Hervé Lacombe

  • Hormis quelques rares oeuvres, l'opéra français souffre d'une mauvaise réputation. Fort mal connu, on lui reproche de ne viser que rarement au sublime, de ne guère rechercher l'intensité et la profondeur de l'expression ou la densité de l'écriture. Faust ou Carmen ne sont que les arbres qui cachent une forêt trop longtemps laissée à l'abandon.

    Sensible à la nuance et à la légèreté, parfois à l'intimisme (notamment dans l'opéra lyrique), allant du divertissant au grandiose (particulièrement dans le grand répertoire meyerbeerien) en mettant souvent en scène des sujets exotiques, ce répertoire, qui connut une très grande popularité, servit un temps de modèle aux plus grands compositeurs lyriques du moment, Wagner et Verdi en tête, au nom desquels on l'a, depuis, souvent rejeté.

    Comment dès lors comprendre ce qui fait la véritable spécificité de cet édifice lyrique français, si ce n'est en s'appliquant à en démonter les rouages, à en dévoiler les artifices et les originalités, à en présenter les acteurs: compositeurs, librettistes, interprètes, éditeurs et aussi journalistes, sans négliger le pouvoir politique, la censure et même le public.

    A travers un discours souvent pittoresque se dessinent les diverses voies empruntées par l'opéra français d'alors, certaines classiques, parfois académiques (Boieldieu, Auber, Adam), d'autres plus originales (Gounod, Bizet, Massenet) ou franchement iconoclastes au regard des conventions de l'époque (Berlioz), ainsi que les transformations qui s'opèrent au cours du siècle, parmi lesquelles l'influence grandissante de la musique allemande et du wagnérisme.

    Ce livre, nourri des écrits de nombre de compositeurs doués d'une plume remarquable et savoureuse (Berlioz, Saint-Saëns, Reynaldo Hahn), ne se prive pas du regard d'écrivains aussi essentiels que Stendhal, Balzac, Gautier ou Zola, observateurs attentifs et compétents de la vie lyrique.

    Une approche sociologique, esthétique, littéraire et bien évidemment musicale de cette période particulièrement féconde de l'histoire de l'opéra.

    Musicologue, maître de conférences à l'université de Metz, Hervé Lacombe prépare actuellement un important ouvrage sur Bizet.

  • Alors que Francis Poulenc (1899-1963)s´est amplement confié dans des nombreux ouvrages, entretiens, émissions de radio, une monographie fouillée restait à écrire. Après celle d´Henri Hell, parue en 1978, qui se ressent de l´amitié qui unissait le biographe et le musicien, Hervé Lacombe donne la version de référence.
    À partir de documents étudiés de première main, il offre une image renouvelée d´un compositeur qui, né au XIXe siècle, s´est toujours inscrit dans son temps, ouvert à tous les courants et curieux de toutes les musiques, même s´il a choisi résolument de ne pas s´écarter de certains cadres formels.
    Son oeuvre, qui embrasse tous les genres et excelle particulièrement dans le domaine vocal (ses mélodies sont au répertoire de nombreux chanteurs, son opéra Les Dialogues des Carmélites est joué dans le monde entier, sa musique religieuse est interprétée par de nombreux choeurs), est ici commentée dans son rapport au langage de son époque, de manière à pénétrer la séduction qui, d´une légèreté charmeuse et assumée à une gravité profonde, attire à elle les amateurs et retient les connaisseurs.
    À l´occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, cet ouvrage complète la connaissance d´un musicien dont on a découvert la plume élégante à travers sa Correspondance (Fayard, 1994) et le recueil de textes J´écris ce qui me chante (Fayard, 2011).

  • Ecoutez l'opéra, vous entendrez le monde. Telle est l'idée qui domine ce livre. Rompant avec l'histoire européocentrée du théâtre lyrique, fort d'une enquête conduite en Occident mais aussi dans des territoires le plus souvent cantonnés par l'historiographie classique dans un ailleurs exotique, comme la Mongolie, la Chine ou le Japon, l'Amérique latine et les Caraïbes, l'Egypte, l'Arménie ou Israël, Hervé Lacombe décrit les grandes tendances esthétiques qui animent la production et le répertoire, expose les défis auxquels sont confrontés les compositeurs, interroge le principe de la représentation qui sous-tend l'idée même d'opéra, puis déplace l'histoire de la musique dans la sphère du multiculturel. Dès lors, il nous convie à une lecture originale de la mondialisation du "modèle lyrique occidental" au cours du XXe siècle, ainsi que de certains des grands enjeux de la société actuelle dont cette forme artistique pluriséculaire semble être le miroir de concentration. En effet, suivre aux quatre points cardinaux du monde contemporain l'évolution de l'opéra né autour de 1600 en Italie, c'est poser la question de l'identité d'un genre dans l'histoire, de la permanence et du renouvellement, mais aussi de l'évolution d'une civilisation transposée dans l'univers de l'art et projetée sur la surface du globe.

