Léo Strauss

  • Leo strauss se penche sur la signification du nihilisme allemand, qu'il considère comme la base culturelle du national-socialisme. C'est la seule fois oú il parle du nazisme, lui qui en a connu les premiers signes en tant qu'allemand et en tant que juif. son analyse est simple et lumineuse. il démontre que loin d'être un phénomène lié à la folie d'un chef capable de sidérer un peuple entier, le nazisme est enraciné dans l'histoire de l'allemagne moderne et dans l'histoire de la modernité. sa critique s'inscrit dans la tradition philosophique classique et dans la tradition biblique, l'une et l'autre radicalement opposées au nihilisme contemporain.
    La crise de notre temps est tout entière là, avec les moyens, donnés par la tradition, de la surmonter. ce livre est composé de trois essais : " sur le nihilisme allemand ", 1941, " la crise de notre temps ", 1962, et " la crise de la philosophie politique ", 1962.

  • Droit naturel et histoire, maître livre de Leo Strauss, est reconnu comme un classique de la philosophie de notre siècle, spécialement de la philosophie politique. Leo Strauss illustre et défend l'idée de droit naturel contre tout relativisme historique. Pour lui, le besoin du droit naturel est manifeste. En effet, rejeter le droit naturel revient à dire que tout droit est positif, autrement dit, que le droit est déterminé exclusivement par les législateurs et les tribunaux des différents pays. Or, on ne contestera pas qu'il existe des lois ou des décisions que l'on déclarera injustes. Au nom de quoi faire cette déclaration ? La réponse est donnée majoritairement de nos jours par les sciences sociales qui rejettent le droit naturel au nom de l'histoire et au nom de la différence entre Faits et Valeurs. Leo Strauss s'inscrit en faux contre cette réduction et plaide pour le maintien de la notion de droit naturel, seule source, selon lui, d'une pensée du Juste et de l'Injuste. Depuis Grotius (Le Droit des Gens), la notion de droit naturel est au principe de la philosophie politique moderne (Hobbes, Rousseau...). Dans sa forme classique, le droit naturel est lié à une perspective téléologique de l'univers. Comment le repenser sous une forme actuelle ? Tel est le dessein de l'ouvrage de Leo Strauss. Écrit dans une langue très claire et précise, proposant des analyses remarquables de Machiavel, Hobbes, Locke, Rousseau et Burke, Droit naturel et Histoire est un livre d'une exceptionnelle valeur.

  • Conférence axée sur la question de l'intérêt du judaïsme et de son sens pour les esprits contemporains. A la fois témoin du judaïsme et critique de l'évolution de la modernité technicienne, le philosophe cherche à travers ces deux prismes une signification à l'existence de l'homme contemporain.

  • " Un homme dont la pensée est indépendante peut exprimer publiquement ses opinions sans dommage, pourvu qu'il agisse avec prudence. II peut même les faire imprimer sans courir aucun danger, pourvu qu'il soit capable d'écrire entre les lignes. "
    L'écriture entre les lignes est le sujet de cet ouvrage, sans nul doute le plus célèbre de Leo Strauss, qui traite des relations entre la philosophie et la politique à travers l'analyse de deux classiques de la pensée juive : le Guide des Égarés de Moïse Maïmonide et le Kuzari de Yéhuda Halévi, et du Traité théologico-politique de Baruch Spinoza. Si le contexte de cet ouvrage de Strauss, écrit entre 1941 et 1948, a bien évidemment changé, les conditions d'une " pensée véritablement indépendante " ne semblent pas s'être améliorées. C'est pourquoi la méthode de lecture proposée par Strauss se révèle être un outil de première nécessité pour une meilleure "éducation". Elle s'avère d'autant plus essentielle qu'elle permet de mieux comprendre l'" art d'écrire " de cet auteur décisif.

  • Les études réunies dans ce volume sont pour les unes générales. Strauss traite d'abord de la définition de la philosophie politique et de son histoire en soulignant la nécessité de se pencher sérieusement sur les penseurs de la philosophie politique classique ; puis il étudie quelques moments privilégiés de l'histoire de la philosophie politique (Fârâbî, Maïmonide, Hobbes, Locke) ; il traite ensuite de l'art d'écrire oublié et d'un homme remarquable (Kurt Riezler), qui fut à la fois un connaisseur profond de la réalité politique internationale et un philosophe contemporain, en des pages surprenantes de liberté et de profondeur. Car la philosophie politique ici développée est fondamentalement soucieuse de ce qu'il y a de plus élevé et de plus profondément humain dans l'homme.

