Jacques Testart

  • Qu'est-ce que les OGM ? Des productions de laboratoires qui, pour certaines, demeurent au service des scientifiques, et ne sortent pas des laboratoires. Mais les plus connues, les plantes génétiquement modifiées (PGM), sont des créatures volages que leurs promoteurs s'efforcent de substituer aux plantes natives, sans prendre en compte les bouleversements imposés au monde paysan, aux plantes indigènes et aux êtres vivants. Elles bénéficient de l'énorme appareil commercial des multinationales, qui les brevètent, les vendent et vantent leurs résultats pour les imposer sur le marché mondial.
    C'est parce que la révolution génétique a conduit à une conception atomisée du vivant que les OGM existent : les secrets de la vie, des spécificités individuelles, des pathologies et des traitements, tout serait décelable et modifiable dans la molécule d'ADN, et la modification ou l'addition d'un gène ne modifierait que la fonction accordée à ce gène. La négation de la complexité du vivant permet ainsi la culture d'un OGM sans s'embarrasser des études et des expertises toxicologiques.
    Une situation grave parce qu'elle relève autant des intérêts d'une industrie que de l'idéologie.
    La controverse échappera-t-elle toujours à la science ? Et la seule question qui vaille n'est-elle pas : à qui profitent les OGM ?

  • Ces brèves de paillasse ont été griffonnées d'une paillasse à l'autre sur des feuilles éparses par le grand biologiste Jacques Testart tout au long de sa carrière. On y lit les illusions et désillusions d'un chercheur, une réflexion éthique et philosophique sur le vivant, sur le progrès, sur l'engagement citoyen des chercheurs, sur les risques et dérives d'une science sans contrôle soumises aux puissances de l'argent. Ces brèves stimulantes, drôles ou graves, corrosives ou inquiètes, sont avant tout passionnantes et indispensables, alors que les technosciences s'emballent, que le transhumanisme a quitté le champ de la science-fiction, et que les marchands de sciences ont pris le pouvoir.

  • « Humanitude » ? C'est ainsi que Testart dénomme l'étonnante capacité des simples citoyens à réfléchir, à délibérer et à prendre des décisions au nom de l'intérêt commun de l'humanité. Cet état transitoire se manifeste chez les personnes invitées à constituer les conventions de citoyens consultées pour proposer une solution à un problème d'intérêt général. Il s'agit là d'une réalité anthropologique désormais vérifiée dans les nombreux pays qui ont multiplié ce type de conventions. Le livre s'attache à comprendre dans quelles conditions précises une assemblée de citoyens peut produire ce résultat.
    L'auteur peut alors développer un plaidoyer convaincant en faveur d'une institutionnalisation des conventions de citoyens comme procédure ordinaire intervenant dans tous les choix publics. Il s'agirait d'une véritable révolution citoyenne, refondant le politique d'une tout autre manière que celles qui sont habituellement proposées (à savoir : démocratie participative, référendum d'initiative populaire, démocratie directe.).
    Testart répond de façon convaincante aux objections habituellement émises par les responsables politiques quant à la capacité des simples citoyens à prendre ainsi une part active et plus directe à la décision publique. Il montre aussi pourquoi et comment il est souhaitable et possible d'étendre cette forme de participation citoyenne bien au-delà du champ où elle est déjà largement expérimentée (celui des questions écologiques et éthiques soulevées par la mise en oeuvre de nouvelles techniques).

  • L'eugénisme, théorie scientifique qui vise à améliorer les qualités de la race humaine, est depuis la Seconde Guerre mondiale identifié à l'horreur du nazisme. Ainsi croit-on que la volonté d'éliminer les individus non conformes et de cultiver les «meilleurs» est liée à une idéologie totalitaire et que la démocratie, à elle seule, nous protège des dérives eugéniques.
    Jacques Testart montre avec précision comment les performances techniques, dans le domaine de la reproduction, saluées comme d'extraordinaires avancées de la science, ouvrent, au contraire, la porte à un nouvel eugénisme démocratique, doux et insidieux.
    Extraits en nombre du corps maternel, les embryons peuvent être soumis à l'analyse génétique pour déterminer les caractères «normaux» ou «anormaux» de l'enfant potentiel. Désormais la science permet de trier, sans larmes ni souffrance, les bons et les mauvais humains et va offrir aux parents le choix de leur enfant. La biomédecine prétend maîtriser la reproduction ; l'enjeu essentiel est maintenant de savoir comment les citoyens maîtriseront cette maîtrise.