  • Georges bizet

    Hervé Lacombe

    • Fayard
    • 2 November 2000

    Ouvrage de référence sur un compositeur méconnu malgré sa popularité, ce livre s'attache à retracer l'exceptionnelle trajectoire d'un homme en quête d'une construction artistique et sociale. Comment concilier le désir de succès avec une personnalité musicale originale et exigeante oe Comment être soi-même quand on a été le jeune prodige couronné de lauriers par les institutions conservatrices oe Hervé Lacombe retrace les étapes de ce parcours passionnant : l'enfance modeste dominée par la formation au Conservatoire, l'évasion romaine à la villa Médicis, le mariage avec Geneviève Halévy, les drames familiaux, qui accompagnent sa carrière et ses projets.

    Au terme d'une vie trop brève, se déroulant sur une toile de fond historique tourmentée qui en quelques années voit la révolution de 1848, le coup d'État menant au Second Empire, la guerre de 1870, la Commune puis la République, Bizet atteint son but avec l'ultime chef-d'oeuvre, Carmen, dont les représentations furent marquées par sa mort tragique et prématurée L'auteur ne se contente pas d'engager une réflexion nouvelle sur cette oeuvre phare, devenue un véritable mythe contemporain, il situe dans la vie musicale et la société parisienne du temps, puis réévalue une production infiniment plus variée et plus séduisante qu'on ne l'imagine habituellement.
    Fruit d'une longue enquête menée dans des fonds publics et privés disséminés dans le monde entier, cette biographie se fonde sur une documentation considérable riche de nombreux documents inédits, redécouvre des oeuvres inconnues ou considérées jusqu'alors comme perdues, et s'inscrit tout à la fois dans l'histoire culturelle et celle du goût.

    Musicologue, maître de conférences à l'Université de Metz, Hervé Lacombe est l'auteur des "Voies de l'opéra français au XIXe siècle, ouvrage couronné par le prix Bernier de l'Académie des beaux-arts 1997, le Prix des muses 1998 (prix spécial du jury) et le Prix "Eugène Carrière" de l'Académie française 1998.

  • Au cours des siècles s'est édifiée une idée française de l'Italie et une idée italienne de la France. Dans l'histoire complexe des liens entre opéra français et opéra italien, il n'est pas exagéré de parler de rapports passionnels, faits d'attirances et de répulsions. L'opéra est un lieu d'échanges exceptionnellement riche, puisqu'il engage l'histoire de la musique et des musiciens, ou encore des institutions et des idées. Traiter des échanges franco-italiens dans le domaine lyrique demande donc de diversifier les analyses et les méthodes. Ainsi cet ouvrage propose la comparaison d'opéras français et italiens et de leur dramaturgie : Camille de Dalayrac et Paër ; Gustave III d'Auber et Un ballo in maschera de Verdi ; une réflexion sur le modèle italien dans Don Procopio de Bizet, ou dans les grands opéras de Massenet ; des analyses plus spécifiquement littéraires des sources d'Il Pirata de Bellini et de Tosca de Puccini. L'étude des représentations italiennes des grands opéras de Meyerbeer ou de Pelléas et Mélisande de Debussy est l'occasion d'aborder les problèmes de la traduction, de l'adaptation et de la réception d'un opéra français en Italie. L'examen du traitement de l'alexandrin dans les Vêpres siciliennes ou de l'anapeste dans Un ballo in maschera de Verdi permet d'attirer l'attention sur les rythmes poétiques comme objet stylistique musical. L'histoire des démêlés de Verdi et du Théâtre-Italien de Paris sous la direction de Calzado met en avant le rôle essentiel des directeurs dans la vie des théâtres lyriques. Le cas des représentations d'Aida à l'Opéra de Paris conduit à s'interroger sur exotisme et nationalités.

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  • Histoire de l'Opéra français : du Roi-Soleil à la Révolution Nouv.

