Jeanne Lazarus

  • Les relations entre banquiers et clients, parfois violentes, souvent méfiantes, sont fondées sur des contradictions profondes venant de deux définitions de ce qu´est la banque : une institution sociale assurant un service public ou un espace marchand poursuivant des buts uniquement monétaires.Les banques françaises ont entamé dans les années 1960 un tournant commercial qui a transformé leurs modes de recrutement, leur management et les services proposés aux clients. Dans les années 1960 et 1970, le client bancaire « type » était un salarié disposant d´un revenu permanent, qui lui permettait de projeter épargne et crédits. Alors que la situation de l´emploi a changé, que les carrières sont moins sûres, et que l´insertion professionnelle des jeunes générations s´est compliquée, les banques continuent à exiger une stabilité professionnelle, mais aussi personnelle et familiale. Cela les mène soit à rejeter une partie de leurs clients, soit à trouver des moyens de faire « comme si » les clients ressemblaient aux salariés stables nécessaires au commerce d´argent tel qu´elles l´ont organisé.Les clients eux-mêmes font en sorte de ressembler au modèle exigé. Au travers d´entretiens avec des emprunteurs de crédit immobilier, L´Épreuve de l´argent donne à voir ces efforts de mise en conformité de soi avec l´image du « bon client bancaire ».Ce livre de « sociologie du quotidien » permet à chaque lecteur, tout particulièrement en période de crise financière, de se retrouver et de s´interroger sur son propre rapport à la banque et à l´argent.

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  • L'argent est présent dans toutes les sphères de la vie moderne. Il conditionne l'accès aux biens matériels les plus essentiels et définit en grande partie les hiérarchies sociales. Cette nouvelle édition, largement remaniée, montre la place nouvelle qu'a prise l'argent dans les enjeux politiques et sociaux. La crise des subprimes de 2008 ainsi que l'accumulation massive d'argent par ceux que l'on nomme désormais les « ultrariches » ont récemment transformé notre regard sur l'argent. Sa centralité est plus que jamais l'objet d'interrogations collectives et de revendications.
    Comment l'argent est-il devenu une source tout à la fois d'aliénation et de libération ? Pourquoi fait-il l'objet de condamnations morales récurrentes ? Les comportements face à l'argent diffèrent-ils selon les groupes sociaux ? selon le genre ? Comment circule-t-il au sein de la famille ? Quelles sont les conséquences de sa dématérialisation ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles propose de répondre une approche sociologique de l'argent.

  • Toute une série de biais cognitifs nous empêchent de prendre des décisions rationnelles : conformisme, aversion pour la perte, surestime de soi, préférence pour le court terme, etc. Ce crédo des économistes et des psychologues comportementalistes a été repris à leur compte par les pouvoirs publics de nombreux pays, afin d'orienter les choix de leurs concitoyens. Nous sommes ainsi considérés comme des donneurs d'organes par défaut, nos enfants sont tenus à distance des frites dans les cantines, les détecteurs de vitesse nous font la grimace ou nous sourient, on nous informe que nous recyclons moins que le voisin... Faciles à mettre en oeuvre, peu onéreux, ces nudges (de l'anglais « pousser du coude »), qui nous font modifier nos comportements sans que nous ayons à y réfléchir, sont devenus l'alpha et l'omega de la résolution des problèmes de société. Mais peut-on réduire l'action publique à une affaire de comportements individuels ?
    Une analyse critique des savoirs comportementaux et de leur application s'impose, afin d'en comprendre le succès et d'en montrer les limites. Henri Bergeron, Patrick Castel, Sophie Dubuisson-Quellier, Jeanne Lazarus, Étienne Nouguez et Olivier Pilmis sont chercheurs au Centre de sociologie des organisations (CSO/Sciences Po).

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