Jacques Ancet

  • La vie, malgré. Malgré quoi ? Malgré tout.
    Tout ce qui l'obscurcit, la salit, la détruit. La vie malgré la douleur, la déchéance, la mort. Au jour le jour. « Chronique », donc. Comme cette Chronique d'un égarement de l'auteur (texte publié par Lettres Vives en 2011) dont ce livre est en quelque sorte un prolongement. Ou « journal », si l'on préfère. Journal du temps. Car ces pages relèvent essentiellement du journal, de cette écriture non pas des événements de la vie de l'auteur, de ses sentiments, de ses pensées, mais du jour, de sa lumière, de son perpétuel recommencement - de cette extase ou Amnésie du présent, pour reprendre le titre d'un essai récemment paru. Journal, oui, de l'énigme d'être là, d'être vivant.

  • 95 sizains et 2 proses dont une inaugurale pose l'enjeu de ce livre : écrire le jour, ses odeurs, ses lueurs, ses rumeurs. Ce qui s'approche, s'éloigne et le lieu même de cet enjeu : le poème comme une fenêtre. Un petit rectangle de mots qui donne sur ce qu'on ne sait pas.

  • Le chat, le pré, le chêne, la forêt, la roche, les nuages. Le regard monte, circule, cherche, s'arrête, repart. Qu'est-ce qu'un paysage sinon cet échange ? Cette pénétration du dedans par le dehors et l'inverse. Au point qu'il n'y a plus, du corps à la ligne de crête, que ce continu de mots, de formes, de rêves, de couleurs, de souvenirs et d'air qu'on appelle l'espace.

  • Ode au recommencement est le prolongement de La brûlure et de L'identité obscure, c'est le même mouvement qu'on retrouve - le même souffle qui vous traverse et vous emporte à la rencontre de ce que vous ignorez et qui ne cesse de recommencer. Ce présent de la vie qui, d'un même élan, vous arrive et vous abandonne, comme les vagues de la mer que semblent mimer ces grandes laisses, ces grandes strophes où tout voudrait entrer, l'infime et l'immense, le proche et le lointain, la lumière et les ténèbres, l'ordinaire et l'extraordinaire, la douceur et la douleur, tout ce qui fait, le merveilleux, l'épouvantable, l'inépuisable réel.

  • Quelque chose comme un cri

    Jacques Ancet

    Après avoir enseigné pendant plus de trente ans dans les classes préparatoires des grandes écoles, il se consacre aujourd'hui à son travail d'écrivain et de traducteur près d'Annecy, où il réside. Auteur d'une quarantaine de livres, il a reçu les prix de poésie Charles Vildrac de la Société des gens de lettres et Heredia de l'Académie française 2006 pour Diptyque avec une ombre (Arfuyen), le Prix Apollinaire 2009 pour L'Identité obscure (Lettres Vives) ainsi que la Plume d'or 2013 de la S.A.S. pour l'ensemble de son oeuvre. Traducteur de quelques-unes parmi les plus grandes voix des lettres hispaniques comme Rodolfo Alonso (Entre les dents, érès, 2017), il s'est également vu décerner les prix Nelly Sachs 1992 et Rhône-Alpes du Livre 1994, la Bourse du Prix Européen de Littérature 2006 et les prix de traduction Alain Bosquet 2015 et Roger Caillois 2016. Enfin, tout récemment, son travail de traducteur et d'écrivain vient d'être distingué par un doctorat honoris causa de l'Université Catholique de Louvain. Il a publié aux éditions érès Portrait d'une ombre (érès, 2009) et Travaux de l'infime (érès, 2012).

  • Huit fois huit poèmes de huit versets chacun. Pourquoi cette forme s'est-elle imposée à l'auteur ? Qu'est-ce qui se joue dans cet e et de réverbération numérique ? Peut-être cet amour de la lumière - du jour qui occupe une place importante dans son oeuvre. Le jour commence , pour ses premiers poèmes, Le jour n'en fi nit pas à mi parcours et, à présent, cette répétition insistante Huit fois le jour , comme si quelque chose en lui ne voulait pas lâcher, toujours recommencer. Ce que dit bien un autre de mes derniers titres Ode au recommencement dont ce livre est le prolongement, plus maîtrisé, peut-être, plus apaisé. Sans doute le jour est-il ici une image de vie ? D'un passage de vie porté par un passage de langage et d'un passage de langage porté par un passage de vie, indissolublement.

  • Au coeur d'un de cor re duit a sa plus simple expression (un champ, une montagne au loin, une ferme), l'image d'un arbre se de pose sur une fene tre. Un homme, dans une chambre, le regarde. Et inversement. Se de ploie alors un espace, immense et infime a la fois, qui s'approprie l'obscur de la nuit, la friction des e corces, les flux de luminosite du jour et la phosphorescence des neiges. Dans cet opus qui s'apparente a ses Quatre saisons, Jacques Ancet chante l'apparente immutabilite des choses et leurs secre tes me tamorphoses.

