Jean-Marie Durand

  • Un climat crépusculaire domine la vie intellectuelle hexagonale. Catégorie centrale de notre histoire politique, l'intellectuel ne suscite plus la foi dont il fut l'objet durant plus d'un siècle. De nos jours, la modestie de celui ou celle qui exerce le métier de penser s'impose, sans que cette modestie ne soit pour autant un renoncement à faire oeuvre d'originalité. Mais la forme de l'adresse, qui fut longtemps la marque distinctive de l'intellectuel français, s'est métamorphosée, passant d'une invocation prophétique à une suggestion plus discrète et timide.

    S'ils sont une figure du passé, les intellectuels continuent pourtant à former une communauté, à la fois concrète et imaginaire, à donner le sentiment d'exister en tant que catégorie sociale. Bien que dispersés dans la confusion d'un paysage de la pensée fragmenté, les intellectuels résistent à la prophétie de leur trépas. Ils prolongent les gestes de leurs aînés, sur d'autres types de scènes, avec des moyens renouvelés, dans un autre moment historique, où ils n'occupent simplement plus le premier rang.

    Tout a changé dans l'exercice de leur fonction : le nombre des acteurs qui peuplent leur famille, élargie sous l'effet de la massification universitaire ; la précarisation de leur statut et de leurs conditions de vie, liées aux politiques publiques de plus en plus contraignantes à leur égard ; la perte de prestige symbolique, causée par les bouleversements de l'espace public. À défaut d'être complètement vivants, c'est-à-dire maîtres de leur destin, ils sont aujourd'hui des survivants, tenus de trouver des parades à la marginalisation qu'ils subissent.

    Impossible à réduire à une seule identité, l'intellectuel se conjugue plus que jamais au pluriel, tant son modèle abrite une multitude de visages et de positions hétérogènes, tant surtout son modèle invite à des regroupements disséminés, dans un souci d'hybridation créative, brisant le monopole supposé de l'intellectualité. Autant que chez les intellectuels eux-mêmes, l'intellectualité se déploie aujourd'hui chez tous ceux qui, à sa périphérie, s'agitent pour penser le présent.

    C'est dans ce double déplacement, perceptible autant dans la manière dont les intellectuels se repensent eux-mêmes que dans l'art d'imaginer de nouvelles alliances avec des publics périphériques au monde académique, que s'esquisse un modèle inédit de l'intellectuel au XXIe siècle. Dépassé, survivant, mais ressuscité. L'intellectuel est mort, vive l'intellectuel.

  • Apparus vers le XIe siècle et disparus en 1789, les prévôts de Paris, en charge du maintien de l'ordre public, de la sécurité du roi et exerçant de hautes tâches administratives, ont joué un rôle considérable dans l'histoire de la capitale, payant de leur liberté voire de leur vie les conséquences d'événements qui ne leur étaient pas toujours imputables...

  • Les mûres sauvages

    Jean-Marie Durand

    • Clc
    • 11 April 2018

    La première partie de cet ouvrage est autobiographique. Elle est aussi le reflet d'une époque dont les acteurs se font de plus en plus rares. Cette histoire prouve, s'il en était besoin, que l'imagination, et surtout celle d'un enfant, peut engendrer une réalité propre à lui-même. Alors, prémonition ? Ou bien encore, les vieilles pierres ont-elles une âme ? Possèderaient-elles une mémoire que seul un très jeune cerveau, totalement réceptif, est capable de capter et de visualiser ? Mais pourquoi vouloir résoudre une énigme vieille de 700 ans ? Combien de destinées cet étrange phénomène a-t-il bouleversées ? Certains passages de notre vie sont peut-être, à notre insu, modifiés par des révélations venues d'ailleurs ! Dans la plupart des cas cela échappe à notre conscience et peut engendrer des drames.

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  • L'évangile du diable

    Jean-Marie Durand

    • Clc
    • 9 March 2020

    La voiture l'avait fauché sur la rocade. Mais, que faisait Gino à cet endroit ? Transporté d'urgence à l'hôpital, il n'aura pas le temps de révéler son terrible secret. Qui a bien pu réduire au silence le mystérieux sicilien et pourquoi ? La maffia ? Le docteur Cécile Wernier n'y croit pas. Quelques années plus tard, toujours hantée par la disparition de Gino et surprise par les réactions de son filleul Paul, né le jour de la mort du jeune homme et dans le même hôpital, la conduisent sur les chemins de la vérité. Un polar aussi captivant que surprenant qui nous emmène de Paris au Vatican en passant par la Sicile, pour nous faire découvrir "L'évangile du Diable". Cet évangile du diable oeuvre d'un mystérieux treizième apôtre.

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  • Cet ouvrage se compose de deux parties : la première est un catalogue des termes relatifs aux textiles et aux pièces d'habillement qui se trouvent dans les textes des palais de Mari (Syrie).
    Chacune des entrées lexicales précise et renouvelle nombre d'idées admises sur les habits et les tissus de l'époque amorrite (2004-1595 av. J.-C.).
    Dans une seconde partie, sont regroupés les 954 numéros d'inventaire des textes de Mari relatifs à l'habillement. Ce corpus exhaustif est organisé chronologiquement. Les textes inédits ou repris sont donnés in extenso et les collations indiquées au fil des textes cités.  Cet ensemble servira au futur Dictionnaire babylonien de Paris.

