Georges-Henri Soutou

  • L'ouvrage de référence sur la guerre froide Le conflit Est-Ouest a dominé le monde depuis la Seconde guerre mondiale jusqu'à la chute du Mur de Berlin. Ce fut un conflit global, tout à la fois idéologique, politique, militaire et même parfois territorial : car la « guerre froide » ouvrit aussi des fronts « chauds », même s'ils furent circonscrits. Elle ne dégénéra toutefois jamais en confrontation ouverte, et connut même des moments d'accalmie prolongés, voire de détente. C'est que ce conflit n'a jamais visé à anéantir l'adversaire, mais à le contraindre à changer. En outre, le pacte conclut entre les grandes puissances au lendemain de la victoire sur l'Allemagne nazie fut un profond facteur da stabilité, en Europe notamment. L'effondrement interne de l'un des deux adversaires apporta une conclusion rapide et imprévue par chacun des acteurs à ce conflit. Paru en première édition chez Fayard en 2001 sous le titre La guerre de cinquante ans. Les relations Est-Ouest.1943-1990. Préface inédite

  • Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les Etats-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l'Europe et leur président n'hésite pas à rompre avec une série d'orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens. En 2017, il s'agissait d'adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s'agit de la préparer au temps d'arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l'action extérieure de la France s'en trouvent très sérieusement remis en cause.
    Durant un an, l'Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l'organisation, les moyens et l'action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l'angle historique, culturel, militaire ou géopolitique. Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette anné de réflexion sur les enjeux et les modalités de l'action extérieure de la France.

  • La France a pleinement participé à la guerre froide. Mais à la différence d'autres pays, l'« atlantisme » y a presque toujours été minoritaire et, dans le domaine politique comme sur le plan militaire, elle a imprimé à cet affrontement sa marque particulière, sans tomber dans l'hystérie antisoviétique ni dans le rejet de la Russie en tant que telle.
    Présente dans toutes les grandes crises, elle a, avec davantage de détermination que ses alliés, cherché à maintenir dans ce conflit nouveau (conflit de puissance et conflit idéologique à la fois) le système international classique dans le cadre d'une « double sécurité » (aussi bien face à l'URSS que face à une éventuelle résurgence du problème allemand), ou même elle s'est employée à promouvoir un nouveau système européen permettant de relativiser les différences entre les deux parties du continent.
    Malgré le confort que la situation aurait pu lui procurer, elle a tenté, avec des variantes et des responsables aussi différents que de Gaulle, Bidault, Robert Schuman, Mendès France, Mitterrand, d'imaginer une sortie qui ne serait pas le résultat d'une victoire pure et simple. Sortie qui passerait par le retour au primat de l'intérêt national à l'Est ou bien par la convergence des modèles de société.
    Au total, si la France n'a pas « gagné » cette guerre de cinquante ans, elle ne l'a pas « perdue ». Étant donné la lourdeur des problèmes de la décolonisation et la profondeur de ses divisions internes sur la politique à suivre envers l'URSS mais aussi envers les États-Unis et l'Allemagne, c'est déjà beaucoup.
    Appuyée sur le dépouillement méthodique des archives du Quai d'Orsay et des autres grandes chancelleries, la plupart inédites, des témoignages et des Mémoires de multiples protagonistes, cette somme historique sans précédent renouvelle fondamentalement notre vision du second XXe siècle.

  • La grande illusion : que la guerre de 1914-1918 serait courte et mettrait fin à la position dominante occupée par l'Allemagne depuis Bismarck ; que la France récupérerait les territoires perdus depuis la Révolution française, mais aussi établirait une sphère d'influence de premier rang et une mainmise sur les régions rhénanes, voire remettrait en cause l'unité allemande ; et, pour finir, que les traités de paix réaliseraient au moins les principaux objectifs poursuivis et en tout cas garantiraient la sécurité à long terme.

