Laurent Feller

  • L'ouvrage présente les relations ayant existé entre Maîtres du sol et producteurs sur la longue période qui s'étend de la période carolingienne aux grandes révoltes paysannes des XIV e et XV e siècles.
    Après une période d'augmentation de la richesse, à partir du XIII e siècle les tensions s'accroissent. Les seigneurs connaissent une importante baisse de leurs revenus, ce qui constitue l'un des éléments essentiels de la crise des XIV e et XV e siècles. Cela a pour conséquence, dans de nombreuses régions, d'entraîner un phénomène de dépossession des paysanneries dont l'accès à la propriété du sol devient de plus en plus difficile.
    Cet ouvrage examine les statuts des hommes, l'organisation du travail, les hiérarchies sociales réellement efficaces, présente l'histoire de cet enrichissement général du monde occidental ainsi que celle de la crise qui clôt le Moyen Âge occidental.

  • Entre le début du VIIe siècle et les années 1050 se joue la christianisation de l'Europe occidentale et se jettent les fondations de sa culture, en même temps que se construisent les sociétés qui l'occupent.
    L'Église organise à partir du VIIe siècle la conquête des esprits. Appuyée par les différentes royautés, son action missionnaire est efficace : saint Colomban ou saint Boniface illustrent ainsi cette période.
    À partir du VIIIe siècle, l'heure est à la réforme de l'Église institution afin d'assurer celle de la société tout entière : c'est le but que se fixe Charlemagne et que ses descendants ont tenté de remplir. Le mouvement de rénovation donne lieu à une profonde renaissance culturelle qui permet la réapparition de la réflexion savante en Occident.
    Malgré l'échec politique des Carolingiens, les programmes élaborés au Xe siècle ne sont pas pour autant abandonnés. Ils trouvent d'autres relais pour leur diffusion, leur approfondissement et leur mise en oeuvre. Le mouvement monastique assure à l'Église les moyens de son action, tandis que la papauté, avec l'appui des empereurs germaniques, ouvre la voie au grand ébranlement de la réforme grégorienne.

  • L'histoire sociale du Moyen Âge est aujourd'hui en pleine évolution : elle redéfinit ses objets et, construisant des approches originales, délaisse vieux paradigmes et anciennes périodisations, sans rien renier pour autant de l'acquis transmis par les générations précédentes. Ce livre s'empare des thématiques les plus renouvelées depuis les années 1990 - l'espace, l'écriture, la vie économique comprise comme l'une des modalités de la domination sociale. Ces différentes approches témoignent du dynamisme d'une discipline qui se place délibérément à la croisée des sciences de l'homme et de celles de la société, n'hésitant pas, pour enrichir ses analyses, à mobiliser les concepts de la sociologie et de l'économie. Des sciences plus classiques et plus techniques, comme la paléographie et la diplomatique, sont de la même façon convoquées pour saisir les raisons de l'inscription des choses et des faits dans des listes ou dans des récits. Au coeur de ces problématiques se retrouvent les notions de territoire, seigneurie, paroisse mais également des sujets qui rénovent l'histoire sociale, telle l'anthroponymie. L'histoire économique, quant à elle, dépassant les débats qui ont structuré son historiographie dans la seconde moitié du XXe siècle, cherche à définir les notions-clés de crise ou de commercialisation et s'interroge sur le fonctionnement concret de la société paysanne. Conçu comme un hommage à Monique Bourin età son oeuvre d'historienne, ce livre atteste de la richesse et de la fécondité de son enseignement ainsi que de son talent à transformer un champ d'études en guidant et fédérant les travaux de très nombreux chercheurs.

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  • L'auteur de ces pages pousse l'amour de la méthode jusqu'à effectuer, à plus de cinq siècles de distance, une véritable enquête policière, cherchant à établir la matérialité de crimes commis entre 1440 et 1470 et s'efforçant de trouver des coupables qu'il a parfois pu suivre jusqu'au terme ultime de leur parcours : la marmite.
    L'objet de son étude est un crime que la société a toujours jugé particulièrement abominable et digne d'entraîner les pires châtiments : le faux-monnayage. La période aussi bien que la documentation parvenue jusqu'à notre époque sont particulièrement favorables : le choix des dates n'a rien d'arbitraire, non plus que celui des sources.

