Lattes

  • Mistral perdu

    Isabelle Monnin

    • Lattes
    • 6 September 2017

    C'est une histoire intime, deux soeurs grandissent ensemble dans la France provinciale des années 1980 ; et puis l'une meurt.
    C'est une histoire politique, on croit qu'on appartient à un tout ; et puis on ne comprend plus rien.
    C'est l'histoire du je et du nous, ces deux-là s'intimident, ils se cherchent, parfois ils se trouvent ; et puis ils se déchirent.
    C'est l'histoire de valeurs, elles disent qui on est ; et puis elles se laissent bâillonner.
    C'est l'histoire d'un chanteur préféré, tendre et rebelle ; et puis il finit par embrasser les flics.
    C'est l'histoire d'un hier, où ne comptait que le futur ; et puis des aujourd'hui, malades du passé.
    C'est l'histoire d'un monde qui se croyait fort et paisible ; et puis il réapprend la haine.
    C'est l'histoire qui nous arrive ; et puis l'impression de ne plus y arriver.
    C'est une nostalgie, sans doute, mais pas seulement : dans la mémoire de ce qui fut, demeurent peut-être les graines de ce qui renaîtra, après la catastrophe.

  • C'est une semaine spéciale dans la vie de Daffodil Silver.
    Elle doit solder la succession de ses parents récemment disparus. Avant d'accepter ou de refuser l'héritage colossal qu'ils lui laissent, elle veut raconter au notaire leur singulière histoire.
    Le récit commence bien avant sa naissance, quarante ans auparavant. La mère de Daffodil s'appelle Lilas. Elle est la première des deux filles de Marguerite et Marcel, le propriétaire de l'usine des Souvenirs Faure. Trois ans après elle, est née sa moitié miraculeuse, l'autre face de sa médaille, un soleil : Rosa.
    Les soeurs sont inséparables. Elles rêvent d'ailleurs et de création, sont le noyau d'un joyeux groupe d'amis. Ensemble, ils jouent aux cartes et s'inventent des avenirs glorieux.
    Beau temps ne dure jamais.
    Alors que Lilas vient de donner naissance à sa fille, Rosa meurt brutalement.
    Passé le choc, vient le sursaut : Lilas décide, pour prolonger d'autant la vie de sa soeur et donner un sens à la sienne, d'écrire un livre qu'on mettrait autant de temps à lire que Rosa a vécu. Vingt-six ans, trois mois et six jours. Une cathédrale peut être magnifique et monstrueuse. La quête est vaine. Elle se heurte à l'indéfinissable de chacun, à ses mystères.

  • On sait peu de choses d'elle. Pas son prénom. Juste qu'elle a décidé de ne plus parler, « puisqu'il n'y a plus rien à dire », qu'elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu'elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et qu'autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait qu'il prépare le marathon de New York, qu'il est historien et qu'il s'est donné une mission : pour que sa compagne retrouve la parole, il doit faire le récit de l'histoire d'Eugène. Eugène est leur fils. Il est mort à l'âge de six jours. Mais comment raconter une si courte vie ? A-t-il existé, lui qui n'a pas vécu ? Le père d'Eugène n'a pas d'imagination mais de la méthode. Il se lance dans une enquête. La traque pragmatique de ce qu'aurait dû être la vie d'Eugène. Il cherche ses « aurait dû » partout. Jusqu'à la crèche qu'il aurait dû fréquenter où il dérobe la liste des enfants qui auraient dû devenir les copains de son fils. Le voilà qui espionne, sur Internet ou dans les rues d'un quartier populaire de Paris, les familles de ces petits. Pendant une année, il tient le journal de cette enquête. Et il s'entraîne pour le marathon sur un tapis de course installé dans leur appartement. Pendant qu'il court, la mère d'Eugène glisse des morceaux de velours rouge dans sa machine à coudre et se raconte en silence les vies héroïques de son glorieux fils. Livre de deuil, Les Vies extraordinaires d'Eugène est le récit de l'absurdité et de la puissance de la vie.

