Joshua Singer Israel

  • Un an après la publication du premier, ce deuxième volume de Royaumes juifs veut faire partager la richesse, la fécondité d'un monde à jamais disparu : une littérature yiddish au destin tragique, assassinée en même temps que ses lecteurs par le nazisme.
    En 1939, on estimait à dix millions environ le nombre de locuteurs et de lecteurs du yiddish dans les trois principaux centres d'implantation du yiddishland : Pologne, Russie, États-Unis, et à des centaines de milliers dans divers autres pays européens dont la France. L'immense majorité des porteurs de cette langue, et du yiddishland, fut anéantie en Europe, et cette annihilation s'étendit, en cercles concentriques, engloutissant peu à peu ce qui en restait ailleurs.

    La publication de ces oeuvres, dont certaines sont épuisées et d'autres inédites, permettra de rendre sa place à la culture yiddish dans cette Europe qui la vit naître et fleurit pendant des siècles.
    Des centaines de milliers d'oeuvres en yiddish, depuis le XIVe siècle jusqu'au génocide, des milliers de quotidiens, des centaines de troupes de théâtre avaient essaimé dans le monde entier, échangeant dans l'effervescence leur inspiration, se fécondant les unes les autres par leur créativité respective. À partir du XIXe siècle, de l'emballement de l'Histoire mondiale, des migrations de masse, leurs créateurs connurent une ardeur, une impétuosité, une intensité qui allaient s'amplifiant à mesure qu'elles se dégageaient de la contrainte des traditions et éprouvaient, éblouis, les fulgurances de l'art moderne et l'épanouissement de leurs propres ressources créatives.

    Composé de textes réunis et commentés par la plus grande spécialiste internationale de littérature yiddish, l'ouvrage s'efforce de montrer leur diversité, quelle soit littéraire, géographique ou thématique.
    Au-delà de la fonction mémorielle, Royaumes juifs met à la portée de lecteurs juifs une partie essentielle de leur patrimoine légitime, mais offre aussi au lecteur en général un accès à une culture méconnue et sous-estimée. Le seconde volume de Royaumes juifs comporte sept auteurs, représentés tantôt par des recueils de nouvelles, tantôt par des romans écrits au cours du XXe siècle. Les deux volumes regroupent treize auteurs et constituent une sorte de " bibliothèque portative " de la littérature yiddish.

  • Dans la grande tradition du roman familial, La Famille Karnovski retrace le destin de trois générations d'une même famille juive. Au début du siècle dernier l'aïeul, David Karnovski, las des traditions, décide de s'émanciper en quittant son shtetl de Grande Pologne pour rejoindre la société juive assimilée de Berlin. Adepte de Mendelssohn et de ses idéaux, il cherche à inculquer à son fils Georg Moïse les valeurs de la haskala : « juif parmi les Juifs et allemand parmi les Allemands ». D'année en année, les Karnovski s'ancrent un peu plus dans la culture de leur pays d'élection. Et pourtant, chaque épisode de la vie de cette famille questionne sa place dans leur société d'adoption. Alors que la peur et les humiliations s'installent, qu'adviendra-t-il de Jegor, le petit-fils né dans l'Allemagne nazie d'un père juif et d'une mère aryenne ? Publié en 1943 alors que les nazis massacrent les communautés juives en Europe, le roman d'Israël Joshua Singer, est hanté par ces tragiques circonstances et par la volonté de démêler le complexe destin de son peuple.

  • A la fin du XIXe siècle, à Lodz, cohabitent Polonais, Allemands et juifs. Les Ashkenazi sont juifs mais ils ont adopté les façons d'être des chrétiens et obtenu l'autorisation d'ouvrir un atelier de tissage. Des jumeaux naissent que Mme Ashkenazi prénomme Simha Meyer et Yakov Bunem. Deux frères bien différents et qui ne s'entendent guère. Le premier épousera Dinelé, la femme dont est épris le second. L'un est conservateur et prêt à tout pour réussir, tandis que l'autre est gagné aux idées révolutionnaires. C'est leur histoire que nous conte ce roman. C'est aussi celle d'une ville, sur fond d'industrialisation, de conflits sociaux et d'antisémitisme. Une fresque au souffle puissant qui se déroule sur une cinquantaine d'années pour s'achever à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les Frères Ashkenazi, best-seller aux Etats-Unis en 1936, est l'oeuvre maîtresse d'Israël Joshua Singer, le frère aîné d'Isaac Bashevis Singer.

  • À l'aube du XIXe siècle dans une communauté hassidique de Galicie, Nahum, à peine âgé de quinze ans, a dû épouser la fille de Rabbi Melech, Sourele, pour laquelle il n'a aucune attirance. Dans l'univers clos et frénétique de la cour rabbinique, Nahum vit en marge et se réfugie dans l'étude du Talmud jusqu'au jour où il croise le regard de Malka, la très jeune femme de son beau-père. C'est aussitôt la passion qui embrase tout. Les deux jeunes gens ne résisteront ni au désir ni à la transgression. Mais leur châtiment sera implacable. Quinze ans après le drame, un homme étrange arrive au village et réveille un passé que tous veulent oublier. Qui est-il ? Yoshe le fou est-il Nahum ?
    Histoire d'un amour passionné, absolu et pourtant interdit, Yoshe le fou (1932), premier grand roman d'Israël Joshua Singer, fut comparé par la critique des années trente à Balzac, Dickens et Tolstoï.

