Jean-Pierre Bertrand

  • Émile Verhaeren est mort accidentellement sur le quai de la gare de Rouen, le 27 novembre 1916. Il effectuait à ce moment des tournées de conférences en faveur du pays occupé. Autant que sa proximité avec la famille royale, cette circonstance a contribué à lui donner la stature d'un poète national, désormais enseigné à l'école et consacré par de nombreuses études. Ce sont quelques autres visages du poète que le présent numéro voudrait présenter, dans ce qu'ils peuvent, en apparence, avoir de mineur, de secondaire ou de marginal, mais qui ont, à leur manière, contribué à façonner l'image que nous en avons. On évoquera ainsi successivement la figure d'un Verhaeren journaliste, chroniqueur mondain ou collaborateur d'un journal politique, le Verhaeren intime et quelques aspects de son audience internationale. Pour enrichir le dossier de cette livraison double, plusieurs articles évoquent aussi ses contemporains et ses proches, de Félicien Rops à Victor Reding, le directeur du théâtre du Parc, de l'éditeur Octave Uzanne aux poètes Albert Mockel et André Fontainas, parmi d'autres. Les différentes approches réunies dans ce dossier complémentaire - études des échanges épistolaires, des rapports entre les arts, des transferts culturels - apportent des éclairages précieux sur l'époque de Verhaeren, cette période de l'histoire des lettres belges qui, pour être désormais bien connue, constitue toujours un terrain d'investigation fertile.

  • "Si en France certaines régions ont su conserver leur identité culturelle, il est rare de comprendre comment elles y sont parvenues. C'est le mérite de Jean-Pierre Bertrand de nous décrire comment en Vendée, en un demi-siècle, une équipe « d'amateurs » a construit un socle permettant à des « passeurs de mémoire » de jouer leur rôle. Au-delà de la description de la tradition musicale vendéenne c'est une aventure humaine qui est racontée. Le DVD joint en propose une sélection de documents rares. - "

  • L'exposition From Red to Red est comme une liturgie mise en équation, faite de stations devant des ensembles qui se répondent, s'accordent, et se chargent d'énergie.
    Si From Red to Red est plus qu'une somme de tableaux, c'est en ce qu'elle fait voir la manière dont les uns et les autres s'articulent et se répondent, dont ils se font écho même à travers l'absence. C'est la première fois qu'une pensée élaborée depuis une dizaine d'années par Jean-Pierre Bertrand trouve ainsi à se déployer et à se mettre en place. Ce déploiement fait comme une succession de plans : plans larges ou serrés, détails ou agrandissements. Bertrand réussit cette chose très rare de produire un art pictural d'après la fin de l'abstraction (celle-ci comme histoire et projet) qui n'est pas discours ou allégorie, mais instauration d'un espace et d'une temporalité autres. From Red to Red est un point de convergence où s'entrevoit une idée de l'art où tableau, livre, film, ou chapelle, trouveraient un écho et une suite.
    Ce catalogue accompagne l'exposition monographique de Jean-Pierre Bertrand qui a eu lieu au Box à Marseille en 2015.

  • Lit-on encore les poètes romantiques ? Naufragés de la modernité commençante, ils ont tenté de reprendre souffle dans un monde désenchanté et les voilà engloutis dans les anthologies et les explications de texte convenues.
    Lamartine ? On ne se souvient guère que du " Lac ". Sainte-Beuve ? Le critique dont Proust a basculé la redondante statue a tué le poète. Vigny ? Trop sévère et trop sensuel à la fois pour nos hédonismes obligatoires. Hugo ? II n'est plus question que du romancier. Musset ? On le joue encore au théâtre, sa poésie est dévaluée. Nerval ? Trop grandi, il est la victime de l'hermétisme qu'on lui suppose. Les " petits romantiques " ? Nous ne les connaissons plus guère que par Baudelaire interposé.
    La poésie moderne est incompréhensible coupée du moment romantique qui la propulse en premier et avec lequel elle rompra les amarres. Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud, Mallarmé, Apollinaire même seront tous comptables de l'effraction que le romantisme a produite au sein du champ littéraire de la première moitié du siècle. Un sujet, un monde, un langage. Et entre ces instances, une circulation, des médiations, mais aussi des tensions et des blocages.
    C'est de ce romantisme-là, loin des mythes et des routines, qu'il s'agit ici de retrouver l'énergie et la force d'invention. Au plus près des textes et de leur mise en dialogue, et dans le rapport si complexe qu'ils entretiennent avec l'histoire. Histoire d'un sujet lyrique, qui se dit et qui se pense. Histoire d'un monde qui se transforme et que la poésie tente de sonder. II faut prendre la poésie au sérieux : voilà ce que les romantiques, les premiers à l'âge moderne, ont fait savoir.
    Voilà pourquoi il faut aussi les prendre au mot.

