Fayard

  • Léviathan

    Julien Green

    • Fayard
    • 8 September 1993

    Dans un cauchemar, le pire est toujours sûr. léviathan est un cauchemar d'amour. dès l'entrée de ce roman noir, nous laissons toute espérance. l'enfer, ce n'est plus les autres, c'est chacun pour soi.
    Un homme mal marié regarde et suit une jeune blanchisseuse, angèle. angèle, nom ironique, car la belle se prête à tous les jeux. mais un homme amoureux est un naïf et un aveugle; il va se conduire en enfant de choeur; elle se refuse. il s'exaspère et la frappe, la laissant pour morte, et dans sa fuite cause la mort d'un vieillard qui se trouve sur son chemin...
    Cette oeuvre inoubliable inspira ces mots à maeterlinck: " je lis peu de romans, car à un certain âge on s'intéresse médiocrement aux petites et charnelles questions sexuelles ou sentimentales qui en forment le fond. mais votre léviathan, c'est autre chose. je l'ai lu sans désemparer, comme si j'avais découvert tout à coup un balzac souterrain qui promenait sa lampe de mineur dans des ténèbres bien plus épaisses que celles auxquelles nous sommes accoutumés. et quelle belle lumière quand, par moments, il sort de sa nuit et regarde le paysage... "

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  • Adrienne Mesurat

    Julien Green

    • Fayard
    • 18 May 1994

    Une jeune fille ivre de liberté tue son père en le poussant dans l'escalier, puis, débarrassée de sa famille, se retrouve devant un autre mur, celui d'un amour impossible, et en devient folle.

    Le roman s'ouvre avec la force d'un torrent freudien: debout, les mains derrière le dos, adrienne regarde le cimetière, c'est-à-dire la collection d'ancêtres qui la jugent sur le mur du salon. eux aussi ont dû, un moment ou l'autre de leur jeunesse, avoir eu envie d'autre chose, suivre un saltimbanque, partir au hasard, changer de je pour oublier leur état civil. adrienne est la somme de ces envies avortées.

    Elle passera à travers sa vie comme à travers une vitre. c'est une soeur de l'idiot; dostoïevski l'eût aimée et plainte. l'innocence lui colle à la peau, après son crime comme après ses aveux d'amoureuse. c'est une sourde-muette dans une ville d'aveugles. et sa jeunesse ne fait qu'aggraver ce sentiment que jamais elle ne pourra franchir les murs que la société dresse autour de nous, convenances, préjugés ou simplement indifférence.

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  • Si j'etais vous

    Julien Green

    • Fayard
    • 8 September 1993

    Si j'étais vous, si je prenais la couleur de vos cheveux, vos idées fixes, vos rêves, le poids de votre corps, si j'étais vous, si je suivais vos instincts, si j'avais les idées de votre cerveau, les besoins de votre corps, si j'étais toi, l'autre, l'aimé ou l'adversaire... qui n'a pas fait ce rêve de changer d'identité, d'être ailleursoe ce pouvoir est donné à fabien. nouveau protée, il peut devenir qui lui plaît, en murmurant son nom à l'oreille de celui ou de celle qu'il désire être.

    Alors l'étrange voyage commence. voyage de la connaissance, car être un autre, c'est avoir à sa disposition tous les êtres. a chacun, fabien peut voler ce qu'il veut, la beauté, l'intelligence, la richesse, la grandeur d'âme; seule l'innocence lui est défendue, car même si, en passant de corps en corps, il ne peut accumuler l'expérience, il en reste assez de trace dans chaque avatar pour que le paradis soit à jamais perdu. mais quelle ivresse: être l'amoureux et son amour, le meurtrier et sa victime, l'homme commun et le héros, l'homme en un mot avec son cortège de désirs, de rêves et d'horreurs! cependant, le souvenir de ce qu'il est vraiment, fabien l'unique, demeure au fond de sa mémoire comme la trace d'un lièvre dans l'herbe. pour redevenir lui-même, il faudra des efforts considérables; et une fois sa peau retrouvée, le coeur ne pourra supporter le poids des sentiments de tous ceux qu'il a été. il s'en brisera. est-ce la mortoe est-ce le réveiloe n'était-ce qu'un rêve ou bien, à tout jamais, le cycle infernal de l'être en proie à recommencer éternellement sa recherche de lui-mêmeoe si j'étais vous: est-on jamais sûr de ne pas être un autre?

