Marylène Possamaï-Pérez

  • Ces Nouvelles études sur l'Ovide moralisé poursuivent l'exploration de ce témoin de l'âge gothique. L'auteur oriente la fable ovidienne qu'il traduit pour l'accorder à la vérité chrétienne. Il fustige les péchés, escamote la théorie de la métempsycose, élimine les aspects surnaturels et arbitraires du phénomène de métamorphose, recherche l'harmonie contre le désordre, rejette la poésie lyrique pour valoriser la "philosophie". Il établit une forte cohérence entre la fable et son interprétation, et témoigne du savoir scientifique et médical de son époque. Sa conception de la Création est conforme à celle de saint Bonaventure et la notion de " subtilité" permet de définir son art. Le moraliste avait une conscience claire de son projet et une parfaite maîtrise des moyens poétiques pour le réaliser.

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  • L'auteur anonyme de l'Ovide moralisé sait traduire fidèlement les récits de métamorphoses, dont le spectacle le fascine tout autant qu'Ovide, mais il peut infléchir subtilement son modèle latin pour préparer ses moralisations, et élargit la conception de la métamorphose : tout ce qui est humain se transforme et meurt. L'allégorèse débute par des relais sensibles, qui offrent à la fable un sens littéral acceptable et conduisent par étapes aux sens spirituels, parmi lesquels la tropologie est privilégiée : puisque l'ici bas est éphémère, l'homme doit chercher la voie de la réunion à Dieu. La "pédagogie" de la métamorphose conduit à l'exaltation de la figure du Christ, médiateur entre l'homme et Dieu. L'auteur, un érudit franciscain, fournit à ses frères prédicateurs un recueil de matériaux pour illustrer le dogme chrétien : la mythologie offre des images fortes faciles à mémoriser.

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