Jacques Réda

  • Mieux que nous ne pourrions le faire, Jacques Réda dé? nit les contours de ce livre dans son émouvante postface : Les quatre Livres des reconnaissances n'ont jamais fait l'objet d'un plan. On ne doit donc pas y voir une sorte d'anthologie un peu plus lacunaire que la plupart des autres, ni même un re ? et de mes seuls goûts personnels. Tous ces textes ont été composés pour ainsi dire par surprise et au hasard d'une relecture ou d'une remémoration.
    Elles ont très rarement répondu à un projet d'ailleurs en général assez vague, sinon, dans ce volume même, où, non sans lacunes, j'ai tenté d'évoquer l'évolution du vers français. Après quoi, en effet, c'est la langue française qui, s'éloignant progressivement et naturellement d'elle-même, a obligé le vers, désormais sans structure, à tâtonner, parfois avec brio, vers la langue nouvelle que Rimbaud avait souhaitée et qui, loin d'être une méta-langue poétique, sera peut-être un jour celle qu'aura ? xée le classicisme de nos très lointains descendants.
    Autrement dit, ceux que nous appelons "grands poètes" représentent un état particulier de la langue où, de manière aléatoire mais inévitable surgissent, de ce brassage d'ondes, des crêtes si remarquables qu'on leur donne un nom - un nom d'auteur -, comme on en attribue à ces grands accidents de terrain ou à ces formes que revêt l'eau dans les mers, les lacs, les torrents et les ? euves. Mais, de l'une à l'autre région, et malgré de scrupuleux cartographes, on oublie le nom des collines, des gorges et des ruisseaux qui ont contribué à la gloire des Himalaya et des Amazone.
    Avec le très remarqué Quel avenir pour la cavalerie ? qui les complète, ces Livres établissent la géographie de la poésie rédasienne, comme ils en forgent la boussole.

  • Devenu le cinquième directeur de la Nouvelle revue française en 1987, succédant à sa grande surprise à Georges Lambrichs, il aura fallu un an à Jacques Réda pour se résoudre à monter lui-même dans le « train ». C'est dans le « fourgon arrière » qu'il décide alors de publier ses propres chroniques, en « passager clandestin », affirme-t-il. Réda parle de l'époque dans sa rubrique « Carnet », livre des propos « çà et là » en abordant des « questions » du temps avec beaucoup de curiosité pour tous les sujets : l'orthographe, la couche d'ozone, la toponymie la « cibi », les extraterrestres, la nouvelle Grande bibliothèque de France, le phonographe, les frontières, les sondages, etc. On note bien sûr des sujets récurrents comme le langage, la poésie, le style. Réda se plaît à publier des poèmes qu'il découvre inscrits sur les murs et la chaussée et cite aussi en renfort des poètes de son temps. A propos de la question militaire, il citera Valery Larbaud ; à propos du « jeu de ballon rond », il évoquera Pindare aux côtés de Jean-Pierre Papin et s'élèvera contre les séances de tirs au but ; dans le « pompon » il se moquera des « États Généraux de la Poésie » en espérant qu'ils n'aboutiront pas à une phase de « Terreur » ; et sa question de la « fin du monde » s'achèvera par : « L'éternité existe mais elle ne dure jamais longtemps ». Le Fond de l'air de Jacques Réda fleure bon le pessimisme joyeux, l'érudition amusante, l'humour pince sans rire, relevant partout la cocasserie de notre époque « moderne ». On retrouve là le sens de l'observation, du paradoxe, et toute la finesse de Jacques Réda, s'inscrivant dans la grande tradition française des moralistes avec une fausse légèreté. Et ce que Réda observe dans les années 90 résonne toujours à notre époque, tout comme des épigrammes de Martial ou des satires de Juvénal...

  • La poésie serait-elle une guerre ? Le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel.

    Du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie? ? constitue la « ?Lettre à un jeune poète? » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.

  • Depuis quelques années, le poète arpenteur de Paris et environs s'est métamorphosé en arpenteur du cosmos et de ses mystères. Voici le cinquième et dernier tome de sa Physique amusante en vers comptés et rimés, avec un art et une souplesse de virtuose. Ce que le poète interroge ici n'est rien moins que l'univers, son rythme, son chaos et ses mythologies. Il ne propose aucune théorie mais une réflexion pleine de bonhommie et d'humour sur « le territoire mouvant » que constitue « l'étrange univers du vivant » où tout bouge et se résout en dansant.
    À nous lecteurs de suivre le mouvement.

  • Ce Testament vient creuser aux sources du rythme, chevauchant un alexandrin à l'image de la descendance de Borée, à la fois agile et fougueux. Voici une ode à la rime, venue telle une démangeaison, où les vers s'accouplent avec frénésie et fantaisie. D'Homère à Ellington, de Dante à Valéry, une force primaire, vent ou Titan, souffle sur cette langue sur le point de se dissoudre.