  • L'autre sommeil

    Julien Green

    • Fayard
    • 24 August 1994

    Sur un pont, en plein Paris, un petit garçon a peur: son cousin le tient par les chevilles au-dessus des flots troubles de la Seine. Telle sera la toile de fond des souvenirs du jeune homme: une eau sale où l'enfant n'aura puisé que de la tristesse. Triste l'appartement, tristes les désirs et les songes, l'amitié pour ce cousin de cinq ans son aîné qui comprend tout cruellement.

    C'est en triant de vieilles photos que Denis découvre ce que la vie lui a offert, puis retiré, avec l'ironie d'une grande personne qui s'adresse à un enfant avec des mots abstraits: amour, solitude, mort, famille, incompréhension... Mais les souvenirs campent déjà sur l'autre versant du sommeil, vie idéale où ne subsistent que les élans cachés comme des monuments abandonnés. En Denis, se combattent la joie sauvage de vivre et l'accablement d'exister, les souffrances causées par la privation sexuelle qu'il s'impose et la certitude d'être voué au plaisir.

  • Dixie

    Julien Green

    • Fayard
    • 4 January 1995

    Le Sud... A Savannah comme à Charleston, ce sont les roses à Noël, les maisons à colonnes blanches, les élégantes qui se promènent sous les frondaisons de chênes géants ou les allées de magnolias éclatant de fleurs pâles, mais c'est aussi, cette fois, les soleils rouges sur les champs de bataille et les orages dans la nuit.

    En dépit de l'époque, 1862, et de la guerre, celle de Sécession, Elizabeth est une jeune femme de tous les temps, indépendante et amoureuse. Deux fois veuve, on pourrait même dire trois, elle rêve de bonheur, physique et sentimental. Pour les jeunes gens, elle représente l'éternel féminin. Autour d'elle la guerre devient plus sanglante. A vingt-huit ans, faisant fi des conventions et des préjugés, elle va redécouvrir l'amour dans un simple soldat. Bien d'autres personnages animent cette fresque où le rire de la vie se mêle aux larmes de l'Histoire, mais ce sont les enfants qui surgissent finalement au premier plan avec Miss Llewelyn, l'intendante galloise, la seule qui les comprenne et sache leur expliquer ce qu'ils pressentent: la victoire ne doit pas cacher l'avenir.

    Et Dixie, le chant du Sud, flotte sur ce monde comme un cri d'amour.

    " C'est pour retrouver ce que m'ont dit mon père et ma mère que j'ai écrit mes romans sur le Sud. Maman surtout. J'avais douze ans lorsqu'elle m'a avoué que, malgré toutes nos victoires, nous avions été battus. Le Sud avait perdu. Cela a marqué toute ma jeunesse, et je revois encore maman se cachant le visage. Curieusement, dans mon livre, les enfants ont neuf, dix, onze ans, l'âge où je croyais encore à mon pays vainqueur... " J.G.

    Les Pays lointains et Les Etoiles du Sud, les deux précédents roman que Julien Green a consacrés au Sud, viennent d'être réédités dans la Bibliothèque de la Pléiade (volume VII des OEuvres complètes de l'auteur).

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    1 autre édition :

  • Le mauvais lieu

    Julien Green

    • Fayard
    • 3 May 1995

    Une petite fille traverse cette histoire, laissant derrière elle un sillage de malheurs. Et pourtant, chaque personnage voit en elle la pureté, l'idéal, ce quelque chose d'enfoui au plus profond des hommes depuis l'enfance, cette perfection physique et mentale qu'ils rêvent de posséder à jamais. Mais chacun traduit ces élans avec les gestes désordonnés de l'amour; chacun désire cette enfant incompréhensible et murée dans le silence d'avant la puberté.