  • Dans le présent volume, Strauss nous fait voir les solutions politiques «classiques» en interprétant un opuscule méconnu d'un «classique» mal compris : Hiéron ou de la Tyrannie, de Xénophon. Kojève, dans un essai critique, Tyrannie et Sagesse, prend la défense des quelques deux mille ans d'histoire qui ont suivi le Hiéron. Cette tâche se révèle plus difficile qu'on ne pourrait le penser. Du moins, dans une Mise au Point, Strauss croit pouvoir maintenir toutes ses positions «classiques» en mentionnant à la fin le problème philosophique qui sert de base à la discussion.
    Ainsi le présent ouvrage constitue une pièce à verser au dossier de la vieille Querelle des Anciens et des Modernes.

  • Le platon de fârâbî s'occupe essentiellement du bonheur et en particulier de la relation de la philosophie avec le bonheur ; et dans la mesure oú le bonheur est le sujet de la science politique, nous pouvons dire que son platon est essentiellement une recherche politique.
    Dans le cadre de cette philosophie politique, le platon de fârâbî examine entre autres choses le caractère essentiel de la philosophie : afin d'établir le rapport entre la philosophie et le bonheur, il lui faut établir en premier lieu ce qu'est la philosophie elle-même. leo strauss.

  • Leo Strauss a exercé une influence considérable sur la formation de la volonté politique des élites libérales du XXe siècle. Il s'est attaché plus particulièrement à redéfinir les contours de ce qu'est la Politique au terme d'une discussion qui, par bien des aspects, renouvelle la fameuse querelle des Anciens et des Modernes. Sa critique de la modernité n'implique cependant pas le refuge dans la nostalgie de la tradition à jamais révolue. Strauss ne se contente pas d'être un grand interprète des penseurs classiques ; il parle pour le présent et pour l'avenir. Tels sont ici les enjeux, par exemple, de son analyse philosophique de la pensée de Heidegger dans ses conséquences politiques - l'une des plus fortes analyses jamais conduites de ce sujet controversé -, de son exposé magistral sur Socrate ; de son introduction à la philosophie médiévale ou aux rapports entre histoire et sciences de la culture. Tout conduit à la discussion sur le relativisme, caractérisé par Strauss comme le vrai mal du XXe siècle.

  • Notre rapport à Machiavel est obscurci par la manière dont il a lui-même ouvertement ou publiquement exposé son enseignement. Parce que nous sommes " machiavélisés ", nous ne pouvons plus prendre la mesure de son étrangeté. Pris ou compris dans le mouvement de la Modernité dont il est le fondateur, nous ne pouvons plus concevoir qu'il puisse s'instaurer un rapport vivant, fascination ou hostilité, entre lui et nous. Strauss ne lit pas Machiavel à la lumière de ce qu'il a permis de fonder - la Modernité - mais à la lumière de ce qu'il a récusé - la Tradition classique.
    Ce n'est pas là nécessairement privilégier comme critère d'interprétation le passé par rapport au futur, mais éclairer ce que Machiavel dissimule : son affrontement avec la philosophie classique. Il dissimule ce conflit par ce qui paraît y mettre un terme. Figure énigmatique, ainsi le fait réapparaître l'interprétation straussienne : car si Machiavel est le premier à porter l'assaut contre la cité classique - première vague de la Modernité selon Strauss -, ne nous engage-t-il pas par ailleurs à renouer conversation avec les Anciens et, en suivant la trace de l'antique vertu, à inventer la gloire moderne ?

  • Ce texte possède une grande importance dans l'oeuvre de Strauss car, d'une part, il fait le point sur la grande question qu'il n'a cessé d'approfondir (les rapports entre la nature du régime politique et la philosophie) et qu'il offre d'autre part une méthodologie historique et une véritable science de l'interprétation.
    Strauss s'en prend en effet avec une grande force polémique à l'approche « historiciste » de l'histoire, qui considère les oeuvres du passé avec nos critères de jugement modernes et prétend comprendre la pensée antique « mieux qu'elle ne se comprenait elle-même ». Strauss s'attache au contraire à montrer la permanence des questions fondamentales, ici celle de l'opposition entre anciens et modernes et des critères de la démocratie.

