Merleau-Ponty


  • au plus profond de la forêt amazonienne, dans une poignée de villages disséminés au bord du fleuve xingu, vivent les indiens trumai.
    l'ethnologue et linguiste aurore monod s'est liée d'amitié avec le chef nituari, un conteur exceptionnel ; ses visions et ses rêves avaient fait de lui un chamane qui communiquait avec les esprits de la forêt et du fleuve. il a raconté à aurore les histoires incroyables
    de ses ancêtres : des contes inconnus à ce jour, oú l'on apprend l'étrange histoire de la naissance de la lumière, ou comment, à l'aube du monde, les oiseaux se sont mis à chanter.
    et aussi pourquoi la lune est couverte de taches.


  • au sud de l'alaska, s'étend l'île de kodiak oú vit depuis dix mille ans un petit peuple de pêcheurs, les sugpiaq.
    en 1871, un jeune explorateur français, alphonse pinart, débarque sur cette île; il en rapportera des carnets remplis d'histoires sur ce peuple, ses techniques de chasse et ses rites. ces récits sont peuplés d'animaux qui se transforment en hommes; on y découvre aussi les aventures des chasseurs et des pêcheurs, et la vie quotidienne, difficile et étonnante, des femmes et des enfants. les contes réunis ici évoquent toute la poésie de leurs croyances : la lumière fut apportée par un corbeau dans trois coffres mystérieux, la lune porte un masque et les étoiles sont des hommes qui passent leur oeil unique par un trou du ciel pour qu'on le voie briller depuis la terre.
    mais c'est aussi d'amour, de bravoure, de famille et de magie qu'il est question dans ces récits.


  • il y a mille ans, les maori sont venus de polynésie en pirogues pour s'installer en nouvelle-zélande.

    malgré la colonisation anglaise, ils ont su préserver leur culture et leurs rites, qui se perpétuent à travers la fameuse danse de l'équipe des all blacks, le haka. ces contes, recueillis par george grey, qui fut gouverneur de nouvelle-zélande, évoquent la vie d'un peuple qui honore aujourd'hui encore ses divins ancêtres et leurs exploits : le facétieux demi-dieu maui qui a dompté le soleil et pêché les îles qui forment la nouvelle-zélande ; rangi, le ciel, et papa, la terre, dieux des origines, séparés par
    leurs propres enfants pour donner naissance au jour.
    des histoires fabuleuses, souvent drôles, qui font découvrir une civilisation aux traditions très vivantes que les maori ont su concilier avec la vie moderne, fidèles à ce proverbe : "le passé est devant nous pour nous guider et le futur est derrière nous !".

  • « L'oeil et l'Esprit est le dernier écrit que Merleau-Ponty put achever de son vivant. Installé, pour deux ou trois mois, dans la campagne provençale, non loin d'Aix, au Tholonet, goûtant le plaisir de ce lieu qu'on sentait fait pour être habité, mais surtout, jouissant chaque jour du paysage qui porte à jamais l'empreinte de l'oeil de Cézanne, Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même - et aussi la fragilité de ce miracle. » Claude Lefort.

  • Du grand ouvrage dont rêvait merleau-ponty ne restent que cent cinquante pages manuscrites.
    Quelle est leur fonction : introduire. il s'agit de diriger le lecteur vers un domaine que ses habitudes de pensée ne lui rendent pas immédiatement accessible. il s'agit, notamment, de le persuader que les concepts fondamentaux de la philosophie moderne - par exemple, les distinctions du sujet et de l'objet, de l'essence et du fait, de l'être et du néant, les notions de conscience, d'image, de chose - dont il est fait constamment usage impliquent déjà une interprétation singulière du monde et ne peuvent prétendre à une dignité spéciale quand notre propos est justement de nous remettre en face de notre expérience, pour chercher en elle la naissance du sens.
    Pourquoi est-il devenu nécessaire de prendre un nouveau départ, pourquoi ne pouvons-nous plus penser dans le cadre des anciens systèmes, ni même bâtir sur le sol où nous les voyons, si différents soient-ils dans leur orientation, plonger leurs racines, voilà ce que l'auteur s'efforce de dire tout d'abord. considérations préliminaires, croirait-on donc. et pourtant, telle est la nature de l'oeuvre que l'initiation est ici décisive, la vérité du parcours anticipée dans la première démarche.

  • " c'est dans l'épreuve que je fais d'un corps explorateur voué aux choses et au monde, d'un sensible qui m'investit jusqu'au plus individuel de moi-même et m'attire aussitôt de la qualité à l'espace, de l'espace à la chose et de la chose à l'horizon des choses, c'est-à-dire à un monde déjà là, que se noue ma relation avec l'être ".
    Maurice merleau ponty.
    Rapport sur ses travaux présenté au collège de france en 1951.

