Jean-Noël Robert

  • Présentation de l'histoire et de l'évolution du bouddhisme des origines à nos jours.

  • Rome

    Jean-Noël Robert

    Rome.
    On croit savoir beaucoup de la civilisation romaine. c'est sans doute vrai. on pense la connaître parce qu'elle est la source vive de la nôtre. là réside l'erreur. il faudrait pouvoir restituer, sur les hommes et sur les choses, le regard des romains. l'objectif de ce guide est d'initier cette démarche.
    Leur conception pratique permet à chacun de les utiliser de trois façons : soit les lire en suivant, comme un livre traditionnel, pour découvrir les divers aspects de la civilisation présentée, soit recourir à l'une des rubriques qui composent chaque chapitre grâce à une table des matières très détaillée, soit encore se servir directement de l'index très fourni afin de trouver rapidement une information précise.
    Les cartes, tableaux, schémas, permettent, en outre, d'aller à l'essentiel. et une bibliographie choisie et récente offre à qui le souhaite d'amorcer une recherche plus approfondie.

  • Chapitre 1 : L'histoire Longtemps terre de convoitises et de rivalités, la Campanie est une terre de sang mêlé. Tout commence avec la colonisation grecque. Mais lui succèdent les présences des Étrusques, des Samnites, des Romains. Une histoire riche en rebondissements pour la région la plus prospère de l'Italie.

    - De la légende à la protohistoire - La présence grecque en Campanie - La Campanie étrusque - L'invasion samnite - Rome et la Campanie - La Campanie romaine - Éléments de chronologie Chapitre 2 : Le territoire campanien Le territoire campanien est considéré comme un paradis terrestre pour la beauté de ses paysages (si souvent chantée) et la douceur de son climat. Les cités qui le parsèment - notamment Pompéi et Herculanum - offrent une belle occasion de comprendre le fonctionnement des villes italiennes de l'Empire romain. Une faveur que nous devons à la catastrophe de 79.



    Paysage et climat Vésuve. Les antécédents L'éruption de 79 Pompéi : la physionomie de la ville ; la population ; l'animation de la rue ; la question de la circulation ; l'approvisionnement en eau Herculanum Baïes et les villes du golfe Chapitre 3 : Politique et société La société campanienne et les modes d'administration des cités sont assez différents du modèle Romain. Les Pompéiens étaient passionnés par la politique, et, selon Cicéron, il était plus facile de faire carrière à Pompéi qu'à Rome.



    La société - Diversité des composantes ethniques - Les strates de la société - Les collèges et associations L'administration de la cité - Le cursus honorum - Les lieux du pouvoir - Les élections Chapitre 4 : L'économie La Campanie et un jardin. Elle est le premier grenier à blé de l'Italie et l'une de ses plus riches terres viticoles. La région est une ruche où s'activent des milliers d'artisans, de travailleurs esclaves ; elle est aussi la première plaque tournante du commerce international.



    L'agriculture et l'élevage (Les villas rustiques de Boscoreale) L'artisanat : le textile ; la céramique ; le verre ; le travail des métaux ; la pierre et le marbre Le commerce : les boulangers, les cabaretiers.
    L'économie domestique II - L'homme campanien Chapitre 5 : Le temps Le rapport au temps des Anciens s'avère très différent du nôtre. Le comprendre permet également de mieux approcher la mentalité antique.



    L'âge des Pompéiens La mesure du temps Le « calendrier » de la vie Le temps de la mort Chapitre 6 : Les religions La Campanie est une terre de partage et de tolérance religieuse ou vivent en harmonie les divinités grecques, romaines traditionnelles et celles venues d'Orient, bien différentes, mais très sollicitées par les citoyens.



    Dieux grecs de Pompéi Dieux romains de Pompéi Divinités orientales La fresque de la villa des Mystères Le culte impérial Le culte domestique Les superstitions et la magie Chapitre 7 : La culture et la vie littéraire La Campanie est terre de culture. Les citoyens aisés menaient une vie culturelle riche et fructueuse dans un cadre qui favorisait l'élévation des esprits. Les nombreux graffitis qui griffent les murs de Pompéi nous aident à connaître les centres d'intérêt et les aspirations de ses habitants.



