Laurent Veray

  • L'Avènement d'une culture visuelle de guerre - Actualités et documentaires filmés de 1914 à 1919 est une synthèse richement illustrée des recherches de Laurent Véray sur les images animées de la Première Guerre mondiale. Ce travail, qui n'a pas d'équivalent en France ou à l'étranger.

    En s'appuyant sur un corpus documentaire exceptionnel (film et non-film), l'analyse ici proposée permet de traiter la question de la presse filmée et de la production documentaire française dans les représentations culturelles de la nation en guerre, de leur place, de leur rôle et de leur évolution tout au long des hostilités.

    Le livre contribue à une meilleure connaissance de la place du cinéma d'actualité et documentaire au sein de la culture visuelle des vingt premières années du XXe siècle, en montrant notamment comment il prolonge certains dispositifs visuels plus anciens (la peinture militaire, la photographie, le panorama...) et les liens qu'il tisse parfois avec la mise en scène, sinon la fiction.

  • L'oeuvre de Marcel L'Herbier est à bien des égards assez mal connue. Le plus souvent, on le présente uniquement comme un des pionniers de l'avant-garde française des années 1920, aux côtés de Gance, Delluc, Dulac et Epstein, en ignorant ou négligeant ce qu'il fit ensuite. Or, si la place que L'Herbier occupe dans la « Première Vague » du cinéma français (1918-1929) est en effet considérable, aussi bien aux plans de la théorie esthétique, des réalisations expérimentales, que des innovations dans les collaborations avec les autres arts (littérature, peinture, musique, architecture.), son abondante production ultérieure est également intéressante. Elle témoigne à divers titres des courants dominants en matière de genres, de thèmes et de partis pris esthétiques dans les années 1930-1940. De plus, le rôle de Marcel L'Herbier comme producteur, défenseur de la profession cinématographique, son action au sein de la Société des auteurs de films, de la Cinémathèque française, de l'Idhec qu'il fonda, ainsi que son engagement dans l'émergence de la télévision après la Deuxième Guerre mondiale, en font incontestablement un personnage central de la cinématographie en France.

    Il était donc nécessaire de revenir aujourd'hui sur la longue et exceptionnelle carrière de Marcel L'Herbier. D'autant plus que la plupart de ses films sont désormais restaurés et visibles, et que subsiste une quantité très importante d'archives publiques et privées le concernant. Un tel réexamen suppose bien entendu d'éviter les défauts d'une étude purement biographique au profit d'analyses problématisées des différents aspects de son oeuvre. C'est ce à quoi se sont attachés les contributeurs de ce livre. Dans la plupart des textes ici rassemblés, une perspective historique a été privilégiée, mais d'autres approches ont été également retenues pour permettre d'aborder une réflexion plus large.

  • Fille de Jules Rais, critique d'art puis bibliothécaire de la Chambre des députés, et de Ludmila Savitsky, poétesse et comédienne russe, qui traduisit James Joyce, Henry James ou Virginia Woolf, Nicole Vedrès fut une figure marquante du Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre et une personnalité importante du milieu littéraire des années 1950-60. Elle débuta comme rédactrice dans des périodiques artistiques, des magazines féminins et au Mercure de France. Entre 1946 et 1965, elle écrivit des romans, des essais, des chroniques et une pièce de théâtre. Puis elle participa à des émissions culturelles à la télévision et, à partir de 1957, anima « Lectures pour tous » avec Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Max-Pol Fouchet. Attirée par le cinéma, elle réalisa Paris 1900 (1947) et La Vie commence demain (1949), et deux courts métrages, Amazone (1951) et Aux frontières de l'homme (1953), avec le biologiste Jean Rostand. Faire des films est selon elle comparable à l'art « du poète qui compose à l'aide de syllabes lancées en vrac ». Ce livre analyse la singularité de sa démarche et son appli cation à ce qu'on appelle le « film de montage » dont elle bouleversa les fondements.

  • 14-18, la Grande Guerre reste l'événement matrice du XXe siècle, dont l'ampleur et les conséquences ont été considérables. De plus, décennie après décennie, la présence de la guerre de 14 au sein de la société française, loin de diminuer, s'est au contraire accrue. Le conflit, le plus long et le plus meurtrier que l'Europe ait jamais connu, est devenu la métaphore des horreurs du siècle dans son ensemble.
    Cela, le cinéma l'illustre sans doute mieux qu'aucun autre art et qu'aucun autre récit. En témoignent des centaines de bandes tournées sur le front, la popularité du « cinéma aux armées », puis les milliers de films, documentaires mais surtout de fiction, réalisés en 90 ans. On trouve là de grands classiques, patriotiques comme J'accuse d'Abel Gance, pacifistes, Les Croix de bois de Raymond Bernard, et des films critiques, tel Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick qui, en 1957, marque une inflexion profonde dans la représentation de la guerre, ou des oeuvres contemporaines, soulignant la présence de plus en plus vive de 14-18 dans la mémoire française : Capitaine Conan de Bertrand Tavernier, Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet...