  • " philosopher, c'est chercher, c'est impliquer qu'il y a des choses à voir et à dire.
    Or, aujourd'hui, on ne cherche guère. on revient à l'une ou l'autre des traditions, on la " défend ". nos convictions se fondent moins sur des valeurs ou des vérités aperçues que sur les vices ou les erreurs de celles dont nous ne voulons pas. notre pensée est en retraite ou en repli. dans ce monde où la dénégation et les passions moroses tiennent lieu de certitudes, on ne cherche surtout pas à voir, et c'est la philosophie, parce qu'elle demande à voir, qui passe pour impiété.

  • Oeuvres

    Maurice Merleau-Ponty

    Parce qu'il avait conscience que l'interrogation philosophique liait toutes nos expériences - la seule perception enseignait déjà " un rapport obsessionnel avec l'être ", le dialogue avec les philosophes du passé ou la réflexion sur le sens de l'histoire ne se séparait pas des premières questions que pose notre regard -, Merleau-Ponty sut écrire avec une égale profondeur, dans un même style, et sans jamais perdre de vue sa fin, sur la psychologie de la perception et du comportement, sur l'ethnologie et l'histoire, sur le communisme et les événements de notre temps et jusque sur le fait divers, sur la peinture et le langage.
    Ces divagations qui ramenaient toujours secrètement aux mêmes questions suivaient un itinéraire fondé dans l'Être, annonçaient, selon ses propres termes, l'idée d'une " histoire ontologique ". Claude Lefort

  • Signes

    Maurice Merleau-Ponty

    Signes, pour Maurice Merleau-Ponty, n'était pas un alphabet complet, mais plutôt ces signaux soudains comme un regard que nous recevons des événements, des livres et des choses.
    Ou qu'il nous semble recevoir d'eux : il faut croire que nous y mettons du nôtre, puisqu'il y a des constantes dans ces messages. En philosophie, l'idée d'une vision, d'une parole opérante, d'une opération métaphysique de la chair, d'un échange où le visible et l'invisible sont rigoureusement simultanés. En politique, le sentiment que les mécanismes d'étouffement, de paralysie ou de terreur ne sont pas irréversibles. Si l'auteur a bien lu, ces signes, donc, ne seraient pas de si mauvais augure.
    En sorte que Signes, loin d'être une traversée des apparences, devient pour le lecteur d'aujourd'hui une traversée de l'oeuvre même, dans ses grandes interrogations, de Merleau-Ponty.

  • Dans Folioplus philosophie, le texte philosophique, associé une oeuvre d'art qui l'éclaire et le questionne, est suivi d'un dossier organisé en six points :Les mots du texte : Corps, entrelacs (chiasme), chair ; L'oeuvre dans l'histoire des idées ; La figure du philosophe ; Trois questions posées au texte : Y a-t-il une chair de l'image ? L'accès à l'être implique-t-il la neutralisation du sensible ? Y a-t-il une chair de l'histoire ? ; Groupement de textes : L'écriture et l'image: l'existence, la mort ; Prolongements.

  • Dans une lettre, merleau-ponty décrit ainsi l'intention qu'il a développée dans cet ouvrage, écrit pour l'essentiel en 1952 et resté depuis en chantier :
    " toute grande prose est aussi une récréation de l'instrument signifiant, désormais manié selon une syntaxe neuve.
    Le prosaïque se borne à toucher par des signes convenus des significations déjà installées dans la culture. la grande prose est l'art de capter un sens qui n'avait jamais été objectivé jusque-là et de le rendre accessible à tous ceux qui parlent la même langue. un écrivain se survit lorsqu'il n'est plus capable de fonder ainsi une universalité nouvelle, et de communiquer dans le risque. " le philosophe nous livre ici ses réflexions sur le langage en général, mais aussi une théorie de l'expression qui l'engage autant vers les thèmes du dialogue et du rapport à autrui, vers la problématique anthropologique de la communication, que vers l'expressivité dans l'art et dans ses premières manifestations chez l'enfant.

  • Le problème de la parole poursuit les recherches engagées par Merleau-Ponty dans ses premiers cours au Collège de France, Le monde sensible et le monde de l'expression et les Recherches sur l'usage littéraire du langage, tous deux publiés chez MetisPresses. Ces deux cours, chacun à leur manière, s'employaient à penser le passage du silence du sensible à l'expression. En voulant penser l'émergence des significations linguistiques et interroger l'avènement du sens dans l'écriture, Le problème de la parole s'inscrit dans le prolongement de ces deux cours.

  • Dans Folioplus philosophie, le texte philosophique, associé à une oeuvre d'art qui l'éclaire et le questionne, est suivi d'un dossier organisé en six points. Les mots du texte : Perception, autrui, cinéma. L'oeuvre dans l'histoire des idées : Penser le monde, être au monde. La figure du philosophe : L'étrange phénoménalité. Trois questions posées au texte : A-t-on jamais vu un cube ? Que se passe-t-il lorsqu'on regarde un film ? Que montre donc le cinéma ? Groupement de textes : La fabrique du sens. Prolongements.