    La langue L'école et l'enseignement Philosophes en Campanie Le théâtre Les poètes pompéiens Chapitre 8 : Les arts Sculptures, mosaïques et surtout peintures... Pompéi et les cités alentour sont un véritable musée à ciel ouvert. Mais l'art n'avait pas pour fonction de simplement décorer le cadre de vie. Il convient de mettre en lumière le rôle politique, social, religieux des oeuvres qui ont fait la renommée de ces sites campaniens.



    L'architecture et l'urbanisme La sculpture Les mosaïques La peinture Chapitre 9 : Les loisirs Les loisirs, au quotidien, se déroulent pendant la période de la journée que recouvre l'otium, c'est-à-dire l'après-midi, consacré au temps libre avec, notamment, la visite aux thermes. Mais ils comprennent aussi les spectacles, donnés lors des nombreux jours de fête, dont les Campaniens sont friands.



    Le sport Les jeux de sociéte Les thermes Les théâtres Les spectacles de l'amphithéâtre Chapitre 10 : La vie privée Les divers lieux et objets de la vie quotidienne retrouvés à Pompéi et dans les cités campaniennes constituent une mine de renseignements qui font le bonheur du visiteur curieux de comprendre comment les Anciens vivaient au jour le jour dans leurs demeures, quels étaient leur alimentation, leur souci de la mode, leurs plaisirs amoureux...



    La maison pompéienne (exemples : les maisons du chirurgien, de Salluste, des Vettii, du Faune, de Ménandre) Les jardins Les villas Campaniennes (exemples : la villa des Mystères, la villa d'Oplontis) La sexualité L'alimentation La santé La parure Annexes Lexique Plan détaillé de certaines insulae de Pompéi Who's who pompéien : les cent familles les plus connues Bibliographie choisie Index des noms de personnes, de divinités et de peuples Index général Liste des illustrations Cartes et plans Dessins

  • « La République est morte », écrit Cicéron à son ami Atticus près de quinze ans avant que César ne tombe sous les dagues des conjurés.
    Un siècle. Telle fut la durée de l'agonie de la République romaine qui succomba sous les coups d'ambitieux dictateurs et de chefs militaires, avides d'exercer un pouvoir personnel. De 133 avant notre ère, lorsque Tiberius Gracchus fut éliminé après avoir trahi les institutions républicaines, jusqu'à la mort d'Antoine à Alexandrie, vaincu par Octave à l'été 30, un siècle de guerres civiles, de violences et d'affrontements sanglants ont ravagé Rome et l'Italie. Les plus grands généraux, Marius, Sylla, Pompée, César, Antoine, Octave... sont parvenus à faire chuter un régime politique que plusieurs siècles avaient réussi à édifier sous l'égide de la célèbre « vertu romaine » et dans l'affirmation du bien le plus précieux pour les Romains : la liberté.
    Comme toujours en pareil cas, c'est le peuple romain qui s'en trouva la principale victime.

  • Les etrusques

    Jean-Noël Robert

    Les Étrusques : une civilisation rayonnante. L'une des trois plus puissantes en Méditerranée au VIe siècle avant notre ère, avec la Grèce et Carthage, à l'heure où Rome balbultie. Moins mystérieuse qu'on se plaît à le dire, mais fascinante avec ses ombres qu'illumine peu à peu un art subtil et spontané.

    Un peuple qui crie son goût de la vie et dont la culture raffinée, aux sources de la civilisation italienne, donne une haute idée du génie humain.

  • En l'an 166 de notre ère, l'Empereur des Han reçut, dans sa capitale Xian, une "ambassade" annales chinoises l'attestent et en rendent compte avec précision. Mais, cet événement tout à fait extraordinaire pour l'époque est pourtant resté méconnu du public.
    C'est avec un remarquable talent de conteur que Jean Noël Robert nous écrit cet étonnant périple. Après avoir présenté au lecteur une synthèse des connaissances géographiques dont disposaient les Romains et, surtout, la représentation qu'ils pouvaient avoir du Monde et de l'Autre lointain, il 'attache à nous montrer l'image de la C impériale. Les ères ("producteurs de soie") s'étaient fait connaître par l'intermédiaire des commerçants indiens qui livraient à Rome, outre la soie (d'une valeur inestimable), diverses denrées alimentaires ou artisanales. C'est la perspective e telles richesses qui conduisit quelques commerçants à entreprendre un périple absolument stupéfiant, plein d'inconnues et de dangers. L'auteur analyse l'ensemble des voies empruntées, terrestres ou maritimes, les étapes obligées, les difficultés de parcours, l'importance des vents de mousson, les actes de piraterie etc.
    Parfaitement, documenté, écrit de façon attrayante pour un large public, il séduira à la fois les amateurs de récits de voyage, d'histoire antique et, bien sûr des mystères de l'Empire du Milieu.

