Jean-Christophe Béchet

  • Habana song

    Jean-Christophe Béchet

    • Loco
    • 7 February 2020

    Le photographe est allé à Cuba en 1990, au moment où les « Balseros » essayaient d'atteindre les côtes américaines, la Floride, sur leurs radeaux de fortune. Il est revenu à la Havane vingt ans plus tard, à la mort de Fidel Castro, découvrant une ville en pleine mutation. Les voitures américaines sont toujours là mais devenues des taxis pour touristes, le long du Malecon, on rénove les bâtiments et fleurissent les bars de luxe...

  • Jean-Christophe Béchet retrace ici une histoire subjective de la photographie et revendique ses influences : d'Eugène Atget à Stéphane Couturier, en passant par Robert Frank, August Sander ou Diane Arbus, les grands photographes de notre temps sont une source d'inspiration majeure.En déchiffrant leur écriture photographique, cet ouvrage a pour ambition de permettre au lecteur d'enrichir son propre langage.Chaque double page du livre présente en regard d'une photographie de Jean-Christophe Béchet, un photographe important de notre époque, son parcours et son apport à l'histoire de la photographie. S'exerçant à photographier « à la manière » des plus grands, Jean-Christophe Béchet nous livre les explications techniques qui permettront à chacun de s'y essayer.

  • Depuis vingt-cinq ans, Jean-Christophe Béchet colle se photographies dans des albums, petits blocs de papier reliées sans couverture. Ce sont ses "carnets". Ses étagères en contiennent plus de cent cinquante. Les images sont rassemblées par thème, par chronologie, par association d'idées, par lieu, par histoire .
    La collection "Carnets" témoigne, volume après volume, d'une photographie à l'oeuvre.

    "Lors de mes différents voyages aux Etats-Unis, j'ai toujours été frappé par la présence des animaux, domestiques ou sauvages, dans la vie quotidienne. En Floride, des crocodiles dorment au bord des chemins, en Californie des cerfs surgissent devant les voitures, au Montana des bisons traversent placidement la route, à San Francisco des otaries ont envahi le port et partout des oiseaux s'invitent au coeur de zones habitées, notamment à Bodega Bay, la petite ville où Alfred Hitchcock tourna en 1963 le film "The Birds".
    Ces multiples rencontres inattendues et surprenantes avec le monde animal m'ont donné envie de faire, pour la première fois, de la photographie animalière.
    Je l'ai envisagé à ma façon, sans zoom, ni téléobjectif, sans trepied ni affût, avec une simple focale fixe standard, en format carré, argentique puis numérique".

  • Depuis vingt-cinq ans, Jean-Christophe Béchet colle ses photographies dans des albums, petits blocs de papier reliés sans couverture. Ce sont ses "carnets". Ses étagères en contiennent plus de cent cinquante. Les images sont rassemblées par thème, par chronologie, par association d'idées, par lieu, par histoire .
    La collection "Carnets" témoigne, volume après volume, d'une photographie à l'oeuvre.
    Parution de trois ouvrages distincts constituant une "American Trilogy".

    "Aux Etats-Unis, tout est plus grand, plus fort et plus impressionnant, notamment les paysages !
    Les photographies légendaires d'ansel Adams ont structuré notre mémoire visuelle [.] On peut toutefois s'étonner de ces écarts esthétiques pris avec la simple vraisemblance. Ainsi la photographie du paysage américain est devenueune image virtuelle et idéologique déconnectée de la vision humaine. Mes "petits paysages américains", de taille modeste, en noir et blanc argentique, faits au Leica M6 avec un seul objectif Summicron 35mm, sans retouche, ni recadrage, sont une réponse (un antidote ?) à ces représentations hyperboliques. Ils s'attachent à représenter aussi bien des lieux les plus célèbres du pays (Monument Valley, Arches, Zion, Yosemite, Yellowstone, death Valley, les bayous de Louisiane, les chutes du Niagara.) que des espaces sans qualité qui sont pourtant tout autant de vrais et emblématiques "paysages américains"."