  • Peut-on inventer en littérature ? Et qu'invente-t-on précisément ? Si ces questions, posées en regard de ce qui s'est produit à la même époque dans les sciences ou les techniques, ne cessent d'être désavouées dans leur pertinence par les inventeurs eux-mêmes, probablement au nom d'une conception magique ou sacrée du littéraire, elles participent néanmoins d'une esthétique nouvelle qui se met en place au XIXe siècle. En effet, une théorie et une pratique de l'invention littéraire - et pas simplement de l'inventivité - apparaissent bel et bien, qui dépassent les dogmes anciens de l'imitation et de l'imagination comme principes organisateurs de la production artistique. Comme dans les sciences naturelles et les arts et métiers, on se met à inventer en littérature et à penser l'invention. On invente ainsi des cadres nouveaux - genres, formes ou techniques - qui se réclament d'un certain « progrès » de l'activité littéraire.
    En nous faisant assister à la naissance du poème en prose, du vers libre, du monologue intérieur, du calligramme et de l'écriture automatique, le présent essai cherche à comprendre les raisons pour lesquelles ces inventions deviennent les emblèmes des mouvements littéraires de la fin du romantisme à la naissance du surréalisme, mais également ce qui les relie et les sépare.

  • Chat lent, impassible sage ou chat pitre, acrobate-cascadeur ? Chat beauté, regard éclair ou chat leurre, prince de la nuit ? Les mots et les chats se nouent en un chapelet de poèmes chatoyants, évidemment ! A lire avec un oeil perçant, en tournant les pages à doigts de velours.

  • Un panorama de la poésie française du XIXe siècle, de la naissance du romantisme à la fin du symbolisme. L'hypothèse qui organise l'ensemble de cette étude est que la poésie s'affirme, tout au long du XIXe siècle, à contre-courant de la révolution, celle de 1789 mais aussi celles de 1830, 1848 et 1870. La poésie devient ainsi le lieu des désenchantements successifs et des illusions politiques déçues. Elle se dote aussi d'un statut d'exception et se définit comme le dernier bastion de l'art, le lieu par excellence de l'avant-garde et de la créativité. Les auteurs ne se contentent pas d'une suite de monographies (Apollinaire, Mallarmé, Rimbaud, etc.), mais présentent les mouvements poétiques en les réinscrivant dans l'histoire littéraire et sociale, en insistant sur les ruptures, les continuités, les pauses et les « restaurations ».

  • Au coeur des marais vendéens, de la plaine et du bocage, à la découverte des constructions de nos ancêtres.

    Un peu de terre, de sable, de roseaux, et voilà quelques bourrines... Des images d'hier et d'aujourd'hui nous font voyager et découvrir notre culture.

    Une tradition retrouvée à travers cet "album photo" qui nous aide à comprendre notre histoire, nos paysages

  • Brésil et Argentine

    Jean-Pierre Bertrand

    • Inra
    • 1 January 1996

    La compétitivité du Brésil et de l'Argentine sur les marchés internationaux des grains et notamment d u soja, obéit à des déterminants classiques : coûts de production bas (foncier, maind'oeuvre) contrebalancés par des coûts logistiques élevés (transport, commercialisation,) par rapport aux Etats-Unis. Mais elle a surtout été maintenue grâce à des ajustements macro-économiques fréquents, notamment du taux de change. Le recours au crédit subventionné et au soutien des prix agricoles au Brésil, l'abandon progressif des taxes sur les exportations agricoles en Argentine ont constitué les principales mesures d'une stratégie constante d'agroindustrialisation.
    La politique d'intégration qui se développe entre les deux pays associés au Paraguay et à l'Uruguay vise à la création d'un véritable marché commun (MERCOSUR), construction qui est susceptible, à terme, de modifier les conditions structurelles de la compétitivité : recherche d'économies d'échelle au niveau agroindustriel, relocalisation de la production des grains avec une forte concurrence entre la Pampa argentine et les Cerrados brésiliens.

  • Parmi les littératures dites francophones, la littérature belge occupe une place particulière. proches géographiquement et culturellement de la france, citoyens d'un etat « jeune », ses écrivains n'ont cessé de chercher à marquer leur différence avec paris tout en subissant son attraction. c'est une histoire renouvelée de cette littérature (la première publiée en france) qui est proposée ici.

