Jean-Claude Eslin

  • Témoin capital de notre siècle, Hannah Arendt n'a cessé de construire son oeuvre sur les rapports entre " l'être citoyen " et l'actualité du monde.
    Comment aurait-elle fait autrement puisque l'Histoire, pour elle, s'est confondue avec sa propre vie ? Chassée d'Allemagne par le nazisme où elle étudiait la philosophie avec Jaspers et Heidegger, exilé d'abord en France puis aux Etats-Unis, celle qui se sentait " l'obligée du monde " a réfléchi, en s'interrogeant sur le pouvoir, sur sa propre destinée et à ce tire, son livre le plus célèbre, Les origines du totalitarisme, constitue la narration dramatique des évènements de l'Europe des années trente et quarante.
    Attachée à identifier les ruptures de la société européenne à la lumière de la perte du monde commun et de l'affaiblissement de " l'être-citoyen ", Hannah Arendt offre une appréhension nouvelle de notre situation propre, entre le passé et l'avenir, sans l'appui d'autorités et de traditions. Penseur de notre temps, elle a reconnu la fragilité de l'homme. Mais elle a aussi montré sa capacité à imposer un sens à sa vie sociale et morale grâce aux expériences fondamentales de la vie publique.

  • Augustin, c'est nous : il est l'homme occidental, il est le premier moderne.
    Par rapport à l'empire romain, par rapport au christianisme d'Orient, par rapport à la stabilité de l'homme sûr de lui, il marque une rupture, représente le moment fondateur de l'inquiétude occidentale, introduit une instabilité féconde, une dynamique qui n'est pas apaisée depuis. En mettant au premier plan, comme philosophe et comme chrétien, l'expérience d'un homme qui dit Je dans Les Confessions et Nous dans La Cité de Dieu, il envisage la condition de l'individu comme de la société dans une perspective où la mémoire, l'histoire, le temps de ce monde, sont premiers, même quand ils sont interrogés par le divin, et il introduit comme une faille dans le narcissisme du monde ancien.
    Augustin est un homme pour tous, car l'écrivain qui est devenu l'évêque d'Hippone est toujours un philosophe qui ne cesse d'interroger la condition humaine.

  • Une réflexion sur les difficultés de l'Eglise à répondre aux catastrophes environnementales par une réponse écologique convaincante.

  • Les tensions entre le politique et la religion sont un ressort majeur de l'histoire de l'Occident, et donc aussi un fil directeur pour la comprendre.
    Elles ne constituent pas seulement un objet qui aurait influencé de l'extérieur la civilisation occidentale : elles l'ont imprégnée de l'intérieur - et l'imprègnent encore, fût-ce à notre insu. Jean-Claude Eslin a refait ce parcours du théologico-politique en Occident, depuis ses origines, juive et chrétienne, grecque et latine (l'auteur rappelle en particulier l'influence considérable de Cicéron), jusqu'à l'époque contemporaine.
    Il passe en revue les grands moments de la pensée théologico-politique : Augustin, les théories médiévales, Luther et Calvin, la philosophie politique jusqu'à la Révolution (Machiavel, Hobbes, Spinoza, Locke, Rousseau), enfin les héritages multiples au XIXe et au XXe siècle. Ces réflexions, qui furent presque toujours liées à des crises et à des tournants historiques de grande importance, ont eu des effets à long terme, qui se font sentir encore aujourd'hui : car cette dualité de principes opposés marque les structures et les grandes catégories de notre culture politique.
    Elle constitue " la racine dynamique de l'Occident dans l'histoire ".

  • Depuis deux mille ans, la Bible inspire notre culture. Aujourd'hui, elle nous est accessible non seulement à travers la diversité de ses traductions mais aussi des multiples lectures et interprétations qu'elle a suscitées et suscite toujours : d'innombrables lecteurs, croyants ou incroyants, artistes, penseurs, témoins des grandes religions, philosophes, écrivains ont su puiser à sa source.
    La Bible a été lue et comprise de diverses manières au cours des âges par des hommes de toutes cultures, de toutes pensées, voire arrière-pensées, qui ont mis en elle beaucoup d'eux-mêmes, de leurs passions. Qu'en ont-ils fait ? Qu'en font-ils ? Quelle histoire de notre passé, quelle image de notre devenir, du devenir des peuples et des civilisations les multiples activités et controverses que la Bible a inspirées dessinent-elles ?
    L'ambition de ce volume est d'offrir ce trésor des lectures de la Bible. Il révèle qu'au cours des âges les perceptions ont changé, depuis le judaïsme et les Pères de l'Église jusqu'à la période contemporaine ; que les réceptions ont pris des formes différentes selon la variété des cultures. Enfin, il montre combien la Bible a été source de sagesse et de beauté, inspirant l'art des peintres, des écrivains, des musiciens, des cinéastes.
    Chacun peut ainsi entrer par sa propre porte dans la grande aventure de la découverte de la Bible.

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  • La Bible est-elle encore à l'arrière-plan de notre littérature ? Grande dispensatrice de sens, parapet de papier dressé entre nous et les précipices de l'absurde, la Bible demeure l'insurpassable roman des origines avec ses myriades de personnages, figures, événements et symboles. Mais toute cette mythologie sacrée participe-t-elle encore de ce qui peut venir enrichir, aujourd'hui, le trésor de la tribu ?La Bible est-elle encore à l'arrière-plan de notre littérature ? Grande dispensatrice de sens, parapet de papier dressé entre nous et les précipices de l'absurde, la Bible demeure l'insurpassable roman des origines avec ses myriades de personnages, figures, événements et symboles. Mais toute cette mythologie sacrée participe-t-elle encore de ce qui peut venir enrichir, aujourd'hui, le trésor de la tribu ?

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