Ismaïl Kadaré

  • Disputes au sommet

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 19 January 2022

    Ismail Kadaré évoque ici un épisode mythique de l'ère stalinienne et pourtant infime par sa durée. Il s'agit de l'appel téléphonique de Staline à Boris Pasternak en juin 1934, qui ne dura guère que trois minutes et qui, dans le maelström de l'Union soviétique d'alors et des pays du bloc de l'Est, donna lieu à toutes les rumeurs, à toutes les interprétations, contribuant en grande partie à affaiblir encore l'image du grand écrivain russe. Cette conversation hante Ismail Kadaré depuis ses années de jeunesse, alors qu'il étudie à Moscou et qu'il en entend parler pour la première fois.

    Tel est le socle de ce nouvel opus qui permet à Kadaré de faire défiler en filigrane les grandes figures littéraires russes, mais aussi albanaises, toutes en proie un jour aux tourments exercés par la machine de la terreur totalitaire. Il met particulièrement en lumière la figure tragique d'Ossip Mandelstam, qui venait juste d'être arrêté, et qui est au centre de cette conversation téléphonique.

    Dénonciations, intrigues, incertitudes, témoignages, hypothèses, poèmes-fantômes, multiples interrogations ont essaimé de par le monde et se retrouvent ici dans un labyrinthe de versions de plus en plus inextricables, que l'écrivain propose comme une exploration sans fin de la relation énigmatique poète-tyran.

    Revivant plusieurs fois l'épisode à travers des moments critiques de sa vie d'écrivain sous l'ombre menaçante de l'Etat, mais aussi à travers la résonance d'autres écrivains à d'autres temps, Kadaré s'en empare, décortiquant chaque aspect, chaque piste, chaque signal, tel un enquêteur qui ne trouvera jamais la clé du rébus.

  • Qui a ramené Doruntine ?

    Ismaïl Kadaré

    • Zulma
    • 3 February 2022

    Par une nuit de brume, Doruntine se présente chez sa mère après trois ans d'absence. Son frère Konstantin l'aurait ramenée des lointaines contrées de Bohême où elle s'est mariée. Il en avait certes fait le serment, mais chacun sait qu'entre-temps il est mort à la guerre.
    Sommé par les autorités d'élucider l'affaire pour mettre fin aux superstitions et aux plus folles rumeurs, le capitaine Stres soupçonne une imposture de haute volée. Il n'a qu'une obsession : retrouver le cavalier de Doruntine...
    Au coeur de l'Albanie légendaire, entre croyances et fantasmes, mystère et rationalité, Kadaré transforme un mythe fondateur en une enquête palpitante.

  • Avril brise

    Ismaïl Kadaré

    • Librairie generale francaise
    • 23 November 1983

    Ismaïl Kadaré Avril brisé Deux histoires s'entrecroisent ici : celle de Gjorg, le jeune montagnard qui vient de venger la mort de son frère et qui attend le châtiment selon les termes du Kanun, et celle d'un jeune couple en voyage de noces, venu dans cette même région pour étudier les coutumes ancestrales et sanglantes de cette vendetta d'honneur. L'action a beau se situer au début du xxe siècle, la vie sur les hauts plateaux d'Albanie nous enfonce dans le Moyen Age.
    Le choc est si grand pour la jeune mariée qu'il sera fatal à son bonheur. Et cette expérience tragique va faire basculer son époux, écrivain mondain, dans la vraie réalité. C'est là sans doute la morale de Kadaré quand il apostrophe son héros : « Vos livres, votre art, sentent tous le crime. Au lieu de faire quelque chose pour les malheureux montagnards, vous assistez à la mort, vous cherchez des motifs exaltants, vous recherchez ici de la beauté pour alimenter votre art. Vous ne voyez pas que c'est une beauté qui tue. »

