Marie-Christine Gordien

  • Un jour, j'oublierai mon nom, ma ville et ma vie, sans façons et sans style, où ne sont passés que les mots dans le tamis des vents.

    La Monnaie des songes et autres recueils est à la fois un inventaire des fêlures de notre temps, un hymne pour un autre humanisme, un hommage à la négritude et aux artistes contemporains tels Gaël Faye ou MC Solaar. Marie-Christine Gordien s'impose comme la « voix des sans-voix », dans ce volume traversé de bout en bout par un lyrisme aussi attachant qu'inoubliable et porté par le rêve du métissage de notre langage.

  • Moon Walker est un véritable tournant dans le parcours de l'auteure et se présente à la fois comme une quête des origines et un inventaire des fêlures de notre présent. Née d'une mère française métropolitaine et d'un père Guadeloupéen.

    (extrait de la préface d'Alain Mabanckou).

  • Marie-Christine Gordien creuse en poésie le quotidien de L'impossibilité d'aimer qu'elle rencontre chez l'autre, du monde qui l'entoure jusqu'à celui de sa propre enfance. Elle suit cette souffrance universelle, endurée, qui ravage l'existence, au-delà de l'anecdote, dans le drame qui la révèle, banale, proche, commune, sans frontières, sans sexe, sans âge.Sa poésie défait chacune des scènes, chacun des bouts de scène, à mesure qu'elle déploie ses gammes et son rythme, pour laisser, à chaque détour, surgir l'amour, de l'impossibilité même qui le tient noué.
    Le livre est composé de quatre suites de poèmes, qui marquent des changements d'environnements des expériences vécues, depuis le plus anonyme, jusqu'au plus intime. La progression marquée d'entrée par des situations subies, évolue vers un état plus perméable à l'expérience personnelle dans l'écriture. Les poèmes ne s'attardent pas sur l'anecdote et la description, le fil du poème ne cesse de surprendre par une succession de surgissements qui s'attaquent à l'épreuve endurée, pour mieux s'en détourner et la neutraliser. A mesure que les poèmes se succèdent, ils deviennent des flux de sensations vibrantes d'où surgit la voix profonde du poète qui délivre l'amour enfermé.

  • (extrait) J'essaye d'écrire une chanson où débarquer - une terre - comme s'il s'agissait de faire revenir le soleil d'entre les nuages, les perles rares et les poèmes, le mystère de leurs conversations éternelles.

    (extrait) Un jour, j'oublierai mon nom, ma ville et ma vie, sans façons et sans style, où ne sont passés que les mots dans le tamis des vents.
    Et les cargos de larmes vides où l'enfant sans cartable n'aurait rien appris.

    On a dans ces maisons le coeur à changer de vie et dans les antres de la nuit, on s'adonne à la musique, elle fera le reste et les rêves.

    J'avais accumulé du vide, des toits sans raison de vivre, le temps d'un enfant qui naît.
    Lui aussi sans façons et sans style, habillé du limpide de la lumière des journées.

    Il n'en faudra pas plus que cette simple caresse Ça ira

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