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  • 5 mai 2012.
    Demain aura lieu le second tour de l'élection présidentielle mais ce soir, dans la fébrilité de cette attente, Jipé fête ses cinquante ans. Parmi ses invités, Pierre et Jeanne.
    Ils ne se sont pas vus depuis trente ans et pourtant n'ont rien oublié de l'amour qui les avait fait trembler alors. Cette nuit-là, le cours de l'histoire peut changer. Second tour ou les bons sentiments est un roman politique et un roman d'amour, à moins que ce ne soit l'inverse.

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  • En juin 2012, j'ai acheté sur Internet un lot de 250 photographies d'une famille dont je ne savais rien. Les photos me sont arrivées dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l'enveloppe, il y avait des gens à la banalité familière, bouleversante. Je n'imaginais alors pas l'aventure qu'elle me ferait vivre.

    J'allais inventer la vie de ces gens puis je partirais à leur recherche. Un soir, j'ai montré l'enveloppe à mon meilleur ami, Alex Beaupain. Il a dit : « On pourrait aussi en faire des chansons. » L'idée semblait folle.

    Le livre contient un roman, un album photo, le journal de bord de mon enquête et un disque, interprété par Alex, Camelia Jordana, Clotilde Hesme et Françoise Fabian. Les gens de l'enveloppe ont prêté leur voix à deux reprises de chansons qui ont marqué leur vie.

    Les gens dans l'enveloppe est ainsi un objet littéraire moderne et singulier. Faisant oeuvre de vies ordinaires, il interroge le rapport entre le romancier et ses personnages. Il est surtout l'histoire d'une rencontre, entre eux et moi.

  • Zola, Drucker, Gainsbourg, Sarkozy, Cardin mais aussi Badinter, Apollinaire, Stravinsky, Chagall, de Staël, Cavanna, Coluche ou Aznavour : chacun dans leur domaine, chacun à sa façon, ils portent l'esprit français, la culture, et participent à ce qu'on appelle l'identité d'une nation. Ils incarnent la France. Pourtant, ils ne sont pas nés français. Ce n'est qu'après de longues démarches administratives qu'ils le sont devenus, eux-mêmes ou leurs parents. Le public l'ignore souvent. Leurs enfants l'ont parfois occulté, tout occupés à se faire une place en France. Les archives nationales, elles, ont tout gardé, dans des chemises en carton au papier jauni, dans des milliers de boîtes, sur plusieurs kilomètres de rayonnages... C'est à une longue enquête de détective que se sont livrées les auteurs. Il a fallu véritablement exhumer ces trésors de papier, ces dossiers de naturalisation anonymes. Un fabuleux patrimoine où se racontent épopées intimes et aventures collectives au gré des ballottements de l'histoire. Les familles, que les auteurs ont rencontrées, n'en avaient jamais eu connaissance : Michel Drucker, Raymond Domenech ou Charles Aznavour ont ainsi été confrontés aux traces émouvantes de leur histoire. Lettres manuscrites, rapports de police, enquêtes administratives : chacun de ces dossiers se lit comme un polar. L'ensemble donne un ouvrage foisonnant, où les itinéraires personnels d'Offenbach, Cendrars, Vartan, Beregovoy, Goscinny, Uderzo ou Ionesco nous permettent de voyager dans l'histoire, du Second Empire jusqu'aux années 1960. Le parcours d'Apollinaire nous rappelle la Grande Guerre, où la nationalité se payait de son sang, par un engagement volontaire dans l'armée. Les itinéraires de Chagall et de Gainsbourg nous plongent quant à eux dans le passé sombre de Vichy, qui avait décidé, comme le révèle cette enquête, de les rayer de la communauté nationale. Les héros de ce livre étaient polonais, espagnols, russes, ukrainiens, argentins... Des réfugiés fuyant les persécutions, les guerres civiles ou la misère. En une génération, ces immigrés sont devenus « La France ».préfacé par Annie Poinsot, conservateur aux Archives nationales.

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