  • Les tambours de la pluie

    Ismaïl Kadaré

    • Folio
    • 16 October 1979

    Des remparts ensanglantés que des dizaines de milliers d'hommes tentent, malgré tout, d'escalader ; un commandant en chef, dont le sort est dramatiquement lié à la prise de ces murs ; une angoisse constante, sous un soleil torride.
    Les événements se déroulent au xvè siècle. la place assiégée est une citadelle albanaise. elle évoque parfois troie, avec ce cheval assoiffé, vivant cette fois, qui tournoie autour d'elle. et elle rappelle à plus forte raison l'albanie moderne des années 60, que les pays socialistes soumirent à un blocus implacable.
    Précise somme un procès verbal, cette chronique impitoyable d'une succession de journées gorgées de chaleur, de cruauté et de mort, vous introduit lentement dans son angoisse, une angoisse étrange, pleine de soleil et d'une aveuglante lumière.

  • Le general de l'armee morte

    Ismaïl Kadaré

    • Librairie generale francaise
    • 2 December 1988

    Ismaïl Kadaré Le Général de l'armée morte « ...Et puis, ces derniers temps, il m'arrive quelque chose d'étrange. Dès que je vois quelqu'un, machina- lement je me mets à lui enlever ses cheveux, puis ses joues, ses yeux, comme quelque chose d'inutile, comme quelque chose qui m'empêche même de pénétrer son essence, et j'imagine sa tête rien que comme un crâne et des dents (seuls détails stables). Vous me comprenez ? J'ai l'impression de m'être introduit dans le royaume du calcium. » Ismaïl Kadaré

  • Le palais des reves

    Ismaïl Kadaré

    • Librairie generale francaise
    • 1 September 1993

    Ismail Kadaré Le Palais des rêves Rejeton doeune illustre famille de grands serviteurs de loeEtat, Mark-Alem est embauché dans la plus secrète, la plus puissante, la plus terrifiante institution qui se puisse imaginer : une administration chargée de collecter, jusque dans les provinces les plus reculées, les songes de tout un chacun, de les rassembler dans un lieu unique, puis de les trier, de les classer, de les interpréter, afin doeisoler ces « maîtres-rêves » dans lesquels le destin de loeEmpire et de son tyran pourra être déchiffré.
    Cercle après cercle, Mark-Alem est promu dans les instances concentriques de ce haut lieu de pouvoir, jusqu?à en devenir le maître tout-puissant. Mais un maître hanté par la crainte d?être à son tour broyé par la bureaucratie infernale quoeil dirige : ne finira-t-il pas par lire un jour, dans le rébus de quelque rêve anonyme, la disgrâce et la condamnation de sa propre famille ?

  • Ismail Kadaré est l'un des plus grands écrivains d'aujourd'hui. Son oeuvre, ancrée dans sa propre expérience des drames contemporains, dépasse les frontières de son pays pour atteindre à l'universel à travers une dénonciation corrosive et percutante des systèmes totalitaires.
    Ce volume regroupe trois grands romans politiques, consacrés aux rapports difficiles qu'entretint la petite Albanie avec l'Union soviétique et la Chine. Trois livres aux tonalités bien différentes - biographique et intimiste pour Le Crépuscule des dieux de la steppe, épique et shakespearienne pour L'Hiver de la grande solitude, plus grotesque, voire cocasse, fantastique, pour Le Concert - mais qui forment une manière de fresque historique qui nous éclaire, de l'intérieur, sur les convulsions traversées par le monde communiste de la fin des années 1950 aux années 1970. Kadaré y évoque les combats idéologiques que se livrèrent les dirigeants des hautes sphères rouges, mais aussi la vie du petit peuple albanais, avec ses espoirs et ses déboires - aux antipodes des canons du réalisme socialiste. La petite histoire côtoie ici la grande, les drames personnels, les émois intimes se jouent à la lumière des schismes et des anathèmes, de part et d'autre d'un fossé qui se creuse et s'élargit entre révisionnistes et staliniens.
    Ces trois romans ont valu à leur auteur, contraint à l'exil, d'être attaqué avec virulence par le régime d'Enver Hodja en raison notamment de sa peinture pleine de dérision du bloc communiste et de ses méthodes tyranniques. Une peinture d'autant plus redoutable qu'elle est l'oeuvre d'un admirable conteur.