    Ces illusions, largement partagées, étaient portées par l'obsession de la sécurité face à l'Allemagne et par l'affirmation du modèle républicain face au « militarisme prussien ». Ceux qui tentèrent d'achever le conflit par la négociation furent écartés.
    Paris a joué son rôle dans la marche à la guerre et a défini des buts qui ont largement contribué à déterminer le déroulement du conflit et ensuite la paix. Finalement, les dirigeants n'ont pas obtenu ce qu'ils souhaitaient, tout en compromettant, par leurs exigences et par leur vision biaisée des réalités, la restauration du système international.
    C'est ainsi que la France a perdu la paix.

  • Cet ouvrage entend considérer l'Europe comme un tout et ne pas rester prisonnier des histoires nationales, pour comprendre le chemin parcouru depuis le Congrès de Vienne, de l'ère des nationalismes à l'Union européenne, c'est-à-dire à un espace international organisé très original (ni État centralisé, ni confédération, ni fédération), répondant aux normes de la démocratie libérale et jouissant d'un niveau de vie élevé.
    La réflexion est menée à partir de trois points de vue : celui du système européen et de son évolution progressive, depuis le « Concert européen » du XIXe siècle jusqu'à l'intégration européenne actuelle celui des grandes évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles de l'Europe celui, enfin, de l'expérience historique unique de la démocratisation progressive de tout un continent.
    La méthode suivie insiste sur la notion de structures dans les relations internationales : structures d'équilibres géopolitiques, structures de relations diplomatiques, structures juridiques, structures de civilisation. Cette notion résume les recherches les plus avancées de la science historique actuelle dans ce domaine et permet de poser le problème de l'Europe, de son identité, de ses limites, de façon nouvelle.

  • L'idée générale est de montrer comment, à un certain degré de puissance et de développement, les grands pays ont été poussés à se « mondialiser », dépassant ainsi progressivement leurs capacités réelles et entamant, sous l'effet de leur sur-engagement, le processus de leur déclin. Mais derrière cette hypothèse très générale d'un couple logique « mondialisation - déclin » apparaissent immédiatement d'importantes différences. Les exemples britannique et américain frappent l'esprit, à première vue, comme correspondant à cette hypothèse alors que la Russie, l'Allemagne ou la Chine évoquent des évolutions beaucoup plus complexes. Rien n'est univoque : la mondialisation est en général comprise comme un phénomène de nature économique, mais elle comporte aussi des aspects militaires (l'étude des grandes marines est là très éclairante) et idéologiques (très présents du côté des démocraties libérales, qui voient dans le libéralisme la base d'une organisation pacifique du monde, et tout-puissants pour l'URSS). Elle peut d'autre part être considérée comme absolue, être rejetée, ou être équilibrée par un engagement régional. Quant au déclin, il peut être conçu comme absolu, ou relatif, voire être accepté comme étant la marque d'un rattrapage normal par les pays émergents dans le cadre de la mondialisation.

  • Cet ouvrage entend considérer l'Europe comme un tout et ne pas rester prisonnier des histoires nationales, pour comprendre le chemin parcouru depuis le Congrès de Vienne, et comment on est passé de l'ère des nationalismes à l'Union européenne, c'est-à-dire à un espace international organisé très original (ni État centralisé, ni confédération, ni fédération), répondant aux normes de la démocratie libérale et jouissant d'un niveau de vie élevé.
    La réflexion est menée à partir de trois points de vue : d'abord celui du système européen et de son évolution progressive, depuis le " Concert européen a du XIXe siècle jusqu'à l'intégration européenne actuelle. Il existe en effet un tel système européen depuis longtemps, bien avant la construction européenne contemporaine : l'Europe ancienne n'était malgré tout pas une jungle. Le deuxième axe a consisté à privilégier l'approche, à partir d'un point de vue européen global, des grandes évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles de l'Europe.
    Le troisième axe est l'expérience historique unique de la démocratisation progressive de tout un continent, processus commencé avec la Révolution française et en cours d'achèvement seulement maintenant, à travers bien des drames et des crises. La méthode suivie insiste sur la notion de structures dans les relations internationales : structures d'équilibres géopolitiques, structures de relations diplomatiques, structures juridiques, structures de civilisation.
    Cette notion résume les recherches les plus avancées de la science historique actuelle dans ce domaine et permet de poser le problème de l'Europe, de son identité, de ses limites, de façon nouvelle.