    Les débuts de l'opéra en France, de sa fondation par Louis XIV à ses développements jusqu'à la Révolution. De la tragédie lyrique, genre spectaculaire qui s'impose au monde musical, à l'apparition de nouveaux genres : l'opéra-comique, qui se développera au XIXe siècle.
    Menée par Hervé Lacombe, une équipe pluridisciplinaire passe en revue tous les aspects de l'opéra français à ses débuts, et montre comment se constitue une véritable culture lyrique.
    Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, l'opéra reflète et concentre son époque. Il est tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique protéiforme, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Dans l'histoire de ce genre totalisant, le répertoire français occupe une place à part, fortement déterminée par son lien avec l'État, depuis son institutionnalisation par Louis XIV, qui consacra la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution. Né au XVIIe siècle, tout à la fois en s'inspirant et en se démarquant de l'opéra italien, l'opéra français s'inscrit dans un contexte social et artistique spécifique, dont la culture de la danse est l'une des données fondamentales. La période qui s'ouvre avec le Roi-Soleil trouve son terme dans l'écroulement de l'Ancien Régime durant la Révolution. Entre-temps, le genre a infiltré toute la vie musicale, a proliféré jusque dans les colonies. Il s'est ramifié sous diverses formes, dont l'opéra-comique est l'une des plus originales. Derrière quelques noms restés célèbres, comme Lully et Rameau, Grétry et Gluck, c'est une multitude d'auteurs qu'il nous faut redécouvrir. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses productions.
    Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de près de deux cents auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2.

  • L'opéra, art totalisant, le genre privilégié de la rencontre entre les expressions artistiques : poésie, théâtre, musique, costumes et décors, chant et parfois danse. L'opéra français, créé sur décision royale, est également fortement marqué par ses implications politiques.
    Menée par Hervé Lacombe, une équipe pluridisciplinaire passe en revue tous les aspects de l'opéra français au XIXe siècle, époque de son triomphe et de son rayonnement esthétique et social.
    L'opéra français est déterminé par son caractère d'institution d'État, depuis sa création par Louis XIV, qui consacra le genre de la tragédie en musique, jusqu'à l'inauguration en 1989 de l'Opéra Bastille, voulu par François Mitterrand, à l'occasion des festivités du bicentenaire de la Révolution.
    Le XIXe siècle est en France l'ère du piano, des virtuoses, des concerts symphoniques, de la presse musicale, de la mélodie et des salons, mais, plus que tout, il est le temps de l'opéra. À Paris, en province et dans les colonies, sous sa forme spectaculaire ou par ses innombrables arrangements, ce genre déjà plus que séculaire demeure l'objet d'attentions particulières des pouvoirs qui se succèdent, du Consulat aux débuts de la IIIe république. Il continue à se ramifier, avec l'opérette et l'opéra de salon, s'enrichit d'apports étrangers, de Rossini à Wagner, devient le centre de toute l'activité musicale et infiltre les diverses couches de la société. L'opéra est donc tout autant un phénomène culturel d'une ampleur considérable qu'un objet artistique, le résultat d'une industrie que le fruit d'une esthétique. Sollicitant les yeux, les oreilles et les émotions, manipulant les idées comme les imaginaires, il reflète et concentre son époque.
    Outre quelques titres mondialement connus -- Carmen et Faust, Manon et Orphée aux enfers... --, ce sont des centaines d'oeuvres que ce siècle a créées. Ce continent lyrique restait à explorer dans la diversité de ses aspects. Une histoire s'imposait donc, pour en faire le récit et en décrire les mécanismes, pour en reconstituer les valeurs et les tendances, pour suivre ses acteurs et découvrir ses institutions, ses salles, ses pratiques, ses thèmes, ses productions...

    Entreprise sans précédent par ses dimensions et par sa conception, cette Histoire de l'opéra français en trois volumes réunit une équipe internationale de plus de cent cinquante auteurs - musicologues, littéraires et philosophes, historiens et spécialistes du théâtre, de la danse et des arts. Elle est placée sous la direction d'Hervé Lacombe, professeur de musicologie à l'université Rennes 2.

  • Au sein des recherches actuelles sur l'émotion musicale, ce livre possède une approche originale : il ne s'agit pas tant de décrire la nature, les opérations et les fonctions de cette émotion, que de s'interroger sur les enjeux conceptuels, culturels, sociaux et artistiques de sa valorisation ou de sa dévalorisation. Autour de ce souci axiologique, il s'agit donc d'articuler des perspectives anthropologiques, esthétiques, historiques et pragmatiques afin de poser la question : au nom de quoi, en vue de quoi et dans quels moments de la musique occidentale, les acteurs impliqués par son exercice et sa compréhension revendiquent-ils ou refusent-ils l'émotion ?

