Mary Douglas

  • Au XIXe siècle, on distinguait les religions primitives des grandes religions de la planète sous deux aspects. En premier lieu, les religions primitives seraient inspirées par la peur ; en second lieu, elles seraient inextricablement liées aux notions de souillure et d'hygiène : les primitifs étaient, disait-on à l'époque, convaincus que ceux qui par inadvertance traversaient quelque ligne interdite étaient victimes d'effroyables catastrophes. Mais les anthropologues qui, comme Mary Douglas, ont pénétré plus profondément dans ces cultures primitives ne trouvent pas trace de cette peur. L'hygiène, en revanche, se révèle une excellente piste si nous savons la suivre en profitant des connaissances que nous avons de nos propres sociétés : plus nous connaissons les religions primitives, plus il nous apparaît qu'il y a, dans leurs structures symboliques, une place pour la méditation sur la saleté qui est aussi une réflexion sur le rapport de l'ordre au désordre, de l'être au non-être, de la vie à la mort.

  • Les institutions pensent-elles ? et si oui, comment font-elles ? ont-elles un esprit en propre ? dans ce livre, mary douglas prend à bras-le-corps toutes ces questions pour jeter les bases d'une théorie des institutions.
    On explique d'ordinaire le raisonnement humain par les propriétés de la pensée individuelle. mary douglas se focalise, elle, sur la culture et nous entraîne dans un parcours provocateur et passionné, placé sous le double patronage de la sociologie d'emile durkheim et de la philosophie des sciences de ludwik fleck. d'oú il ressort que nous aurions tort de croire que seule la pensée des peuples primitifs serait modelée par les institutions, tandis que notre modernité verrait advenir une pensée véritablement individuelle.
    Les questions essentielles, les décisions de vie ou de mort, par exemple, ne peuvent jamais être résolues à un niveau purement individuel. avec le présent livre, qu'elle considère comme une " introduction après coup " à son célèbre de la souillure, mary douglas se place directement au coeur du débat épistémologique central des sciences sociales, grâce à une critique croisée de l'individualisme méthodologique et du holisme.
    Cet ouvrage est suivi de l'introduction à la traduction anglaise du fameux essai sur le don de marcel mauss et d'un texte sur l'identité du moi, qui ont déjà fait du bruit en france et à l'étranger.

  • Paru en 1979 sous le titre The World of Goods, pour la première fois disponible en français, cet ouvrage d'une des plus grandes anthropologues du XXe siècle, disparue en 2007, et co-écrit avec un économiste, fonde le champ de l'anthropologie de la consommation par le regard original qu'il pose sur nos conduites de consommation et les échanges marchands. En s'interrogeant sur les motifs qui nous poussent à désirer des objets, à les acquérir, à dépenser ou épargner, et plus largement sur notre rapport à la consommation, il propose une approche résolument inédite de la façon dont les individus et les communautés forgent et projettent des significations, de la valeur, voire une éthique, sur les " biens " de consommation. En ce sens, l'achat apparaît comme une modalité permettant aux individus de déployer des rituels de consommation qui donnent sens tant à ce qu'ils sont qu'à ce qu'ils font. Avec pour fonction essentielle d'établir des systèmes complexes de relations sociales, les biens de consommation répondent à des logiques et des catégories qui dessinent des flux alors représentatifs de la société dans laquelle ils prennent formes. Loin d'être juste une façon de se comporter qui se grefferait à un modèle social existant, l'acte de consommer appelle un modèle de vie enserré dans un ensemble de pratiques fortement socialisées.

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  • épidémies et rapports sociaux Nouv.

    Les séculaires questions "Que fait l'épidémie à la société ? Et que fait la société face à l'épidémie ? " sont malheureusement redevenues d'une actualité brulante. Cette anthologie d'articles et de chapitres d'ouvrages, inédits en français, portant sur un large spectre de pays et d'époques, soulignera la densité du problème et la richesse de la recherche sur ce pan négligé de l'histoire sociale. Il y sera en effet question des luttes de pouvoir autour des mesures sanitaires d'urgence (quarantaine) ou préventives (assainissement), des déterminants sociaux des théories successives des modes de transmission des maladies infectieuses, des effets de celles-ci sur plusieurs aspects des rapports entre les classes, des révoltes qui ont souvent rythmé les périodes de pandémies mais aussi du rôle de ces dernières dans la colonisation ainsi que bien évidemment de leurs répercussions sur les rapports entre les sexes et le racisme.

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