  • Maimonide

    Léo Strauss

    Maïmonide (1135-1204), médecin, juriste, philosophe, est sans conteste le plus grand penseur du judaïsme médiéval, si ce n'est du judaïsme tout court.
    Son oeuvre s'avère d'une part située dans un vaste projet politique. Pour Maïmonide, le judaïsme est, comme l'islam l'était avant lui pour son maître Fârâbî, moins une « religion » qu'une Loi. Les philosophes aristotélisants du Moyen Age montrent que la perfection de celle-ci en fait la réalisation de la cité idéale rêvée par Platon, avec à sa tête, héritier du philosophe-roi, un prophète-philosophe.
    Cette politique philosophique se double d'autre part d'une philosophie devenue « politique » : le philosophe qui vit sous une telle Loi doit écrire de telle sorte que son enseignement exotérique, perçu par la masse, consolide la cité, alors que son enseignement ésotérique communiquera à l'élite une vérité autrement inquiétante.
    Leo Strauss reconstitue les procédés qui ont permis à Maïmonide d'écrire entre les lignes, et nous met ainsi entre les mains la clé de la doctrine secrète.

  • C'est autour de la revue de Martin Buber Der Jude et également par l'entremise de Walter Benjamin, que les premiers contacts entre Scholem et Strauss s'établissent, et l'amitié qui liera les deux hommes, le premier à Jérusalem dès 1923, le second à Londres à partir de 1934, puis Chicago à partir de 1938, restera sans tâche jusqu'à la mort de Strauss en 1973. Cette correspondance témoigne alors de ce dialogue ininterrompu de deux personnalités "hors normes" de la pensée du vingtième siècle, et donne la mesure de ce qu'a pu être, en d'autres temps, une amitié "stellaire".

  • L'intérêt de ce texte inachevé que Strauss a commencé à Paris en 1933 et qu'il reprend lors de son séjour à Cambridge en 1934 est multiple. Il manifeste la volonté de Strauss de revenir de Spinoza à Hobbes et il s'inscrit dans son interrogation menée jusqu'en 1936 sur les débuts de la science de la Bible. On peut y voir l'originalité et l'enjeu de la critique de la religion de Hobbes. Il ne s'agit pas seulement de réfléchir à la place qu'occupe le philosophe anglais dans la fondation de la pensée moderne mais de montrer le lien entre la critique de la religion et la politique moderne. Les différences entre Spinoza et Hobbes deviennent plus importantes que leurs ressemblances. Strauss explique que la critique de la religion n'est pas un chapitre accessoire de la politique de Hobbes mais sa fondation. Liée à une certaine conception de l'homme et à un projet de civilisation caractéristique des Lumières radicales, elle est ce qui "guide toute sa philosophie". Traduit de l'allemand et présenté par Corine PELLUCHON.

  • Il s'agit là du premier grand ouvrage inédit de Strauss paru depuis plus de trente ans. Le lecteur ressentira ici l'expérience inouïe de rencontrer ce maître réputé tout comme l'ont rencontré ses étudiants. Ce cours a été prononcé à l'automne 1959 sous le titre de La Philosophie politique de Platon à l'université de Chicago. Il a circulé depuis ce temps sous forme dactylographiée et s'est transmis d'une génération d'étudiants à l'autre. Il montre Strauss au mieux de sa forme, avec le style d'analyse subtile et quelquefois contournée qui a suscité presque autant de commentaires que le contenu de sa pensée. Strauss donne ici une interprétation complète et cohérente du Banquet, suivant le texte de manière méticuleuse du début jusqu'à la fin, en s'attachant dans chaque chapitre à l'expression de chacun de ses personnages comme autant de facettes de la pensée de Platon lui-même. Strauss éclaire ainsi non
    seulement la signification du dialogue et sa place dans le corpus platonicien,
    mais également nombre de thèmes platoniciens importants, comme la nature de l'éros et sa place dans l'économie générale de la vie humaine.

  • " Il nous faut par conséquent essayer de comprendre la différence entre la sagesse biblique et la sagesse grecque.
    Nous voyons tout de suite que chacune des deux prétend être la vraie sagesse, en niant de la sorte la prétention de l'autre à être sagesse au sens strict et au sens le plus élevé. Selon la Bible, le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur, selon les philosophes grecs, le commencement de la sagesse est l'étonnement. Nous sommes ainsi contraints dès le tout début à faire un choix, à prendre position.
    De quel côté nous situons-nous donc ? Nous sommes confrontés aux prétentions incompatibles de Jérusalem et d'Athènes qui exigent l'une et l'autre notre allégeance. Nous sommes ouverts à l'une et à l'autre et disposés à les entendre toutes deux. Quant à nous, nous ne sommes pas sages, mais nous souhaitons le devenir. Nous sommes des chercheurs de sagesse, des philo-sophoi. "

