Lucien Lazare

  • Au début des années 1980, en même temps qu'il se découvre une passion pour la broderie, Lucien Lazare commence à tirer les fils de sa propre histoire. Il entame ses recherches d'historien sur la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, à laquelle il a activement participé. Trente ans plus tard, son frère lui révèle de précieuses informations sur leurs ascendants juifs et provoque de nouvelles interrogations chez cet ancien clandestin. Ses mémoires n'omettent aucun aspect de sa vie. Son enfance, sa vie de couple puis sa vie de famille qui se poursuit en Israël à partir de 1968. Lucien Lazare fait le récit des multiples luttes qui ont animé sa vie : il s'engage pour l'unification des différentes identités juives, tout comme pour la valorisation de la culture juive en France et de la culture française à Jérusalem, où il fonde le lycée René Cassin. Malgré ses études religieuses et son attachement au judaïsme, il défend la laïcité et justifie son pacifisme. Il raconte comment son admiration de l'État hébreu se mue progressivement en réserves sur la politique des récents gouvernements conservateurs. Ce dernier engagement politique est à l'image de ceux qui ont fait sa vie : touchant et lourd de conséquences.

    Aujourd'hui âgé de 90 ans, Lucien Lazare vit à Jérusalem. Résistant, puis enseignant, il est l'auteur d'ouvrages sur la résistance juive en France et sur les Justes parmi les nations. Avec Simone Veil, il est à l'origine de l'entrée des Justes au Panthéon en 2007, et l'auteur du Dictionnaire des Justes de France (Fayard, 2003)

  • Pour expliquer la non-déportation de 75% des Juifs de France durant l'Occupation, c'est souvent la figure des Justes des Nations qui est mise en avant. Depuis plusieurs années une dérive tend à réduire ce chiffre au seul sauvetage.
    En s'appuyant sur une centaine de dossiers de demande refusée d'attribution de ce titre, les auteurs s'interrogent sur l'attitude des français moyens à l'égard des Juifs. Surtout, ils soulignent l'importance de la chronologie et du contexte local et dégagent quels autres facteurs ont contribué à la survie des ¾ des Juifs de France.
    Pour réaliser cette enquête obéissant aux critères de la recherche historique, les auteurs ont utilisé des sources non consultées jusqu'à présent. D'une part les Archives départementales en France, d'autre part des témoignages conservés par les Archives du Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, de juifs ayant survécu à l'Occupation en France.
    Les auteurs ont réalisé un portrait de Monsieur ou Madame « Tout-le-monde ». Autrement dit, un portrait de ces Français/es qui n'ont été ni des héros (Justes), ni des salauds (collabos). Ces derniers constituent des catégories quantitativement négligeables de la population française.
    Le livre règle définitivement leur compte aux historiens, ou plutôt pseudo-historiens ayant créé et diffusé le mythe d'une population française toute entière collabo, ou bien le mythe d'une France résistante dans sa totalité.
    La conclusion de ce travail établit que les Français/es dits M/ me Tout-le-monde, soit le gros de la population, ont contribué par leur comportement envers les juifs, de même que les troupes alliées, les Justes et la résistance juive en France, à la non-déportation de nombre de juifs. Ces Français ont illustré les bienfaits engendrés par l'éducation que dispensent les familles et l'école de la République.

  • « Le concept de « Juste des Nations » est emprunté à la littérature talmudique. Au long des générations, il a servi à désigner toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs. Le Mémorial Yad Vashem décerne ce titre de Juste des Nations aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, dans des circonstances telles qu'elles impliquaient des risques pouvant aller jusqu'au danger de mort, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre.
    « Le nouveau porteur du titre de Juste des Nations est convié à une cérémonie où lui sont remis une médaille et un diplôme d'honneur. La cérémonie se déroule soit à Yad Vashem, soit, par les soins de la mission diplomatique d'Israël, dans le pays où réside le Juste. Les Justes, ou leurs représentants, ont planté des arbres dans l'allée des Justes sur le site du Mémorial Yad Vashem. Aujourd'hui, faute de place, le nom des Justes est gravé sur le Mur d'honneur édifié à cette fin dans le périmètre du Mémorial.
    « Les sauveurs se comptent par milliers, même si l'on y inclut ceux qui restent inconnus, alors que des millions de Juifs auraient eu besoin d'aide sous l'occupation allemande. Jusqu'à la fin de l'année 1999, Yad Vashem a décerné le titre de Juste des Nations à plus de 17 000 personnes. Ce qui démontre de manière incontestable que, malgré la tragédie implacable qui a frappé le peuple juif, il s'est trouvé des hommes et des femmes qui ne sont pas restés passifs et ont pris des risques pour accomplir le précepte : « Aime ton prochain comme toi-même. » Les Justes des Nations ont sauvé non seulement la vie des Juifs, mais aussi la dignité humaine et l'honneur de leurs compatriotes. »

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