  • ORLANDO 6 HEURE DU MATIN.
    Orlando n'est pas une ville.
    Autoroutes, longues avenues, nombreux parcs d'attraction et un petit centre d'opérette qui jouxte des ghettos à éviter.
    Comment raconter une ville qui n'existe pas ?
    Avec le décalage horaire, je suis réveillé tôt. Je sors de l'hôtel.
    Je me retrouve sur International Drive dans un décor de série télé. Il est 6 h du matin. Dans la rue, il ne se passe rien. Tout semble aseptisé, noyé dans le brouillard matinal. Une vie au ralenti. Avant l'ouverture des magasins, je photographie, je marche, je regarde.
    Je me fixe une heure de prise de vue. Jusqu'à 7 h, moment où le buffet de l'hôtel ouvre pour le breakfast. Au fil des matins, je commence à repérer plusieurs trajectoires humaines qui se croisent et s'ignorent.
    Entre 6h et 7h, la vie sociale se met en place, petit à petit.
    Comment raconter en images ces trajectoires urbaines parallèles ?
    Je suis allé quatre fois à Orlando. Et chaque fois, j'ai photographié pendant une heure, de 6h à 7h du matin.

  • Depuis vingt-cinq ans, Jean-Christophe Béchet colle ses photographies dans des albums, petits blocs de papier reliés sans couverture. Ce sont ses "carnet". Ses étagères en contiennent plus de cent cinquante. Les images sont rassemblées par thème, par chronologie, par association d'idées, par lieu, par histoire .
    La collection "Carnets" témoigne, volume après volume, d'une photographie à l'oeuvre.

    "Près de mille kilomètres (939 km pour être précis) séparent la ville d'Eureka dans le Nevada de la ville d'Eureka en Californie. La route qui les relie recouvre en partie le tracé du fameux Pony Express, ce service de distribution du courrier qui fut en service entre 1860 et 1861. De nombreux westerns racontent l'épopée de ce voyage à haut risque qui traversait les grandes plaines de l'Ouest, les Rocheuses et les réserves indiennes. Aujourd'hui, on arrive à Eureka (Nevada) par la route US 50, une route de 4800 km appelée "The Loneliest Road in America" (La Route la plus Solitaire d'Amérique). Située en altitude (1975m), Eureka (Nevada) est un village de six cents habitants.
    Au printemps 2016, j'ai voyagé entre ces deux Eureka. J'avais un point de départ et un lieu d'arrivée, ultime et définitif, face à l'Océan Pacifique. En avril 2016, le pays était en pleine campagne électorale. Entre ces deux Eureka, j'ai été confronté à cette Amérique dite "profonde"."

  • En Indonésie, la vie s'organise autour des volcans. Des millions de personnes vivent sur leurs flancs et plus de cent d'entre eux sont considérés comme actifs. Le mot « Gunung » est un terme générique qui caractérise aussi bien des montagnes que des volcans ; il résonne comme le patronyme d'un Dieu auquel on doit se plier. Des temples et des parcs naturels utilisent aussi ce nom qui sonne comme une menace. A Java, Bali et Lombok, je suis allé voir comment la vie s'organisait sur les pentes de ces volcans actifs. Du célèbre Krakatau qui bouleversa, en 1883, la carte géographique de la région aux inquiétants Merapi, Bromo, Semaru, Kawah Ijen ou Rinjani, j'ai arpenté les sentiers de pierre, de cendres et de fumée. Au coeur d'une nature excessive et exubérante, entre enfer et paradis, j'ai choisi le film n&b et le format panoramique pour restituer la densité et la sévérité du pays des Gunung.