    Avec le soutien de l'EA 3552 de l'université Paris-Sorbonne, du CELLAM et de l'EA HCA de l'université Rennes 2.

  • Pétrie d'influences, écrite dans des genres établis, fondamentalement tonale, l'oeuvre de Francis Poulenc montre de manière éclatante qu'il est encore possible, durant la première moitié du xxe siècle, de tirer un style éminemment personnel d'un langage hérité.
    Animée de paradoxes et oscillant du profane au sacré, empruntant constamment sa matière à d'autres auteurs sans jamais perdre son caractère propre, la musique du compositeur français est reconnaissable entre toutes. Elle porte la marque de singularités que cet ouvrage se propose d'identifier, d'explorer et d'expliquer en croisant approches et méthodes d'analyse aussi stimulantes qu'inattendues. Les différents genres dans lesquels Poulenc s'est exprimé sont abordés de la messe à l'opéra, de la mélodie à la musique de film, de la symphonie à la musique de chambre, du concerto à la sonate.

  • « L'enregistrement affectera l'auditeur vers lequel finalement toute cette activité est dirigée. » Ce sont ces changements, promis par Glenn Gould en 1966, que cet ouvrage repère et analyse. Musicologue, ethnomusicologue, historien des arts contemporains et des techniques d'enregistrement, producteur de disques, ingénieur du son, directeur artistique, musicien, théoricien du cinéma et philosophe, tous tendent l'oreille dans ce livre au monde sonore, musical et cinématographique contemporain.

  • « L'amour est enfant de Bohème » : sur ces mots, tout le monde peut fredonner l'air le plus célèbre de l'opéra le plus joué au monde : Carmen. D'où vient cette musique - une habanera ? Pourquoi ce succès, de Bizet à Stromae ? Pourquoi cet air - que se sont approprié les chanteurs de variétés européens, américains et même asiatiques, le rock underground, le cinéma, nombre de séries télévisées américaines, maintes publicités - fascine-t-il depuis cent quarante ans un public bien plus vaste que celui qui se passionne pour l'art lyrique ? C'est à la naissance et à la renaissance perpétuelle de ce véritable tube que nous convient Hervé Lacombe et Christine Rodriguez. Du sujet (emprunté à Mérimée) au texte (qui a plus d'auteurs que l'on croit), du compositeur à l'interprète, de Cuba à Paris, ils explorent les origines et les territoires du chant de la bohémienne, éclairent la manière dont Bizet met en scène sentiment et fatalité. Le voyage, le nomadisme, la danse ont à voir avec la leçon amoureuse de Carmen. La puissance fantasmatique de sa scène d'entrée, saisie au milieu des cigarières, des soldats et de la foule admirative, touche chacun d'entre nous. Bizet a imposé un mythe et fixé l'image d'un corps scandaleux dont la Habanera est l'emblème.

  • La musique de Francis Poulenc n'a pas connu de purgatoire et s'est affirmée comme l'une des plus appréciées du XXe siècle. Ce livre cherche à comprendre son succès et son devenir en France et à l'étranger. Sont évoqués les réseaux professionnels et amicaux, les institutions, la presse, les interprètes grâce auxquels les oeuvres circulent. Mais aussi les conditions d'exécution ou de représentation, les cadres esthétiques de leur réception, et toute forme de témoignage permettant de rendre compte de leur programmation, de leur diffusion et de leur perception.

    Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, de l'Association des amis de Francis Poulenc et de l'EA Histoire et critique des arts de l'université Rennes 2.

  • En 1737, Jean-Baptiste Fayard fonda une manufacture de faïence, à Sinceny, village situé au nord-est du département de l'Aisne, à 125 kilomètres de Paris et 31 de Saint-Quentin.
    La « manufacture du château » resta en activité jusqu'en 1866, tandis que de 1786 à 1887, d'autres fabriques fonctionnèrent à Sinceny et dans ses environs. Pendant 150 ans, furent produites des pièces variées et originales, de grand feu, s'inspirant des formes et des décors à la mode. Ces faïences connurent, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, une grande renommée, avant de s'adresser ensuite, principalement, à une clientèle plus locale. La peinture en réverbère (dit petit feu) fut même pratiquée entre la fin des années 1770 et 1784. La collection de faïences de Sinceny du musée Antoine Lécuyer se compose de pièces rares, exceptionnelles ou plus communes mais habituellement non présentées dans les musées. Couvrant la période 1740-1860 et offrant un panorama varié de la production des manufactures de Sinceny sur plus d'un siècle, elle est publiée pour la première fois en totalité dans ce catalogue.

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