  • « Du pain et des jeux », mais aussi des spectacles, des promenades, de la lecture, du sport, des banquets ou des voyages:l'Antiquité a élevé le divertissement en art de vivre. L'Empire romain a fait davantage:il l'a étendu à tous, octroyant à chaque homme libre, en même temps que la citoyenneté, le plus grand des privilèges, le loisir.
    Rome à la légendaire vertu, Rome qui réunit sous sa coupe les peuples de l'Atlantique à l'Euphrate et du Rhin aux sables du Sahara, nous a laissé pour modèles des citoyens oisifs qui, chacun selon son éducation et sa fortune, s'adonnent aux plaisirs de l'otium, la liberté de jouir de son temps.
    À travers plus de cent textes traduits du grec et du latin, ce livre nous propose de poser nos pas dans ceux des Anciens à l'heure du repos afin de goûter à la volupté tranquille du Roman way of life.

  • Le grand Scipion l'Africain, comme tous les Romains, porte la barbe.
    Un jour, en Sicile, au contact des moeurs grecques, il décide de se faire raser. Aussitôt, tout ce que Rome compte d'hommes jeunes et modernistes suit son exemple. La mode du visage glabre est lancée... Les tapis de Babylone font fureur au temps de Caton : ils s'arrachent 800 000 sesterces pièce quand un poulet, au marché, vaut 2 sesterces... L'esclave Roscius a du charme, et du talent. Son maître décide d'en faire une vedette de théâtre.
    En quelques années, il devient la coqueluche des Romains, et son nom reste comme celui d'un des plus grands du " star system "... A Rome, comme le montrent ces quelques exemples, la mode s'immisce autant dans les habitudes de vie - le vêtement, la nourriture, le cadre familier - que dans l'art et la littérature où la notion d'imitation est centrale. Par la suite aussi, Rome demeure l'arbitre des élégances, en devenant un modèle de référence pour la culture et le goût européens.

  • La civilisation romaine est née avec la fondation de la ville de rome.
    La postérité a surtout retenu l'extraordinaire extension d'une cité qui s'est imposée comme la maîtresse du monde antique. et rome fut, il est vrai, le phare de la méditerranée, le forum symbolisait par excellence la scène de la politique mondiale. mais c'est en coulisses qu'il faut aller chercher les racines de cette culture, jusque dans les bourgs obscurs de l'italie. avant d'être un citadin, le citoyen romain fut un paysan.
    Rome s'est fortifiée de la campagne, au physique comme au moral, et la plupart des grands noms qui ont tracé son destin ne sont souvent que des provinciaux montés pour réussir (ou échouer) dans la capitale. que sait-on de ces hommes de la terre, des paysans libres comme des esclaves ruraux ? que connaissons-nous de leur vie quotidienne au service de leurs champs ou de leurs troupeaux, de leurs soucis économiques, de leurs croyances religieuses ? l'auteur propose une plongée dans ce monde rural méconnu, à la rencontre de ceux qui ont oeuvré anonymement, et souvent douloureusement, pour que resplendisse la gloire de rome.
    Il nous entraîne aussi à la découverte de ces domaines mythiques dans lesquels les grands du monde romain viennent se ressourcer et toucher un peu, en privé, à la magnificence des rois orientaux qu'ils ont réduits à merci,.

  • Ces récits de voyages insolites se présentent comme des rencontres avec des hommes qui vivent aux antipodes de nous dans le temps comme dans l'espace et qui, pourtant, sont nos contemporains.
    Il s'agit, pour l'auteur, d'une enquête sur des chemins d'humanité afin de comprendre ces êtres ordinaires - et souvent extraordinaires, si lointains et si proches. L'exercice n'est possible qu'au prix d'une volonté, celle de rendre disponibles son coeur et son esprit, celle de s'abandonner à la faculté d'admirer, voire d'éprouver de la compassion pour cette partie de notre monde qui est en grande souffrance.
    Hommes du commun au destin incroyable, peuples oubliés qui tentent de survivre à une autre époque, comme les Papous ou les Mentawaï, malgré la bonne conscience des grandes puissances qui voudraient leur faire franchir plusieurs siècles d'un coup en leur imposant les bienfaits de la mondialisation, peuples opprimés dont la vie se trouva sacrifiée sur l'autel de la folie de quelques dictateurs, Chinois, Tibétains, Ouïgours, Cambodgiens, la liste est longue de ces frères des confins que le lecteur découvre au gré de ce récit émouvant et sincère.

