Henri Ortolan

  • Des utilisations et des développements multiples Si l'appellation de " reine des batailles " a été donnée à l'infanterie durant le premier conflit mondial, il aurait été plus exact de l'accorder à l'artillerie ; ne serait-ce que par la place prépondérante qu'elle occupe peu à peu dans les opérations, au point de représenter le tiers des effectifs des armées belligérantes de 1918. Point d'artillerie, point d'offensive ! D'abord organisée essentiellement autour de l'artillerie légère de campagne, l'artillerie de la Grande Guerre occupe une place croissante au sein des armées des belligérants. L'évolution des techniques de combat et le contexte propre à chaque théâtre d'opérations conduisent en outre à une diversification des matériels, si bien que l'on devrait parler à la fin du conflit, non d'une artillerie, mais des artilleries. Cette diversification débouche en effet sur l'artillerie de tranchée, sur celle de montagne, sur l'artillerie chimique, sur l'artillerie lourde aux calibres de plus en plus importants, sur l'artillerie anti-aérienne, sur l'artillerie chenillée ou automotrice. L'artillerie contribue en outre au développement de l'aéronautique, permet la guerre des gaz et débouche sur les premiers chars d'assaut. En raison de cette multiplicité de matériels, produits en quantités considérables, et de la consommation inouïe en munitions qui en résulte, elle implique en même temps un effort industriel gigantesque de la part de chaque belligérant. Ce développement technique conduit les états-majors à reconsidérer la place de l'artillerie au sein des grandes unités et à faire évoluer leurs structures, en même temps que son emploi tactique en liaison avec l'infanterie. En 1918, on n'utilise plus l'artillerie comme on l'employait en 1914, et celle de 1918 préfigure celle de l'entrée en guerre de 1939. L'étude qui est proposée a donc pour objet de suivre cette évolution de l'artillerie de la Grande Guerre dans les domaines à la fois technique, tactique et stratégique.

  • La bataille de Leyte, qui se déroule à la fin du mois d'octobre 1944, est la plus grande bataille navale de la Deuxième Guerre mondiale, autant par sa durée que par l'ampleur des moyens engagés et celle du théâtre d'opérations où elle se déroule. Elle a pour cadre l'archipel des Philippines. Elle oppose l'essentiel de la flotte américaine à la flotte impériale japonaise, et notamment les meilleurs amiraux des deux camps.

    Cette bataille sonne le glas de la marine impériale japonaise tant ses pertes sont élevées. Elle donne en même temps le coup d'envoi des attaques des kamikazes, opérations désespérées pour tenter de redresser une situation pourtant irrémédiablement compromise. En effet, après Leyte, le Japon a définitivement perdu la guerre.

  • Après l'épisode de Varennes, en 1791, de nombreux officiers refusent de prêter serment à la Constituante et choisissent d'émigrer.
    Georges de Rivières est l'un d'entre eux. Né en 1755, il est issu d'une famille albigeoise anoblie au début du XVIIIe siècle, dont la position sociale est ensuite consolidée par l'acquisition d'une terre noble, puis par des alliances et le métier des armes. Entré à quinze ans au régiment Dauphin-Infanterie comme cadet, Georges de Rivières prend part au premier combat naval de la guerre des Amériques, au large d'Ouessant, où il est grièvement blessé.
    Il est capitaine en premier quand survient la Révolution. Celle-ci bouleverse sa carrière. Il appartient successivement à trois armées d'émigrés et fait campagne avec chacune d'entre elles contre les armées de la République. Dans l'Emigration, il est admis dans l'ordre de Saint-Louis et devient alors le chevalier de Rivières. Sa vie d'errance le conduit jusqu'au Consulat. Radié de la liste des émigrés, il revient à Albi, se marie, fonde une famille nombreuse et participe à la vie publique.
    Il meurt à l'âge, fort avancé pour son temps, de quatre-vingt-dix-sept ans, au terme d'une vie bien remplie. Le chevalier de Rivières est un exemple de ces officiers dont l'existence s'est déroulée à une période charnière de l'histoire de France. Son histoire particulière reflète les bouleversements du XVIIIe siècle et leurs répercussions au siècle suivant.