  • Ce recueil se compose de 52 poèmes, également répartis en quatre groupes, dont chacun correspond à un petit programme d'exploration des environs de Paris.
    Tandis que le premier se cantonne encore le long du «parallèle de Vaugirard», le second entraîne le lecteur mois après mois dans une «année à la périphérie», traversant aussi bien Meudon ou Asnières que Montreuil, Créteil ou Pantin. Dans la troisième partie, on suit la ligne d'un autobus qui dessert les communes limitrophes du sud de la capitale. Enfin, avec «Eaux et forêts», on se dirige peu à peu vers la campagne qui survit dans les parcs et les bois, sur les berges des rus et des rivières.
    Sans prétendre rivaliser avec un guide de promenade, cet ensemble s'efforce néanmoins de réconcilier poésie et documentaire, émotion et topographie, rêverie et précision. C'est pourquoi l'auteur a préféré la forme la plus classique à une imitation rythmique du chaos suburbain qu'il parcourait, et dont son choix vient en somme couronner la juxtaposition de contrastes. Sous la cadence du vers, dans le jeu des rimes non exempt parfois d'ironie ou d'un baroquisme très «banlieusard», on décèlera d'ailleurs la liberté et la souplesse d'un autre mouvement : celui d'une flânerie, déjà présent dans la prose des Ruines de Paris, que Hors les murs complète comme le second volet d'un diptyque.

  • « Ce qui hante ces pages, sur près de quarante ans, provient d'une lointaine intuition dont les événements ont montré qu'elle était fondée, et qui est inséparable d'une tendance à considérer le jazz comme un être unique à travers la succession de ses âges, sous la multiplicité de ses aspects. On constate en effet une frappante similitude entre son trajet et un parcours humain, dans le grand demi-siècle qui, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'a vu passer de la jeunesse à la caducité, et se transformer ensuite de telle manière, dans des directions si diverses, qu'appeler jazz aujourd'hui certaines manifestations musicales relève au moins de l'irréflexion. On ne saurait éviter de déceler, agissant sur une courbe ainsi comme naturellement décrite, une influence plus secrète qui en a précipité le mouvement. Il semble que le jazz ait toujours voulu être plus ou autre chose que lui-même. » Jacques Réda.

  • Accidents de toilette

    Jacques Réda

    (...) petite phénoménologie dont je me suis proposé de tracer une ébauche au sujet du vêtement. Elle peut paraître à l'excès subjective mais, relevant directement d'une expérience particulière, il me semble qu'elle peut apporter une modeste contribution à une étude plus appronfondie du phénomène.
    L'un des buts de cet ouvrage fut de rendre plus prudents, sans qu'ils en prennent ombrage, tous ceux que des accidents - nommément ceux de toilette (Car le sort est sibyllin comme un sphinx et plus malin et plus vif qu'une belette) - risquent de frapper un jour dans leur chair ou dans leur âme : un lacet qui traîne (on court) pourrait provoquer un drame ; une fermeture éclair bâille ou tout à coup se bloque, et vite on vous trouve l'air d'un personnage équivoque. Mais mon thème englobe aussi, plus largement, il me semble, tout ce qui maintient ensemble, pour le dire en raccourci, l'Univers - qui multiplie les accrocs dans son trajet vers le terme qu'il oublie, comme si l'anomalie, part d'un plus vaste projet, en naissant se corrigeait.
    De fil en aiguille, il est question de ce qui nous caparaçonne, de ce que la défroque met à nu ou revêt dans ses incarnations.

  • A l'heure qu'il est, je devrais avoir recensé quarante-cinq pastilles. Cependant il m'en manque plusieurs. Quitté le métro à la station Quatre-Septembre, je me suis montré sans doute un peu trop confiant en cédant à l'attrait immédiat d'une papeterie, où un employé doté d'une barbe et d'un regard méphistophéliques m'a vendu pour 69 francs le cahier à couverture marbrée jaune et noir sur lequel j'entreprends de consigner le rapport de cette quatrième étape décevante. C'est cher.
    En 1994, Jan Dibbets, pour rendre hommage au physicien François Arago, a installé sur le sol de Paris plus d'une centaine de médaillons de bronze qui forment en pointillés le tracé d'un méridien.
    Le méridien de Paris est le journal d'un spectateur qui a décidé de suivre cette ligne. Mais cette ligne de longitude, issue d'un calcul géodésique rigoureux, convoque tout autant le hasard en faussant régulièrement compagnie à celui qui souhaite la suivre : la ligne droite semble aller de guingois.
    Reste une méthode qui fournit à l'écriture de Jacques Réda, qui rapelle flâneries et contraintes des Ruines de Paris, le flou dont elle a besoin pour se déployer, multipliant la syncope et le pas de côté.