  • Rome se présente comme un cas particulier : rares sont les villes qui donnèrent leur nom à une civilisation, de surcroît rayonnante et féconde. Pour autant, la civilisation romaine ne se laisse pas aisément déchiffrer. Elle se livre peu, elle éblouit ceux qui croient la comprendre et qui la prennent pour miroir, croyant y percevoir le reflet de leurs origines. Or une fois brisée la carapace des illusions, le mystère s'épaissit. Rome nous est étrangère parce qu'étrange. Les mots que nous utilisons aujourd'hui pour cerner son histoire, ceux d'impérialisme, de colonisation, de nationalisme. ne signifient rien pour un Romain. Ils n'existaient pas dans l'Antiquité. La société romaine, si l'on fait l'effort de la soustraire à nos critères d'analyse, se révèle très exotique, et l'existence de l'homme romain, en apparence semblable à la nôtre par certains aspects, surprend par ses différences dès que nous nous efforçons d'en décrypter le sens et les symboles.

    Cependant l'Europe s'est forgée dans le berceau de la latinité, et nous avons sucé le lait de l'humanisme Romain. Rome a proposé une vision unique et remarquable de l'homme, une tentative exemplaire de le considérer dans sa dignité, ressourçant dans le passé historique notre aspiration aux Droits de l'Homme. Elle a réuni les citoyens de son empire dans la lumière de la liberté et réussi la performance de faire régner la paix pendant des siècles sur un territoire immense. Nous en sommes les continuateurs. A la réflexion des hommes d'aujourd'hui qui prétendent conforter l'Europe, elle offre un remarquable champ expérimental. Car, comme le précise Valéry, « l'histoire, je le crains, ne nous permet guère de prévoir ; mais associée à l'indépendance de l'esprit, elle peut nous aider à mieux voir ».

  • « Ce qui fait notre vie ? Les bains, le vin, les femmes », fut-il écrit sur le marbre d'un tombeau. Plaisirs et volupté ! Nous sommes loin de l'image sévère dont pâtissent trop souvent les Romains, cantonnés dans un rôle de légionnaire endurci ou de politicien phraseur. Si les débuts furent austères et difficiles, avec la conquête du monde, ils ont rapidement affirmé leur détermination à profiter de la vie.
    Sénèque, en professeur de morale qui connaît bien l'âme de ses contemporains, ne s'y trompe pas quand il fustige leur appétit de jouissance : il leur prête une philosophie assez éloignée de ses préceptes rigoureux : « l'unique félicité, c'est de faire fête à la vie ; manger, boire, jouir de son bien, cela c'est vivre, c'est ne pas oublier que l'on est mortel. Les jours s'écoulent, la vie achève son cours irretrouvable. Et nous hésitons ? Que sert d'être sage puisque notre âge ne sera pas toujours apte aux plaisirs... Tu n'as point de maîtresse, point de mignon pour rendre jalouse ta maîtresse ; tous les matins tu sors le gosier sec... Ce n'est pas là vivre, c'est regarder vivre l'autre. Quelle folie de se constituer l'intendant de son héritier ! » (Lettres à Lucilius, 123, 10).
    N'en doutons pas, le Romain sut goûter les plaisirs.
    Jean-Noël Robert, historien de Rome, a publié aux éditions Les Belles Lettres, plusieurs ouvrages touchant à l'histoire des mentalités, Les Modes à Rome ou Éros romain, sexe et morale dans l'ancienne Rome, ainsi que De Rome à la Chine et une biographie sur Caton. Il dirige en outre la collection des « Guides Belles Lettres des Civilisations » dont il a signé deux volumes : Rome et Les Étrusques.

