Seuil

  • Les nuages

    Juan José Saer

    Argentine 1804. La pampa, immense désert, s' étend, indifférente et vide, entre le petit bourg de Santa Fe et une maison de santé près de Buenos Aires, terme du voyage entrepris par cinq fous, un psychiatre, une escorte de soldats, un colporteur et trois putains. Trente ans après les faits, le médecin consigne dans un manuscrit son hallucinante traversée, mais c'est à Paris, sur l'écran de l'ordinateur de Pigeon, personnage central de l'oeuvre de Juan José Saer, qu'apparaît, à près de deux siècles de distance, l'insolite épopée des fous de la pampa.

    Le premier est un mélancolique qui gît, immobile, le poing fermé, répétant les gestes de Zénon pour décrire les chemins de la connaissance ; le deuxième une nonne nymphomane qui met en pratique, avec les soldats, sa mystique très personnelle de l'union de l'amour divin et de l'amour humain ; le troisième est un dandy maniaque et les deux derniers souffrent de délire linguistique. Menacée par les inondations du Paraná, poursuivie par un cacique sanguinaire, la caravane des fous s'enfonce dans l'espace sans fin de la plaine, où la réalité se confond avec le délire et où la folie de chacun s'affronte à l'objectivité du monde.

    Suspense, aventure, personnages ciselés dans l'épaisseur de la matière humaine, ce roman aux accents voltairiens, qui s'appuie sur la dimension métaphysique et l'intensité poétique de l'espace et du temps, confirme, une fois encore, Juan José Saer comme l'un des grands écrivains de notre époque.

  • L'enquête

    Juan José Saer

    • Seuil
    • 28 August 1996
  • Le tour complet

    Juan José Saer

    Au cours de deux journées et deux nuits, dans des lieux identiques, Rey et Pancho vivent les variations d'une même histoire, entre deux femmes qu'ils ne se décident pas à quitter, avec leurs amis, Tomatis, Leto et Barco, qu'ils retrouvent au café pour refaire le monde et la littérature.
    Rey, écrivain approchant de la maturité et ayant publié quelques livres, a perdu toute illusion dans la transcendance de l'oeuvre littéraire, et Pancho, professeur de lettres, est un jeune homme torturé par l'insomnie et son incapacité d'aimer. Les journées de Rey et celles de Pancho s'achèvent en une scène finale, une fête d'anniversaire où sont conviés tous les personnages et où Rey et Pancho devront prendre des décisions.
    Toute l'oeuvre de Juan José Saer est déjà en place dans ce magistral roman de jeunesse. II est le livre premier, la source d'où jaillissent tous les lieux saeriens - territoire, ville, fleuve, café - et la constellation de personnages qui vieilliront en même temps que l'auteur, jusqu'au dernier roman, Grande Fugue.

  • Lieu

    Juan José Saer

    Ces 21 récits qui mêlent fiction et réflexion, réalité et lyrisme, sont une multiplication d'espaces et d'événements déconcertants. Ils se déroulent à Vienne, à Paris, en Argentine, sur la Costa Brava, au Caire, à Madrid, aux deux extrémités d'une ligne de téléphone. Ils mettent en scène des personnages insolites : un vieux juif athée et matérialiste, un astronaute blasé, deux balayeurs des rues africains discutant place Vendôme, le fantôme d'Hélène sur les murailles de Troie, un Sherlock Holmes ayant survécu jusqu'au milieu du XXe siècle, et bien sûr les figures qui traversent toute l'oeuvre de Saer, Tomatis, Pigeon Garay, Barco. Le lieu est ici l'univers unique et mystérieux dans lequel nous vivons, en même temps que l'espace imaginaire, variable à l'infini, grâce auquel chacun de nous construit sa propre représentation du monde.

  • Grande fugue

    Juan José Saer

    Grande fugue est le roman posthume du grand écrivain argentin Juan José Saer, décédé en juin 2005. Roman que la mort a laissé inachevé puisque sur les sept jours qui composent le livre, il manque le dernier, le lundi, dont il n'y a qu'une seule phrase. Le roman met en scène les mêmes lieux que dans les livres précédents (la ville argentine de Santa Fe), et certains des personnages qui les ont peuplés auxquels vient s'ajouter la nouvelle génération. Parti du jour au lendemain de Santa Fe, Gutierrez revient dans la ville de sa jeunesse après trente ans passés en Europe sans avoir donné de nouvelles. Il s'achète une maison et fait la connaissance de Nula, philosophe amateur et marchand de vin, de 30 ans son cadet. Entre eux deux, une amitié se noue au cours d'une promenade pluvieuse, un mardi. Chacun à sa manière cherche à revisiter le passé ; Gutierrez voudrait retrouver le monde de sa jeunesse, Nula cherche à comprendre un épisode trouble et opaque qui a eu lieu cinq ans auparavant et auquel est mêlée Lucia, la fille de Gutierrez. À côté d'eux et participant de leurs rencontres, Gabriela et Soldi font des recherches sur un mouvement littéraire provincial, le Précisionnisme, qui a marqué les esprits entre 1950 et 1970. Gutierrez est pour eux un témoin essentiel, ainsi que les anciens personnages du monde saerien : Tomatis, Clara et Marcos Rosemberg, Sergio Escalante, entre autres. Du mardi au dimanche, entre la rencontre de Gutierrez et de Nula et le grand déjeuner qui réunit les personnages, tous vont pratiquer l'art de la conversation et revisiter le passé. Amours secrètes, épisodes érotiques, morts tragiques, fraudes, compromissions, vie de bohème des années soixante, donnent lieu à des récits aux variations multiples, selon celui qui les raconte. En six jours, sur un petit morceau de terre argentine, c'est tout un univers qui s'étend et vit intensément entre passé et présent, sur plusieurs années, à travers de multiples personnages dont les aventures, les anecdotes et les réflexions profondes nourrissent l'extraordinaire monde littéraire de Juan José Saer.

  • Cicatrices

    Juan José Saer

    Luis fiore, ouvrier métallurgiste, assassine sa femme un premier mai, au retour d'une journée à la campagne.
    Un événement qui relie quatre histoires racontées par les quatre personnages de ce roman : angel, un adolescent livré à lui-même, à la débrouillardise et à la passion de la lecture ; un joueur qui perd son héritage, sa maison et jusqu'aux économies de sa bonne tout en écrivant des essais ; un juge obsédé par les gorilles, les trajets en voiture et sa traduction méticuleuse du portrait de dorian gray ; et fiore, l'assassin du premier mai.

    Chacune de ces histoires est un fragment de temps, plusieurs mois, une seule journée, oú les autres récits se faufilent, dessinant un paysage littéraire à variations multiples, un univers raconté de quatre points de vue différents qui a pour centre un meurtre et pour décor une ville argentine battue par la pluie.
    Publié en 1969, cicatrices a marqué un tournant dans les lettres argentines et est devenu un texte fondamental de la littérature contemporaine.

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