  • Désordres monétaires, politiques nationales de l'industrie et de l'énergie, regroupements économiques, questions douanières... les hommes qui ont mené la première guerre mondiale ont découvert ces problèmes, et les solutions qu'ils ont tenté de leur apporter ont façonné le xxe siècle. l'économie d'aujourd'hui plonge ses racines dans leur action.

    En effet, le conflit a été aussi une guerre économique. non seulement pendant les hostilités proprement dites, par la lutte industrielle et le blocus, mais aussi en vue de l'après-guerre, par la mise au point de véritables buts de guerre économiques, lesquels tracent dans chaque camp un avenir bien défini. pour les français, les britanniques et les américains, démocratie politique et libéralisme économique vont de pair. pour l'allemagne et ses alliés, la priorité, tout au moins au début, est la construction en europe centrale (le mitteleuropa) d'un bastion qui serait en même temps le conservatoire d'une expérience originale à mi-chemin entre l'ancien régime et les temps nouveaux.

    La victoire des alliés sera la victoire du libéralisme. le libéralisme prévaut aussi en allemagne même, et pas simplement sous le choc de la défaite: les milieux dirigeants s'aperçoivent progressivement que leurs véritables besoins et aspirations sont finalement mieux pris en compte par le libéralisme que par l'ordre voulu par bismarck.

    Contrairement aux idées reçues, le traité de versailles n'est pas seulement une paix politique et territoriale, mais comporte un projet industriel et commercial. celui-ci résume les buts de guerre économiques des alliés et les fait triompher.

    Georges-henri soutou, né en 1943, agrégé d'histoire, docteur d'etat, est professeur d'histoire contemporaine à l'université de paris-iv-sorbonne. il est spécialiste des relations internationales au xxe siècle, et particulièrement de leurs aspects économiques et stratégiques.

  • Le conflit Est-Ouest a marqué le monde entier pendant cinquante ans, souvent de façon brutale (en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe lors des interventions militaires soviétiques en Europe de l'Est en 1953, 1956, 1968). La Guerre froide a été un conflit global, idéologique, politique, géopolitique, militaire, mais avec de très fortes répercussions dans des domaines très variés : culture, économie, sciences. Elle a structuré toute une époque. En même temps, cette véritable " guerre de Cinquante Ans " a connu certes des poussées de violence, même si elles sont restées essentiellement périphériques, mais aussi des périodes de calme relatif, voire de coopération entre les deux camps.
    Pourquoi la Guerre froide n'a-t-elle pas débouché sur une guerre mondiale ? C'est la grande interrogation de ce livre. Parce que le conflit Est-Ouest était fondamentalement un conflit idéologique et politique: il ne s'agissait pas de détruire l'adversaire mais de l'amener à se transformer de l'intérieur, à adopter une nouvelle conception de l'organisation politique et sociale. Cela explique que jamais les contacts entre les adversaires n'ont été totalement rompus, malgré la gravité de leur opposition et l'incompatibilité de leurs objectifs et de leurs arrière-pensées. D'autre part un certain cadre juridique avait été établi en 1945, concernant en particulier l'Allemagne et l'Europe, cadre qui n'a jamais été entièrement abandonné et qui a facilité la sortie de la Guerre froide en 1990, quand l'URSS, en pleine crise, a admis qu'elle avait perdu la partie.
    Dès lors on admettait de part et d'autre la même conception de la démocratie, celle de la démocratie libérale ; la démocratie " du socialisme réel " version soviétique n'a pas survécu à l'année 1990. Le problème de fond de la guerre de Cinquante Ans était ainsi réglé. Une fois achevé, le conflit Est-Ouest prenait tout son sens : il fut le dernier épisode des grands conflits idéologiques européens.
    Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris-Sorbonne, spécialiste des relations internationales, Georges-Henri Soutou est l'auteur de nombreux travaux. Il a notamment publié L'Or et le Sang. Les buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale (Fayard, 1989) et L'Alliance incertaine. Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996 (Fayard,1996).

