Kime

  • On a cru ou feint de croire que la philosophie pouvait se passer d'une morale : on a soutenu qu'elle devait prendre le parti des opprimés ; on a parfois pensé qu'il lui appartenait de subvertir tous les pouvoirs. Souvent, les motifs idéologiques et politiques ont servi de fer de lance, d'organes de soupçon. ou d'outil de justification à ceux qui s'efforçaient de jouer une classe contre une autre, l'intellectuel contre les pouvoirs ou une partie de l'humanité contre une autre partie de l'humanité. Aujourd'hui, des soucis d'une autre nature se sont imposés à l'attention. L'éthique en constitue à plusieurs égards le centre. La place des philosophes dans le débat public - en France tout au moins -, le fait que la philosophie s'enseigne, conduisent à se demander de quelle éthique le philosophe peut se recommander : y a-t-il une éthique de la philosophie ? Issu de journées organisées au Château de Périgny en octobre 2001, dans le cadre des " Journées philosophiques de Vouillé ", le présent ouvrage est consacré à cette question. Jean-Pierre Cometti, Elisabeth Coreau-Scavarda, Pierre Livet, Max Marcuzzi, Roger Pouivet, Claudine Tiercelin et Alonso Tordesillas l'abordent librement, à la lumière de lectures ou d'inspirations parfois complémentaires, parfois concurrentes, dans le souci d'un éclairage dont nul ne peut délibérément faire l'économie.

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