  • Dans les deux premiers Livres de reconnaissances parus en 1985 et 1992 Jacques Réda exprimait sa gratitude à l'égard de ces pairs et maîtres écrivains, d'Ovide à Bashô, de Cingria à Quignard, dans de vibrants hommages en vers se jouant de la métrique. Dans Le tiers livre des reconnaissances l'intimité littéraire se fait encore plus personnelle en venant saluer Lucrèce et Nerval mais aussi les poètes bien connus, ses amis : Audiberti, Goffette, Grosjean, Tardieu. Subtils ou folâtres, ces exercices de style font le ménage savant de la mémoire livresque de leur auteur et dressent un inventaire attendri de sa «géologie volumineuse».

  • Mais de quoi le temps aurait-il peur, lui ce tout-puissant qui préside à la formation comme à la ruine des galaxies et de nos empires ? J'imagine qu'il a peur de s'arrêter ou, en quelque manière, de trébucher ou de s'enliser s'il s'abandonnait, un peu plus que pour un pli ou un accroc, à un ralentissement ou à une accélération quelconques : il lui faut conserver à tout prix un train égal, jusque dans les variations que la relativité lui impose.
    A-t-il une vitesse propre ? Peut-on poser avec sérieux la question de savoir combien de temps le temps met pour se rendre d'un point du temps à un autre ?
    Depuis la publication de Celle qui vient à pas légers, Jacques Réda n'a cessé de chercher ce qui se joue dans le glissement du ciel et de la terre. Miroir et pendant de l'herbe et du bitume, de l'ici de notre demeure et du maintenant de notre présence, le ciel, sans limite, constitue pour Réda ce dont l'oeil a besoin pour transvaser dans l'infiniment grand de ses rêves l'infiniment petit de ses préoccupations. Le cosmos appelle la science et celle-ci est ici sans cesse entretenue et valorisée par la poésie de Réda qui va trouver dans l'expérience de la vie ordinaire le moyen de se déployer.

  • Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part - lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient.
    La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admi- ration pour un classique. Elle reprend le principe des « Pages immortelles », publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel : chaque volume se compose ainsi d'une présentation de l'au- teur choisi suivi d'une anthologie personnelle.
    Ces rencontres extraordinaires, ici partagées, sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes.
    Jacques Réda livre ici « son » La Fontaine, celui des Fables bien sûr, mais aussi celui qu'on a un peu trop souvent laissé dans l'ombre : l'auteur des Amours de Psyché et de Cupidon, des Contes, du Poème du Quin- quina. Au fil d'une promenade avec La Fontaine, apparaît la profonde unité de son oeuvre, qui est peut-être celle aussi d'un caractère « Jamais la barque du vers et son rameur n'ont mieux fait corps avec son courant majestueux, doucement rieur le long des berges avec le campagnol et la poule d'eau, sous la terrasse bordant les bois encore un peu sauvages de Saint-Germain et de Vaux en France. »

  • «Je soupçonne que l'Univers est sans commencement, / Sans fin. Mais l'Infini, non moins que l'Éternel, nous ment, / Comme nous moquent en passant le vent insaisissable, / La fuite de l'eau sur la pente ou le filet de sable / Entre deux vases transparents et sans fond que remplit / En permanence le présent pour aller vers l'oubli. / Dans une étreinte qui, de soi, l'assure et le déleste, / L'Univers est l'unique instant où le Tout, à la fois, / S'accomplit et se change en Rien ; où Rien, en contrepoids, / Devient le Tout qui se dérobe. Un éclair. Et le reste, / C'est le Soleil et les bouquets de la voûte céleste ; / C'est vous, c'est moi, le vent, la violette au fond d'un bois».
    Jacques Réda.

  • « Alors je suis retourné chez Duke, et ça s'est aussi bien passé que lorsque Hodges et Cootie ont reparu après quatre ou vingt ans d'escapades. Duke était un vrai grand seigneur. Il n'a jamais eu de domestiques : ses musiciens devenaient ses pairs. Sans fortune, il payait de sa poche la location des studios où, en plus de toutes ses tâches, l'orchestre jouait pour lui. Et ils n'étaient plus à chaque fois qu'un seul amoureux qui fait resurgir sa Béatrice. Ma place était chez eux.
    Maintenant que je me trouve de nouveau seul dans la coulisse avec mon trombone élégiaque et le programme inutile de mes souvenirs, je n'attends plus que la mienne réapparaisse, puisque c'est moi qui serai parti. Je ne connais plus que l'attente motrice qui est le fondement du rythme, et j'écoute l'orchestre qui redémarre après quelques drus, hardis accords du piano. » Jacques Réda.

