Arts et spectacles

  • La conservation et la restauration des oeuvres d'art sont en apparence les deux faces d'une même réalité. Les musées n'ont-ils pas pour mission d'exposer et de préserver leurs oeuvres? Mais c'est compter sans une extension inédite des biens culturels et la propension à y inclure les choses les plus diverses, à commencer par les plus contemporaines. En sorte que ces deux missions deviennent contradictoires.
    Les termes qui caractérisent cette situation nouvelle («patrimoine», «curateur» qui s'est substitué à «commissaire», etc.) indiquent la grande transformation : sous l'effet du marché de l'art internationalisé et de la place qu'il occupe dans le monde de la finance, les oeuvres sont désormais des biens qui, au même titre que d'autres, plus qu'une valeur ont un prix.
    S'ajoute l'importance prise par leur dimension contemporaine, puisque la mémoire dans nos sociétés est indissociable d'un rapport à l'histoire désormais centré non plus sur le passé mais sur le présent - un présent sans futur et qui est à lui-même son propre horizon.
    La patrimonialisation du présent brasse les cultures les plus hétérogènes, le passé et le présent, l'homogène et l'exogène, l'ordinaire et l'extraordinaire. Elle fait croître le souci qui entoure désormais les productions contemporaines y compris dans leurs composantes techniques, singulièrement créditées d'une valeur que leur obsolescence particulière rend d'autant plus digne d'intérêt.

  • Appartient-il au philosophe de fixer strictement la compréhension de notre concept d'art, ou doit-il limiter sa tâche à celle d'une clarification de ses usages? A cette question, les textes de Jean-Pierre Cometti réunis dans ce volume répondent en choisissant la voie d'une esthétique « minimale », qui renonce aux vertiges de l'ontologie et aux ambitions définitionnelles de la philosophie analytique de l'art, tout en prenant acte du caractère caduc des grands récits spéculatifs hérités de l'esthétique idéaliste ou des mirages de la déconstruction. Sa méthode consiste à localiser et éclairer les présupposés d'un « malentendu » persistant, dont l'origine est située dans la logique des conceptions esthétiques qui séparent les oeuvres d'art de la trame sédimentée et complexe de l'expérience, et tendent à faire de l'art un domaine autonome, comme magiquement institué en dehors de nos formes de vie. Qu'il prenne pour cible l'intellectualisme abstrait du jugement de goût kantien, l'historicisme hégélien de Danto ou celui de Jerrold Levinson, la tendance à la réification de propriétés esthétiques, le fétichisme et le cynisme de l'art contemporain et de son marché, ou les confusions entre discours philosophique et discours critique, Jean-Pierre Cometti élabore ici un néopragmatisme radical inspiré à la fois par John Dewey, Richard Rorty, le fonctionnalisme de Nelson Goodman et la philosophie des jeux de langage du second Wittgenstein. Son livre s'attache de façon inédite à dessiner les contours d'une esthétique de l'usage, envisageant l'art dans ses modes d'emploi anthropologiques et dans ses activations multiples plus que dans des objets ou des substances.

  • Les définitions de l'art L'idée de consacrer un livre aux définitions de l'art, c'est-à-dire aux problèmes qu'elles entendent résoudre autant qu'à ceux qu'elles posent, est née du désir de faire le point et de donner au lecteur un aperçu des discussions qui se sont développées autour de ces problèmes dans la littérature récente. Les auteurs qui ont accepté de s'interroger ici sur les difficultés ou les promesses d'une définition de l'art ne partagent pas tous les mêmes convictions, mais ils se reconnaissent dans un souci commun d'aborder clairement et sans arrière-pensée les problèmes qui s'imposent à notre attention dans l'état présent des pratiques artistiques et de la discussion philosophique.

  • Les modes de production et de reconnaissance de l'oeuvre en conditionnent l'émergence et la légitimation dans le champ culturel et social. Ces « facteurs d'art » ont évolué vers des formes de division du travail qui conjuguent une pluralité des rôles que cet ouvrage analyse. Sans se laisser griser par ce qu'offrent ces facteurs d'art, Jean-Pierre Cometti prend le contre-pied d'une ontologie, celle qui tend à dissocier les objets finis des processus de leur reconnaissance, en s'efforçant de s'émanciper de la réduction que souterrainement elle opère.

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  • L'art et l'argent : ce vieux couple célèbre depuis peu de nouvelles noces, à nouveaux frais. A tel point qu'il est devenu difficile, voire impossible, de ne pas immédiatement parler d'argent lorsqu'on parle de l'art d'aujourd'hui. L'art semble désormais l'affaire exclusive des plus riches ; les autres sont invités à en admirer les effets mais à éviter d'en tirer les conséquences et d'en penser l'implicite.
    Ce livre part au contraire de l'idée que la question de l'art, donc aussi celle de ses rapports avec l'argent, appartient à tout le monde. En mêlant témoignages, essai littéraire, textes théoriques et reproductions d'oeuvres contemporaines, en s'intéressant aux fondations privées comme aux écoles d'art, à la spéculation comme à la condition d'artiste et à la précarisation des travailleurs des mondes de l'art, il voudrait permettre de mieux comprendre depuis quand, comment et sous quelles formes la "valeur" argent a transformé nos façons de faire de l'art, de le regarder et d'en parler.

  • Créé en 1933 par John Rice, le Black Mountain College a été le théâtre d'une expérience sans précédent sur le plan artistique, éducatif et politique. Ce livre met en lumière l'utopie fondatrice dont il s'est nourri et décrit le contexte intellectuel, les contributions des artistes, des enseignants et des étudiants, ainsi que la liberté qui ont donné à ce College sa postérité.

  • L'esthétique philosophique et la philosophie de l'art connaissent un essor important, particulièrement dans la tradition de philosophie analytique. Ce volume examine d'abord leurs « évolutions et perspectives » depuis une vingtaine d'années, à travers une réflexion approfondie sur la notion même d'« esthétique ». Une deuxième partie porte sur « la question de la représentation », avec la querelle opposant les tenants du conventionnalisme et ceux du réalisme iconique, et l'importance renouvelée des notions de ressemblance et d'imitation qu'on avait pu croire périmées. Enfin, une troisième partie est consacrée aux notions qui s'entrecroisent dans le paradoxe de la fiction : comment et pourquoi pouvons-nous être émus par ce que nous savons ne pas exister, le destin tragique d'Anna Karénine, par exemple?
    Ce recueil ouvre un accès à quelques-unes des textes les plus significatifs de l'esthétique analytique des vingt dernières années, tout en apportant une contribution à une forme argumentative, directe et claire d'esthétique et de philosophie de l'art.
    Avec des textes de : M. Beardsley, N. Carroll, N. Goodman, J. Hyman, P. Lamarque, J. Levinson, J. Margolis, D. McIver Lopes, A. Neill, D. Novitz, C. Radford, J. Robinson et R. Wollheim

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