Jean-Claude Vatin

  • L'Algérie n'est pas née à la vie politique en 1962. L'indépendance représente moins une éclosion qu'une consécration, une renaissance. L'auteur s'est attaché à le démontrer en retraçant les transformations d'une société effacée en 1830, condamnée à l'oubli, à la figuration, jusqu'à la première guerre mondiale puis progressivement reconstituée au point de contester et secouer une domination, pour se libérer enfin. Grâce à une analyse critique des versions officielles et des obscurcissements auxquels s'est pêtée une certaine histoire, grâce à une relecture d'auteurs classiques et marginaux, surgissent des images moins conformes aux archétypes imposés par le colonisateur. La seconde édition, revue et corrigée, s'est accrue d'une centaine de pages. Elle comporte une préface et des conclusions nouvelles, ainsi qu'une présentation critique des principaux ouvrages parus et thèses soutenues de 1974 à 1982. Une bibliographie sélective des travaux publiés durant cette même période figure en annexe.

  • La reconnaissance est bien un devoir qu'il faut rendre, mais non pas un droit qu'on puisse exiger (Rousseau). Au travers de subtiles nuances, la considération, la reconnaissance, le respect, la dignité rendent compte d'états instables, complexes mais essentiels dans la vie des individus et des sociétés. Ils reflètent des liens et des relations élaborés dans des systèmes sociaux plus ou moins structurés selon les lieux et les époques. Qu'est-ce que la considération dans une société démocratique ? Au-delà de l'idée de courtoisie, d'attention, d'égards, la considération s'inscrit au plus profond des droits de l'homme, de ces droits imprescriptibles, inaliénables et sacrés, des droits fondamentaux de la personne. La question de la considération invite à repenser la place des sentiments et des devoirs moraux à côté des droits politiques et juridiques et à reposer des problèmes qui sont au coeur des revendications sociales et politiques : l'estime de soi, le droit à la dignité, le respect de la différence, le refus du mépris et de l'exclusion. La reconnaissance entre égaux.

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  • Ariane, compagne délaissée par Thésée, devient l'épouse triomphale de Dionysos qui l'élève au rang des immortels.
    Ce mythe de la passion partagée et de l'immortalité par l'amour conjugal a inspiré les poètes et les artistes tout au long de douze siècles de culture grecque et gréco-romaine, jusqu'aux marches lointaines de l'Asie centrale. Textes, vases, terres cuites, fresques, mosaïques, fibules, miroirs ou sarcophages témoignent de sa puissance et de sa pérennité. Face à l'institution juridique du mariage où l'épouse serait une perpétuelle mineure, le mythe oppose l'image d'un lien conjugal tout aussi légitime, conclusion d'une passion spirituelle et charnelle également partagée par les deux amants.
    On ne saurait comprendre la société antique si l'on ignore l'une des deux faces de ce diptyque. Mythe de l'amour, mais aussi de l'éternité par l'amour, Ariane est donc une figure de félicité par-delà la mort. Dans la quête d'immortalité d'une société qui se métamorphose, elle est devenue un symbole de la survie dans l'amour divin.

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