  • Moana

    Jacques Réda

    Les océans ne se ressemblent pas, mais quelque part, Là-bas du côté du Cap Horn et là-haut dans les glaces, L'Atlantique et le Pacifique échangent, jamais lasses De heurts et de remous, leurs eaux. La vague léopard Ne cesse de bondir vers la vague biche, ou ronronne Le long des plages, au fond des golfes.

    Jacques Réda quitte cette fois les pavés parisiens longtemps arpentés pour les îles du Pacifique et nous restituer l'azur, le parfum des fleurs de tiaré et des vahinés dans des poèmes étonnants d'où surgit étrangement la nostalgie d'une terre jamais connue.

  • Jacques Réda traite ici de deux éléments fondamentaux dans la musique de jazz : le blues qui lui a fourni une grande part de sa thématique ; le swing qui en distingue la singularité rythmique. Partant de quatre «big bands» reconnus comme les plus exemplaires (Fletcher Henderson, Duke Ellington, Jimmie Lunceford, Count Basie), il analyse les rapports que ces orchestres entretiennent avec cet élément commun à tous les phénomènes : le temps, esquissant ainsi une philosophie du jazz.
    Le livre s'accompagne d'un CD regroupant une grande part des oeuvres qui s'y trouvent commentées.

  • Pourquoi nouvelles ? Parce qu'il y en a eu d'autres avant celles-ci, mais qui sont parties en fumée.
    Dans ce temps-là Pelby inventait. Maintenant qu'il exécute ses BD sur plans et sur commande (au lieu de peindre, pour la rejoindre, la réalité du Grand Flou), il ne lui reste à imaginer librement que sa vie. Mais elle est beaucoup plus imaginative que lui. On n'invente pas des personnages comme le docteur Chiche, et - que ce soit à San Francisco ou aux Buttes-Chaumont - on ne s'échappe pas facilement de la ronde formée par une ribambelle de dames et de demoiselles difficiles à inventer.
    La vie est une succession de surprises et de possibles : comment anticiper ? Comment choisir ? Il faudrait croire qu'on rêve (ce serait trop beau) ou bien être double, au moins. Et ce qu'on cherche, c'est l'unique, le retour à l'émotion de la case départ.

  • Battements

    Jacques Réda

    De la mystique à la musique (le jazz), tout appartient au rythme dans ce récit hautement singulier qui, sur les territoires de l'intime, nous fait basculer du réalisme au rêve.

  • Dans ce troisième volet de La Physique amusante, l'auteur part d'une question naïve en apparence, «Est-ce que l'univers invente ou bien rabâche?», pour se l'appliquer à lui-même : «Est-ce que j'invente ou rabâche?». Il emprunte, pour y répondre, La nébuleuse du songe. Comme s'il avait été là au commencement de l'univers, il parcourt l'histoire des découvertes qui, de Ptolémée, Copernic, Kepler, mènent à Bach ou Mozart, et s'aperçoit à la fin que «le corps et sa mémoire en savent plus long que nous.» Ce que l'amour, dans son éternel recommencement, nous apprend aussi.
    Empruntant, dans une deuxième partie des Voies de contournement, il revient sur un mode plus détaché et contemplatif aux questions sans fin que la création nous pose.
    /> Les lecteurs non-scientifiques s'enchanteront de cette explication rêveuse et intime des mécanismes obscurs de l'univers. Les amateurs de poésie suivront avec bonheur le rythme de ces vers ajustés à la pertinente équation de l'espace et du temps.

  • À la librairie du jazz pourtant déjà considérable (études générales, analyses de détail, histoires, résumés, dictionnaires, annuaires, lexiques, discographies, monographies, biographies, autobiographies), il manquait toutefois, dans cette dernière catégorie, une autobiographie du sujet lui-même en tant qu'être particulier sous les noms qu'il a empruntés et les formes qu'il a revêtues. Cette autobiographie du jazz longtemps réputée introuvable ou improbable, on s'est préoccupé de la découvrir, c'est-à-dire, dans l'une et l'autre acception du terme, de l'inventer. Sans négliger pour autant les figures distinctives qui, durant près d'un siècle, ont en somme incarné les phases mouvementées du parcours. Ce sont donc environ cent soixante solistes ou orchestres qui - du rag time au free jazz en passant par tous les grands « classiques » et quelques brillants méconnus - fournissent l'illustration abondante d'un document dont on se représente l'importance malgré sa relative brièveté.
    Pour la rédaction de ces notices individuelles (elles se succèdent dans l'ordre chronologique des dates de naissance des musiciens, et chacune s'accompagne de références discographiques), on a laissé toute liberté à l'auteur de L'Improviste, une lecture du jazz (Folio/Essais), d'autre part collaborateur régulier de Jazz Magazine.

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