  • " Le titre de ce recueil vient de celui de la première étude publiée dans cet ouvrage, qui lui donne ainsi son sens immédiat. Mais il faut souligner immédiatement la singularité du regard que Leo Strauss porte sur notre tradition de philosophie politique. Il ne s'agit pas de philosophie politique au sens d'une branche ``locale'' de la philosophie : d'une certaine manière, la philosophie politique est ``philosophie première'' et dans cette mesure, la philosophie politique est éminemment problématique, elle engage toute la philosophie, c'est-à-dire tous les problèmes fondamentaux de la vie humaine. " (Olivier Sedeyn) Leo Strauss (1899-1973) appartient à cette génération d'intellectuels juifs qui ont émigré dans les années trente aux États-Unis. Il a enseigné d'abord à la New School for Social Research puis, jusqu'en 1968, à l'Université de Chicago. Son oeuvre, au centre de nombreux débats outre- Atlantique, est de plus en plus connue en France et apparaît clairement comme décisive.

  • Leo Strauss a exercé une influence considérable sur la formation de la volonté politique des élites libérales du XXe siècle. Il s'est attaché plus particulièrement à redéfinir les contours de ce qu'est la Politique au terme d'une discussion qui, par bien des aspects, renouvelle la fameuse querelle des Anciens et des Modernes. Sa critique de la modernité n'implique cependant pas le refuge dans la nostalgie de la tradition à jamais révolue. Strauss ne se contente pas d'être un grand interprète des penseurs classiques ; il parle pour le présent et pour l'avenir. Tels sont ici les enjeux, par exemple, de son analyse philosophique de la pensée de Heidegger dans ses conséquences politiques - l'une des plus fortes analyses jamais conduites de ce sujet controversé -, de son exposé magistral sur Socrate ; de son introduction à la philosophie médiévale ou aux rapports entre histoire et sciences de la culture. Tout conduit à la discussion sur le relativisme, caractérisé par Strauss comme le vrai mal du XXe siècle.

  • Leo Strauss
    La Cité et l'Homme

    Dans cet ouvrage, Leo Strauss - dont la pensée connaît aujourd'hui un regain d'actualité - propose à son lecteur un voyage a priori déconcertant. Il s'agit ici, en fait, de revenir à Aristote, à Platon, à Thucydide, c'est-à-dire aux fondateurs de la philosophie politique et de l'histoire politique, sans arrière-pensée nostalgique mais pour comprendre la crise de la civilisation occidentale. Par ce parti pris radical (peu de positions sont aussi radicales et, ici, assurément, paradoxalement radicales, que celle qu'adopte Strauss), par cette exploration qui heurte toutes nos « modes » intellectuelles, par sa volonté de revisiter une tradition assise sur ces deux piliers que sont Athènes et Jérusalem, Leo Strauss renoue avec un type d'exigence qui ravira nos contemporains désemparés par la fin des idéologies. C'est que, pour Strauss, la politique, au sens le plus noble, est une affaire sérieuse. Et La Cité et l'Homme est, pour cette reconnaissance de la politique, la boîte à outils conceptuels la plus élaborée et la plus utile qui soit. Jamais Aristote, Platon, Thucydide n'ont été lus avec cette profondeur, jamais ils n'ont paru aussi immédiatement « vivants ».

    Traduction et présentation d'Olivier Sedeyn.
    Nouvelle édition.

  • Le titre de ce recueil vient de celui de la première étude publiée dans cet ouvrage, qui lui donne ainsi son sens immédiat. Mais il faut souligner immédiatement la singularité du regard que Leo Strauss porte sur notre tradition de philosophie politique. Il ne s'agit pas de philosophie politique au sens d'une branche " locale " de la philosophie : d'une certaine manière, la philosophie politique est " philosophie première " et dans cette mesure la philosophie politique est éminemment problématique, elle engage toute la philosophie, c'est-à-dire tous les problèmes fondamentaux de la vie humaine. Les études réunies dans ce volume sont pour les unes générales. Strauss traite d'abord de la définition de la philosophie politique et de son histoire en soulignant la nécessité de se pencher sérieusement sur les penseurs de la philosophie politique classique : puis il étudie quelques moments privilégiés de l'histoire de la philosophie politique (Fârâbi, Maimonide, Hobbes, Locke) ; il traite ensuite de l'art d'écrire oublié et d'un homme remarquable (Kurt Riezler), qui fut à la fois un connaisseur profond de la réalité politique internationale et un philosophe contemporain, en des pages surprenantes de liberté et de profondeur. Car la philosophie politique ici développée est fondamentalement soucieuse de ce qu'il y a de plus élevé et de plus profondément humain dans l'homme.

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