Ludovic Degroote

  • José Tomas

    Ludovic Degroote

    « L'émotion se joue à la croisée des deux pièges : dans l'arène, on risque sa mort,sur le papier on ne risque pas grand-chose, et cependant c'est essentiel ; pour qui s'est engagé dans son poème, cela parfois peut sembler vital.
    J'ai lu Leiris, j'ai vu des corridas, j'ai souvent pensé à ce rapport, je savais tout ça, même lorsque j'avais vu josé tomás ou d'autres toreros qui m'avaient ému, j'avais bien écrit quelques notes, mais ce matin-là josé tomás me l'a révélé ; en le regardant avec son toro, je pensais au poème, sans que je sois empêché d'être pleinement dans sa manière, elle me semblait exprimer en creux l'exigence de l'écriture poétique »

  • Monologue

    Ludovic Degroote

    A partir d'une tragédie intime (une jeune fille meurt dans un accident de voiture sur les routes de l'Angleterre), quatre voix prennent la parole pour entreprendre de raconter, et pour dire à leur manière la douleur : la morte elle-même (monologue de Godeleine), son père (monologue du père), sa mère (monologue de la mère) et son petit frère (monologue de ludo) qui plus jamais ne sortira de ses sept ans. Monologue et non monologues :
    Chaque voix se dit à travers une voix ; si elles se nouent, c'est par leur silence

  • Zambèze

    Ludovic Degroote

    Zambèze est un journal de voyage tenu par Ludovic Degroote à l'occasion d'un séjour en Zambie en 2013.
    Livre de la distance, celle que l'on parcourt en voyage bien-sûr, mais aussi celle qui se joue entre l'étude de cas et la perception intime, distance entre soi et le monde, zambèze n'est pourtant pas le livre d'un écrivain voyageur. Ludovic Degroote poursuit son travail de déplacements des formes littéraires, troublant les frontières du poème, du récit, et plus spécifiquement du récit de voyage. Ici sans cesse le récit se défait, la vivacité de la notation, la relation des motifs rencontrés font place à la pensée fragmentée, à la dérive intérieure, au poème. C'est autant la pensée qui voyage que le corps, mais la pensée et le corps ne voyagent pas toujours au même endroit. Malgré les crocodiles, les hippopotames, les serpents, tout ce bestiaire fantasmé de l'enfance qui soudain prend vie, malgré les paysages et les chutes Victoria, malgré ses proches, on reste seul, même si le monde, sa présence, reste la condition nécessaire à la solitude. zambèze est un fleuve poétique et mélancolique qui s'écoule dans le seul voyage qu'un homme peut faire, par-delà les angoisses qui le contraignent, celui de lui-même à lui-même.

  • La démarche de l'autoportrait chez Eugène Leroy ne traduit en rien une marque de narcissisme : au contraire, le moi du peintre s'efface derrière les couches et grattages successifs pour ne laisser entrevoir que l'humanité et son expression ultime : l'art. Le peintre travaille plusieurs oeuvres en même temps, reprenant sans cesse ses toiles, parfois dix ans après. Cet inachèvement qui absorbe le temps est une invitation, pour Ludovic Degroote, à s'interroger en toute liberté sur l'expérience artistique de Leroy et son rapport à la peinture. Le poète voit dans cet Autoportrait noir un autoportrait de la peinture, la lumière réfléchissante de sa propre intériorité : " ce que j'aime dans l'oeuvre d'un peintre, comme dans un poème, c'est qu'il m'invite à rester dedans, à m'y retrouver ".

  • Je suis né le 2 avril 1920 à Hazebrouck, au 41 de la rue du Rivage, et mort à La Madeleine le 9 juin 1989, 143 avenue de la République. Né chez moi, mort chez moi. Entre ces deux dates, ma vie. Je crois qu'en mourant j'ai laissé quelque chose qui ne m'appartenait plus. Quelque chose que je n'ai jamais dit ni même raconté ni même cherché à exprimer, mais qui a constamment été là, fait de fragments, de bribes, de bouts, auxquels les limites déterminées par rites dates de naissance et de décès donnent, sinon lui sens, du moins une espèce d'unité. "

  • C'est le récit haché d'un épisode de l'adolescence qui ne pouvait se dire que dans une langue hachée : deux versions tête-bêche (un petit viol/un autre petit viol) tâchent de raconter une anecdote dont les suites ne sont pas épuisées, qui font comme deux récits au milieu desquels l'enfermement ne sort pas de lui-même. Un très beau texte, pudique, terrible, éprouvant. Le travail littéraire en a fait autre chose qu'un témoignage. Pas de pathos, pas de grandiloquence dans ce récit : simplement une parole directe, qui cherche plusieurs formes pour se dire, qui a même parfois recours à l'humour, pour tenir l'émotion à distance.

