Irène Herrmann

  • L'humanitaire envahit les écrans, les médias et nos vies. Il passe pour l'une des démarches et des valeurs les plus prisées de notre temps. Mais que recouvre exactement ce phénomène ? L'histoire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la plus ancienne des organisations internationales consacrées à l'aide aux victimes, donne des réponses éclairantes à ces questions. À travers le récit de quatre moments-clés de cette institution vieille de plus de 150 ans, Irène Herrmann nous montre que l'engouement dont il jouit est récent. L'idéal de compassion sur lequel il repose n'entend pas lutter contre les injustices mais est indissociable du nationalisme comme du colonialisme. De fait, s'il comprend une part indéniable de dévouement, il n'est pas totalement désintéressé. Ainsi, en retraçant le parcours du CICR, l'auteure met-elle en lumière des réalités contre-intuitives voire carrément dérangeantes.

  • Le 12 septembre 1814, les délégués cantonaux réunis en Diète dans la ville de Zurich prennent deux décisions majeures. D'une part, ils votent l'entrée de Neuchâtel, du Valais et de Genève dans la Confédération. Cette disposition apporte un accroissement substantiel de territoire à la Confédération, voulu par les Grandes Puissances. D'autre part, les députés helvétiques acceptent d'envoyer des représentants au Congrès de Vienne. En cela, ils montrent sans doute leur intention d'occuper une place sur l'échiquier européen qui se recompose après la chute de l'Empire français. Le 12 septembre marque ainsi le début de la reconstruction d'une Confédération indépendante. Mais ces décisions sont hésitantes et trahissent surtout la faiblesse internationale du pays comme sa désunion interne. En réalité, les dirigeants locaux se préoccupent moins d'assurer le sort de la Confédération que d'éviter le retour de la Révolution. Ironie de l'histoire, c'est au nom d'une "renaissance suisse" que sera lancé le mouvement de la Régénération, destituant la plupart des élites de 1814.

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  • Non, la Suisse n'a pas toujours été un pays tranquille. Non, les Suisses ne sont pas génétiquement programmés pour s'entendre. Au XIXe siècle, la volonté de cohésion inhérente à la construction de l'Etat-nation helvétique a même suscité d'importantes tensions qui ont failli éliminer la Confédération de la carte de l'Europe. L'examen attentif des clivages religieux, culturels, idéologiques, sociaux ou linguistiques qui scindèrent alors la contrée permet de restituer la gestion des conflits suisses dans la multiplicité de ses dimensions propres. En décryptant les vertus pacificatrices des hasards, en évaluant l'influence unificatrice des pressions extérieures, en analysant le perfectionnement des pratiques conciliatoires indigènes, et surtout, en scrutant l'émergence d'une véritable conscience citoyenne, cet ouvrage explique comment, pourquoi et à quel prix, la Confédération est finalement devenue si paisible... en apparence.

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  • Il y a 200 ans, Genève devenait suisse. Ce rattachement a été longtemps célébré comme l'un des événements les plus marquants de l'histoire de la cité. Mais que s'est-il passé ? Pourquoi ce choix, qui l'a voulu et dans quel but ? Plus précisément, quelles ont été ses répercussions sur la vie quotidienne et les arts ? Quelle a été l'opinion de des habitants de la petite république et des Suisses ? Qu'en ont pensé les monarques européens voire le reste de la planète ?
    C'est à ces différentes questions qu'ambitionne de répondre cet ouvrage. Pour ce faire, une dizaine d'auteurs se sont attachés à inscrire le « cantonnement » dans son contexte large. Car s'il s'agit d'un épisode crucial au niveau local, il demeure le produit de rapports de force internationaux autrement plus vastes. Vue sous cet angle, l'entrée de Genève dans la Confédération est bien le fruit d'une époque où le monde entier a changé.

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  • Contrairement à ce que l'on pense généralement, la société soviétique des années trente n'a pas retenti que de paroles officielles.
    De fait, elle a accordé une large place au discours individuel et, plus encore, au discours de soi. Pour encourager cette pratique, elle en a réinventé les formes et aménagé les lieux d'expression : du journal intime à l'autocritique publique, en passant par l'autorapport, l'autobiographie de parti ou encore le journal de production. Inscrites dans les routines administratives de la bureaucratie et du parti soviétiques, ces pratiques permettaient à l'appareil d'État de connaître et de reconnaître ses sujets, remplissant ainsi une fonction d'objectivation.
    Cependant, l'acte de parler de soi est ambigu : forme de dévoilement donnée à autrui, il est aussi, selon l'hypothèse de Michel Foucault, un acte de subjectivation. Cette tension conceptuelle s'inscrit au coeur du présent ouvrage. Elle permet de réviser l'interprétation du stalinisme comme un système uniquement coercitif, comme un ensemble de moyens de contrôle et d'interventions arbitraires dans la vie des citoyens, interprétation qui ne tient compte ni de la genèse historique ni de la composante dynamique de tout régime politique, aussi despotique soit-il.
    L'enjeu des contributions ici réunies est plutôt d comprendre comment le système stalinien d'avant 1945 a pu s'imposer, même obtenir l'approbation, la participation et la loyauté non seulement des membres du parti, mais aussi d'une grande partie de la population.

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