  • Jacques Testart livre ici une analyse critique de la science, des technosciences et des OGM, ainsi que des éléments de réflexion sur le citoyen et la démocratie. Les innovations s'accélèrent et sont imposées, souvent contre l'avis des populations, grâce à des arguments variés : la modernité (on n'arrête pas le progrès), la scientificité (tout est sous contrôle), le bonheur (ça va améliorer la vie), la nécessité (on risque d'être en retard). L'auteur démonte ici cette stratégie qu'il considère comme largement mystificatrice. Pourquoi, par exemple, disséminer des plantes génétiquement modifiées (OGM) sur la terre entière, sans avoir démontré leurs avantages pour le consommateur et en prenant le risque de contaminations irréversibles? L'enjeu est avant tout économique (pas d'OGM sans brevet, monopoles sur la filière agro-alimentaire, etc.). À travers cet exemple, et d'autres comme le clonage ou les nanotechologies, c'est tout le problème du « pilotage» de la recherche publique qui est posé. Des choix extérieurs aux laboratoires, réalisés en l'absence de tout débat démocratique, conduisent à privilégier certaines voies et à orienter le futur des hommes et la survie de la planète, au détriment de la production de nouvelles connaissances.
    Pour Jacques Testart, si le débat réllement démocratique n'a pas lieu, alors l'innovation mercantile, juchée sur le vélo du progrès compétitif, avec dans sa roue le citoyen muselé, continuera de pédaler jusqu'à s'écraser contre le mur des illusions.

  • Avec René Frydman, Jacques Testart est le "père" du premier bébé-éprouvette français. Il raconte au cours de son livre les aléas et les difficultés de cette première expérience décisive. Mais 4 ans après la naissance d'Amandine (1982), plus de 600 enfants ont été conçus dans les éprouvettes de 32 équipes françaises, alors que la FIVETE (Fécondation in-vitro par transfert d'embryon) est toujours une activité a-légale.
    Jacques Testart fait le point sur l'évolution très rapide des techniques et des méthodes disponibles qui permettent aujourd'hui une maîtrise inconnue jusqu'alors de la procréation in-vitro. Mais surtout, il expose avec passion et dans une langue très claire et vivante, les problèmes biologiques, sociologiques et humains qui découlent d'une nouvelle condition sans précédent dans l'histoire. Qu'est-ce que cette procréation assistée ? Quel est le statut d'un oeuf humain ? Quelles seraient les conséquences d'un contrôle systématique de l'identité de l'oeuf produit en éprouvette ?
    Michel Serres, dans sa préface, analyse en philosophe les questions éthiques que soulève ce nouveau progrès des sciences de la vie.

  • Entre le jeune étudiant cherchant sa voie, Jacques Testart, et le « vieux sage de Ville d'Avay », le célèbre biologiste Jean Rostand, la rencontre n'a pas eu lieu. De cette petite déception est né un livre, curieux monologue à deux voix - à l'unisson souvent, en contrepoint parfois - où le chercheur engagé qu'est Jacques Testart interroge l'oeuvre de Rostand sur les grands enjeux de la science actuelle. De la morale de l'Homo biologicus, promu « ingénieur du vivant », à la nécessité de la vulgarisation (« On n'a pas le droit de répandre dans l'atmosphère des particules radioactives sans répandre en même temps, les notions sur la structure de l'atome »), des tentations eugénistes aux fausses sciences (« deux erreurs qui se combattent sont plus fécondes qu'une vérité qui règne sans conteste »), ce dialogue entre deux générations constitue un précieux manuel de savoir-vivre à l'usage des citoyens inquiets de nos sociétés imprégnées de science et de technique.


  • jacques testart pousse ici un cri de colère : quand les plantes génétiquement modifiées ne tiennent pas leurs promesses, quand leurs risques ne sont pas sérieusement évalués, quand les critiques sont systématiquement discréditées, que reste-t-il de la science ? quand les entreprises qui diffusent les innovations pèsent fortement sur les commissions d'experts et les décideurs politiques, quand sont proposés des simulacres de concertation alors que tout est déjà décidé, que reste-t-il de la démocratie ? il n'empêche, les innovations s'accélèrent, au nom de la modernité (" on n'arrête pas le progrès "), de la science (" tout est sous contrôle "), et de l'urgence (" on risque d'être en retard ").
    et, le plus souvent, contre l'avis des populations. il est pourtant possible de donner aux citoyens les moyens de produire un jugement éclairé, à l'exemple de la conférence de citoyens : un groupe de personnes, neutres, accepte de recevoir une formation complète et contradictoire avant d'élaborer ensemble un avis. ainsi, la population pourrait-elle influer sur le choix des grandes orientations, notamment scientifiques.
    légaliser cette procédure est la meilleure voie pour échapper au destin qu'imposent les forces économiques dominantes et ainsi appuyer sur les freins du vélo de la croissance tous azimuts. avant qu'il ne soit dans le mur.