    A ses yeux à elle, tout est simple. Elle est à l'âge de cristal et, le mauvais lieu, c'est le monde qui s'agite autour d'elle comme un shaker d'où sortira le cocktail " qui fait vieillir "; haines, envies, passions sexuelles et autres...

    Et la vie fait marcher ses marionnettes de sang: Perrotte, Brochard, Marthe Réau, Fernande, Félix..., tous poursuivant un rêve-cauchemar dans l'incompréhension générale. Seule, devant tout le monde et avec tout le monde, la petite Louise se tait.

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  • Varouna

    Julien Green

    • Fayard
    • 4 January 1995

    Varouna, c'est le dieu védique, le ciel nocturne qui guette le coupable.

    Mais l'homme n'est pas isolé, et la destinée ne s'accomplit qu'au long d'une longue chaîne passant de mains en mains à travers les siècles. Entre Hoël, le jeune garçon naufrageur des premiers temps du Pays de Galles, à l'affût des épaves et de l'amour, Hélène, la jolie Française qui vit au XVIe siècle, à l'heure des guerres de Religion et des recherches de la pierre philosophale, et Jeanne, la romancière dont le bonheur se lève juste à l'aube de la guerre de 14, court cette chaîne " couverte de terre et de sang " dont seul l'amour peut rompre les anneaux...

    " ... J'ai étendu l'action de mon livre sur un espace de mille ans, et j'ai supposé que deux êtres spirituellement unis par une attirance invincible se retrouvent d'époque en époque, se reconnaissent et s'aiment, écrit Julien Green. Ici, je pense, il faudrait parler de métempsycose, mais je ne le ferai pas, parce que je ne suis pas sûr qu'il s'agisse de cela. Et puis comme tous les hommes, je suis très ignorant de notre origine, je sais seulement que nous venons de très loin, que nous sommes grands voyageurs à travers les siècles et que le terme du voyage est incertain; et c'est à peu près tout ce que j'ai voulu exprimer dans ce récit. "

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  • Paris

    Julien Green

    • Fayard
    • 30 August 1995

    " J'ai bien des fois rêvé d'écrire sur Paris un livre qui fût comme une grande promenade sans but où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas. C'est même la seule façon dont je me sente capable d'aborder un sujet qui me décourage autant qu'il m'attire. La ville, en effet, ne sourit qu'à ceux qui l'approchent et flânent dans ses rues; à ceux-là, elle parle un langage rassurant et familier, mais l'âme de Paris ne se révèle que de loin et de haut, et c'est dans le silence du ciel que s'entend le grand cri pathétique d'orgueil et de foi qu'elle élève à travers les nuages. " J. G.

    Avec 20 photos de Paris, prises par l'auteur.

  • " Les bourgeois sont si suffisants dans leur ignorance, si sûrs de leur fausse supériorité qu'on a envie de les enfoncer à coups de pelle dans les égouts comme des rats ", écrit Julien Green alors jeune étudiant. On est si sérieux quand on a dix-neuf ans...

    De la débauche de sentiments et d'idées qui surgissent des premières pages de ce volume, se dégagent les thèmes qui habiteront l'homme et l'écrivain. Le goût de la solitude, la conviction qu'il faut apprendre pour mieux aimer, le mépris des parvenus, les tiraillements de la chair, la curiosité pour l'autre: la voie est tracée, toute spirituelle. Le jeune catholique en colère lancera bientôt son Pamphlet contre les catholiques de France. Un peu plus tard, l'écrivain en quête de sincérité absolue, passionné par la lecture de Joyce, écrira son premier roman, Mont-Cinère, tout droit sorti des ténèbres de ces années-là, de ce mélange d'amour de la vie et d'effroi de vivre dont ce premier volume du Journal, inédit à ce jour, porte témoignage.