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  • Entre le dbut du VIIe sicle et les annes 1050 se joue la christianisation de l'Europe occidentale et se jettent les fondations de sa culture, en mme temps que se construisent les socits qui l'occupent. L'objet de ce livre est de prsenter les diffrents aspects de ces questions en mettant au centre de la problmatique l'glise catholique dans sa relation aux groupes humains qu'elle a pour vocation d'encadrer afin d'assurer leur salut. L'glise organise partir du VIIe sicle la conqute des esprits en s'efforant d'atteindre les peuples jusque-l rests en marge de la christianisation. Missionnaire, elle s'efforce aussi de rendre plus relle la christianisation des peuples anciennement convertis. Appuye par les diffrentes royauts, l'action de ses agents est efficace. Quelques figures, comme celles de saint Colomban ou de saint Boniface illustrent cette priode. partir du VIIIe sicle, l'heure est la rforme de l'glise institution afin d'assurer celle de la socit tout entire : c'est le programme grandiose que se fixe Charlemagne et que ses descendants se sont rellement efforcs de remplir. Le mouvement de rnovation qui est alors lanc donne lieu une vritable et profonde renaissance culturelle qui permet la rapparition de la rflexion savante en Occident.L'chec politique des Carolingiens est patent la fin du XIe sicle. Les programmes labors au sicle prcdent ne sont pas pour autant abandonns. Ils trouvent d'autres relais pour leur diffusion, leur approfondissement et leur mise en oeuvre. Le mouvement monastique, dont Cluny est la plus parfaite illustration, assure l'glise les moyens de son action, tandis que la papaut, travaille par des mouvements contradictoires, devient peu peu capable, avec l'appui des empereurs germaniques, de coordonner les actions et les discours, ouvrant la voie au grand branlement de la rforme grgorienne.Laurent Feller, ancien lve de l'cole Normale Suprieure (Ulm) et ancien membre de l'cole Franaise de Rome, est professeur d'Histoire du Moyen ge l'Universit de Marne-la-Valle. Il est spcialis dans l'histoire de l'Italie mdivale.
    L'glise d'Italie entre Byzance et les peuples germaniques. Les priphries : L'Espagne et l'Angleterre au VIIe sicle. L'glise franque au VIIe sicle. Les problmes du VIIIe sicle: les dbuts de la rforme de l'glise. L'poque de Charlemagne. Aspects religieux du pouvoir sous Louis le Pieux et Charles le Chauve. Problmes de l'encadrement religieux au IXe sicle. La papaut aux Xe et XIe sicles. Le monarchisme au Xe et XIe sicles. Problmes des Xe et XIe sicles.

  • Donner un ordre est chose facile, mais il l'est moins de vérifier qu'il a été convenablement exécuté et que ses conséquences répondent bien aux effets attendus. Commandement, exécution et contrôle sont débattus dans le livre qui regroupe une vingtaine de réflexions à des époques différentes (de l'Antiquité à l'époque moderne, en passant par le Moyen ge) et dans des pays également différents (France, Espagne, Hongrie). L'ouvrage est divisé en quatre sections correspondant à quatre aspects de la question : contrôles fiscaux et financiers, contrôle administratif ordinaire, agents déviants, résistance des contrôlés. Sans prétendre épuiser la matière, cette division permet de rendre compte de la variété et de la difficulté des opérations examinées - dont aucune ne va véritablement de soi -, qui supposent l'existence d'un personnel compétent, une véritable volonté politique et la capacité de briser les résistances lorsqu'il s'en rencontre.


  • le propos de cet ouvrage est de présenter les relations ayant existé entre maîtres du sol et producteurs sur la longue période qui s'étend de la période carolingienne aux grandes révoltes paysannes des xive et xve siècles.
    la conjoncture générale d'augmentation des ressources disponibles et donc d'accroissement de la richesse générale de la société occidentale n'a pas fini de livrer ses secrets ni de susciter l'intérêt. elle repose en partie sur l'édification de structures originales d'organisation de la production et de contrôle des travailleurs que l'on résume sous le vocable de seigneurie ou de régime seigneurial.
    ces structures, qui sont fortement coercitives, n'empêchent pas, au contraire, une société paysanne originale de se développer et de s'enrichir, certes lentement, mais réellement. a partir du xiiie siècle, toutefois, les tensions s'accroissent. les seigneurs connaissent une importante baisse de leurs revenus, ce qui constitue l'un des éléments essentiels de la crise des xive et xve siècles. cela a pour conséquence, dans de nombreuses régions, d'entraîner un phénomène de dépossession des paysanneries dont l'accès à la propriété du sol devient de plus en plus difficile.
    on se propose, en examinant les statuts des hommes, l'organisation du travail, les hiérarchies sociales réellement efficaces de présenter l'histoire de cet enrichissement général du monde occidental ainsi que celle de la crise qui clôt le moyen age occidental.