  • A l'automne 2006, j'ai vu apparaître sur les boites bleues des Polaroid 665 une étiquette jaune. En cinq langues, elle annonçait la mort prochaine de ce film. Dans l'industrie, on ne dit jamais qu'un produit est arrêté, on dit qu'il est « discontinué ». Un aveugle est un non-voyant, un sourd est un mal-entendant, un film photo qui meurt est un produit « discontinué ». En anglais: « Product being discontinued ». En allemand « Das produkt wir eingestellt » . En espagnol : « producto està suspendido », en italien : « prodotto fuori produzione ».
    Polaroid est une des grandes victimes économiques de l'essor du numérique. Le Pola n&b 665 était le seul film (avec son grand frère, le PN 55 lui aussi « discontinué ») qui délivrait instantanément un négatif en plus du petit « pola » traditionnel. Une fois lavé et séché ce négatif de 8x10cm pouvait être utilisée comme n'importe quel négatif n&b de grand format. Son rendu esthétique était exceptionnel. Souvent abîmé lors du développement instantané, encaissant mal les variations de températures, dôté d'une chimie capricieuse, le Pola 665 possédait une personnalité unique. Depuis ses bords délicatement voilés jusqu'à la douceur et la finesse de son grain même, le 665 était unique.

    Son utilisation m'obligeait à utiliser une grosse camera métallique. Avec cet équipement, je m'étais lancé dans une série de paysages, notamment en montagne. J'aimais emporter ce matériel capricieux et rustique sur les chemins de randonnée. J'ai toujours tendance à penser que c'est avec un appareil lourd et contraignant que l'on fait des images qui ont elles-mêmes du poids... Quand la fin du film 665 fut annoncée, j'ai décidé de photographier en en ayant ce compte à rebours en tête : plus que 10 packs (chacun contient 10 vues), plus que 7 packs, 5, 4, 3, 2, 1... Fini ! Il s'agissait d'une nouvelle sensation. A l'heure du numérique où justement tout paraît infini, gratuit, léger, volatile, je me retrouvais dans une économie restreinte, avec la nécessité de penser chaque vue. Et puisque le film était discontinué, j'allais aussi photographier ce sentiment de « discontinuité ». Le hasard des voyages m'a emmené en Islande. Et quoi de plus discontinué qu'un Geyser ? Ou qu'une cascade qui « coupe » brutalement l'écoulement d'une rivière ? En montagne, j'allais maintenant chercher les fortifications abandonnées, vestiges « discontinués » des dernières guerres.

    N'étant pas d'une nature mélancolique, je ne me suis pas laissé emporter par une nostalgie passéiste. Au fur et à mesure que je finissais mes derniers Pola 665, ma tristesse s'évaporait. Toute vie, tout bonheur n'est-il pas discontinué ? Du coup, c'est avec une vraie jouissance que j'ai terminé cette série. Finis mes doutes, mes hésitations (ai-je assez d'images ? Ne faudrait-il pas encore aller à Zanzibar, Tombouctou ou Valparaiso ?). Là tout est net : c'est le fabricant qui a décidé et cette contrainte me va finalement très bien. J'ai pris du plaisir à délivrer au compte goutte mes dernières vues. Je recherchais des discontinuités mystérieuses, cachées, aléatoires, je privilégiais les espaces où cette matière unique du film 665 me semblait pertinente. Et c'est ce voyage de deux ans, au coeur de la « discontinuité », que je vous propose ici de partager. Sans nostalgie, ni mélancolie (ou alors si peu...). JCB