  • Ce livre réunit un certain nombre d'essais écrits durant plus de deux décennies (1991-2014). Ils accompagnent un chemin d'écriture qui, depuis une quarantaine d'années tente difficilement, fragmentairement, de prendre conscience de lui-même dans l'après-coup du regard jeté en arrière ou dans l'accompagnement d'un certain nombre d'oeuvres aimées. Ces textes ont tous en commun d'être traversés par une interrogation insistante qui, depuis Don Quichotte, est celle de toute entreprise littéraire : qu'en est-il des rapports de l'écriture et du réel ? Laquelle ne peut engendrer que d'autres interrogations ou quelques réponses provisoires et toutes plus ou moins formulées ici ou là depuis longtemps déjà. Ce qui ne dispense personne d'essayer de les reformuler à son tour et à sa manière. "Tout ce qu'on a pensé d'intelligent, écrit Goethe, on l'a déjà pensé ; ce qui nous reste à faire, c'est de le penser de nouveau.".

  • Finir c'est commencer - mais qui parlait ? Nous écoutions incrédules fixant le lent déclin de la lumière Ou surpris par ce suspens inattendu qui brusquement nous séparait de la rumeur du jour.

    Oui, commencer : les mots vous abandonnent, mais derrière eux reste comme un écho de choses Qui se cherchent. La voix se perdait avec le ciel rouge. Laisser dire, on l'entendait encore, - et voir venir.

  • Dans ce petit livre, il regroupe des petits poèmes qu'il nomme " milonga " inspirés par la disparition du grand poète Juan Gelman.

    Le livre est bilingue traduit en espagnol ( Argentin ) par Rodolfo Alonso qui a bien connu le poète argentin exilé au Mexique.

  • Portrait d'une ombre

    Jacques Ancet

    "Il y a une ombre. On dit ombre, faute d'un autre mot. Pour donner forme à ce qui n'en a pas. On pourrait dire tout aussi bien compagnon - " ce latent compagnon qui en moi accomplit d'exister ", écrivait Mallarmé. Mais ombre est moins net, plus évasif. Alors, faire le portrait d'une ombre ? Faire signe non pas vers une image déjà visible, mais vers ce non-visible qui peu à peu se trame aux lisières du visible. Vers cette chose qui passe et vous laisse dans la bouche comme une voix silencieuse. Une voix qui parle, pourtant, qui parle, même si vous vous taisez. Ce que dit cette voix, vous n'en savez rien. Vous ne vous y reconnaissez pas - vous vous y reconnaissez, peu importe. Il ne s'agit pas d'identité. Ou alors de cette identité obscure qui est une autre manière de dire qu'on ne sait rien. Qu'on est entre : entre ici et ailleurs, entre hier et demain, entre tout et rien. Entre, toujours, entre. Entre le jour, la nuit, ce qui vient, ce qui s'en va -et qui revient toujours." (Jacques Ancet) Une écriture poétique simple et claire pour dire l'énigme d'exister, pour tenter de rendre visible cette part de non-visible qui nous constitue (aussi) et nous accompagne comme une ombre.

  • Le dénouement

    Jacques Ancet

    • Opales
    • 3 September 2003
  • Dans la continuité de La Brûlure (Lettres Vives 2002), L'Identité obscure est un poème, un chant intérieur où souffle et intensité, lenteur et accélération, concentration et expansion, méditation et vision, se heurtent, se croisent et se confondent. « Au jour le jour, sans aucune idée de ce que j'écrivais, sauf que c'était ma vie, j'ai composé pendant plus d'un an ces longues laisses où se sont mis à alterner les trois pronoms « je », « tu », « on », portés par cette voix qui, une fois encore, s'était mise à parler, que je ne comprenais pas bien, mais qui m'emmenait où elle voulait et non où je voulais. J'étais dans l'emportement et le trouble et ce fut ce fragment de Lao-tseu qui, si j'ose dire, m'éclaira : « fusionne toutes les lumières, / unifie toutes les poussières, / c'est l'identité obscure ». Oui, comme toujours, c'était le poudroiement du multiple - toutes les lumières, toutes les poussières - et la force d'unification de cette voix autre, de cette identité souterraine, qui lui donnait un sens. D'où le titre du poème L'Identité obscure. »

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  • Chutes v - notes 2005-2010

    Jacques Ancet

    • Alidades
    • 11 February 2020
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  • Chutes, iv

    Jacques Ancet

    • Alidades
    • 15 January 2012
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  • Chutes t.2

    Jacques Ancet

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  • Chutes t.3

    Jacques Ancet

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