  • Benyomen Lerner, jeune soldat juif de l'armée russe, déserte le front en 1915 et retourne dans sa Varsovie natale. L'armée allemande est alors en pleine expansion, et Varsovie tombe sous son occupation. Benyomen est employé à la reconstruction du pont de Praga, et travaille dans des conditions déplorables, où aux humiliations infligées par les Allemands s'ajoutent les violences entre les ouvriers eux-mêmes. Russes, Juifs, Polonais : trois groupes opposés depuis toujours, et que Benyomen va, contre toute attente, réussir à rassembler pour organiser une mutinerie. Elle échoue, et Benyomen fuit vers la Russie où il vit les premiers instants de la révolution de 1917.
    Le portrait d'une Varsovie sous occupation allemande avec son quotidien fait de petites misères ;
    Une fresque haute en couleur qui, au-delà de l'Histoire, laisse entendre la voix singulière de la langue yiddish. Un monument de la littérature du XX ème siècle.

  • Ce recueil de nouvelles regroupe les seules fictions d'Israël Joshua Singer qui n'étaient pas encore traduites en français. Elles avaient été publiées en yiddish en 1937. Désormais, le lectorat francophone a accès à la totalité de l'oeuvre littéraire de l'auteur.

    Dans ces quatre histoires très humaines, que ce soit en Amérique, en Pologne ou sur les eaux entre le vieux monde et le nouveau monde, les héros sont tiraillés entre espoir et désillusion.

    On y retrouve les personnages si particuliers qu'Israël Joshua Singer sait rendre bouleversants et universels.

  • Né en 1893 en Pologne, fils de rabbin, Israël Joshua Singer commence sa carrière littéraire en 1916. Il devient rapidement l'un des écrivains les plus reconnus de la littérature yiddish avec de grandes sagas qui révéleront son talent de narrateur : Yoshé le fou, Les Frères Ashkenazi, Camarade Nahman, La Famille Karnovski.
    Israël Joshua Singer a émigré à New York en 1934 où il meurt en 1944.
    Il était le frère aîné du prix Nobel de littérature, Isaac Bashevis Singer.

  • Wolf s'occupe du bétail dans le domaine de son père Hersh, en Ukraine. Mais ce dernier a vendu la ferme lorsque son fils rentre du service militaire. Dépité, Wolf part pour l'Amérique. Il s'installe chez un paysan protestant et sa fille, Esther.

  • Histoire d'amours folles, absolues et pourtant condamnées, telle est la trame des deux plus célèbres romans d'israël joshua singer, yoshe le fou et les frères ashkenazi, réunis pour la première fois en un seul volume.
    Dans le monde disparu des communautés juives de pologne, la passion amoureuse y est décortiquée avec un souffle romanesque et une modernité inégalables. vaste saga, les frères ashkenazi se déroule sur une cinquantaine d'années, dans la ville de lodz. obéissant à la pression familiale, la tendre et fragile dinelé a été contrainte d'épouser un des frères ashkenazi, alors qu'elle était éprise de l'autre.
    Un imbroglio amoureux dont aucun ne sortira indemne. dans yoshe le fora, nahum, déjà marié, croise un jour le regard de la belle et farouche malka, la très jeune femme de son beau-père le rabbin. aussitôt c'est l'étincelle de l'amour. les deux jeunes gens ne résisteront ni au désir ni à la transgression. mais leur châtiment sera implacable: nahum deviendra un dibbouk, un corps errant habité par l'âme d'un esprit malin.

  • Notre foyer était triste, et c'est pourquoi tout petit déjà je préférais vivre dans la rue plutôt que chez moi.
    Cette tristesse, c'était d'abord la Torah qui en était responsable : elle remplissait le moindre recoin de la maison et pesait lourdement sur l'humeur de tous. C'était plus une maison d'étude qu'un chez-soi : une maison de Dieu, plus qu'une maison d'hommes.
    D'un monde qui n'est plus évoque avec tendresse et précision les souvenirs d'enfance d'Israël Joshua Singer.
    Ces Mémoires nous emportent dans l'atmosphère pittoresque du shtetl de Lentshin, non loin de Varsovie, où s'est réfugiée - sous la houlette du père d'Israël Joshua Singer, le rabbin Pinahs Mendel - une communauté de Juifs paysans expulsés de leurs villages par la police russe.
    À travers le regard de l'enfant, on plonge dans un quotidien pétri de croyances et de rituels où le mauvais oeil attend au coin de la rue. On découvre les secrets de chacun, l'austérité de la vie au shtetl, mais aussi les déchirements identitaires et les discriminations qui bouleversent les communautés juives polonaises en ce début de XXe siècle.
    D'un monde qui n'est plus, écrit par l'un des plus grands maîtres de la littérature yiddish, demeure, au-delà de sa valeur historique, un témoignage unique.

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