  • L'inconnu et autres récits

    Julien Green

    • Fayard
    • 30 January 2008

    En mai 1997, Julien Green commence une nouvelle histoire : « Une image me poursuit. C'est toujours de cette manière que m'apparaît un livre : un personnage, un paysage qui s'imposent et je ne peux commencer que lorsque j'entends le son, un peu comme un film muet qui découvrirait la parole. Cette fois, un garçon de vingt ans tout au plus se trouve au coin d'une rue de Paris, il est immobile et soudain s'écrie «Elle est folle, cette tocante !»... Me voici à mon tour dans ce que je pressens être la réponse à mon Voyageur sur la terre... » C'est le récit d'un dédoublement : sans cesse je est un autre, le rêve vous emmène dans l'espace, plus vite et plus loin que n'importe quelle drogue artificielle. La vie est-elle un songe, comme le temps

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  • Moïra

    Julien Green

    • Fayard
    • 8 January 1997

    Qu'est-ce que la pureté quand on a 19 ansoe Ne pas céder aux désirs du corps... Mais comment faire quand on a un tempérament de feu, un corps et un visage sur lesquels les autres étudiants se retournentoe On peut jouer à l'aveugle, ne rien comprendre aux allusions, mais un beau jour il faut étudier Roméo et Juliette. Alors Joseph Day finit par succomber aux charmes de Moïra.

    La jeune femme a l'habitude de conquérir ceux qu'elle convoite, mais cette fois elle tombe amoureuse de ce grand garçon roux qui lui prendra la vie à l'aube de leur unique nuit d'amour.

    Reste à savoir si c'est bien elle, et elle seule, que l'étudiant virginien a voulu éliminer...

  • Suite anglaise

    Julien Green

    • Fayard
    • 30 August 1995

    Suite anglaise est une promenade chez des écrivains qu'aime Julien Green et qui, au milieu des années vingt, tandis qu'il entreprenait de raconter leur vie, n'étaient que peu connus en France. Comme une figure de poker, le titre annonce une quinte, suite royale de personnes un peu excentriques, mais dont le commun dénominateur fut le courage, un courage d'enfant, cette forme particulière de résistance au malheur, aux contrariétés de la vie, à la vie sans rêves, tout cela contre-balancé par le désir de retrouver l'âge d'or.

    Chacun des cinq devait préserver à sa façon sa vision du monde: Johnson avec les tyrannies et la malice d'un enfant; Blake d'un oeil qui voit ce qui se cache aux adultes; Lamb d'un coeur pur et naïf; Charlotte Brontë avec cette tristesse et cette innocence qui lui donneront, le jour de son mariage, " l'air d'une fleur d'hiver ". Quant à Hawthorne, laissons au lecteur la surprise de découvrir l'histoire de cette vie racontée sans artifice, mais avec une impassibilité frémissante, comme la vie de Lenz par Büchner, par un Julien Green déjà tel qu'en lui-même...

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  • Ces deux textes ont été écrits à plus de cinquante ans de distance. On lira d'abord le fameux Pamphlet contre les catholiques de France, dans lequel perce le jeune révolté avide d'absolu. C'est en 1924, sous le pseudonyme de Théophile Delaporte, que Julien Green dédia " aux six cardinaux français " ce brûlot qui enthousiasma Jacques Maritain.

    En 1978, Julien Green publiait Ce qu'il faut d'amour à l'homme, autobiographie spirituelle dans laquelle il raconte " l'itinéraire de sa foi protestante à sa foi catholique ", comme il le dit lui-même.

    Pourquoi rapprocher ces deux oeuvresoe Parce que chacune d'elles raconte à sa façon la même histoire: la chasse spirituelle de l'homme poursuivi par Dieu.

  • L'autre

    Julien Green

    • Fayard
    • 5 January 1994

    L'autre est partout. c'est celui qui souffre et celui qui fait souffrir, qui aime ou n'est pas aimé, le complice ou l'ennemi. c'est aussi celui que dante appelait l'antique adversaire.

