Mattéoni Olivier

  • En 1480, les principaux officiers du duc de Bourbon, au premier rang desquels se trouve le chancelier, sont mis en accusation pour avoir attenté aux droits du roi. Après une enquête sur le terrain, un procès s'ouvre devant le parlement de Paris. Il donne lieu en juillet 1480 à de riches plaidoiries où sont détaillés tous les excès, usurpations de cas royaux et autres " exploits " de juridiction souveraine censés avoir été commis par les hommes de Jean de Bourbon. C'est autour de cette procédure qu'a été écrit le présent livre.
    Pour en comprendre les enjeux, l'étude a repris à nouveaux frais la politique de Jean II de Bourbon dans ses territoires pour en comprendre la portée et saisir les fondements des accusations royales. Elle montre que le projet politique de Jean II, mis sur pied dans les années 1470, a été axé sur la réforme de la justice, dont les fondements divins et les implications souveraines ont pu être jugés attentatoires aux intérêts de la couronne par les agents royaux. Ainsi, le procès de 1480, qui a été pensé comme l'occasion de donner une leçon de souveraineté au duc de Bourbon, doit être lu comme la confrontation non seulement de deux pouvoirs, mais aussi de deux conceptions du pouvoir.
    Le livre s'avère une contribution de premier plan à la question essentielle des rapports politiques entre Louis XI et les princes.

  • Pouvoir d'État, opinion publique, justice. Mélanges offerts à Claude Gauvard.

  • Enseignants et chercheurs en histoire médiévale ont en France une activité considérable et reconnue au plan international.
    En dehors des livres et des manuels qu'ils produisent, ils donnent une part importante des fruits de leurs recherches à des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. Il est donc nécessaire de procéder à un regroupement de leurs articles dispersés pour permettre à un large public de prendre connaissance de leurs résultats, de leurs hypothèses, et de leurs projets. La collection consacrée aux médiévistes français répond à cette préoccupation.
    Ici la personnalité du médiéviste donne au livre toute sa cohérence. Les dix articles regroupés dans ce volume doivent s'entendre comme une contribution à l'histoire de l'Etat et des institutions au royaume de France à la fin du Moyen Age. Centrée sur les thématiques de l'office, des principautés et des pratiques administratives, et mettant à profit une historiographie dont le renouvellement a été grand ces dernières années, la réflexion tente d'apprécier comment les institutions ont été pensées et utilisées par les autorités royales et princières en vue d'un bon gouvernement.
    Dans cet ensemble, les Chambres des comptes sont l'objet d'une attention particulière tant elles ont été un espace de diffusion d'un discours sur la chose publique. Sensible aux apports de l'histoire du droit, le propos s'intéresse aussi aux rituels en matière d'enquêtes, de contrôle des comptes ou encore de dévolution des offices, pour montrer qu'ils ne sont en rien contradictoires avec la rationalisation des savoir-faire administratifs.

  • L'importance des archives comptables médiévales n'est plus à démontrer.
    Elles ont nourri nombre d'études d'histoire sociale, économique ou institutionnelle. En revanche, l'élaboration des comptes en tant que documents n'a pas donné lieu à une enquête d'ensemble. L'ambition de ce livre, qui rassemble les actes du colloque qui s'est tenu aux Archives nationales et à la Cour des comptes les 10 et 11 octobre 2012 et qui clôturait un cycle de recherche de plusieurs années, était de faire le point sur la question de la fabrique de la norme comptable à la fin du Moyen Âge. Plus précisément, en s'attachant à l'analyse des supports, du format, de l'organisation des comptes, et, au sein de ces derniers, de l'articulation des parties du discours entre elles, ou encore aux savoir faire mathématiques des agents teneurs de comptes, le livre entend proposer une réflexion sur les enjeux de l'usage de l'écrit comptable par les institutions médiévales, tant laïques qu'ecclésiastiques, à l'échelle européenne.
    À partir de cette variété institutionnelle, plusieurs questions irriguent les contributions ici rassemblées. Y a-t-il des normes communes pour tenir les comptes ? Sont-elles partout appliquées ? Comment évoluent-elles et comment en contrôle-t-on l'application ? Quelles sont les manières d'identifier, de classer et de compter qui sont utilisées pour gérer le temps, les biens, les personnes ? Organisé en trois grandes parties, qui s'intéressent successivement aux formes et à l'ordonnancement des comptabilités, aux savoirs comptables, à l'ordre du discours, et que prolonge une comparaison avec d'autres périodes et d'autres espaces, le livre se clôt sur la réflexion de praticiens qui replacent la question de la normalisation comptable dans la longue durée, jusqu'à aujourd'hui.
    Par ses apports et les différents points de vue qu'il croise, cet ouvrage permet de mieux comprendre les transformations cognitives et matérielles qui ont façonné les pratiques de gestion, d'administration et, au delà, de gouvernement, à la fin du Moyen Âge.

