y avoir de recherche sans liberté ni démocratie. Une leçon à méditer pour tous les apprentis technocrates.  Michel Blay, philosophe et historien des sciences, est président du Comité pour l´histoire du CNRS.

empty