  • Trente-cinq ans après le premier « bébé-éprouvette », près de 3 % des enfants des pays industrialisés sont conçus avec l'aide de la biomédecine. Qu'en sera-t-il dans les décennies à venir ? S'il s'agit d'aider les couples stériles à procréer, comme le dit la loi actuelle, l'aide médicale à la procréation a atteint ses buts avec l'optimisation des actes biologiques et médicaux.
    Mais la technique cherche toujours à agrandir son territoire et à s'imposer davantage, en se présentant comme médecine de pointe, même si sa nécessité ne s'impose pas. Puisque la régulation bioéthique fait l'objet une permissivité croissante, la question se pose de savoir jusqu'où ira la médicalisation de la procréation.
    Peut-être alors la décroissance économique, nous faisant entrer dans une ère de frugalité durable, sera-t-elle capable, mieux que les lois de bioéthique, de poser des limites à la démesure.

  • Ce livre retrace les chemins, entrecroisés depuis vingt ans, de la science biologique, de la médecine de la procréation et de la réflexion bioéthique. Il veut démêler les avancées véritables d'avec les fausses révolutions techniques, et les principes moraux authentiques d'avec les hypocrites résolutions éthiques. La biologie de la procréation, en retard de science pour cause de tabou, vient d'enjamber allègrement le temps des connaissances, en profitant des acquis de disciplines voisines, ou même, se faisant d'abord médecine, en agissant avant de bien savoir.

    L'analyse du génome produit des informations dont l'acuité croissante augmente la pression probabiliste sur tous les domaines de l'existence : santé, longévité, performances physiques, adaptation au travail, assurances, etc. Il était inévitable que la procréation médicalisée, détenant de nombreux embryons disponibles, propose d'intervenir au départ pour choisir, parmi ces "personnes humaines potentielles", des enfants de qualité probable, bien que largement imprévisible. Mais, puisque la procréation est le lieu même d'où émane la personne, on peut craindre que la prédiction ne finisse par désenchanter le monde en prétendant le maîtriser.

    La production d'humains probablement acceptables semble bien être conforme au désir parental, au projet médical, aux besoins du marché et à la bonne gestion des sociétés. Résister, c'est tenter de rendre l'éthique moins soluble dans le temps afin de diluer la violence de cette mutation.

  • Durant trois années, sous la présidence de Jacques Testart, la Commission française du développement durable (placée sous l'autorité du Premier ministre) s'est saisie des principaux enjeux en matière d'environnement et de santé publique : OGM, nucléaire, émission des gaz à effet de serre, principe de précaution.

    Son travail ayant été entravé, en mai 2003 la plupart des membres de la Commission ont choisi de démissionner. Par le présent ouvrage, qui reprend et explicite leurs avis (censurés par le Ministère de l'écologie et du développement durable), ils exposent leur conception du « développement durable », projet d'épanouissement humain plutôt que de croissance compétitive.

    Jacques Testart (ex-président de la CFDD) est biologiste de la procréation, Magali Bardou (géographe) a coordonné cet ouvrage.
    Membres de la Commission ayant participé à l'ouvrage : Arnaud Apoteker (écologiste), Dominique Bernard (physicien), Benjamin Dessus (ingénieur et économiste) Daniel Evain (agronome), Alain Farel (architecte-urbaniste), Bernard Forey (paysan), Pierre-Henri Gouyon (généticien évolutionniste), Marie-Angèle Hermitte (juriste du vivant), Jean-Luc Malpaux (paysan), Gérard Paquet (artiste), Alex Receveau (chef d'entreprise), Elena Salgueiro-Ozil (professeur de biologie), Annie Simon (journaliste), Agnès Sinaï (journaliste).