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  • Fort militaire hier, bientôt quartier d'habitations, le fort d'lssy-les-Moulineaux fait partie de ces sites qui ont plusieurs vies.
    Construit tardivement dans les années 184o, il a traversé nombre d'événements historiques, de la guerre franco-prussienne de 187o à la Commune de Paris, avant de faire aujourd'hui peau neuve. Sous la houlette de cabinets tels que l'agence Architecture-Studio pour le compte d'un groupe de promoteurs, le renouveau est en marche. Cet ouvrage présente un panorama complet de l'histoire du fort, de sa construction à son actuelle transformation.
    Alors que la première partie replace le site dans une perspective historique claire et documentée, la seconde permet de saisir au mieux les enjeux des travaux entrepris en 2010 grâce aux propos éclairants d'AS.Architecture-Studio. A travers ce site, c'est toute la question de la place du patrimoine architectural qui est posée ici. En ce sens, le fort d'lssy est bel et bien un "patrimoine en devenir".

  • La contre-offensive alliée débute le 8 août 1918 et se conclura par l'armistice du 11 novembre suivant. Elle présent un caractère à la fois inattendu et rapide. Inattendu parce que la puissance militaire allemande venait d'atteindre un sommet particulièrement élevé durant le premier semestre 1918, au point qu'elle a paru l'emporter définitivement. Rapide, car, dès que le sort des armes bascule en faveur des Alliés, le conflit se conclut en à peine trois mois seulement, au terme de quatre longues années de guerre d'usure.
    Cette contre-offensive s'est révélée en effet finale et décisive. Il faut en attribuer le succès à un commandement unique difficilement mis en place, et plus particulièrement à celui qui en a été investi, le général, puis maréchal, Foch. Disposant de moyens sans cesse renforcés par le concours croissant du corps expéditionnaire américain, Foch imprime aux armées françaises et britanniques, bien que pareillement épuisées par cet interminable conflit, un rythme qui interdit à l'adversaire de relever la tête.
    Il impose son autorité sur une coalition réunissant les contingents de plusieurs nations, dont celui, bientôt considérable, des Etats-Unis, tout en veillant à assurer l'équilibre entre tous. La contre-offensive alliée de 1918, c'est également cela. Tome II de 1918 L'année décisive, cet ouvrage fait directement suite à celui de Jean-Claude Laparra Les ultimes offensives allemandes. Il reprend les événements au lendemain du 4 août, qui clôt la contre-offensive alliée de Villers-Cotterêts du 18 juillet.
    Dès lors, les armées allemandes perdent définitivement l'initiative, qui passe du côté des Alliés.

  • En 1942, en Asie, le Japon a atteint les buts de sa brutale politique expansionniste qui l'ont conduit successivement à agresser la Chine, l'Indochine, puis les Etats-Unis.
    En Océanie, les soldats de l'empire du Soleil-Levant se sont rendus maîtres de l'archipel des Salomon, limite ultime de leurs conquêtes. Sur une des îles de l'archipel, Guadalcanal, le contrôle d'un aérodrome japonais devient alors un objectif pour les Etats-Unis et leurs Alliés, qui craignent une menace pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le 7 août 1942, les marines débarquent à Guadalcanal. La bataille s'engage aussitôt.
    Pendant six mois, Américains et Japonais sont aux prises dans plusieurs opérations terrestres et navales. Le bras de fer, qui se termine par une victoire américaine, constitue un tournant de la guerre dans le Pacifique. Le reflux des armées du Mikado se continuera ensuite inexorablement. Ce livre retrace tous les enjeux et épisodes de la bataille de Guadalcanal, qui est un fait d'armes fondateur du corps des marines.
    Des témoignages inédits de vétérans américains enrichissent la fin du récit.

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  • Le premier conflit mondial a connu une guerre sous-marine d¹une ampleur à peine moindre que celle du conflit suivant. Elle débuta dès août 1914 et ne cessa de se développer jusqu¹à l¹Armistice de novembre 1918.