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  • De Jean de Berry, l'histoire a retenu l'image d'un prince mécène et bibliophile, ardent défenseur de la couronne au temps de Charles V et de Charles VI. Doté d'une principauté au centre du royaume, tenue en apanage, il a développé une administration dont les contours ont déjà été reconnus. Sa chancellerie, en revanche, a peu retenu l'attention. C'est autour des pratiques de l'écrit documentaire, actes en tête, que s'organise la présente publication. Celle-ci se veut une contribution à une meilleure connaissance de l'acte princier des XIVe et XVe siècles, un domaine qui, s'il a été illustré par divers historiens et diplomatistes, ne l'a été jusqu'à maintenant que de façon discontinue et incomplète. Par l'extension géographique et la variété de ses pouvoirs, par sa proximité avec la personne royale (il a été successivement fils, frère, oncle de roi), par la durée de son activité (une soixantaine d'années, de 1356 à 1416), Jean de Berry a légué un corpus central pour l'étude de l'acte princier. Un acte princier qui devient, à l'époque, une pièce importante de la production diplomatique et, par la captation de traits royaux, un outil efficace de la genèse de l'État moderne et de l'apprentissage de la sujétion. Organisation, recrutement, fonctionnement de la chancellerie, gestion de la mémoire des actes, traits internes et externes des productions, manifestations du pouvoir dans les titulatures et les sceaux, méthodes d'édition... sont scrutés dans les contributions de ce volume, non seulement pour Berry, mais aussi, de façon délibérément comparative, pour plusieurs de ses contemporains (princes anglais et navarrais, ducs de Bourbon, d'Anjou et de Bretagne).

  • Signs and States, programme financé par l'ERC (European Research Council), a pour but d'explorer la sémiologie de l'Etat du xme siècle au milieu du xvne siècle. Textes, performances, images, liturgies, sons et musiques, architectures, structures spatiales, tout ce qui contribue à la communication des sociétés politiques, tout ce qu'exprime l'idéel des individus et leur imaginaire, est ici passé au crible dans trois séries de rencontres dont les actes ont été rassemblés dans une collection, Le pouvoir symbolique en Occident (1300-1640).

    Ces volumes, adoptant une perspective pluridisciplinaire et comparative dans une visée de long terme, combinent études de cas, analyses conceptuelles et réflexions plus théoriques. Et les réponses à ce questionnaire, issu d'une réflexion sur une histoire culturelle poursuivie sur plus de cinq siècles, remettent en cause une histoire de l'Occident latin où l'on opposerait Eglise et Etat : la mutation culturelle engendrée par la réforme grégorienne qui, tout en assurant d'abord le triomphe de la papauté, a donné à l'Etat moderne les moyens d'assurer sa propre légitimité en créant les conditions d'une révolution du système de communication. Elle engendre un partage du pouvoir symbolique et des processus de légitimation avec l'Etat : la capacité de ce dernier à se légitimer par le consentement de la société politique en dehors de la contingence religieuse est une spécificité de l'Occident latin, clé de l'essor des Etats modernes européens.

    Ont contribué à cet ouvrage : Sverre Bagge, Wim Blockmans, Marc Boone, Elizabeth A. R. Brown, Juan Carretero Zamora, Vincent Challet, Christopher Fletcher, Florent Garnier, Jean-Philippe Genet, Antoine-Marie Graziani, Michel Hébert, Joanna Innés, Eberhard Isenmann, Gilbert Larguier, Dominique Le Page, Marie-Laure Legay, Kolja Lichy, Pavel V. Lukin, Olivier Mattéoni, Hélène Millet, E. Igor Mineo, Tomàs De Montagut, Robert Stein, Mireille Touzery, Gian Maria Varanini.

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  • Fruit de la collaboration de plusieurs historiens, ce recueil a été conçu comme un complément aux actes du colloque de Moulins d'avril 1995 publiés par le Comité pour l'histoire économique et financière de la France, en 1996, sous le titre : " La France des principautés.
    Les Chambres des comptes aux XIVe et XVe siècles. " Sans prétendre être un inventaire documentaire stricto sensu, il propose, sous forme de dossiers consacrés à plusieurs Chambres des comptes du royaume de France (Chambres des comptes de Paris, de Bourgogne, de Bretagne, de Normandie, de Bourbonnais, de Beaujolais, de Forez) et extérieures au royaume (Chambres des comptes de Savoie et de Provence), une sélection de textes et de documents pour la plupart inédits et commentés.
    Ce livre espère ainsi contribuer à mieux faire connaître des institutions qui ont joué un rôle essentiel à la fin du Moyen Age dans le processus de mise en place de l'Etat moderne.

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