  • Eros romain

    Jean-Noël Robert

    Ce livre est plus qu'un plaisant inventaire de toutes les pratiques sexuelles et manies érotiques des anciens romains, décrivant, au hasard des curiosités, comment se préparer aux premiers rapports, quel régime alimentaire suivre pour être plus performant en amour, par quelle astuce choisir le sexe de son enfant, comment se livrer aux plaisirs de la masturbation, avec qui s'adonner l'homosexualité ou quel remède absorber pour avorter...
    Cette présentation simplement anecdotique de la sexualité romaine n'eût pas rendu compte de l'essentiel : le cadre moral dans lequel des Anciens concevaient les rapports érotiques entre les êtres.
    Eros Romain apporte les réponses à toutes les questions précédentes - et à bien d'autres - mais propose de les analyser en regard des valeurs romaines. On s'aperçoit alors que le sexe, omniprésent dans la vie quotidienne antique, n'a rien de cette obscénité qu'une vision obsessionnelle moderne s'obstine à lui conférer.
    Si l'on a cru pouvoir taxer les Romains de débauche en raison de leur bisexualité et dénoncer leur trop grande liberté sexuelle, c'est que les moeurs romaines relèvent d'une autre codification morale, différente, mais non moins stricte et contraignante que la nôtre.
    L'érotisme peut exprimer la volupté de l'ivresse des sens sans nécessairement jeter sur ses manifestations le dégradant et culpabilisant voile de l'opprobe.
    Bien plus, la morale sexuelle établie par les chrétiens dans l'Antiquité s'inspire autant, sinon plus, des préceptes des philosophes païens que des textes sacrés. Car l'histoire de la sexualité dans l'ancienne Rome est d'abord celle d'une continuité, de la célèbre vertu d'un Caton au rigorisme des Pères de l'Eglise, en passant par la liberté revendiquée de celles et ceux qui refusèrent parfois d'apprivoiser les impérieuses sollicitations de notre sensuelle nature.

  • " On gagne plus, parfois, à avoir de rudes ennemis que des amis qui paraissent agréables : les premiers disent souvent la vérité, les autres jamais.
    " " La vie humaine est à peu près comme le fer. Si on le fait travailler, il s'émousse ; si on ne le fait pas travailler, la rouille le détruit quand même. Ainsi, nous voyons que les hommes s'usent en travaillant ; mais si on ne leur fait rien faire, la paresse et la torpeur causent plus de dommages que le travail. " " Les moutons, pris un à un, n'obéissent pas ; mais en troupeau, ils suivent ceux qui les mènent.
    De même, tels conseillers, que vous n'estimeriez pas devoir écouter dans le privé, vous mènent à leur gré quand vous êtes assemblés. " " Ce n'est pas que je blâme ceux qui cherchent à bien profiter des occasions ; mais moi, j'aime mieux rivaliser de vertu avec les meilleurs que de richesses avec les plus riches et d'avidité avec les plus avides. " " Un homme qui bat sa femme ou son enfant porte la main sur les objets les plus sacrés ; je regarde comme plus digne d'éloge d'être un bon époux que d'être un grand sénateur.
    " Caton l'Ancien. Deux membres de la famille des Pocii Catones se sont illustrés dans l'histoire de la République romaine et su sont affirmés comme des figures politiques majeures, chacun à son époque. Le premier, dit " l'Ancien " s'est voulu le gardien des valeurs républicaines en un temps où la culture grecque les menaçait, au début du IIe siècle avant notre ère. C'est le célèbre censeur auquel s'intéresse la présente biographie.
    Son sens du devoir au service de ses compatriotes a magnifié l'image du citoyen exemplaire. Le second, Caton le Jeune, son arrière-petit-fils, contemporain de Pompée et de César au Ier siècle avant notre ère, a fondé sa détermination politique sur l'exemple de son glorieux ancêtre et a tenté de s'opposer à la dérive du régime républicain qu'il considérait perverti par l'ambition de dynastes démagogues.
    Imprégné de philosophie stoïcienne, devant la victoire de César, il a préféré se donner la mort avec un courage qui força l'admiration. L'un avait incarné la conscience républicaine, le suicide de l'autre matérialisait la fin de la République. Tous deux sont ainsi entrés dans la légende. Les historiens de l'Antiquité ont célébré leur virtus. Admiratif, Robespierre disait, en parlant du second " Citoyens, vos représentants...
    Sont décidés, comme Caton, à se déchirer les entrailles plutôt que de se rendre. " Du premier, Cicéron saluait l'universalité des talents : " Personne, devant le peuple, ne fut plus énergique, au Sénat, ne fut plus utile. Ajoutez que, sans conteste, il était également un général de premier ordre. Enfin, tout ce que, de son temps, on pensait savoir et apprendre dans notre ville, il l'étudia, le sut et même en écrivit.
    " Tout l'idéal du citoyen romain tient dans cet hommage. Caton l'Ancien (- 234 / -149) fait figure d'exception dans l'histoire romaine, autant par sa longévité politique que par sa carrière exemplaire qui lui permit d'exercer une influence déterminante sur le destin de Rome au lendemain de la guerre contre Hannibal. Parangon de la vertu romaine, gardien de la morale, censeur redouté et défenseur infatigable d'une identité romaine menacée, à son époque, par l'hellénisme, il est entré dans la légende, de son vivant, comme l'incarnation du citoyen par excellence.
    Mais, de sa légende, le célèbre censeur de - 184 s'est rapidement trouvé prisonnier. En statufiant le magistrat dans une gloire trop rigide, la postérité l'a figé dans une attitude hiératique. La présente biographie - la première en français se propose d'enquêter sur la vérité d'un homme qui symbolise dans les mémoires et la tradition, jusqu'au XXe siècle, l'intransigeance, la rigueur et l'honnêteté en politique comme dans la vie quotidienne.