  • Si décousu

    Ludovic De Degroote

    • Unes
    • 8 November 2019

    Ce livre rassemble plus de 40 poèmes, parus en éditions limitées et livres d'artistes, ainsi que de nombreux textes inédits de Ludovic Degroote, couvrant une période allant de 1987 à 2017. Si décousu évoque les promenades solitaires, aussi bien au-dehors qu'à l'intérieur de soi : le paysage de mer au fond des yeux, les villas côtières, la digue, le ciel et les briques. Évoque aussi et surtout, à travers allées et venues, trajets circulaires, variations d'écriture, une façon d'aller toucher le monde comme on frappe au carreau, ou comme on se retient au dernier moment d'y frapper. Par pudeur, en blessure souriante, gestes hésitants, dans le mouvement complexe et contradictoire d'une parole qui voudrait atteindre un lieu où être bien. Mais sur le point d'y arriver elle recule, effrayée par la distance incompressible entre y être et y être presque. C'est dans cet infime écart que se creusent et se renforcent les impossibilités et les manques. Car on existe par manque, « fantômes embourbés les pieds dans la vie », avec tant de visages à l'intérieur et cette drôle d'impression que les morts « vivent deux fois », et pas soi. « C'est comme si c'était simple », nous dit Ludovic Degroote, avec une grande douceur, que fissure parfois la violence. Avec drôlerie aussi, quand grincent des poèmes trop lucides pour pleurer. C'est comme si c'était simple de porter avec soi un poids trop lourd, et de s'en débarrasser quand on est soi-même son propre poids. On fait partie de lieux que l'on traverse, sans pouvoir en disparaître tout à fait. Face à soi retenir les effacements de la vie, et tout embarquer à l'intérieur, les disparitions comme les joies, l'amitié, le silence, l'enfance, on ne peut rien abandonner en route. Si décousu est un lent travail de désencombrement des sacs de ruines qu'on accumule.
    Gestes patients, impossibles, répétés, de poèmes dispersés dans les années, en suspension ; finalement réunis en s'agrégeant les uns aux autres, ils se rapprochent, se resserrent, s'entrelacent, pour révéler le coeur d'une oeuvre.

  • Cette image est destinée à un public majeur.

    J'ai plus de 18 ans

    Ludovic Degroote publie avec «Langue Trou» son premier recueil de poésie sexuelle, davantage qu'érotique, à partir d'un poème éponyme écrit en 2001. Ici, Degroote le prolonge et alterne fragments et poèmes versifiés minimalistes suggérant l'enjeu d'un tel sujet, parfois avec drôlerie, où tout ne se passe pas si facilement.


    Céline Guichard, par la frontalité de ses dessins, dépasse l'expressionnisme et la réduction formaliste. pour en offrir sa version. Comme Prigent, elle pourrait dire «Du sexuel, je ne sais évidemment rien, sinon que c'est précisément ce qu'on ne sait pas».

  • En octobre 2008, les deux poètes étaient en résidence itinérante sur le territoire d'Artois. Pendant une semaine, les auteurs s'installent dans un territoire et écrivent sur ce qui les entoure, ce qu'ils voient, ce qu'ils ressentent et voyagent à la rencontre d'une région. Ce recueil comprend deux de leurs poèmes.

  • Et si la poésie se vivait au quotidien ?
    En projetant le plan de métro sur une mappemonde, vous avez créé 13 voyages sidérants, 13 tours du monde différents qui racontent autant d'aventures, d'impressions, de rencontres. Ce carnet de voyage est celui d'un voyageur « transporté ». Chaque station du métro trouve un équivalent géographique dans le monde, avec une latitude et une longitude : la station Kléber devient la Nouvelle Orléans, la station Bonne Nouvelle devient Le Caire, la station Lourmel devient l'Ile de Pâques !
    Et chaque escale est l'occasion d'une pensée, d'une esquisse, d'un songe réel.

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