Marion Dapsance

  • Le bouddhisme tel que nous le concevons aujourd'hui en Occident est un produit hybride de la sécularisation européenne.
    Depuis la seconde partie du XIXe siècle, des intellectuels anticléricaux ont cherché à remplacer l'héritage sémitique et biblique de l'Europe par les anciennes doctrines de l'Inde, jugées plus rationnelles.
    L'enseignement du Bouddha semblait particulièrement indiqué : sans Dieu, sans Sauveur, sans révélation écrite, il paraissait à même de réformer l'Occident en l'asseyant sur des bases nouvelles.
    Produit de la sécularisation européenne, ce « bouddhisme moderne », aujourd'hui défendu par des personnalités médiatiques comme Sogyal Rinpoché ou Matthieu Ricard, vise une rénovation sociale qui passe par le perfectionnement spirituel de chacun. La « méditation » n'est plus une réflexion sur la vie mais une relaxation assise visant au perfectionnement émotionnel et mental. Et ce, non plus sous la direction de simples moines ou maitres bouddhistes, mais de formateurs, de thérapeutes, de médecins, d'écrivains, de conférenciers, de lobbyistes. La visée n'est plus la recherche de l'éveil mais l'amélioration des performances humaines, dans un but social.

  • Le mystère du Sacré-Coeur et l'invention du christianisme Nouv.

    Dans cet essai, Marion Dapsance montre comment le culte du Sacré-Coeur est né, comment il a été élaboré collectivement, transformé, interprété de diverses manières, comment il s'est développé avec une ampleur telle que l'Église a été obligée d'intervenir pour l'expliquer et aussi le recadrer. Partant des révélations de Marguerite-Marie à Paray-le-Monial, elle parcourt l'histoire de cette dévotion qui s'est d'abord répandue en France sous le manteau avant de connaître un immense succès, grâce à l'activité notoire des jésuites. Elle met en évidence pour la première fois la dérive d'une telle spiritualité qui est devenu un emblème politique mais aussi une grille de lecture de l'histoire occulte de la France à partir de la Révolution (guerres vendéennes, expiation des fautes de la France après la défaite de Sedan (1870). Enfin, elle s'interroge sur l'enthousiasme que le Sacré-Coeur suscite aujourd'hui. Capable de se renouveler tout en maintenant son aspect traditionnel, cette dévotion est à l'image finalement de la culture catholique.

  • Alexandra David-Neel (1868-1969) est souvent présentée comme une figure spirituelle majeure du 20e siècle. Ses longs voyages en Inde et en Asie, sa connaissance approfondie du bouddhisme et des coutumes tibétaines, son intérêt pour les philosophies hindoues et chinoises laissent penser que cette femme de lettres, autrefois chrétienne, s'est engagée dans une quête mystique et a fini par adopter les croyances de l'Extrême-Orient.
    Une lecture attentive de ses écrits montre qu'Alexandra David-Neel était au contraire une matérialiste convaincue. Ce livre montre comment la catholique qu'elle était à l'adolescence a progressivement rejeté toute idée de surnaturel et de transcendance, en devenant tour à tour protestante, gnostique, athée, puis adepte d'une philosophie pessimiste réduisant la vie à une grotesque illusion et l'être humain à un amas de cellules uniquement gouverné par le désir.
    La « quête » d'Alexandra David-Neel n'avait, de fait, rien de spirituel. La vie entière d'Alexandra David-Neel peut se lire comme une tentative renouvelée et finalement victorieuse de se penser et de se vivre comme femme libre à une époque qui laissait peu de place à la créativité féminine.

  • Récit d'une conversion de l'Islam au Christianisme.

    Ne trouvant plus de réponses existentielles dans le christianisme de son enfance, l'auteur se tourne à l'âge de vingt ans vers l'islam, qu'elle découvre dans des livres, au cours de voyages et en côtoyant de jeunes camarades de classe d'origine maghrébine. Elle se laisse hypnotiser par un "Orient" fantasmé, qui mêle sensualité et rigueur morale, poésie et quête mystique du Dieu unique. Sans se convertir complètement (le doute subsistera toujours), elle apprend l'arabe et l'islamologie aux Langues Orientales, fréquente la mosquée de Paris, assiste à des conférences de Tariq Ramadan, s'immerge pendant les vacances dans la vie d'une famille marocaine. Alors en faculté de droit à la Sorbonne, elle se voit proposer un stage dans un cabinet d'avocat à Tripoli, ville majoritairement musulmane au nord du Liban. Elle y voit l'occasion d'approfondir sa découverte de l'islam et son apprentissage de la langue arabe. Son voyage d'un été prend une tournure inattendue quand elle rencontre un jeune maronite, qui lui présente le christianisme sous un jour neuf, illuminé de ce mystère "oriental" qu'elle aimait tant. Elle qui se faisait appeler "Kaoutar", du nom d'une sourate évoquant un fleuve du paradis, découvre alors que les sources d'eau vive qu'elle recherchait tant ne se trouvaient nulle part ailleurs que dans le Christ.

  • UNE ENQUETE DE PLUSIEURS ANNEES AU CoeUR DES MILIEUX BOUDDHIQUES OCCIDENTAUX QUI VIENT FAIRE VACILLER TOUS NOS PRESUPPOSES. AU FIL DES RENCONTRES, DES EXPERIENCES RACONTEES, DES TEMOIGNAGES RECUEILLIS IL DEVIENT EVIDENT QUE LE BOUDDHISME N'EST RIEN D'AUTRE QU'UNE RELIGION. QUI PLUS EST, SA VERSION OCCIDENTALE CONNAIT DE TRES NOMBREUSES DERIVES : ORGANISATION SECTAIRE, DERIVES SEXUELLES, PYRAMIDES FINANCIERES, HUMILITAIONS HIERARCHIQUES. ETAT DES LIEUX.

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  • Il faut entendre « bouddhisme moderne » au sens de « pseudo- bouddhisme ». Ce que l'auteur critique n'est pas le bouddhisme des Asiatiques mais le produit hybride qu'ont créé les Occidentaux, comme solution imaginaire à leurs propres problèmes.
    Produit de la sécularisation européenne, ce bouddhisme imaginé est battu en brèche par l'auteure, notamment en ce qui concerne la méditation, les pouvoirs surnaturels, les dogmes, l'expérience mystique.
    Elle critique également le rôle parfois ambigu de personnalités médiatiques comme Sogyal Rinpoché ou Matthieu Ricard.

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