  • La démagogie et l'hypocrisie sont les deux mamelles de la déséducation nationale. C'est peu de dire que l'école se porte mal. Elle constitue la principale caisse de résonance d'un malaise qui la dépasse et qui gangrène la société. Elle souffre surtout d'une entreprise de destruction massive orchestrée par une administration ministérielle aux mains d'idéologues pédagogistes qui ne sont pas seulement des naïfs Trissotins. Mais il est politiquement incorrect de les dénoncer.
    L'auteur de ce petit livre-témoignage a souffert, pendant plus de quarante ans, de cette « décérébration » programmée. Il a eu la chance d'exercer parallèlement dans le secondaire et dans le supérieur et s'est trouvé confronté à nombre de maux qui ont aujourd'hui engendré la débâcle de notre école : les réformes successives, les programmes inapplicables, la formation des professeurs par une forme d'endoctrinement, l'orientation des jeunes, l'exercice de la laïcité compromis...
    Une vision à la fois personnelle et élargie, simplement nourrie d'une expérience et d'un bon sens qu'exigent la pratique du « terrain » et l'amour du métier.

  • Fonctions naturelles de l'espèce humaine, la langue et le langage ont cette particularité, à la différence des battements du coeur, de pouvoir subir l'action volontaire de l'individu. Mais que trouve-t-on au commencement : la langue, le langage ou la pensée ?

    Des mathématiques aux sciences de l'homme et de la nature, ce livre propose une lecture interdisciplinaire des problématiques intrinsèques à la langue et au langage. Comment concevoir la traduction des textes philosophiques ou religieux qui est censée assurer la continuité de la pensée d'une langue à l'autre ? Que nous apprennent les mathématiques, qui semblent libérées des contraintes linguistiques ? Peut-il y avoir une pensée en dehors du langage, voire un langage sans pensée, comme le suggère aujourd'hui la traduction automatique ? Qu'en est-il du monde animal et que révèlent les pathologies du langage ?

  • Homme de courage et de conviction, esprit volontaire et visionnaire, Simon Nora (1921-2006) fut l'un des principaux acteurs de la modernisation française. Résistant à vingt ans, énarque à vingt-cinq, il fut l'un des proches collaborateurs de Pierre Mendès France puis de Jacques Chaban-Delmas quand celui-ci, Premier ministre, mit en oeuvre son projet de « nouvelle société » en 1969. Cofondateur de L'Express dans les années cinquante, directeur général du groupe Hachette, puis directeur de l'ENA, Simon Nora est également l'auteur de plusieurs rapports dont celui sur les entreprises publiques (1967) et le fameux rapport sur l'informatisation de la société française, en collaboration avec Alain Minc (1978). Évoquer le parcours de Simon Nora, c'est revisiter un paysage politique et intellectuel qui reste la toile de fond des débats d'aujourd'hui.

    Le présent ouvrage reprend les interventions de l'hommage rendu à Simon Nora aux lendemains de sa mort, en 2006, à la Bibliothèque nationale de France à l'initiative et sous la présidence de Jean-Noël Jeanneney ; ainsi que celles d'un colloque en 2013 à l'Institut d'Études Politiques de Paris dans le cadre de l'Institut Pierre Mendès France, sous la présidence d'Éric Roussel et avec le concours de Robert Frank, président de son comité scientifique.

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