  • Ce volume aurait dû être le premier de mes « Carnets ». C'est en effet sur les rives du fleuve Niger que j'ai senti que je devenais photographe. C'était il y a 25 ans, à l'été 1987, entre Mopti et Gao. Muni de mes deux Minolta X700, je voyais le chaos du monde s'organiser dans mon viseur... J'avais 23 ans. Mes premières années photographiques furent africaines. Après ce premier voyage dans le Sahel de 1987, il y a eu un long séjour au Cameroun, et puis un lent retour, en 1990, en auto-stop, à travers le Sahara vers la France. J'ai voyagé au contact de ceux qui espèrent commencer une nouvelle vie, au Nord, en Europe. Pour moi, il s'agissait de retrouver Marseille, ma ville natale. Je voulais revenir doucement, et arriver en bateau depuis Alger, soeur jumelle de Marseille...
    En janvier 2012, pour fêter les 25 ans de mon premier séjour africain, j'avais décidé de retourner sur les boucles du Fleuve Niger. Revoir Mopti, Gao, Gourma Rharous, Djenné, Tombouctou... La géopolitique en a décidé autrement. Chacun m'a déconseillé d'aller sur ce territoire là, désormais fermé aux européens. Alors je me suis replongé dans mes archives. J'avais élaboré, il y a vingt ans, de nombreux projets de livres autour de ces images africaines. Aucun n'avait abouti...
    L'actualité rattrapait mon passé. En juin, le nord du Mali était en guerre. Des groupes extrémistes ont commencé à détruire les mausolées et mosquées de Tombouctou. En 1987, je n'avais passé que quelques heures dans cette ville mythique, le temps d'une escale du bateau, le fameux « Capitaine Soumaré »... Enfant j'avais décidé de voyager en fonction de noms qui me faisaient rêver : Zanzibar, Valparaiso, Vladivostock, Tombouctou... Aujourd'hui l'image de Tombouctou apparaît dans ma mémoire comme un mirage dans le désert brûlé de soleil.
    J'espère qu'un jour je retournerai au Mali, au Niger, au Burkina-Faso, dans le désert algérien... Je prendrai alors avec moi ce livre. Il est presque fait pour ça. Pour garder une trace. Evidemment ce ne sera plus les mêmes voyages, les mêmes nuits en plein air, les mêmes tempêtes de sable qui eurent raison de tous mes appareils... Mais j'irai, comme les premières fois, au hasard du moment, là où les taxi-brousse me portent. J'aimerai revoir Mopti ou Gao, et Tombouctou, peut-être... JCB

  • « Le 17 juin 2012, lors du deuxième tour des élections législatives le Front National obtient 72,03% des votes aux Saintes-Maries-de-la-Mer. L'ampleur du score FN me surprend dans cette ville tranquille de Camargue connue pour ses plages touristiques et son pèlerinage gitan. Je découvre une ville blanche et fermée, tout est propre, régenté, organisé. Son aménagement est exemplaire d'un urbanisme d'exclusion qui se répand, notamment dans le Sud de la France. La vie quotidienne se déroule sous le regard des caméras de vidéosurveillance, les interdictions fleurissent à chaque coin de rue, l'ordre règne... » Jean-Christophe Béchet

  • European puzzle

    Jean-Christophe Béchet

    • Loco
    • 25 October 2016

    Depuis 1985, Jean-Christophe Béchet photographie l'Europe en voyageant de villes en villes. Aujourd'hui, il connaît quasiment tous les coins et recoins de ce continent. Mais de quelle Europe s'agit-il ?
    Il y a l'Europe économique, politique, géographique, footbalistique...
    Il y a des Europe. De Gibraltar à Kiev, de Reykjavik à Istanbul.
    Certaines frontières s'écroulent, d'autres se referment. Métissages, melting-pot, mélanges, mondialisation. Européanisation ?
    Existe-t-il encore une Europe de l'Ouest et une Europe de l'Est ?
    Et une Europe du Sud autour de la Méditerranée ? Parfois, les mots se vident vite de leur sens. En perdant sa dernière syllabe, l'Europe est aujourd'hui devenue une simple monnaie.
    «S'interroger sur l'Europe, c'est questionner sa propre identité d'européen. En quoi suis-je européen ? Au delà des questions économiques qui rythment trop souvent le «sentiment européen», je souhaite essayer de construire ce puzzle comme une longue mélodie musicale ancrée dans la réalité de ces trente dernières années. En 1955, Henri Cartier-Bresson publiait Les Européens.
    Soixante ans plus tard, alors que tout le monde parle sans cesse d'Europe, un tel sujet semble impossible à envisager... Pourtant n'est-ce pas le défi de la photo d'apporter une vision poétique et documentaire quand les mots, les chiffres et les analyses ont déjà épuisé leur interprétation du réel ? » Jean-Christophe Béchet