  • Comment l'atroce assassinat du comte de Flandre, en 1127, a bouleversé les esprits et ébranlé une société.
    Le 2 mars 1127, mercredi des Cendres, le pieux et bon comte de Flandre Charles est agenouillé en prières dans l'église Saint- Donatien de Bruges, lieu sacré. Un commando fait irruption et, par-derrière, le poignarde. Les auteurs et commanditaires de ce crime monstrueux appartiennent au proche entourage du comte Charles, dont ils craignaient d'avoir encouru la disgrâce et qu'ils cherchaient à remplacer par un seigneur concurrent. S'ensuivent, à Bruges et dans toute la Flandre, des péripéties d'une extrême violence, avant que le roi Louis VI le Gros, dont le comte de Flandre est un puissant et fidèle vassal, fasse bonne justice et impose son propre candidat à la couronne comtale. Un témoin, Galbert de Bruges, a tout raconté dans un prodigieux récit.
    Cet épisode, qui eut un immense retentissement, permet de mettre en lumière les moeurs et les rites de la chevalerie, l'émergence politique d'une bourgeoisie consciente de sa puissance et de ses droits, l'exercice de l'autorité royale, le poids de la religion, le meurtre du comte Charles ayant fait de lui, aux yeux de ses sujets, un martyr. Rarement le Moyen Age à son apogée a été ainsi révélé de l'intérieur.

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  • Dans le cadre d'une réflexion collective animée par le Lamop (UMR 8589) sur la circulation des richesses au Moyen Age, cet ouvrage de référence définit certains des critères guidant la prise de décision des seigneurs en matière de politique économique. Il démontre que, loin d'être des surconsommateurs parasites, les seigneurs sont des agents économiques susceptibles de prendre des décisions informées, conscients en tout cas de leurs revenus et de l'évolution de ceux-ci. Partant de l'analyse des revenus tirés du travail paysan ainsi que de la structure du prélèvement opéré sur les terres, les auteurs de l'ouvrage établissent les normes du comportement seigneurial à travers une enquête portant sur toute l'Europe occidentale. Au coeur du questionnement se trouve toujours la question de la conversion - c'est-à-dire du moment où les gestionnaires changent de mode de prélèvement - et de ses modalités. Il s'agit d'abord d'une opération technique et c'est ainsi qu'elle est ici envisagée sous les différents aspects qu'il a été possible de retrouver. Les revenus seigneuriaux ne sont pas un donné stable et leur structure, en argent ou en nature, est susceptible d'évoluer. Face aux événements économiques perceptibles comme l'inflation monétaire et la hausse des prix, ou encore l'augmentation de la demande urbaine, les seigneurs réagissent. Des choix sont faits, des décisions sont prises qui touchent à l'organisation même du prélèvement seigneurial. Derrière les transformations décidées dès le XIIe siècle par des acteurs individuels se lit le rapport des seigneurs au marché et à l'économie d'échange, qui s'avère extrêmement complexe. Les études de cas proposées les montrent aptes à tirer le meilleur parti possible de leur allocation de ressources, sans préjudice bien sûr des autres déterminants de leur action puisqu'ils demeurent contraints par un code complexe qui leur permet tout à la fois d'assurer et de renforcer leur domination sur le monde paysan et de construire leur prestige, leur pouvoir et leur honneur. La seigneurie est un organisme vivant dont les gestionnaires savent calculer, parfois dans le long terme, et prendre des décisions dont les motivations sont aussi de nature économique.

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  • Ce volume recueille les actes d'un colloque tenu à Bruxelles dans le cadre du programme international « Les élites au haut Moyen Âge » et se propose d'étudier la richesse comme critère d'appartenance à l'élite sociale, politique ou religieuse et les usages faits de leurs biens matériels par les membres de ces groupes.
    La possession de biens matériels, qu'il s'agisse de terres, de demeures, de bijoux, d'armes, de biens de production ou de biens de prestige, fait partie des éléments permettant à des groupes sociaux ou à des individus d'exercer leur domination sur les autres. À côté du prestige qu'assure la culture ou de la situation à la tête de réseaux complexes dans une société où les hiérarchies sont essentielles, la richesse classe et contribue à l'établissement du rang d'un individu ou d'un groupe dans l'ordre social.
    Être riche entraîne un certain nombre de comportements et contraint à la satisfaction d'obligation de tous ordres : il existe un usage chrétien de la richesse et donc tout un discours sur sa signification et sa destination. La composition des fortunes, leur évolution, leur gestion et leur transmission sont de véritables problèmes auxquels le colloque « Les élites et la richesse durant le haut Moyen Âge » s'est efforcé de répondre, en axant ses interrogations sur les rationalités à l'oeuvre dans les comportements des grands agents économiques de la période, qu'il s'agisse d'abbés, d'évêques ou de membres de l'aristocratie laïque.
    Pour cette raison, les vingt contributions de l'ouvrage sont distribuées en trois parties, « Discourir sur la richesse », « Être riche » et « Obtenir et utiliser les richesses » qui marquent toutes trois un point de vue sur les interactions entre la richesse et la domination sociale telle qu'elle apparaît à travers les sources à notre disposition.