  • Chronique de la ville de pierre

    Ismaïl Kadaré

    • Folio
    • 2 November 1982

    Une chronique épique et fantasmagorique d'une ville albanaise au milieu du vingtième siècle.
    Une ville bizarre, terriblement penchée. si l'on glisse sur le côté d'une rue, on risque de se retrouver sur un toit. si l'on étend le bras, on peut accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. sous sa dure carapace de pierre se cache pourtant la chair tendre de la vie.
    Il n'était pas facile d'être un enfant dans cette ville.

  • La poupée

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 1 April 2015

    Dédié à la mémoire de sa mère, ce court récit est, pour le grand écrivain albanais, prétexte à évoquer à nouveau sa ville natale Gjirokastër. C'est aussi, et surtout, l'occasion de décrire les relations entre une mère aussi frêle et légère qu'une poupée de papier mâché, égarée dans une vaste maison dont elle est censée assumer la gestion sous le regard revêche des femmes de sa belle-famille, et un fils intellectuel, émancipé, entretenant une relation hors mariage, usant de mots qu'elle ne comprend pas, dont elle redoute qu'il en vienne à renier tout ce qu'elle incarne : une des plus anciennes traditions balkaniques.

  • Hamlet, le prince impossible

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 29 August 2007

    À l'âge de treize ans, dans un coin perdu de l'Europe communiste, Ismail Kadaré, naïf adolescent albanais, s'empare du Hamlet de Shakespeare pour y apporter une correction de son cru : « Je me souviens de ce jour ensoleillé d'hiver où j'ai pris le livre sur le rayonnage, cette fois non pas pour le recopier, mais dans une tout autre idée. Que les autres conservent leur Hamlet si ça leur chante, moi j'aurai le mien ! » Après plus d'un demi-siècle, nous pouvons enfin découvrir le Hamlet de Kadaré. Bien que l'action de la pièce remonte à très loin, presque à l'époque du Christ, on aurait du mal à en trouver une qui concerne aujourd'hui d'aussi près les habitants de cette planète. Fascinés par elle, tous méditent et supputent sans fin à son propos. L'énigme commence dès la première réplique entre les murs du château d'Elseneur, quand dans la nuit et le brouillard on attend l'apparition d'un spectre. Elle gît dans la question : « L'histoire qu'on voit se dérouler sur scène n'en cache-t-elle pas une autre

  • La discorde ; l'Albanie face à elle-même

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 30 January 2013

    « Si l´on se mettait à rechercher une ressemblance entre les peuples, on la trouverait avant tout dans leurs erreurs. » Ismail Kadaré, en évoquant entre autres les erreurs de son propre pays, passe en revue la symbolique de l´Albanie qui, soumis au joug ottoman pendant un demi-millénaire, a connu au XXe siècle successivement la république, la monarchie, l´invasion hitléro-mussolinienne, le communisme stalinien puis maoïste, enfin un retour à une démocratie brouillonne, tout en battant la semelle aux portes d´une Europe qui la fait lanterner. Ces symboles sont l´hymne et le drapeau, le premier non exempt d´arrogance vis-à-vis du reste du monde, le second ambigu avec son aigle à deux têtes figurant une nation divisée et un peuple en douloureuse discorde. S´y ajoute le père fondateur, Georges Kastriote Skanderbeg, lequel, trente ans durant, se battit pour contenir le déferlement ottoman qui atteignit jusqu´aux portes de Vienne, et prôna jusqu´au bout - comme le fait avec ardeur Kadaré aujourd´hui - le retour de la petite Albanie dans le giron du continent-souche, l´Europe.

