Jean-Paul Pascual

  • Les contributions dans cet ouvrage portent sur diverses périodes (médiévale et moderne) et régions (France et provinces de l'Empire ottoman) et s'interrogent sur les notions de pauvreté et de richesse, dans le discours et dans les actes.
    Elles permettent d'approcher la variété des relations entre l'individu et la société : le pauvre et le riche peuvent n'être que des figures extrêmes d'un parcours strictement individuel. Mais la pauvreté et la richesse peuvent définir des statuts sociaux auxquels sont associés des attentes précises, des obligations et des droits reconnus. Fondés sur l'exploitation de différentes sources (Coran, chroniques, dictionnaires biographiques, règlements administratifs et documents d'archives publiques et privées), divers thèmes sont abordés : le vocabulaire utilisé pour cerner ces notions, les clivages socioculturels qui opposent - ou qui n'opposent pas - riches et pauvres au sein de la société, les modes alimentaires et d'autres éléments d'une culture matérielle que l'on commence à déchiffrer.
    Sont également étudiés des parcours individuels, carrières, enrichissement voire déchéances, les réponses de la société à la gestion de la pauvreté et des pauvres : la pratique de l'aumône (zakât) comme un devoir religieux pour secourir les pauvres et encouragement aux actes de charité (sadaqa) par la création de fondations pieuses (waqf) en les associant aux valeurs de repentir et de pardon. Enfin, dans le cas de crises, quand la conjoncture de l'économie et celle de la misère concordent, comment ces institutions s'adaptent, le pouvoir et la société réagissent.

  • Dans cet ouvrage, Colette Establet et Jean-Paul Pascual achèvent leur tour d´horizon de la société ottomane damascène vers 1700. Les inventaires après décès et les comptes de gestion des orphelins mineurs autorisent l´analyse du groupe des agents civils et militaires de l´État, les `askar. Qui sont-ils ? Quels liens entretiennent-ils avec la société des ra`aya ? Peu avant 1700, ce n´est pas le montant moyen de leur fortune qui les distingue, mais la composition de leur patrimoine. Les `askar détiennent plus d´espèces que les ra`aya et, s´ils ne négligent pas les activités urbaines, c´est de la campagne, proche ou lointaine, qu´ils tirent de multiples revenus ; ils sont liés aux waqf dont ils exploitent biens urbains et ruraux. Ils partagent avec l´ensemble des sujets la même vie quotidienne, tout en privilégiant le style de vie des ra`aya les plus prospères. Enfin, les hommes affirment leur statut de `askar : ils détiennent armes et chevaux dont la valeur et la beauté expriment symboliquement l´appartenance à un groupe qui tient à se distinguer de celui des sujets.

    Grand format N.C.
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