    Prenant comme point de départ la création de l'etat belge sous le patronage des puissances européennes en 1830, l'ouvrage, plutôt que de traiter de grandes périodes ou de genres principaux, s'attache à une cinquantaine d'événements relevant tantôt de la vie littéraire au sens strict (publication d'une oeuvre ou d'une revue marquante, signature d'un manifeste...), tantôt du contexte plus largement culturel, politique ou social. autant d'événements qui permettent de comprendre à la fois l'originalité, l'évolution et les contradictions d'une littérature nationale dont l'identité et la définition ne vont pas de soi. chaque chapitre se présente sous la forme d'un petit essai et est suivi de rapprochements avec d'autres dates et d'autres pistes de lecture. le lecteur pourra de cette façon naviguer à sa guise dans le volume. il peut ainsi aller du 3 février 1856 (où félicien rops fait paraître le premier numéro d'uylenspiegel) à 1995 (quand une paix royale vaut à pierre mertens d'être traduit en justice), en passant par 1893 (date de la mise en scène de pelléas et mélisande par lugné-p?), 1929 (la naissance de tintin), 1931 (le lancement de la série des maigret) ou encore 1966 (les adieux de brel à la scène)... au fil de ces explorations, le lecteur rencontrera des noms qui lui sont familiers, tels maeterlinck, verhaeren, simenon, michaux ou encore hergé.

    Cette histoire réunit un nombre important de chercheurs, tant de la belgique (francophone et néerlandophone) que de l'étranger, qui témoignent de la richesse des études menées aujourd'hui sur la littérature belge.

    Sur commande
  • Plongeant ses racines dans la fin des années 60, lorsque Led Zeppelin, Black Sabbath ou Deep Purple lui donnèrent la vie, le metal attire, décennie après décennie, un public toujours plus vaste dans les plus grands festivals du monde. Du hard rock des débuts aux genres les plus extrêmes, il couvre une si large variété de styles et de groupes qu'il serait dommage de se limiter aux seuls grands noms.
    Illustré par la formidable collection de Bertrand Alary, dont un grand nombre de photos inédites, cet ouvrage réunit tous ceux qui comptent ou qui ont compté dans la galaxie metal, sous la plume acérée de Jean-Pierre Sabouret. Un indispensable, riche en anecdotes personnelles, pour tout amateur du genre, fan hardcore comme sympathisant.

  • Le management transversal, ou management sans lien hiérarchique, se développe dans de nombreuses organisations privées ou publiques : animation d'un groupe de travail ou d'un réseau d'experts, gestion de projet, pilotage d'un processus, implantation d'une politique RH ou qualité... C'est une réponse aux besoins de mutualiser les ressources et de favoriser les innovations.
    Le manager transversal, souvent seul, confronté à des luttes de pouvoirs et à des résistances au changement, doit faciliter et fédérer de nouvelles pratiques en apportant une valeur ajoutée identifiée. Il doit intégrer différentes dimensions dans la réussite de sa mission : se positionner et construire sa légitimité, décoder et agir sur son environnement, être influent, susciter la coopération, être un bon communicant, recadrer, manager à distance. Les 57 outils de ce livre l'aideront à progresser et à se professionnaliser.

  • Aujourd'hui, « cuisiner solaire » sort de l'anecdotique. Un nombre croissant de passionnés pratique régulièrement durant une grande partie de l'année. Certains arrivent ainsi à diminuer leur consommation de gaz de 50 à 70 % sur une période pouvant dépasser 7 à 8 mois, preuve que le soleil peut rendre d'appréciables services au-delà des mois d'été et jusque dans le nord de la France.

    Signe des temps, des modèles prêts à l'emploi sont disponibles dans le commerce. Mais on constate surtout un fort développement de l'auto-construction. Ce livre arrive donc à point nommé !

  • Ce livre de 300 pages est illustre´ de 200 photos (issues en grande partie du fonds documentaire de Me´moire de la Dro^me), cartes, croquis permettant de mieux appre´hender ce qu'ont subi les Dro^mois pendant plus de quatre ans et comment ils ont re´agi face a` cette situation d'oppression permanente.
    Son format 21 x 29,7, une couverture cartonne´e, un papier assurant une grande qualite´ des illustrations font que SUBIR... MAIS LUTTER sera un ve´ritable album sur les Dro^mois et les Dro^moises pendant la Seconde Guerre mondiale.