  • Europa ! les projets européens de l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste Nouv.

    L'une et l'autre s'estimant lésées par les traités de paix issus de la Première Guerre, travaillées par les idéologies mortifères d'un racisme biologique pour l'Allemagne et d'un hypernationalisme voire d'un impérialisme exacerbé pour l'Italie, les puissances européennes de l'Axe ont occupé la quasi-totalité des pays du continent européen (hormis les neutres). Avec leur notion d'une hiérarchie entre les hommes et entre les peuples, ces deux puissances n'avaient pas la même vision de l'avenir à leur réserver après la victoire définitive et de leur côté les pays vassalisés n'ont pas du tout réagi de la même façon (il y a par exemple peu de traits communs entre le Danemark et la Slovaquie...). Enfin, l'Italie comme l'Allemagne, en dépit de leur totalitarisme, ne parvinrent pas toujours à coordonner les ambitions de leurs armées, de leurs milieux d'affaires, du parti nazi et du parti fasciste, etc. Ajoutons que l'évolution de la guerre et d'autres circonstances ont sans cesse fait évoluer la situation.
    Remontant en aval, l'entre-deux-guerres, et prolongeant ses observations sur l'après-guerre et les premières réorganisations du continent, l'auteur aborde ce sujet très mal étudié jusque-là sous de multiples aspects : intellectuel, politique, militaire, diplomatique. Fort d'une documentation recueillie dans les dépôts d'archives aux quatre coins de l'Europe en de multiples langues, l'auteur en vient à renouveler entièrement l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

    awaiting publication
  • Si tout le monde sait que la France et l'Allemagne sont les deux principaux partenaires de la construction européenne, on sait moins qu'à différentes reprises, une fois surmonté l'échec de la CED, elles ont, aussi bien sous la IVe République qu'avec de Gaulle ou Mitterrand, sérieusement envisagé d'établir entre elles une véritable communauté militaire et stratégique face à la menace soviétique. Elles n'y sont jamais parvenues, à cause du poids de leurs arrière-pensées réciproques, à cause aussi des réticences, voire de l'opposition de leurs partenaires européens, des Etats-Unis et en son temps de l'URSS. Néanmoins, leur dialogue n'a jamais cessé depuis 1954 et a connu une remarquable continuité, conduisant en particulier au traité de l'Elysée puis au traité de Maastricht, lequel comporte un important volet stratégique: il sera peut-être l'un des éléments essentiels de cette politique extérieure et de sécurité commune que la conférence intergouvernementale de Turin essaie en ce moment même de mettre sur pied dans un contexte international transformé par la fin de la Guerre froide. Ce dialogue reste au coeur de l'avenir de l'Europe qui doit choisir entre développer sa personnalité ou bien se fondre dans l'univers atlantique.

    Ce livre relate également l'histoire de la dimension stratégique de la construction européenne qui permet de repérer certaines structures permanentes de la politique extérieure de la France comme de la RFA et de leurs rapports, notamment le poids des questions nucléaires, les problèmes de l'Alliance atlantique, ceux d'une défense européenne, et de souligner les arrière-pensées divergentes de Bonn et de Paris. C'est une mise à plat décapante qui est ici offerte et qui permet de comprendre pourquoi l'alliance franco-allemande, si logique et nécessaire soit-elle, est restée une " alliance incertaine ".

    Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris-Sorbonne, spécialiste des relations internationales, Georges-Henri Soutou est l'auteur de nombreux travaux. Il a notamment publié L'Or et le Sang Les buts de la guerre économique de la Première Guerre mondiale (Fayard, 1989).

    Sur commande
  • cet ouvrage entend considérer l'europe comme un tout et ne pas rester prisonnier des histoires nationales, pour comprendre le chemin parcouru depuis le congrès de vienne, pour comprendre comment on est passé de l'ère des nationalismes à l'union européenne, c'est-à-dire à un espace international organisé très original (ni etat centralisé, ni confédération, ni fédération), répondant aux normes de la démocratie libérale et jouissant d'un niveau de vie élevé.
    la réflexion est menée à partir de trois points de vue : d'abord celui du système européen et de son évolution progressive, depuis le " concert européen " du xixe siècle jusqu'à l'intégration européenne actuelle. il existe en effet un tel système européen depuis longtemps, bien avant la construction européenne contemporaine : l'europe ancienne n'était malgré tout pas une jungle. le deuxième axe a consisté à privilégier l'approche, à partir d'un point de vue européen global, des grandes évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles de l'europe.
    le troisième axe est l'expérience historique unique de la démocratisation progressive de tout un continent, processus commencé avec la révolution française et en cours d'achèvement maintenant seulement, à travers bien des drames et des crises. la méthode suivie insiste sur la notion de structures dans les relations internationales : structures d'équilibres géopolitiques, structures de relations diplomatiques, structures juridiques, structures de civilisation.
    cette notion résume les recherches les plus avancées de la science historique actuelle dans ce domaine et permet de poser le problème de l'europe, de son identité, de ses limites, de façon nouvelle.

  • La paix

    ,

    • Perrin
    • 3 January 2019

    Bras droit de Georges Clemenceau, André Tardieu a été l'un des principaux négociateurs français du traité de Versailles du 28 juin 1919. Il en raconte la gestation et la difficile élaboration depuis la signature de l'armistice le 11 novembre 1918 et la conférence de Paris. Acteur et témoin privilégié, il défend avec brio la position française, déjà très critiquée notamment par le maréchal Foch, Bainville et Keynes, dans cet ouvrage publié en 1921 et qui n'avait jamais été réédité.
    Remarquable styliste, celui que Léon Daudet surnommait « le Mirobolant » est aussi et surtout un analyste hors pair en matière de politique étrangère. S'il insiste sur les résultats obtenus par son mentor (récupération de l'Alsace-Lorraine, réparations, démilitarisation de la rive gauche du Rhin, désarmement de l'Allemagne, etc.), il ne cache rien des fortes tensions avec les Alliés (Italie, Angleterre, États-Unis) et s'inquiète à bon droit de la fragilité d'un accord déjà handicapé par la chute de Clemenceau, la méfiance de Londres et le retour de Washington à l'isolationnisme.
    Un texte aussi intelligent que prophétique, dont la valeur est soulignée par Georges-Henri Soutou dans sa présentation.

  • Robert Schuman (1886-1963) fut l'un des hommes d'État les plus importants de la France d'Après-guerre ; chef de gouvernement puis ministre des Affaires étrangères, il marqua son temps par son rôle décisif en faveur de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne. À l'occasion du 70e anniversaire de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères présente l'état actuel de la réflexion historique sur la contribution de Robert Schuman à la création et au développement de l'Europe communautaire, devenue depuis l'Union européenne. Cet ouvrage s'appuie sur les archives du Quai d'Orsay pour permettre à un large public de mieux comprendre l'action de cette éminente personnalité de la IVe République au service de cet engagement. La construction européenne illustre un engagement diplomatique mis en oeuvre sur le temps long : avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), les grands enjeux de l'intégration supranationale des années cinquante contenaient déjà en germe les débats sur la souveraineté européenne apparus dans le cadre de l'Union européenne.
    Cet hommage à Robert Schuman et à l'idéal européen qu'il a inspiré met en perspective le chemin parcouru. Il est une invitation pour chaque citoyen à s'impliquer pleinement dans le projet européen, comme le propose la Conférence sur l'avenir de l'Europe lancée le 9 mai 2020.