    Pour karin amoureuse, l'autre est fait de souvenirs; pour karin frustrée, l'autre est chaque visage. mais pour la ville entière, karin est l'autre par excellence, celle qu'il s'agit de punir et dont la punition est de ne plus exister aux yeux de personne. elle est libre d'aller où elle veut, mais on élève autour d'elle des murailles de silence. l'homme qui l'a séduite jadis finit par revenir vers elle, mais il la quittera encore. dans l'enfer de sa solitude, elle trouvera enfin celui qui seul peut l'arracher à elle-même par l'amour qui n'a pas de fin, parce qu'il est au-delà du temps. c'est vers cet autre-là qu'elle va malgré elle.

    L'action se passe à copenhague à la veille de la guerre, puis dans la même ville après la libération.

  • L'avenir n'est à personne

    Julien Green

    • Fayard
    • 8 September 1993

    " Je hais la guerre ", écrit Julien Green le 3 septembre 1990. L'enfance affamée condamne les fanatiques, les habiles, les héros du jour. L'ingérence humanitaire elle-même n'est-elle pas sujette à cautionoe Ce nouveau volume du Journal est sombre: comment en serait-il autrement quand " tout se hâte vers le gouffre d'un bout à l'autre du monde "oe Le SIDA, la liberté d'expression en danger, les violences aveugles: nous vivons sans bien le savoir dans l'horreur à venir. Reste la foi: sans elle, rien. Reste l'écriture, qui abolit le temps. Au jour le jour, des notations sur la genèse de l'oeuvre, la beauté de la terre (en Italie, en Autriche), la nostalgie de l'innocence, le paradis d'une cantate de Bach, la lecture de tel verset des Ecritures pour résister au monde. La découverte inopinée d'un garçonnet abandonné dans une rue du Ve arrondissement de Paris n'a-t-elle pas autant d'importance que les chamailleries sanglantes qui divisent petites et grandes nationsoe N'est-ce pas le symbole de notre millénaire finissantoe L'avenir n'est à personne. Mais à qui insulte l'amour, écrit Julien Green, il ne sera pas pardonné.

  • Mont-Cinère

    Julien Green

    • Fayard
    • 4 September 1996

    Dans la maison qui porte ce nom de cendres éteintes, Mont-Cinère, la jeune Emily est élevée dans le froid. Sa mère, par peur de manquer, rogne sur tout dans la grande propriété qui devait être superbe en des jours plus anciens. Les cheminées n'abritent plus que de faibles feux de sarments et les sentiments sont à l'image des pièces que la passion de faire argent de tout vide peu à peu. Et la vie s'écoule. La mère thésaurise pour accumuler en banque une fortune morte; la grand-mère, prodigue en apparence, mais du bien des autres, a l'avarice du coeur et ramène tout à elle-même.

    Cette soif de possession matérielle finit par faire de ses hôtes des possédés. L'avarice devient contagieuse comme une maladie honteuse. L'amour ne figure qu'au nombre de ce qui peut rapporter quelque chose. Si bien que, devenue à son tour la maîtresse de Mont-Cinère, Emily, dans la crainte de voir la maison lui échapper, la livrera aux flammes. Sa vengeance aura pris les couleurs du feu absent dont son enfance avait rêvé.

  • Mon Amérique

    Julien Green

    • Fayard
    • 24 September 2008

    « une des phrases les plus singulières que j'aie jamais lues est assurément une phrase d'aristote qui dit que les arbres dorment. quelques-uns des chênes de savannah doivent rêver au temps où la ville n'était pas et où les aigles couleur de bronze venaient se poser sur leurs bras étendus ; et sans doute rêvent-ils aussi à la forêt vierge toute proche et dont l'heure reviendra quand la ville ne sera plus. ces grands personnages prophétiques donnent à savannah une gravité particulière ; ce n'est pas qu'ils la menacent, mais ils l'avertissent avec bonté que nos petites cités humaines disparaîtront enfin, avec le temps, et que le végétal reprendra ses droits. » « la france et l'amérique sont dans la situation d'excellents amis qui s'écrivent trop peu. dans les circonstances actuelles, c'est à la france à écrire ; elle doit à l'amérique une de ces lettres copieuses et bavardes comme on aime tant à en lire chez nous. sans doute, l'amitié subsiste si la lettre n'arrive pas, mais est-ce tout à fait la même chose ? » ces brefs extraits de mon amérique donneront mieux que de banals superlatifs une idée de ce riche et somptueux recueil de julien green sur sa patrie d'origine, qui nous restitue un très grand écrivain au faîte de son art.