  • L'évident et l'invisible est né de la rencontre de jeunes chercheurs économistes et historiens de l'économie. Réfléchissant aux processus de construction des données à partir desquelles chacun travaille, les auteurs réunis ici questionnent, ensemble, le statut des documents dont ils se servent quotidiennement pour proposer des textes issus de leur propre expérience scientifique. Une telle réflexion est au coeur du métier des historiens et relève précisément, pour eux, de l'évidence. En revanche, le travail de critique et d'élaboration des sources chiffrées à partir desquelles ils bâtissent leur raisonnement et établissent des calculs demeure le plus souvent invisible aux économistes. C'est pourquoi expliciter les évidences et rendre visible ce qui ne l'est pas au premier regard constitue la démarche commune à tous les auteurs de ce recueil. Il en résulte une collection d'essais, accompagnés de courtes introductions les situant sur un plan épistémologique, qui révèlent toute la richesse de cet échange disciplinaire entre historiens et économistes qui se double d'un dialogue fécond entre générations.

    Les auteurs : Michel Armatte, Jean-Christophe Balois-Proyart, Camille Chaserant, Cléo Chassonnery-Zaïgouche, Julie Claustre, Pierrick Dechaux, Laurent Feller, Pierre Gervais, Léontine Goldzahl, Agnès Gramain, Robin Hege, Tristan Jacques, Djouhra Kemache, Philippe Lefeuvre, Charlotte Levionnois, Dominique Margairaz, Michel Margairaz, Erich Pinzon-Fuchs, Cédric Quertier, Louise Quillien.

  • Cet ouvrage rassemble une cinquantaine d'articles écrits par des médiévistes européens et américains sur la question de ce qu'est le salaire dans l'Europe médiévale et comment s'effectue réellement la rémunération du travail : formes d'embauche, négociation et composition du salaire, calcul de la rémunération, etc. Ce travail est particulièrement novateur et aborde les différentes professions, les différents milieux urbains ou ruraux, à travers l'Europe.

  • Le Moyen Âge aimait les listes. En énumérant et en organisant les êtres et les choses, pour les gérer ou simplement pour les connaître, les listes médiévales éprouvaient la performativité de l'écriture dans une société où son usage restait restreint à une élite. Ces listes étaient une façon d'agir sur le monde, pas seulement une manière de se le représenter. La rédaction d'inventaires - de livres, de joyaux et d'outils -, de listes de serfs d'un domaine ou encore d'habitants d'une ville, comme l'utilisation littéraire d'énumérations inspirées de ces pratiques sociales, ont marqué la manière dont l'Europe médiévale a construit la relation entre hommes et objets dans la longue durée.

    Ce volume, deuxième volet d'un projet collectif consacré au "pouvoir des listes" au Moyen Âge, poursuit cette exploration anthropologique, rendue possible par la pratique de la mise en liste et la transmission de ces listes à l'intérieur des documents les plus divers. En confrontant les travaux de sociologues et d'anthropologues comme ceux de Bruno Latour ou Philippe Descola à la documentation médiévale, les auteurs révèlent la liste comme une forme singulière de domination sociopolitique et devaluation juridique et économique : elle lève le voile sur des relations entre humains et non-humains, entre sujets et objets, profondément différentes de celles qui se mettent en place avec la modernité.

    Ont collaboré à cet ouvrage :

    Étienne Anheim, Karin Becker, Philippe Bernardi, Thierry Bonnot, Diane Chamboduc de Saint Pulgent, Laurent Feller, Madeleine Jeay, Bruno Laurioux, Eliana Magnani, Giuliano Milani, Laurence Moulinier Brogi, Jean-Claude Mühlethaler, Carlos Manuel Reglero de la Fuente, Nicolas Schroeder, Hanno Wijsman.

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