  • La fin de la guerre froide a semblé marquer un déclin du nucléaire militaire, condamné à la fois par la fin de l'affrontement entre les deux superpuissances, l'hostilité grandissante de l'opinion publique mondiale et les progrès technologiques des armes intelligentes. Mais les dossiers brûlants du nucléaire iranien et nord-coréen montrent qu'il n'en est rien. Le sommet de l'OTAN, en 2016, a réaffirmé la validité stratégique de la dissuasion nucléaire.
    Celle-ci doit toutefois s'adapter à un nouveau contexte, marqué par l'émergence de nouvelles puissances et d'acteurs non étatiques comme les organisations terroristes. Les auteurs de ce volume envisagent ainsi les mutations de l'ordre nucléaire international : à quelles conditions l'arme nucléaire est-elle encore pertinente ? Quelles doctrines et quelles méthodes adopter ? Comment répondre aux nouvelles menaces ?

  • L'ouvrage, à la pointe des recherches en cours, et de grande portée historique, analyse le problème complexe de la nature des liens entre l'urss et l'europe dans la période des années 40-50, jusqu'aux traités de rome en 1957.
    En effet, officiellement, l'urss, centre du mouvement communiste international, portait une idéologie internationaliste qui niait radicalement toute identité spécifique de l'europe, ou n'y voyait qu'une manipulation du capitalisme sous direction américaine. en même temps, l'urss affirmait aussi son appartenance européenne et développait une politique dans ce sens, jusqu'à la théoriser en 1954 avec le concept et le programme de " sécurité en europe ".
    On trouve une description des rapports entre l'urss et l'europe, et en particulier la france, de 1941 à 1957, sur trois plans essentiels : les relations intergouvernementales, le rôle des partis communistes, et aussi dans une certaine mesure celui des services secrets. sur le fond et d'un point de vue méthodologique, cet ouvrage complétera utilement une historiographie en langue française relativement peu abondante sur ce sujet, toujours d'actualité.

  • La Guerre froide fut d'abord un combat idéologique, et la culture était en première ligne, comme les deux camps le prouvent dès la seconde moitié des années 1940. Sur le plan politique comme sur le plan culturel, le clivage passait certes entre deux ensembles d'États, mais il était visible à l'intérieur de chaque société et, parfois, de chaque individu. La guerre civile entre marxistes et libéraux battait son plein dans la culture " occidentale ". Au début, lors de la tension extrême des années 1947-1953, le combat pour la culture a souvent été du ressort de la propagande ; dès que l'on a commencé à espérer une détente, les relations culturelles entre les deux blocs ont été considérées de chaque côté comme un vecteur essentiel d'une lutte plus élaborée. Les premiers à dépasser véritablement la Guerre froide ont été les écrivains, les penseurs et les artistes : ce fut, en particulier, le cas des intellectuels des pays de l'Est qui, dans leur esprit, avaient abattu le Mur des années avant la chute de celui de Berlin.