  • Un Journal nouveau plutôt qu'un nouveau Journal, c'est le sentiment que j'ai en ouvrant ce cahier. Certes, je ne tiens plus ces pages comme avant. La raisonoe La monotonie des événements, non en apparence, mais dans leurs profondeurs, devient ennuyeuse, on sait trop que c'est toujours la même médiocrité et que les sujets sont répétitifs. Mes lectures se réduisent à l'essentiel: les Evangiles, les poètes. Quant à la musique: on ne peut imposer aux mots de dire l'indicible, mais si je reprends sans cesse cette idée, elle finit par trahir une de mes préoccupations majeures. Et puis l'âge vient! Ce qui m'importe de plus en plus, c'est de savoir qui je suis, il reste en nous une part inconnue, un double qu'avec le temps nous finissons par deviner. Pourquoi ce compagnon de l'ombreoe Qui est-il, attaché à notre moi profond comme l'ombre volée à Peter Schlemihloe Julien Green, 2 janvier 1993

  • " Le Grand Café de Bordeaux, en face de la Comédie, était l'endroit où se réunissaient les réfugiés de la capitale. Ses colonnes, ses guirlandes, ses glaces, ses plafonds où gambadait un Olympe pour Offenbach, parlaient de bonheur et de gourmandise, et l'on imagine difficilement un trait d'ironie plus cruelle que de situer sur une scène légère et banale comme l'était ce grand café de province une des plus terribles crises d'angoisse que la France ait jamais souffertes. Il suffisait de jeter les yeux autour de soi et d'écouter les propos qui couraient de table en table pour comprendre que la société que nous avions connue agonisait misérablement sur ces banquettes lie-de-vin. " Le 17 juin 1940, Julien Green arrive à Bordeaux où le gouvernement français est installé depuis quarante-huit heures. Dans quelques jours, l'armée allemande, bien secondée par l'ambition de quelques-uns et l'avachissement de milliers d'autres, aura raison d'un pays miné par la peur. Voici le récit inédit de ces choses vues, écrit en juin et juillet 1940.

  • Les épaves

    Julien Green

    • Fayard
    • 5 January 1994

    Beau et riche, philippe découvre à trente ans qu'il est un lâche. tandis qu'il s'attarde sur les quais de la seine non loin du trocadéro, une femme l'appelle à son secours. mais il se garde d'intervenir et se sauve. alors nous le voyons vivre, et le tableau de son existence est un des plus violents réquisitoires contre la société que l'on ait écrits. dans les immeubles cossus, les cariatides de la vie bourgeoise s'appellent mesquinerie, égoïsme, lâcheté, ennui.

    La femme qui criait au secours est-elle celle qu'évoque, quelques mois plus tard, un entrefilet relatant la découverte d'une noyée au barrage de saint-cloudoe l'inconnue de la seine aura mis quatre mois pour rejoindre les tables de la morgue, mais sans jamais quitter la mémoire de philippe. l'élégant bourgeois porte le poids écrasant de ce cadavre, car si les corps plongés dans l'eau sont plus légers, la peur d'un homme alourdit tout dans sa conscience.

    La seine joue un rôle majeur dans l'histoire: à la fois lente et sinistre, elle accompagne tout au long du livre les pas des vivants et le rigide silence des noyés. epaves pour épaves!