    UN TRAVAIL D'E´QUIPE Les auteurs travaillent depuis une quinzaine d'anne´es sur l'histoire de la Dro^me pendant la Seconde Guerre mondiale (DVD-Rom sur La Re´sistance dans la Dro^me-Le Vercors. Site internet : museedelaresistanceenligne.org). Ils ont re´dige´ de nombreux articles sur le sujet. L'e´quipe est constitue´e d'Alain Coustaury et Danielle Bertrand, agre´ge´s de ge´ographie et d'histoire, de Pierre Balliot, colonel en retraite, de Jean Sauvageon, de Claude et Michel Seyve, enseignants retraite´s, auteurs de nombreux livres sur l'histoire dro^moise de l'Ancien Re´gime a` nos jours. L'ouvrage est pre´face´ par Gilles Vergnon, agre´ge´ d'histoire, mai^tre de confe´rences a` l'IEP de Lyon.

    UNE PREMIE`RE.
    Pour la premie`re fois, un ouvrage couvre l'ensemble de l'histoire de la Dro^me pendant la Seconde Guerre mondiale et l'imme´diate apre`s-guerre. SUBIR... MAIS LUTTER aborde la vie des Dro^moises et des Dro^mois, les difficulte´s auxquels ils sont confronte´s, le grand nombre des prisonniers interne´s en Allemagne, l'accueil des re´fugie´s de la zone occupe´e, les camps ouverts pour les e´trangers et les opposants au re´gime de Vichy, les rafles des Juifs... La Dro^me, cas particulier, envahie deux fois par l'Allemagne, occupe´e par les Italiens, fut une grande terre de Re´sistance, libe´re´e relativement to^t, le 1er septembre 1944.
    Tous les aspects des luttes, y compris celles des Allie´s lors de la bataille de Monte´limar, y sont e´voque´s. Les conse´quences de la guerre, au dela` du 8 mai 1945, sont e´galement approche´es, notamment la me´moire et ses enjeux.

  • 5ème album de la série Rouge Ribambelle CE1.

    Récit historique.

    " En Corse, on se souvient encore de l'histoire de Vannina la fille du berger qui, un jour, porta secours à une vieille femme étrangère. Pour la récompenser, la vieille lui offrit un cadeau mystérieux censé lui porter bonheur. Pourtant, le lendemain Vannina apprit une terrible nouvelle... "

  • Y aurait-il deux Roland Barthes, comme nombre de travaux semblent le donner à penser ?
    Le Roland Barthes des années « théories », sémioticien et critique des idéologies, et le Roland Barthes « hédoniste », écrivain du Plaisir du texte et de La Vita Nova ? À l'encontre de cette tendance, le propos du colloque de Cerisy et des articles réunis ici a été de considérer l'oeuvre comme un ensemble cohérent, parcouru, certes, par des inflexions et des revirements, mais remarquable surtout par sa continuité et ses fidélités. Influences, appariements, appropriations, détournements mais aussi mises à distance, voire reniements seront ainsi interrogés en sorte de faire apparaître la singularité et la fécondité d'une pensée sans cesse en porte-à-faux, faisant de la contradiction ou du paradoxe le moteur même de son avancée.
    Au-delà du clivage entre un « premier et un « dernier » Barthes, sont également convoqués les textes critiques de la première heure et les oeuvres en procès, publiées ou non de son vivant.
    À travers quelques-uns des nombreux objets traités par « l'écrivain-écrivant » (dont la littérature, le théâtre, la mode, le discours de presse, la musique, la photographie), le présent ouvrage retrace, texte à l'appui, la genèse intellectuelle d'un certain nombre de concepts (dont l'idéologie, la doxa, le langage, l'écriture, l'engagement, le style, le désir, le plaisir, le neutre). Il questionne également les relations de Barthes aux principaux penseurs et écrivains passés ou contemporains et interroge ses rapports à quelques disciplines phares telles que la critique, l'histoire, la linguistique, la sémiologie, la philosophie, l'anthropologie, la sociologie.

    Le propos de chaque chercheur est scindé, clair et identifié. Ces actes du colloque de Cerisy présentent une mosaïque complète et pertinente de Barthes, sa forme d'écriture, son positionnement à l'intérieur des disciplines de recherches dans lesquelles il se plaçait, sa pratique littéraire, sa tentation de l'écriture de soi, sinon romanesque.

    Le présent volume se distingue des actes du colloque de Cerisy publiés en 10/18 en 1978 (réédités chez Christian Bourgois éditeur en 2003) par Antoine Compagnon en ceci que, trente-sept ans après la mort de Roland Barthes, nous disposons désormais de l'ensemble de son oeuvre et d'une série impressionnante d'inédits, dont La Préparation du Roman.

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