  • Le dîner de trop

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 2 September 2009

    Gjirokastër - la « ville de pierre » au sud de l'Albanie - voit déferler les troupes allemandes qui remontent de la Grèce envahie. À leur tête, un colonel nazi qui a fait ses études en Allemagne avec un dignitaire de la ville, le docteur Gurameto. Le colonel von Schwabe retrouve avec effusion son ex-condisciple qui l'invite à dîner. Or, des maquisards ouvrent le feu sur l'avant-garde des blindés allemands . En représailles, les nazis raflent des otages parmi les habitants de la cité. Le docteur Gurameto se sent contraint durant le souper avec l'état-major allemand de convaincre le colonel de les libérer - y compris un pharmacien juif- sous peine de passer pour traître aux yeux de la population. Il obtient gain de cause.
    Une fois la guerre terminée et le communisme instauré, cette affaire revient sur le tapis. Au moment où dans tout le bloc communiste la paranoïa stalinienne atteint des sommets, la libération du pharmacien juif par le colonel nazi désigne Gjirokastër comme un noyau du grand complot planétaire visant à décapiter les pays socialistes.
    Quelle est la clé de l'énigme du fameux dîner ? Et si l'invité du docteur Gurameto n'avait été autre qu'un mort ?
    Brassant avec une virtuosité encore jamais atteinte balades balkaniques, chroniques de sa ville natale et charges tragi-comiques contre les dictatures défuntes (l'ottomane, la fasciste, la communiste.), Ismail Kadaré donne ici un roman qui le montre au sommet de son art.

  • Le dossier H.

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 11 January 1989

    L'Albanie du Nord, vers 1935. Deux Irlandais de New York, Max Roth et Willy Norton, arrivent dans la petite ville de N..., où ils comptent poursuivre des recherches sur la vieille épopée albanaise et peut-être, grâce à l'enregistrement des derniers rhapsodes ambulants, élucider le mystère des poèmes homériques _ à savoir: le poète aveugle est-il bien l'auteur de l'Iliade et de l'Odyssée ou, au contraire, un simple compilateur, voire une sorte de rédacteur en chefoe Mais, tandis que la femme du sous-préfet, en mal de mondanités et d'aventures galantes, organise une soirée pour les accueillir, son mari, alerté par le ministère, qui soupçonne les " chercheurs de folklore " d'être des espions, ordonne à son indicateur préféré, Dul Lasoupente, de prendre le guet. Bientôt, des combles de l'Os de buffle, l'auberge isolée située au pied des Cimes maudites où les deux Irlandais se sont installés, Dul envoie à son chef des rapports au contenu aussi troublant que leur style est fleuri...

    Comme le Pont aux trois arches, comme Avril brisé, comme Qui a ramené Doruntineoe auxquels il s'apparente par l'atmosphère, le cadre, le mystère, le nouveau roman d'Ismaïl Kadaré, qu'on pourrait qualifier de " thriller épique ", se présente sous la forme d'une enquête: sur la naissance et le devenir des grandes épopées, sur l'éternel et l'éphémère en art, sur l'énigme insondable de la création littéraire.

    Ismaïl Kadaré, poète, romancier, nouvelliste, est né en 1936, à Gjirokastra, dans le sud de l'Albanie. Citons, parmi ses autres oeuvres traduites en français: Le Général de l'armée morte, Les Tambours de la pluie, Le Grand Hiver, La Niche de la honte, Eschyle ou l'éternel perdant.