  • Minuit

    Julien Green

    • Fayard
    • 18 May 1994

    A onze ans, elisabeth apprend le suicide de sa mère abandonnée par son séducteur et découvre du même coup l'enfer familial. pour se débarrasser d'elle, ses tantes lui fabriquent un autre foyer où les humiliations sont quotidiennes. et puis vient le jour où l'amant de sa mère se souvient de son existence et répare, si c'est réparer que de prendre en charge une enfant devenue jeune fille. il vit dans une propriété étrange où il a recueilli un petit troupeau d'âmes désorientées qu'il tyrannise à sa façon en transformant la nuit en jour. c'est dans cette mystérieuse demeure devenue le temple d'un étrange ésotérisme que la jeune fille découvre la vraie vie. serge, avec qui elle veut s'enfuir, la révèle à elle-même. mais la fenêtre qui ouvre sur la liberté s'appelle le vide...

    Cet admirable conte tragique a inspiré ces mots à klaus mann: " depuis le jour où j'ai la première fois ouvert un livre de cet écrivain hautement singulier, je savais que ce poète me comblerait d'un présent dont la substance et la suavité seraient telles qu'il pourrait se comparer aux hymnes de la nuit de novalis ou au studenbuch de rilke. ce présent, ce fut minuit, création poétique d'une extraordinaire puissance et d'un charme fascinant où s'accomplirent toutes les mystérieuses promesses du voyageur sur la terre. le très singulier mélange de tradition narrative anglaise et de romantisme allemand novalisien qui détermine l'atmosphère de green devient particulièrement efficace, particulièrement éclatant dans minuit. "

  • Le visionnaire

    Julien Green

    • Fayard
    • 24 August 1994

    Pour échapper à la maladie, à l'ennui, à ses désirs sexuels, le jeune Manuel s'invente une autre vie, cherche un refuge dans un château de rêve qui n'est en réalité qu'un lieu de cauchemars où il assomme ses désirs sous la peur : bientôt les habitants du château dominé par une vicomtesse sadique deviendront plus vrais que le monde réel en partageant avec l'évadé des aventures somnambuliques, violence et volupté confondues.
    Le héros de Kafka était en quelque sorte le prisonnier extérieur de son château, le Visionnaire est lui-même la prison du sien. Aventure de tous ceux qui tentent d'échapper à une vie sans horizons et qui bâtissent, les yeux ouverts, le château de leur âme...

  • Malfaiteur (le)

    Julien Green

    • Fayard
    • 4 January 1995

    Jean porte un jeune gaston dolange la même passion que le beau garçon inspire à hedwige, mais aucune de ces amours n'est payée de retour. gaston dolange sait monnayer ses charmes loués dans tous les sens du terme par une antiquaire vicieuse. le malfaiteur, c'est jean: il aime les trop beaux garçons, et la société bourgeoise consent à fermer les yeux tant que le scandale ne frappe pas à la porte avec le poing des policiers. durant des années jean vit caché, puis avant de disparaître, suicidé, il se confesse dans une lettre à hedwige qui ne peut rien comprendre, car, aimant le même garçon que lui, elle s'apprête à vivre le destin misérable d'une femme amoureuse d'un homme incapable de s'intéresser physiquement à elle.

  • Un Journal nouveau plutôt qu'un nouveau Journal, c'est le sentiment que j'ai en ouvrant ce cahier. Certes, je ne tiens plus ces pages comme avant. La raisonoe La monotonie des événements, non en apparence, mais dans leurs profondeurs, devient ennuyeuse, on sait trop que c'est toujours la même médiocrité et que les sujets sont répétitifs. Mes lectures se réduisent à l'essentiel: les Evangiles, les poètes. Quant à la musique: on ne peut imposer aux mots de dire l'indicible, mais si je reprends sans cesse cette idée, elle finit par trahir une de mes préoccupations majeures. Et puis l'âge vient! Ce qui m'importe de plus en plus, c'est de savoir qui je suis, il reste en nous une part inconnue, un double qu'avec le temps nous finissons par deviner. Pourquoi ce compagnon de l'ombreoe Qui est-il, attaché à notre moi profond comme l'ombre volée à Peter Schlemihloe Julien Green, 2 janvier 1993

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