    Il y a eu durant la Grande Guerre une véritable bataille de l¹Atlantique, qui a pesé sur l¹issue finale. Le sous-marin était alors une arme nouvelle, d¹un niveau opérationnel redoutable, qui modifiait radicalement les méthodes traditionnelles de combat en mer. La présente étude aborde les aspects techniques, stratégiques et même politiques de la guerre sous-marine et raconte les principaux épisodes de celle-ci.
    Elle éclaire les décisions du commandement et donne la parole aux sous-mariniers eux-mêmes, ces hommes qui partageaient les mêmes dangers à l¹intérieur confiné de leurs navires. La plupart d¹entre eux étaient promis à une mort anonyme et presque certaine. C¹est ce qui donnait son caractère particulier à la guerre qui était la leur.

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  • Aucune étude n'a été consacrée à l'armée du Second Empire.
    Elle est pourtant celle d'une époque brillante qui a fait de la France une grande nation. Outil forgé sur mesure par Napoléon III, elle a contribué à donner au pays la première place en Europe. Après plusieurs décennies d'ostracisme, l'Empereur des Français en a restauré l'image et lui a rendu sa dignité, non sans chercher à renouer avec les souvenirs de la Grande Armée. L'armée impériale connaît une durée bien supérieure à celle du Premier Empire.
    Même s'il n'existe pas de légende bâtie sur ses succès, qui n'ont certes pas le même pouvoir évocateur que ceux de la Grande Armée, elle a fait campagne toujours avec mérite. Fait nouveau, elle intervient sur tous les continents, et à un niveau que l'armée française n'a jamais connu auparavant. Elle prend Sébastopol, en Crimée, elle occupe Milan, en Italie, elle participe à la prise de Pékin, en Chine, elle entre à Mexico, au Mexique, où elle parvient à tenir un immense pays avec des effectifs limités.
    Armée de grande valeur, elle fut à un moment donné la meilleure d'Europe, et elle s'est toujours remarquablement tenue au feu, même contre l'envahisseur prussien, pour qui elle a été un adversaire coriace qui en a mesuré le prix. On oublie ensuite que le redressement qui suivra la défaite de 1870, aux débuts de la IIIe République, devra tout à l'ancienne armée impériale, à ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats, qui continuèrent à servir la France au-delà du régime.
    Voici donc cette armée du Second Empire, métropolitaine ou armée d'Afrique, décrite comme institution, dans ses armes et ses services, qu'elle soit en manoeuvres sur le camp de Châlons ou en campagne, qu'elle vive le temps de paix ou bien qu'elle connaisse le temps de guerre.

  • En 1914, l'armée allemande est, à bien des égards, la meilleure armée du monde.
    Mais comme celles de tous les belligérants, elle connaît, jusqu'en 1918, une évolution inévitable. En quatre ans de guerre, elle procède à des adaptations liées à la durée du conflit qui lui permettent de rester un outil redoutable, malgré une situation défavorable due à son isolement géographique. Tablant sur une guerre courte, c'est-à-dire sur des victoires décisives à obtenir dans les premières semaines, mais faute d'avoir pu abattre la France en septembre 1914, elle se voit contrainte de soutenir un conflit long et sur plusieurs fronts pour lequel elle n'était pas plus préparée que les autres armées.
    Le blocus de ses côtes, mené avec détermination par les Alliés, finit, à terme, par affamer la population allemande, par entraîner des difficultés dans la production industrielle de guerre et par peser sur l'état de la troupe. Certes, l'Allemagne parvient à soutenir un effort d'armement impressionnant, en 1918 encore. Mais son armée manque de chevaux pour tirer les pièces d'artillerie, manque de carburant pour ses moyens motorisés, et elle ne peut plus nourrir et habiller correctement ses combattants.