  • L'accident

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 27 August 2008

    Il est question ici d'un accident dans l'acception littérale du mot : un taxi quitte la route et plonge dans un ravin, il y a deux tués, un homme et une femme, un couple d'amants à l'évidence ; quant au chauffeur survivant, il est bien incapable d'expliquer la cause de l'accident.
    Il semble que cette cause ait un rapport avec ce qu'il a vu ou cru voir dans son rétroviseur. Mais il n'est pas en état de préciser ce qu'il a vu au juste, ni même de dire qui étaient les deux passagers, où ils se rendaient et pourquoi, tout, chez eux, paraissait si indéchiffrable.
    Une histoire d'amour peut sembler la chose la plus banale qui soit au monde, mais peut aussi apparaître comme inextricable. Des millions d'individus ont beau en faire l'expérience chaque jour, rien ne permet d'en résoudre l'énigme. On finit par croire qu'en cela même réside son pouvoir. A l'immémoriale question "L'amour existe-t-il ou n'est-il qu'une illusion ? " fait à présent écho cette autre interrogation : "S"il existe, peut-il se raconter ?" Dans cette oeuvre magistrale, Ismail Kadaré a tenté de raconter l'irracontable : une histoire d'amour ou l'histoire d'un meurtre, voire une tout autre histoire les recouvrant toutes deux tel un masque ? Jusqu'à la fin, la question ne cesse d'obséder le lecteur.
    Ismail Kadaré, écrivain albanais traduit dans une quarantaine de pays, a publié l'essentiel de son oeuvre aux éditions Fayard. Il a reçu en 2005 le Man Booker International Prize.

  • Par son écriture prophétique et épique, Ismail Kadaré a révélé sa terre natale : l'Albanie. Le " pays des aigles ", trop étroit pour les multitudes de peuples, de langues, de religions qui l'entourent, incarne la tragédie des haines légendaires.

  • La ville sans enseignes

    Ismaïl Kadaré

    • Stock
    • 3 March 1999

    Avec ses amis, Gjon, un jeune professeur, crée de toutes pièces un faux parchemin censé prouver que le texte fondateur de la littérature albanaise n'est pas de nature religieuse mais bien laïque, voire révolutionnaire, puisqu'on y discerne une forme primitive du concept de la lutte des classes... En fait, il s'agit là, entre autres, d'une satire du stalinisme et l'on comprend que des extraits de ce texte (où l'on croise des jeunes filles vénales et de jeunes intellectuels médiocres qui sévissent dans une ville de province où se morfond le commun des mortels dans un univers aux antipodes de la littérature socialiste), publiés en 1959 au retour de l'auteur en Albanie ( il avait alors vingt-trois ans) sous le titre Le Tour des cafés, aient été tout aussitôt interdits. Kadaré garda donc dans ses tiroirs ce premier roman qui y resta pendant quarante ans et qui est publié ici tel qu'il fut rédigé à Moscou où l'écrivain faisait ses études.

    Né en 1936 à Girokastra, dans le sud de l'Albanie - qu'il évoque dans ce livre -, Ismail Kadaré a connu d'emblée un succès international avec Le Général de l'armée morte publié en 1963. Ses oeuvres complètes sont en cours de publication aux Editions Fayard.

  • Dante, l'incontournable

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 6 September 2006


    quelle relation particulière a pu se nouer entre un pays comme la petite albanie et le plus grand poète d'italie et même d'europe ? étrange relation que celle-là.
    surprenante dans sa première phase quand, en 1939, l'italie fasciste, pour annexer l'albanie, utilisa, avec plus de succès que ses tanks, voire même que la couronne royale de victor-emmanuel commune aux deux pays, le prince de la poésie dante alighieri. et plus surprenante encore ensuite, quand, après la capitulation italienne et l'instauration du communisme à tirana, dante alighieri, si peu compatible avec tout régime dictatorial, mais a fortiori avec la tyrannie communiste, n'en demeura pas moins le plus populaire des poètes en albanie.
    c'est ce mystérieux phénomène que se propose d'élucider ce bref essai.

  • Spiritus

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 23 October 1996

    Par un soir d'octobre, deux invités se présentent en retard à l'entrée du palais où se déroulent d'ordinaire les réceptions officielles dans l'albanie communiste:

    - nous voici arrivés, mon âme..., dit l'un d'eux. je pense que tu devais avoir la nostalgie de la capitale. bien sûr, en bas, jamais tu n'aurais pensé, j'imagine, reparaître un jour ici. et de quelle façon! en hélicoptère, directement à un dîner de gala... dans un palais débordant de joie et de lumière, tel que tu n'en as encore jamais vu, même en rêve... le guide en personne t'attend!