  • Jean-Christophe Béchet photographie intensément, depuis plus de 20 ans.
    Devant la manne des images, il tri, organise des ensembles dans la cohérence d'un sujet, d'un motif, d'un plaisir, d'un prétexte, ou tout simplement parce qu'elles « vont ensemble ». De ces sélections de tirages qu'il relie, il réalise un « carnet ». Ses archives en comptent aujourd'hui plus de 700.

  • Je ne suis pas un alpiniste, juste un marcheur. Après avoir beaucoup photographiés les grandes villes, dont Tokyo, bien sûr, j'ai repris les chemins de pierre qui s'éloignent des terres où vivent les hommes.
    J'ai voulu aller là où il n'y a plus d'arbres, de végétation, de fleurs, là où il ne reste que des pierres, de l'eau, de la neige et du vent. Dans cet univers rude et monocolore, j'ai trouvé un sentiment rare de liberté.
    Ce chaos minéral, cette vision brute de la terre, m'a fasciné. A une certaine altitude, l'homme ne peut plus rien domestiquer, la nature est impossible à soumettre.
    Alors ce livre s'est imposé, en vertical et en noir & blanc. Les photos sont prises dans les Alpes, entre la France et l'Italie, au Népal, sur la route de l'Everest, et au coeur de l'Islande.
    JCB

  • Dés l'origine, c'est le climat qui façonne les rythmes de vie, les déplacements, les caractères. Après viennent les croyances, les villes, la politique et les habitudes. Mais au départ, il y a la météo. Et j'aime les images où l'on sent la matière et l'épaisseur du temps qu'il fait...L'homme existe par rapport à son climat. Latin ou nordique, tout est une question de pluie et de soleil. Comme la photographie... Question de TEMPS : en français (en Italien et espagnol aussi, mais pas en anglais ou allemand... ) on utilise le même mot pour parler de l'époque et de la météo. Drôle de confusion. Dans « Climats » j'ai donc voulu dans mes photos arrêter ces deux temps : celui de l'instant du déclenchement et celui de la météo qui façonne la lumière.

  • Construit en « deux temps et deux mouvements », cet ouvrage de 175 photographies, couleurs et noir et blanc, est le résultat de 17 voyages aux états- Unis entre 1996 et 2011.

    Ni reporter, ni photojournaliste, héritier de la photo de rue, Jean-Christophe Béchet considère qu'il ne faut pas abandonner le terrain du réel et du « documentaire subjectif » pris sur le vif au moment où tout pousse vers la mise en scène, via le droit à l'image ou la retouche numérique.
    Il adopte ici le point de vue du visiteur, marcheur, traversant les espaces et suivant sa route pour la confronter à sa mémoire et ses connaissances. Ne reniant rien de ses grands ainés et maîtres à penser, tels Walker Evans, Lee Friedlander, Garry Winogrand, il propose un cheminement où transparaît un sentiment d'inquiétude dans ce pays-continent maintes fois photographié.

    Le livre est articulé comme suit :
    Une ouverture / prélude par quelques photographies, sans légendes, pleine page, puis vient le titre « American puzzle », suivi de la première séquence/ histoire « Le Hameau », racontée en une soixantaine d'images, et terminée sur une page de légendes des lieux. Suit « Orlando, 6 a.m. », une heure de photograhie, short story de 12 photographies, univers de matin à peine levé ; elle se termine sur un texte dans ses versions française et anglaise, donnant la version du photographe sur les prises de vue. « Kodak City » propose en 18 photographies la visite d'une ville fantôme, à l'opposé de ce que son titre voudrait faire croire. Le texte final s'en explique. La dernière pièce photographique, en presque 50 images, raconte « La ville », l'urbain américain, ses habitants, ses rues. En épilogue de ce périple, le photographe, explique en deux feuillets son cheminement au long cours. Le post-scriptum offre à voir quelques pièces supplémentaires de son puzzle.