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  • Depuis que Miles Davis a annoncé sa naissance à la fin des années 1950 dans son album Birth of the Cool, le cool flotte parmi nous, comme un horizon, une tentation, une respiration. On l'emploie à tort et à travers : " On se voit demain soir ? Cool. "" Elles sont cool, tes baskets ! " Chaque semaine, des " Mister Cool " émergent des circuits de la pop culture, héros fabriqués d'un monde attiré par le beau, le fun, le frais, le sexy, le calme, le détaché, le glamour...
    Le mot glisse dans nos mains comme il fond dans nos bouches. Mais à travers lui, nous disons ce à quoi nous tenons le plus : une vie lavée du tragique, libérée des conflits inutiles, attentive aux mouvements du siècle. Car plus que le mot fétiche d'une société marchande, le cool a la beauté secrète d'une allure de vie, d'une manière d'exister, décentré, au coeur du monde.
    Jean-Marie Durand signe la première histoire du cool, un panorama pop-culturel érudit et pourtant si cool.

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  • En 1977, le monde est entré dans une nouvelle ère, celle de l'inquiétude.
    Tu n'as rien vu en 1977. Rien. Qu'y avait-il d'ailleurs à voir, à saisir, à comprendre ? Le monde occidental était plus ou moins en paix, la guerre froide figeait les positions belliqueuses, pas de chômage de masse, une extrême droite somnolente, la jeunesse profitait encore de l'appel d'air de 68... Tout semblait calme et tranquille. En apparence.
    Cette année-là pourtant se joue quelque chose d'essentiel : le début de la chute. Le punk, Apple, les « nouveaux philosophes », Star Wars, Beaubourg, Téléfoot et la bande à Baader. Tout s'y invente, tout s'y déploie, tout s'y transforme, du sentiment de vacuité à l'ivresse du spectacle et de la technique,de la mélancolie postmoderne au triomphe de l'idéologie néolibérale, du deuil d'un avenir radieux à la globalisation des normes. De sorte que 1977 peut être considérée comme la scène primitive de notre époque actuelle. Une année zéro. L'origine de la faille dont nous éprouvons aujourd'hui les secousses. L'année d'une bifurcation vers un monde brutal dans lequel nous nous agitons encore.

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  • Conakry, Guinée, dans les années soixante. Un guide de chasse attend à l'aéroport l'avion de UTA pour réceptionner un couple apparemment normal pour un safari apparemment sans histoire. Contrairement aux apparences, le guide n'est pas un guide normal et le couple cache un secret. Il faut savoir que l'Afrique remodèle souvent les destins, surtout ceux des étrangers. Sur ce continent, la sorcellerie est toujours présente et les choses peuvent ne pas se dérouler comme prévu. Il y a aussi l'amour imprévisible qui peut frapper comme la foudre... L'Afrique est une terre magique et fascinante pour ceux qui la connaissent... Cette fiction a été imaginée à partir d'un fait réel et certains des personnages mis en scène vivent encore.

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  • Spécialisée dans l'histoire des femmes depuis ses premiers travaux universitaires à la fin des années 1990, C. Bard témoigne de son parcours d'historienne s'efforçant de renouveler les approches dans ce domaine et s'attachant à des objets inédits comme les antiféminismes, les garçonnes, les travesties ou encore le pantalon et la jupe. Elle évoque également les enjeux contemporains du féminisme.

  • Alors que nous manquons aujourd'hui de repères, Tristan Garcia tente de nous en livrer quelques-uns, essentiels, singuliers, iconoclastes, grâce auxquels la possibilité d'une utopie nouvelle se dessine. Attaché à l'idée métaphysique qu'il « faut laisser être et rendre puissant », l'auteur se refuse à la fois de décrire simplement le réel (dire ce qui est) et de suggérer une prescription (dire ce qu'il devrait y avoir). Son geste d'écriture, sous de multiples formes (essai, roman, écrits sur l'art...), tente plutôt d'opérer une transcription de ce réel, tout en essayant de reformuler les catégories de la pensée.
    L'ambition immense de son oeuvre tend, en creux, à nous aider à transformer nos conditions d'existence. Son attention égale à ce qui finit et à ce qui commence, aux crépuscules et aux aurores, nourrit une pensée extrêmement riche, qui dans sa singularité même, occupe le centre de la vie intellectuelle contemporaine.

  • Tout tremble Nouv.

    Jeune romancière et musicienne, engagée dans son époque à travers l'art de la scène et les livres, Blandine Rinkel revient ici sur le sens de l'écriture : se rapprocher des autres, rendre la vie plus désirable. Évoquant aussi son parcours, son enfance, ses lectures fétiche, oscillant entre le roman et les sciences humaines, elle déploie une curiosité infinie pour le monde. Elle tente d'y définir sa place. Sa maturité réflexive, associée à sa jeunesse, en fait un témoignage fort et sensible sur la manière dont une personne de 30 ans affronte de nos jours la vie. Pour elle, ce qui importe aujourd'hui, c'est d'oser se laisser déborder par ses affects, ses joies, ses inquiétudes. Elle ne partage pas la passion de l'époque pour le pire et le manque d'empathie général. Plus qu'une leçon de sagesse, elle livre ici une leçon de vie, roborative et stimulante. La voix d'une génération qui a connu la disparition des oiseaux, la raréfaction du silence et la pollution de l'air. Une promesse d'énergie.

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