Laurent Davezies

  • Les grands thèmes de protestation, largement relayés par les médias, tournent aujourd'hui autour de l'« explosion » des inégalités et de la « sécession » des grandes métropoles. Il est donc crucial de procéder à un état des lieux au regard de toutes ces revendications. « Abandon des territoires », vraiment ? De quelle « fracture territoriale » parle-t-on ? Car les métropoles, Paris, Lyon, Nantes ou Toulouse, sont de véritables poules aux oeufs d'or pour les autres régions. En outre, les territoires dits « périphériques » bénéficient de mécanismes qui viennent compenser les pertes agricoles et industrielles qu'ils ont subies. D'où ce paradoxe : en dépit de la concentration croissante des richesses, les inégalités de revenu entre les territoires se réduisent depuis des décennies.

  • Le territoire français est le lieu de tous les paradoxes: c'est dans les régions les plus riches que la pauvreté augmente le plus ; et certaines des régions les moins productives sont aussi celles où le bien-être social semble le mieux réparti. À l'écart des idées simples qui circulent aujourd'hui en boucle, Laurent Davezies explore les ressorts d'un divorce inaperçu: la séparation dans l'espace des logiques de croissance et des logiques de développement.

  • On assiste aujourd'hui à la fragmentation des nations, dans les pays industriels comme dans les pays en développement, avec une montée du régionalisme et des demandes d'autonomie, voire d'indépendance. Les causes identitaires - anciennes - se combinent avec le fait - nouveau - que les régions riches ne veulent plus payer pour les régions pauvres. Plus largement, c'est le « modèle de cohésion territoriale » qui est remis en cause.
    Dans l'économie mondiale, les petites nations semblent tirer leur épingle du jeu. Pourtant, leur multiplication pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. L'exemple qu'offrent aujourd'hui l'Écosse, la Catalogne et d'autres régions, ainsi que la complaisance pour cette forme renouvelée de nationalisme, peut avoir, par effet de contagion ici et là, des effets désastreux.
    Après le nationalisme européen du XIXe siècle, après le nationalisme décolonisateur du XXe siècle, le nationalisme « régional » s'affirme aujourd'hui comme un mouvement d'idées et un but pour le XXIe siècle. Dans ce petit jeu égoïste, chacun risque d'être perdant, sauf peut-être les micro-États les plus nantis. Comment conjurer le poison de la méfiance et de la fragmentation ? Ce livre propose des solutions pour maintenir une certaine idée de la démocratie territoriale et renouveler les formes de la décentralisation.

  • L'ouvrage analyse les effets territoriaux des crises qui frappent simultanément notre pays. Crise financière, crise de la dette, crise de l'énergie : chacune, à sa façon, joue et jouera fortement sur le destin des territoires. Ces chocs et leurs impacts territoriaux ne sont pas conjoncturels, mais structurels. Ils signent la fin d'un cycle de trente ans.
    Durant les grandes crises antérieures (1973, 1983, 1993), qui avaient accéléré les changements structurels dans le pays, les aides publiques avaient permis aux territoires de connaître un développement aussi inattendu qu'ignoré. Hier, les amortisseurs étaient plus puissants que les chocs. Ce n'est plus le cas depuis 2008. Avec la crise des finances publiques et sociales, ce qui, hier, avait porté et protégé les territoires les menace aujourd'hui. Une ère s'achève : celle de la croissance et du développement des territoires suburbains, fondée sur la consommation (elle-même financée par les déficits publics et l'endettement). De plus en plus, notre société sera assise sur une croissance faible, le sevrage de la dépense publique et la restriction du crédit. L'énergie chère et la crise de l'économie résidentielle laissent prévoir un retour à la production et aux métropoles.
    Les cartes se redistribuent. Les changements en cours remettent en cause le mode de développement qui prévalait depuis trente ans. En d'autres termes, le nouvel ouvrage de Davezies annonce et décrit la crise des années 2010-2020.

  • « 67 recettes... » est un livre de cuisine à l'ancienne, dans lequel les recettes ne sont pas décrites de manière abuptes et scolaires. Pour chacune d'entre elles, Gabriel Peynichou nous raconte une histoire, nous donne des éléments historiques, agrémente le déroulement... On peut sans mentir parler de cuisine romanesque ! Et tout cela sans rien ôter à la validité des dites recettes.
    Bon appétit.

  • Depuis les années 1990, les conditions de travail se sont peu à peu imposées dans le débat social. Néanmoins, la situation reste critique. Les risques traditionnels n'ont pas disparu : les manutentions lourdes, l'exposition professionnelle aux cancérogènes, au bruit ou aux vibrations demeurent répandues. De plus, certaines « améliorations » n'ont fait que déplacer et dissimuler les problèmes, telle l'externalisation des risques grâce à la sous-traitance. Dans le même temps, les transformations du travail et des modalités de gestion de la main-d'oeuvre ont fragilisé les collectifs et accru l'isolement des salariés, conduisant à une montée visible de la souffrance psychique.
    Face à ces évolutions, il est plus que jamais nécessaire que tous les acteurs concernés, en particulier les salariés eux-mêmes et leurs représentants, s'approprient les connaissances indispensables pour améliorer la protection de la santé sur les lieux du travail. Tel est le but de ce livre, qui renouvelle intégralement sa première édition de 1985, laquelle avait fait date. Trente ans après, cette refonte s'imposait : cet ouvrage présente de manière accessible à un large public les connaissances les plus récentes sur les risques du travail, dans tous les secteurs. Mobilisant une équipe internationale de spécialistes et prenant en compte des expériences conduites dans de nombreux pays, il constitue à la fois une référence incontournable pour réfléchir à l'avenir de la prévention et un outil pratique proposant des pistes d'action. Reprendre la main sur son propre travail, c'est aussi commencer à reprendre la main sur le monde.

  • Au début des années 1970, lorsqu'est publié le fameux rapport de l'Oream Nord, la région Nord-Pas-de-Calais n'est pas encore arrivée au terme de sa crise industrielle. Trente ans plus tard, la reconversion industrielle, de fait, n'a pas eu lieu mais la région qui, certes, continue de porter les traces de son histoire industrielle, ne s'est pas effondrée pour autant et elle ne ressemble en rien aux zones ravagées de la " rust belt " américaine. La mutation a entraîné d'innombrables drames personnels et collectifs, mais le pire a été évité.
    Revenant sur ce " grand tournant ", Pierre Veltz et Laurent Davezies nous proposent une grille d'analyse de l'évolution de la Région Nord-Pas-de-Calais à travers ses dynamiques économiques, sociales et spatiales de ces trente dernières années. Cinq points essentiels jalonnent ce travail remarquable : la place considérable des transferts et revenus socialisés dans l'économie de la région et dans son renouveau, la nécessité de renforcer la base productive la déspécialisation de l'économie et la " banalisation " des structures de la société régionale, les réalités lourdes et persistantes du chômage et de la pauvreté, et enfin une région métropolitaine en réelle construction.

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