Sciences & Techniques

  • Voici un des textes les plus étranges de l'histoire de la psychiatrie.
    S'agit-il d'un texte de logique philosophique ou de logique psychotique ? Qui est donc son auteur, ce médecin mort pendant la Seconde guerre mondiale et qui voulait devenir psychiatre ? Pour David Allen, François Klein est au rationalisme morbide ce que Schreiber, le célèbre patient de Freud, est à la paranoïa. Mais qu'est-ce que le rationalisme morbide ? Cette notion théorisée par E. Minkowski décrit un type de schizophrénie dans lequel on assisterait à une " hypertrophie des facteurs rationnels et spatiaux de la pensée " conditionnant tous les comportements des malades.
    Dans les cas de rationalisme morbide, le raisonnement est régi par l'identité aboutissant à une atomisation de toute axiologie, de toute tentative de signification. On assiste à un aplatissement des valeurs qui n'ont plus d'ancrage central. C'est ce que Serge Leclaire appelait " l'équivalence significative " de tous les points du discours du psychotique, illustrant la notion de forclusion de Jacques Lacan.
    " Idiot = idiot Donc : dire que quelque chose est idiot, c'est idiot Le niez-vous ? " François Klein Cela pourrait bien constituer la structure minimale de toute schizophrénie. On pourrait ainsi tenter de dépasser l'incapacité actuelle de la psychiatrie à se mettre d'accord sur le diagnostic de schizophrénie. Ce concept ne souffre-t-il pas à la fois d'obésité idéologique et d'anorexie théorique ? François Klein mérite donc d'être entendu car il a été à la fois auditeur du délire et délirant.
    Il nous explicite de manière inouïe les mécanismes qui sous-tendent le rationalisme morbide.

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