  • Si le rôle de Charles Maurras dans la politique intérieure française reste connu (et très controversé), on oublie généralement qu'il existe un autre Maurras, celui dont le Président Pompidou disait en 1972 qu'il avait "prévu le monde actuel " avec soixante ans d'avance.
    Quelles furent ses thèses sur les relations internationales et les problèmes de défense ? Dans quels postulats s'enracinaient-elles ? Ont-elles connu une évolution entre Kiel et Tanger (1910) et sa mort en 1952 ? Furent-elles unanimement acceptées au sein de l'Action française ou des divergences s 'y exprimèrent-elles ? Les analyses de Maurras supportent-elles la confrontation avec les acquis de l'historiographie actuelle ? Quelle fut leur influence sur les décideurs politiques et militaires du XXe siècle, en particulier Charles de Gaulle ? Autant de questions qui, à ce jour, n'ont pas assez retenu l'attention des chercheurs.
    Aussi le présent ouvrage a-t-il l'ambition de faire oeuvre pionnière. Au carrefour de la philosophie politique, de la diplomatie, de la géopolitique et de la stratégie, les thèmes qu'il aborde ouvrent des perspectives inattendues sur l'histoire contemporaine.

    Sur commande
  • Les relations entre l'URSS et le reste de l'Europe dans les années 30 constituent encore aujourd'hui une zone d'ombre de l'historiographie et font l'objet de débats majeurs, qu'éclaire progressivement l'ouverture des archives, en particulier des archives russes.
    La question centrale reste celle de la politique de Staline. Le dirigeant soviétique était-il vraiment prêt à s'associer aux puissances de l'Europe occidentale pour résister à l'hitlérisme dans le cadre de la sécurité collective ? Ou alors Staline, dès 1933 ou 1934, aurait-il voulu s'allier véritablement avec Hitler, aurait-il cru à tort que l'accord conclu avec lui en 1939 pourrait être durable, aurait-il été trompé par le dictateur nazi ? Ou encore manoeuvrait-il pour diviser les puissances capitalistes, afin de tirer profit d'une éventuelle guerre ? Les nouvelles recherches conduisent à une position nuancée : il est incontestable, à la lumière des archives soviétiques, que l'approche idéologique anti-capitaliste était essentielle à Moscou, comme au sein du mouvement communiste international.
    En même temps il n'est pas exclu que Staline ait envisagé la possibilité d'une entente avec l'Ouest, en particulier la France, contre une Allemagne qu'il savait dangereuse. Mais cela aurait supposé que Paris reconnaisse à l'URSS pour le moins une sphère d'influence en Europe orientale.

    Sur commande
  • Professeur d'Histoire économique à la Sorbonne durant l'entre-deux-guerres, Henri Hauser a laissé une oeuvre immense dans des domaines très variés : histoire de la Réforme, histoire économique et sociale des périodes moderne et contemporaine mais aussi histoire politique, histoire des relations internationales, géographie.
    D'une façon générale Henri Hauser a enseigné et écrit dans de nombreux secteurs des sciences sociales. Il a d'ailleurs largement contribué à acclimater en France la théorie et la pratique du concept même de " sciences sociales " comme un ensemble pluridisciplinaire. On peut le considérer comme l'un des pères spirituels de l'École des Annales. La Prépondérance espagnole, l'un de ses grands livres, est un classique de l'historiographie française et témoigne de l'actualité de son oeuvre.
    D'autre part les origines familiales d'Henri Hauser, sa vie et sa carrière, son engagement dans la crise de l'Affaire Dreyfus, apportent une contribution très éclairante à l'histoire de la place des Juifs dans la société française depuis la fin du XIXe siècle. Cette exceptionnelle personnalité a en outre joué un rôle important pendant la Grande Guerre dans le cadre de ses fonctions au ministère du Commerce et de l'Industrie.
    Il a en effet contribué à définir les grandes lignes de la guerre économique, de la coopération interalliée, de la préparation économique et administrative de l'après-guerre. Universitaire accompli mais aussi homme de réalisations, grand érudit pleinement engagé dans son époque, patriote exigeant, en même temps ouvert sur le monde d'une façon exceptionnelle, polyglotte d'une culture réellement universelle, représentant achevé d'une pensée profondément libérale, si un homme mérite d'être considéré comme un exemple de grand universitaire et de grand savant, c'est bien lui.

    Sur commande
empty