    Conversation singulière au moins à un titre: un des interlocuteurs est vivant, l'autre n'est plus de ce monde!

    Spiritus est le récit fantastique de la poursuite et de la capture d'un esprit dans un cadre on ne peut plus réaliste: l'univers de la dictature, puis de la période post-communiste en albanie. roman d'une envergure et d'une richesse peu courantes, il atteint tout à la fois à la profusion de la saga et à la densité de la tragédie antique. ses trois parties _ " chaos ", " révélation ", " vestiges " _ tendent à esquisser par ailleurs les phases successives qu'a traversées la narration humaine, orale puis écrite, au fil des millénaires.

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  • Trois chants funebres pour le kosovo

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 15 April 1998

    On aurait du mal à trouver en ce monde une autre région de plaine où une vieille tragédie continue à projeter sans relâche, de façon cyclique, de nouvelles tragédies. Cette terre porte le nom innocent de " Champ des merles ", autrement dit Kosovo.
    Il y a six siècles, le 28 juin 1389, une coalition balkano-chrétienne composée de Serbes, de Bosniaques, d'Albanais et de Roumains fut écrasée par l'armée ottomane du sultan Mourad. Cette sanglante bataille ne dura qu'une dizaine d'heures. De cette défaite, les vaincus n'ont cessé jusqu'à aujourd'hui de porter le deuil. Cependant, comme les rapaces tournoient au-dessus du terrain après les combats, des cliques de politiciens nationalistes ont essayé à maintes reprises de tirer profit de cet événement fatal. Le 28 juin 1989, date de son sixième centenaire, le dirigeant serbe Milosevic lança un nouvel appel au massacre dans le Kosovo, cette fois contre les Albanais. C'est de ce jour que commença l'implosion de la Yougoslavie.
    Au sujet d'aucune autre bataille n'ont été échafaudées autant de mystifications qu'autour de celle du Kosovo. Bien des siècles auparavant, la vérité sur la guerre de Troie fut mise au jour par la littérature grecque antique. A travers ce dévoilement, celle-ci se hissa à des sphères sublimes jamais encore atteintes depuis lors par la civilisation universelle. Aujourd'hui, trois mille ans plus tard, la civilisation balkanique, dans l'épreuve, est tombée, elle, au plus bas niveau de la barbarie.
    Ce recueil, dans son impartialité, est une tentative pour témoigner de la noblesse perdue de cette civilisation, et une exhortation à ce qu'elle renaisse.

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  • CHRONICLE IN STONE

    Ismaïl Kadaré

    • Canongate books
    • 6 December 2018

    In a seamless mosaic of dreams and games, a young boy reflects on events as his hometown in Albania falls to a series of invaders. Amid floods and bombings, his own innocence and wonder are lost forever in the madness and brutality of the Second World War. A disturbing mix of tragedy and comedy, politics and sexuality, Chronicle in Stone is a fascinating masterpiece about what it means to grow up in a turbulent world.

    Poche N.C.
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  • L'entravée ; requiem pour Linda B.

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 8 September 2010

    Linda B. est une jeune fille aux rêves à première vue des plus simples : entre autres visiter la capitale de son pays. Mais c'est précisément ce qui lui est impossible. Dans la plupart des pays communistes existait une loi interdisant cet accès à une catégorie de gens dont Linda fait partie.
    Sa condition de reléguée évoque celle d'Eurydice, « entravée » elle aussi, et retenue aux enfers. Linda B. est vivante, elle, mais les lois de l'Etat albanais sont encore plus inflexibles que celles de la mort.
    Pourtant, une amie lycéenne, dans le rôle de la « passeuse », essaie de l'arracher à son assignation à résidence, du moins son enveloppe corporelle. Un dramaturge, de son côté, tente d'en extraire sa composante spirituelle. Réunie corps et âme, va-t-elle pouvoir accéder un jour à la réalisation de ses rêves ?
    Dans cette oeuvre majeure mariant, comme souvent chez lui, les mythes immémoriaux et une actualité historique à peine refroidie, Ismail Kadaré revient ici sur l'antique pacte d'Orphée, mais par une approche singulière, en essayant d'en décoder un aspect resté jusqu'ici inexpliqué.

