Idith Zertal

  • Depuis la création d'Israël, la Shoah et ses millions de morts n'ont jamais cessé d'y être présents : dans la législation, dans les prières, les cérémonies, les tribunaux, les écoles, la presse, la poésie, les inscriptions funéraires, les monuments et les livres commémoratifs. La société israélienne n'a cessé de se définir en relation avec la Shoah et ses victimes, de se considérer dans un double mouvement d'expiation de leurs fautes et de rédemption de leur mort. C'est cette relation complexe et ambiguë que Idith Zertal analyse avec précision et lucidité. Elle montre le rôle central occupé par les morts de la Shoah dans le débat politique israélien depuis 60 ans, en particulier dans le contexte du conflit israélo-arabe. Auschwitz, dont le retour est perçu comme une éventualité permanente, est devenu la principale référence face à un monde systématiquement défini comme hostile et antisémite : Israël s'est ainsi doté d'une aura de sacralité, qui le rend imperméable à la critique et à une délibération rationnelle avec le reste de la communauté des nations. En outre, l'usage décontextualisé que l'État israélien fait de la Shoah a pour effet d'en dévaluer sa dimension exceptionnelle. Loin de toute polémique, Idith Zertal offre un regard émouvant, dérangeant et remarquablement documenté sur la société israélienne, une réflexion sur l'identité nationale d'Israël, sur la construction de la mémoire collective, sur la culture et la politique de la mort. Son ouvrage a déjà été traduit et publié en plusieurs langues.

  • Quatre décennies ont passé depuis la guerre de 1967 et depuis, au mépris du droit international qui interdit aux États occupants de transférer une partie de leur population dans le territoire occupé, des citoyens juifs d'Israël n'ont cessé de s'installer au-delà de ses frontières.
    Ce livre est la première tentative d'appréhender dans sa globalité le phénomène des colonies juives en Palestine. Il rassemble des données éparses, souvent cachées, rarement mises en perspective.
    Tous les gouvernements successifs d'Israël, quelle que soit leur couleur politique, des figures aussi diverses que Moshe Dayan, Shimon Peres, Ehoud Barak ont encouragé l'établissement de nouvelles colonies. Ce soutien a pris aussi bien la forme de décisions politiques et budgétaires que celle d'un laxisme caractérisé envers le non-respect de la loi. La montée en puissance du mouvement de colonisation, avec l'apparition brutale dans la sphère publique, après juin 1967, de mouvements aux modes d'action uniques, comme le Gush Emunim fait face à l'effondrement progressif des institutions étatiques.
    Incapable de transformer la victoire militaire de 1967 en paix, Israël s'est ainsi empêtré dans le bourbier humain, moral, social, financier et politique de la colonisation.

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