  • Loin du Vietnam (1967) est un film exceptionnel.
    D'abord du fait des circonstances de sa réalisation qui mobilise durant l'année 1966 un grand nombre de collaborateurs (cinéastes, comédiens, écrivains, journalistes, techniciens..) autour de Chris. Marker et d'un projet : lancer un cri d'un d'alarme contre la guerre du Vietnam.
    Il ne s'agit pas d'exalter la compassion, mais d'élaborer une forme collective de protestation où chaque volet est réalisé par un auteur différent (Klein, Resnais, Godard, Lelouch, Ivens...), dans lequel chacun est libre de son choix, mais se détermine en fonction d'une réflexion commune.
    Ensuite parce qu'en remettant en cause les valeurs classiques du documentaire, sa conception novatrice annonce la mutation culturelle et
    l'essor de 1968. Sans compter que ce film va jouer un rôle déterminant pour la suite de la carrière de Chris. Marker, inaugurant une décennie de cinéma militant. Loin du Vietnam est aussi une riposte à l'aliénation du discours dominant et à l'usage simpliste et la manipulation des images. C'est une enclave dans l'histoire du cinéma contestataire, un film multiple, protéiforme et pourtant très cohérent dans sa globalité.
    Son dispositif expérimental démontre que les préoccupations politiques ne sont pas incompatibles avec les questions esthétiques.

  • Décennie après décennie, la présence de la Première Guerre mondiale au sein de la société française, loin de diminuer, s'est au contraire accrue. Comment expliquer cet accès de mémoire, alors que, désormais, le dernier des survivants français du conflit s'est éteint ? Il existe ainsi une production de films et de pièces de plus en plus abondante, même si ces représentations ont existé depuis les débuts de la guerre ellemême.
    Ces représentations ont gravé dans les mémoires des visions qui oscillent entre le mythe et le vraisemblable, cherchant, selon les circonstances, à exalter les valeurs combattives et patriotiques ou, au contraire, à inspirer le dégoût de la guerre pour l'abolir à jamais. C'est pourquoi l'obsession de la commémoration de 14-18, c'est-à-dire le souci de transmettre les enseignements du passé aux jeunes générations, n'a jamais fléchi. La Grande Guerre, en France peut-être plus qu'ailleurs, n'a cessé de susciter des images, des films, du théâtre, et une nouvelle vague de productions imaginaires s'est même intensément développée ces dernières années.
    Comment transposer à l'écran ou sur scènes les souffrances et les horreurs engendrées par le conflit ? Comment émerge le « film de guerre » comme genre au cinéma ? Existe-t-il des spécificités nationales ? Que disent les films sur la guerre de 14 de la société qui les tourne et les voit ?

  • Si le XXe siècle a été celui des guerres, il a été aussi celui de l'avènement de la mise en scène de théâtre et de cinéma.
    Cet ouvrage interroge le lien étroit et vivant entre guerre et mise en scène, tant théâtrale que cinématographique. Car le phénomène de la guerre, à travers lequel s'écrit l'histoire du siècle, n'en finit pas de questionner la représentation artistique, et de renvoyer le théâtre et le cinéma à leurs propres limites, éthiques et esthétiques, les invitant à dépasser celles-ci pour s'inventer des formes nouvelles.
    Abordant les représentations de cinq périodes ou conflits charnières, la Première et la Seconde Guerre mondiale, les guerres postcoloniales, les guerres du Proche-Orient, le conflit en ex-Yougoslavie et l'après-11-Septembre, les études rassemblées ici sont l'oeuvre d'universitaires, de spécialistes, et ménagent une parole aux artistes eux-mêmes (cinéastes, metteurs en scène, auteurs, traducteurs).
    Elles abordent le traitement fictionnel aussi bien que la démarche documentaire, en faisant la part de leurs interpénétrations. Se dessinent de la sorte un panorama des événements les plus tragiques et destructeurs de notre histoire contemporaine, mais aussi un parcours des oeuvres qui, depuis cent ans jusqu'à notre plus récente actualité, se sont acharnées à construire une mémoire vivante de notre passé et de notre présent.

  • Sport et images : quels rapports ? La question est d'actualité si l'on observe les problèmes récurrents dont la presse, écrite ou audiovisuelle, se fait régulièrement l'écho.
    En fait, les relations entre le sport et les images sont anciennes. La photographie, puis la chronophotographie - qui préparait sans le savoir vraiment l'avènement du cinéma -, furent utilisées très tôt pour tenter d'éclairer la réalité du mouvement humain. Célébrée depuis plus d'un siècle par les scientifiques, les photographes, les réalisateurs, les techniciens du sport, les artistes, l'union des pratiques sportives et de leurs modes de représentation visuelle s'inscrit désormais dans le champ de l'économie et de la concurrence, entraînant dans un paysage audiovisuel extrêmement mouvant son lot d'enjeux, de conflits et de bouleversements.
    La construction d'un genre télévisuel nouveau, le spectacle sportif, est caractérisée par la recherche de la beauté du geste, certes, mais aussi de l'image forte et de l'intensité dramatique. La scène sportive est aussi le lieu d'une compétition entre les diffuseurs, marquée par l'ingérence des publicitaires, des sponsors et des partenaires, par le renforcement de certaines disciplines en position dominante.
    Au point qu'on peut parfois se demander si le sport actuel n'est pas menacé dans ses valeurs et son identité culturelle. Le colloque " Montrer le sport : photographie, cinéma, télévision ", organisé les 18 et 19 mars 1999 par l'Iconothèque dans le cadre des Entretiens de l'INSEP, s'est donné pour objectif d'ouvrir largement le débat et de proposer à la réflexion les thèmes les plus variés. Cet ouvrage, abondamment illustré, regroupe l'ensemble des communications présentées au cours de ces journées par des universitaires et des professionnels faisant autorité sur la question.
    Destiné à un large public, il intéressera tout particulièrement les candidats aux différents métiers du sport et de l'EPS, ainsi que tous les spécialistes de l'image.

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