  • Le pont aux trois arches

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 7 November 1989

    Un épileptique dont on interprète les contorsions comme un message de Dieu, des rhapsodes ambulants colportant d'étranges ballades, des envoyés d'une puissance étrangère qui soudoient un prince crédule et vénal, des caravanes d'asphalte - marchandise du démon -traversant le pays, une main malfaisante qui détruit la nuit ce qui a été fait le jour, un emmuré: tels sont, racontés sous forme de chronique par le moine Gjon, les événements de mauvais augure qui entourent, en 1377, la construction d'un pont sur l'Ouyane maudite, dans le sud de l'Albanie.
    Une nouvelle fois, dans le Pont aux trois arrhes, Ismail Kadaré analyse le rapport légende-réalité: il démontre comment la légende peut être utilisée à des fins «perfides» - ici, pour camoufler un crime. Mais chez ce maître de l'allégorie et de la métaphore, tout se déploie pour s'inscrire dans une réalité plus vaste, et les événements calamiteux du pont ne sont que la préfiguration, ou la répétition générale, d'un fléau plus terrible: l'invasion de l'Albanie par l'empire ottoman, début d'une tyrannie qui durera plusieurs siècles.
    Ismail Kadaré, poète, romancier, nouvelliste, est né en 1936 à Gjirokastra, dans le sud de l'Albanie. Il a fait ses études à Tirana puis à Moscou, et vit actuellement à Tirana. Illustration de couverture: Camille Corot, «Le pont de Narni», 1826 (détail). Paris, Musée du Louvre.

  • La legende des legendes

    Ismaïl Kadaré

    • Flammarion
    • 31 December 1997
  • Oeuvres complètes t.1

    Ismaïl Kadaré

    • Fayard
    • 25 August 1993

    S'ouvre par le présent volume la série des OEuvres du grand écrivain albanais Ismail Kadaré, publiées dans leur version définitive aux côtés de textes inédits. Non seulement cette publication restitue à chacun des écrits tout ce dont une censure brutale l'avait amputé sur le plan politique, moral et artistique, mais, pour la première fois, le lecteur va être à même d'appréhender dans sa globalité, presque comme un grand livre en soi, l'une des oeuvres les plus singulières et marquantes de ce siècle.

    Son espace couvre la moitié du globe, de l'Europe à la Chine en passant par l'ancienne Egypte, mais s'étend aussi aux mondes invisibles, royaume des dieux et enfer, voire au-delà. Elle couvre des millénaires d'histoire humaine, de la plus haute antiquité à la chute du communisme, mais se déroule aussi dans le temps supra-humain de la légende et du mythe. Ses personnages son de hautes figures ou de simples mortels, des tyrans ou des esclaves, mais aussi bien des spectres, des divinités, des démons. Par ces dimensions grandioses, l'oeuvre atteint à une universalité qui la rattache à la grande tradition des Tragiques grecs, de Dante et de Shakespeare, et l'illustre dans le genre dominant de ce siècle, le roman, comme le fit aussi naguère Kafka.

    Née au sein d'une dictature implacable et sanguinaire, immergée dans un monde livré de toute éternité aux appétits de pouvoir, aux haines inexpiables, aux utopies meurtrières, voici une oeuvre qui n'en appartient pas moins à l'univers mental de la liberté en ce qu'elle témoigne que l'art est indestructible, invulnérable, hors de portée des machines et concepts forgés par les hommes pour broyer les hommes.

    Ce tome premier rassemble quatre récits mythologiques inédits (Prométhée, La Porteuse de songes, La Nuit du sphinx, Avant le bain), un récit récent, La Grande Muraille, ainsi que les versions définitives de La Pyramide, Qui a ramené Doruntine?, Le Pont aux trois arches, précédés d'une introduction et de textes de présentation d'Eric Faye.

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