  • Dans cet ouvrage publié en 1942, complété en 1945 par la Phénoménologie de la perception, « s'affirme pour la première fois une philosophie existentielle où le mode d'être ultime du pour-soi ne s'avère pas être, en dépit des intentions et des descriptions contraires, celui d'une conscience-témoin » (A. de Waelhens, préface). La structure du comportement se place au niveau de l'expérience non pas naturelle mais scientifique et s'efforce de prouver que cette expérience, c'est-à-dire l'ensemble des faits qui constituent le comportement, n'est pas compréhensible dans les perspectives ontologiques que la science adopte spontanément.

  • " dans l'oeuvre d'art ou dans la théorie comme dans la chose sensible, le sens est inséparable du signe.
    L'expression, donc, n'est jamais achevée. la plus haute raison voisine avec la déraison. " cette tension essentielle ainsi formulée par l'auteur sous-tend l'ensemble des essais réunis ici sous trois grandes perspectives : celle de l'art, celle de la philosophie et celle de la politique. l'étude consacrée à cézanne comme celle qui analyse le cinéma du point de vue de la psychologie moderne s'attachent l'une et l'autre à montrer la démarche créatrice cherchant sans cesse, face à l'" énigme du monde ", quelles réponses nouvelles apporter à l'interrogation humaine.
    L'examen de l'existentialisme permet de clarifier les positions adoptées, dès la fin de la seconde guerre, par rapport à hegel et à marx, ainsi que de maintenir une réflexion politique et critique, en dépit de la débâcle prévue du communisme, sans retomber dans les séductions d'une " fin de l'histoire ". c'est pourquoi, très courageusement, l'auteur entreprend, sous le titre " la guerre a eu lieu ", un bilan général des années de guerre et d'immédiate après-guerre qui fait aujourd'hui écho à la conférence de camus, " la crise de l'homme ".
    Outre sa valeur historique, qui permet d'établir une sorte d'état des lieux des années 1944-1948 en france, ce recueil confirme toute l'ampleur et la richesse des intérêts et des problématiques qui caractérisent la pensée d'un auteur qu'on peut ainsi redécouvrir.

  • Les noms de malebranche, biran et bergson s'étant rencontrés, en 1947-1948, au programme de l'agrégation de philosophie, maurice merleau-ponty consacra cette année-là deux cours parallèles, à l'ecole normale supérieure et à la faculté des lettres de lyon, à l'union de l'âme et du corps chez ces trois philosophes.
    On trouvera ici, reconstituée d'après des notes d'auditeurs, la substance - et souvent même la teneur littérale - du cours de lyon. la présente réédition comprend en outre une leçon inédite du cours de lyon, relative au problème de l'inconscient. tout en observant une attitude d'historien objectif, maurice merleau-ponty ne pouvait faire abstraction de ses préoccupations philosophiques personnelles. en même temps qu'une rétrospective historique, ce cours est une méditation sur l'insuffisance de l'idéalisme intellectualiste et la nécessité, pressentie à divers titres par malebranche, biran et bergson d'un " primat de la perception ".

  • Plus que ses livres achevés, ces notes montrent le côté « abrupt » et la profonde originalité de la pensée de Merleau-Ponty, qui conduit ses auditeurs vers ce qui fait le socle de sa phénoménologie : la vie perceptive. Le livre s'organise comme suit :
    I. L'institution dans l'histoire personnelle et publique (la notion d'institution est envisagée dans des domaines divers : le sentiment, l'art, les mathématiques, la connaissance d'autres cultures).
    II. Le problème de la passivité : le sommeil, l'inconscient, la mémoire (la passivité n'est pas un état, mais une modalité de notre relation au monde ; non pas le contraire de l'activité, mais son envers).
    Appendice : Trois notes sur l'inconscient freudien et Notes de lecture sur Proust et sur Freud Nombreuses références bibliographiques, abondamment commentées, des auteurs cités par Merleau Ponty (Rabelais, Freud, Lucien Febvre, Sartre, Lévi-Strauss...).

  • Par-delà les cinquante-cinq ans qui nous séparent de sa disparition, Merleau-Ponty s'adresse à ses nouveaux lecteurs comme à des contemporains qui ont à coeur de maintenir la parole vivante de ce philosophe du vécu.

    Réciprocité de l'échange aux cours de ces entretiens essentiellement menés par Georges Charbonnier.

    Une pensée qui épouse notre temps avec d'autres pensées et d'autres épousailles faisant époque.

    Cet ensemble se présente comme une introduction à la pensée de Maurice Merleau- Ponty, ce philosophe du vécu. Les thèmes abordés : la phénoménologie, la philosophie et les rapports avec autrui, la littérature et l'art, la psychanalyse, la politique...

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