  • En quelques courts chapitres, Jean-Christophe Béchet et Pauline Kasprzak cernent la question de l'acte photographique sous la forme d'un dialogue philosophique. Ils interrogent la prise de vue photographique à travers trois thèmes centraux : le cadrage et la composition, le rapport à l'appareil photo et l'editing. Ce petit traité se veut également didactique, notamment grâce aux petites conclusions de Pauline qui résument ce qui a été mis en lumière dans chaque chapitre.

    Elle connaît bien le langage philosophique et découvre avec plaisir la nature concrète de l'acte photographique. Il connaît bien la photographie sous tous ses aspects et juge les approches philosophiques souvent trop éloignées de la réalité concrète du terrain.
    Pauline n'a pas vraiment connu la photo argentique.
    Jean Christophe continue à la pratiquer.
    Tous deux sont aujourd'hui plongés dans l'univers numérique.
    Ils cherchent donc, chacun depuis son point de vue, à comprendre la photographie contemporaine, aussi bien sur le plan technique qu'esthétique. Car les deux approches sont liées. Intimement. Et tous deux pensent que le passage de l'analogique au numérique n'est pas une simple évolution technique et le changement de quelques habitudes. Il s'agit d'un bouleversement radical du statut de la photo, d'autant plus difficile à cerner qu'il se cache derrière un rideau de fumée. Le numérique s'est glissé dans les habits de l'argentique, récupérant les termes valorisants et utilisant à merveille les attentes du grand public.
    Il n'est pas question ici de regretter un âge d'or ou un passé idéalisé. Mais d'interroger le présent de la photographie, dans un rapport pratique et concret. Car trop de gens écrivent sur la photo sans la pratiquer.
    Du coup, des généralités sont énoncées. Ici, le parti pris est contraire. Nous entrons dans la complexité des choses, nous la décortiquons et l'analysons. Non pas pour en tirer une théorie générale, mais pour agiter les idées et les notions. Et nous espérons aider ceux qui prennent des photos à y voir plus clair !

  • Outil de création du photographe et de présentation de ses images, le portfolio peut revêtir de multiples formes selon à qui et à quoi on le destine. Que l'on soit un professionnel, un jeune qui débute, un amateur qui veut passer un cap, un auteur qui veut faire connaître son travail... quelle forme donner à son portfolio ? Comment sélectionner et organiser les images qui vont le constituer ? Faut-il l'accompagner de textes ? Que doit-on attendre d'une lecture de portfolios ? Les questions sont multiples.

    Cet ouvrage unique en son genre, pratique et concret, donne au lecteur des clés pour concevoir un portfolio représentatif de son travail, digne d'être montré à un diffuseur (galeriste, presse, festival, client...).

    /> Sylvie Hugues est consultante en photographie et anime régulièrement des lectures de portfolios. Elle mène des débats et conférences sur la photographie, donne des workshops et assure la codirection artistique du Festival du Regard à Cergy-Pontoise. Jean-Christophe Béchet est photographe et a publié de nombreux livres à partir de ses photographies. Il anime également des workshops.

    Avec l'éclairage de nombreux experts, aux profils variés, habitués à lire des portfolios dans le cadre de divers événements - Héloïse Conésa, Valérie Cazin, Patricia Morvan, Nathalie Atlan Landaburu, Jean-François Rospape, Evelyne Eveno, Laetitia Guillemin, Fred Boucher, Catherine Dérioz et Jacques Damez, Patrick Le Bescont, FLORE et Adrian Claret - et le témoignage d'auteurs investis dans la photographie - Pascal Riviere, Andrea Olga Mantovani, Geoffroi Caffiery, Corinne Ismérie Herminie Garcia, Michaël Serfaty, Dana Cojbuc, David Falco et Camille Kirnidis.

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