  • Paris : un gigantesque mur d'enceinte sépare les quartiers privilégiés des zones périphériques.
    La jeune Eve, membre du comité d'évaluation génétique, observe le monde qui l'entoure.
    Un jour, d'étranges messages reçus sur son ordinateur viennent bouleverser sa vie.
    Son père, chercheur biologiste, aurait-il découvert le secret du clonage humain avant de mourir et aurait-il tenté ses expériences sur sa propre fille ?
    Au travers d'une fable scientifique qui mêle suspense et émotion, Jacques Testart nous alerte sur les implications éthiques que poserait la possibilité du clonage humain.

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  • Fabriquer un être humain supérieur, artificiel, voire immortel, dont les imperfections seraient réparées et les capacités améliorées. Telle est l'ambition du mouvement transhumaniste, qui prévoit le dépassement de l'humanité grâce à la technique et l'avènement prochain d'un « homme augmenté » façonné par les biotechnologies, les nanosciences, la génétique. Avec le risque de voir se développer une sous-humanité de plus en plus dépendante de technologies qui modèleront son corps et son cerveau, ses perceptions et ses relations aux autres. Non pas l'« homme nouveau » des révolutionnaires, mais l'homme-machine du capitalisme.

    Bien que le discours officiel, en France, résiste encore à cette idéologie, le projet technoscientifique avance discrètement. Qui impulse ces recherches ? Comment se développent-elles dans les champs médicaux, militaires et sportifs ? Comment les débats démocratiques sont-ils éludés ? Et comment faire face à des évolutions qui ne feront que renforcer les inégalités ? Surtout, quel être humain va naître de ces profondes mutations, de ces expérimentations brutales et hasardeuses sur notre espèce, dont l'Homo sapiens ne sortira pas indemne ?

  • Le Magasin des enfants, ouvrage collectif réunissant autour de Jacques Testart médecins, sociologues, psychanalystes et juristes, apporte la contradiction à de nombreuses interprétations en usage dans les discours aujourd'hui répandus sur la " procréation médicalement assistée " (PMA).
    Aucun des auteurs réunis ici ne demande l'abolition de la procréation artificielle, mais tous souhaitent que soient définis son territoire et ses modalités d'intervention, afin de préserver des valeurs infiniment plus précieuses à l'humanité que la satisfaction d'intérêts ou de besoins particuliers.
    Ce qui apparaît dans ces pages, c'est un humanisme moderne indépendant des dogmes, des religions ou des mythologies nouvelles secrétées par les techno-sciences.

  • Il n'est plus possible de penser que la situation actuelle de la planète et celle des humains qui l'habitent, décrite partout comme inquiétante, n'est qu'une péripétie banale de l'histoire. L'humanité intervient désormais de façon majeure sur sa nature propre, sur son évolution et sur l'ensemble de la biosphère. Cette situation interroge la recherche scientifique et technique, à la fois élément de diagnostic, de solutions et de problèmes. Pour autant, les acteurs de la technoscience n'ont aucune légitimité à définir seuls les programmes. Pourquoi autant d'investissements pour les plantes transgéniques et aussi peu sur les méthodes culturales écologiques ? Pourquoi les thérapies géniques et pas plus de recherches sur les maladies contagieuses des pays du Sud, sur la santé environnementale et l´impact des nouvelles molécules chimiques, ou sur les résistances bactériennes ? Pourquoi de nouvelles machines nucléaires et pas plus de recherches sur la relocalisation de l'économie ? Ce que sera le monde dépend de ce qui se passe aujourd'hui, mais aussi demain, dans les laboratoires. C'est pourquoi les orientations scientifiques comme les développements technologiques ne peuvent plus être laissés entre les mains de quelques spécialistes, ni pilotés par les seuls désirs de profit ou de puissance. L'heure est à une mobilisation des consciences et à l´assemblage des savoirs disséminés dans la société, pour un dialogue renouvelé entre chercheurs scientifiques et citoyens chercheurs d'avenir.

  • La science est-elle encore au service de l'homme ? le vivant et ses secrets, l'humain et ses mystères ont-ils les moyens d'échapper aux lois du marché ? la biologie, la médecine ne représentent-ils pas aujourd'hui des enjeux industriels et financiers trop lourds pour s'encombrer d'une morale ?
    Sur ces questions brûlantes, un biologiste et un philosophe se livrent à un dialogue éclairant, nourri d'exemples concrets : décryptage du génome humain, clonage, assistance médicale à la procréation, thérapies géniques.

    Un appel à la raison éthique contre la tyrannie économique, un cri d'alarme à l'adresse des citoyens.

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