  • Le « Diplodocus » est né des destructions de la dernière guerre : 2 612 ponts à reconstruire, représentant 112 km de brèches. La Direction des études et fabrication d'armement du ministère des Armées se lance alors dans l'étude d'un engin ferroviaire moderne permettant de poser rapidement des tabliers auxiliaires de circonstance. Ce sera l'EPTVF, « engin poseur de travures pour voies ferrée », que l'on surnommera « Diplodocus » en raison de sa silhouette générale due à ses deux grandes flèches de levage. On devait en construire quatre. Un seul a vu le jour en raison de son coût.
    L'EPTVF comportait une rame complète de plusieurs voitures assurant son autonomie totale sur les sites où il était appelé à intervenir. L'ensemble, tracté par une motrice de la SNCF, représente une masse roulante de 148 mètres et de 420 tonnes se déplaçait à la vitesse de 80 km/h. Il pouvait enlever jusqu'à 51 tonnes à 40 mètres de portée.
    Devenu un engin mythique du génie militaire et de la SNCF, le « Diplodocus » a servi pendant 40 ans, sur plus de 300 chantiers. Il a déplacé 10 000 mètres de voies ferrée, représentant 70 000 tonnes de rails ! La SNCF a bénéficié de la plupart de ces chantiers ; c'est d'ailleurs elle qui entretenait l'engin.
    Retiré du service depuis maintenant plusieurs années, l'EPTVF fait partie de ces rares engins classés monument historique.

  • De 1940 à 1966, l'armée française a connu trois épurations successives, la première du fait du gouvernement de Vichy, la deuxième de 1943 jusqu'aux années qui ont suivi la Libération, la dernière de la fin de la guerre d'Algérie jusqu'à la veille des événements de mai 68.
    L'on ne connaît généralement de ces trois épurations que celle qui a suivi la Libération, celle qui a concerné les « collabos » et tous ceux, essentiellement des civils, qui, d'une façon ou d'une autre, se sont compromis avec l'occupant. L'épuration militaire en revanche est beaucoup moins connue, car son but a répondu à d'autres critères et a commencé bien avant.
    Ces trois épurations ont touché essentiellement le monde des officiers. Il s'agit, pour la première, sous le Régime de Vichy, de mesures d'exclusion pour des motifs d'abord idéologiques. Pour la seconde, elle a voulu sanctionner, entre autres raisons, un choix : fallait-il suivre Pétain ou de Gaulle ? La dernière, qui a pour contexte la guerre d'Algérie, trouve ses causes dans le putsch des généraux de 1961 et a pris le caractère d'une sanction étendue à toute l'armée.
    L'épuration de Vichy a touché peu d'officiers. En revanche, celles qui se sont déroulées sous la férule du général de Gaulle ont concerné dix à douze mille officiers. Plusieurs milliers d'entre eux ont été conduits à quitter l'armée, d'autres ont dû changer d'arme, certains ont connu la prison. Il n'y a qu'en France que l'on rencontre un tel acharnement de la part du pouvoir sur ses militaires Or, en dehors de certains cas très médiatiques, l'histoire de cette épuration de masse est très peu connue. Appuyé sur un gros travail de mise au jour des archives et sur des témoignages inédits, ce livre tente de combler cette ignorance.

  • Major de Saint-Cyr à 20 ans, Fernand de Langle de Cary commence sa carrière avec la guerre de 1870. Il est grièvement blessé en janvier 1871, et fait ainsi partie de cette génération d'officiers dont le rêve est de reprendre l'Alsace et la Lorraine...

    En 1914, à la tête de la IVème Armée, il prend une part importante à la victoire de La Marne.

    Signe de la confiance qu'il a dans cette Armée, Joffre lui confie le rôle principal lors des deux offensives de Champagne de 1915. En décembre 1915, il commande le Groupe des Armées du Centre auquel est rattachée le 1er février 1916 la Région Fortifiée de Verdun, vingt jours avant le début de la bataille, cadeau quelque peu empoisonné !... Pour des raisons beaucoup plus politiques que militaires, il servira de fusible et se trouve donc écarté du front. Il aura passé plus de 50 ans au service de la France !

    Il meurt à Pont-Scorff en 1927, et ses cendres seront transférées en 1931 aux Invalides.

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